‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 256 sur 266 · ALGÉRIE · texte numérisé non relu

ALGÉRIE

1'° cîrconscriptioii d' ALGER.

M. Paul SAMARY,

Élu au ^ tour do Bcruttn.

Citoyens,

Désigné comme candidat unique du parti républicain-radical-Bocialiste par un grand nombre de comités locaux ainsi que par le congrès des délégués de la l'* circonscription, j’accepte résolument ce nouveau combat.

La Constitution de 1875, qui n’a de républicain que le nom, ayant entravé jusqu’à ce jour la réalisation des réformes économiques et sociales que nous sommes en droit d’exiger du régime républicain et favorisé, par la confusion des pouvoirs, le développement d’une oligarchie parlementaire qui compromet an plus haut point les intérêts de la patrie et de la République, nous demandons la révision de celte Constitution par une Assemblée constituante.

En politique, nous voulons entre autres réformes : La séparation et la pondération des pouvoirs ; la suppression du Sénat, cause éternelle de conflits; le respect absolu de la liberté de conscience; la séparation des Eglises et de l’État; le maintien et le développement de toutes nos libertés ; la réforme de la magistrature et la diminution des frais de justice; l’autonomie communale et départementale avec le maintien de l’unité politique; la réforme de l'impèt dans le sens égalitaire et démocratique ; l’impôt progressif sur le capital ou le revenu; la suppression des impôts indirects;

Les réformes économiques et sociales conformes aux légitimes revendica* lions des travailleurs (Liberté absolue des syndicats, caisse des invalides du travail, retraites ouvrières, etc.), en un mot, voie des projets de loi destinés à résoudre les diverses questions sociales tendant à l’amélioration du sort des ouvriers des villes et des campagnes; l’instruction gratuite à tous les degrés; la responsabilité des fonctionnaires soustraits à la merci des représentants; la reconnaissance du mandat impératif par la loi et son assimilation au mandat civil.

Au point de vue algérien^ nous demandons ^application du droit national à tons les citoyens français, et, comme pour la FrancOj Pautonomie communale et régionale; nous estimons que si Ton peut favoriser sans crainte les naturalisations individuelles des indigènes, on doit s^opposer avec énergie k leur naturalisation en masse.

Nous voulons Inorganisation du Crédit agricole par la réforme de la législation immobilière, afin de soustraire le travailleur à la domination des accapareurs et des usuriers; les mesures propres à assurer la sécurité ; la mise au concours des offices ministériels distribués actuellement à la faveur ; la protection de r agriculture et du commerce par l’abaissement des tarifs de transport et la révision des tarifs de Poctroi de mer;

Nous protestons énergiquement contre les entraves apportées à la production, c^est-à-dire contre l’exercice, Pexagération des droits et impôts nouveaux et des taxes de licence ;

Nous demandons encore Pexécution du réseau des chemins de fer du département d’Alger si déshérité par rapport aux départements voisins, et notamment Pachèvement de notre ligne de pénétration d’Alger à Lagbouat ; le développement de la grande et de la petite vicinalité; Texécution des grands travaux publics TDtéressam la colonisation : ports, barrages, canaux, endiguementSt assainissement des centres, protection des forêts; le développement de la colomsation, sans oublier surtout les satisfactions à donner aux centres existants ; la création d'écoles professionnelles et d’écoles primaires d’agriculture ; le courrier quotidien avec la mère-patrie.

Tels sont les principaux desiderata de la démocratie algérienne : ils sont aussi les miens. ,

Pour réaliser ce programme, ü faut de nouvelles ressources. Mais la mèrepatrie ne voudra pas abandonner une colonie créée et maintenue au prix de tant d’elîorts et dont Tavenir est si plein de promesses, sans lui donner Poutillage industriel et agricole indispensable à son développement.

Mes chers concitoyens,

Si vous m’ appelez par vos libres suffrages à l’honneur de vous représenter au Parlement, je m'inspirerai toujours des principes et des intérêts dont vous m’aurez conüé ta garde, et je me tiendrai en fréquentes communications avec mes électeurs.

Habitant depuis dix-neuf ans la ville d’Alger, depuis douze ans membre du Conseil général j'ai la conscience d^avoir travaillé avec vous, dans la limite de mes forces, à la prospérité de notre chère Algérie, et le nombre considérable de suffrages que vous m’ayez accordé aux élections législatives de 1S85 et de 188ÎJ m'a décidé à prendre de nouveau en mains le drapeau que veut bien encore me Confier notre vaillante démocratie algérienne.

C'est à vous de décider entre ropportunisme dont vous connaissez les funestes effets et ravènement d’uo régime sincèrement libéral et radicalement républicain.

J'ai confiance dans votre libre verdict, mais quel qu’il soit vous me trouve-

rez toujours, comme par le passé, entièrement dévoué aux mtérôts de la France, de l’Algérie et de la République .

Tout pour la République et pour la patrie I Vive la France! vive la République 1 vive l’Algérie 1

Paul SAMARY,

Ingénieur-architecte, Conseiller général, Délégué au Conseil supérieur.

2" Circonscription d’ ALGER.

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