M. BOURLIER
Élu au 2® tour de scrutin.
M. Bourlier a déclaré n’avoir publié ni programme ni profession de foi.
l’® Circonscription de CONSTANTIWE, M. Gaston THOMSON,
Élu au l" tour de scrutin.
Mes chers Concitoyens,
Vous êtes appelés, le 20 août, à élire votre député.
Pendant cinq législatures, j'ai eu le grand honneur de vous représenter au Parlement. Pendant ces dix-sept années de luttes soutenues en commun, je crois avoir fidèlement servi en toute circonstance les grands intérêts de ia Réjîublique et la cause de l’Algérie.
Vous me connaissez et vous connaissez mon programme. J’ai été et je demeure partisan convaincu d’une marche en avant ordonnée, mais constante de l’affermissement et du développement de nos institutions démocratiques par la politique des réformes largement pratiquées.
Le grand besoin de la situation présente, c’est la formation d’une majorité solide, sûre d’elle-méme, armée contre les surprises et capable de donner au
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Gouvernemeat un appui durable. Une semblable majorité ne peut se grouper que sur le terrain de la République résolument réformatrice fit progressiste.
Au point de vue économique, j'ai voté et je voterai toutes les lois de protection et d’émancipation du travail, toutes les dispositions propres à favoriser l’amélioration matérielle et morale des classes laborieuses. Si je suis décidé à combattre énergiquement une certaine politique, détestable et dangereuse, faite de déclamations et qui prépare la lutte des classes, je suis favorable à l’application de toutes les mesures qui ont pour objet de développer les institutions de prévoyance et de mutualité pour les travailleurs des campagnes et des villes, de diminuer par la coopération et la participation aux bénéfices le nombre des salariés et de préparer l’organisation d’une caisse des retraites ouvrières.
Dans l’ordre fiscal, membre des diverses commissions du budget, je me suis associé aux dispositions qui ont simplifié le mécanisme de notre système financier, en y introduisant la clarté et en rendant son contrôle plus facile et plus efficace. Ainsi a été préparée la réforme de l’impôt qui permettra de répartir plus équitablement les charges et de les mieux proportionner à la force contributive de chacun.
La révision de nos tarifs des douanes — après la dénonciation des traités de commerce, — a été l’œuvre la plus importante de la dernière législature.
J’ai été de ceux qui ont pensé qu’il fallait protéger notre travail national, qu’il fallait défendre notre production agricole contre la concurrence étrangère qui menaçait de l’écraser, qu’il fallait tout au moins exiger des produits étrangers la compensation des inégalités résultant pour nos cultivateurs du poids d’impôts trop lourds et de la dure obligation du service militaire. 11 reste à maintenir cette législation sagement protectrice et à achever le programme des réformes qu’on a appelées, avec raison, les cahiers de notre agriculture, eu organisant les chambres d’agriculture, l’assistance dans les campagnes et en instituant le crédit agricole.
Recherchons maintenant quels sont les progrès que réclame la situation de l’Algérie et arrivons immédiatement à la grosse question de l’heure présente, à la réorganisation de la haute administration algérienne. 11 s’agit, vous le savez, d’accroître les attributions du gouverneur général. J’accepte volontiers, pour mon compte, qu’on place à la tête des départements algériens un fonctionnaire ayant l’initiative des mesures à prendre et la responsabilité de ses actes. Mais il convient en même temps d’augmenter l’action des préfets administrant sous le contrôle du gouverneur et avec le concours des conseils généraux. Mous demandons, en un mot, une décentralisation sérieuse et sincère c’est-à-dire réalisée au profit de chacun de nos trois départements.
flous demandons également qu’en tête des attributions nouvelles conférées au gouverneur général soient inscrits les pouvoirs spéciaux qui sont indispensables pour arrêter le développement du banditisme indigène et assurer la sécurité.
M. le gouverneur Camhoa a constaté avec raison, devant la Chambre des Députés, que la recrudescence actuelle de ce brigandage pouvait être regardée comme la forme suprême de la résistance însarrectionnelle.
Dans les malfaiteurs indigènes, qui jouissent trop souvent d’une scandaleuse impunité, il faudrait voir, d’après M. le gouverneur général, des insurgés d’une nouvelle espèce. Contre des insurgés, les procédés ordinaires de répression manquent d’efficacité et il devient nécessaire de recourir à d’autres moyens. En tête de ces moyens, je place la respomaAilitii collecHve que j’ai réclamée devant la Chambre et que je ne cesserai de réclamer tant que le cri de nos colons n'aura pas été entendu,
A ces mesures, il conviendra d’ajmiter ia réforme du régime forestier algérien, celle des impôts indigènes, la refonte des réseaux algériens et une ré-
duction plus accentuée encore des tarifs de transports pour les produits de notre sol.
Et maintenant, mes chers concitoyens, un dernier mot.
Vous allez avoir à choisir entre deux politiques : l’une qui ranime et éternise les vieilles querelles, l’autre qui prétend au contraire les effacer.
l’ai le droit de constater que, pour mon compte, j’ai loyalement cherché l’apaisement.
Ma candidature est une candidature de concorde et de conciliation républicaine.
Je fais appel à tous ceux qui ont, comme moi-mème, la passion de la patrie algérienne et qui sont prêts à élever leurs esprits au-dessus des mesquines rancunes et des discussions stériles.
l’attends avec confiance le verdict du corps électoral.
Gaston THOMSON, député sortant.
2® Circonscription de CONSTAWTINE M. D. FORCIOLI,
Élu au 1“’ tour de scrutin.
Mes chers Concitoyens,
En 1889, la concentration républicaine a eu raison de la faction boulangiste composée do toutes les réactions et de quelques républicains égarés.
Parmi ces derniers, les uns, au Parlement, dans la presse, ou dans leur vie de citoyen, sont rentrés dans le rang, regrettant la faute commise ; d’autres oui continué une lutte stérile plutôt faite de rancunes que destinée à défendre un programme.
C’est dans ces conditions que se présente aujourd’hui l’élection législative:
les électeurs n’ont rien à craindre pour la République et leurs sympathies peuvent aller oii elles veulent*
Tous ceux qui s^Dîéressent dans ce département à la paix publique et qui croient à la nécessité de l'uuion entre ses représentants, pour une meilleure dé* fense de la colonie, ont pensé que cette union faite aux heures difficiles pouvait durer encore* Chaque fraction du parti républicain aurait un jrep résentant au Parlement et ce représeniant demeurerait libre dans son programnie-
Il paraît difficile de s’insurger contre une combinaison qui respecté ainsi de la manière la plus complète les vœux et les teadances des groupes républicains, en laissant à chaque groupe le soin de choisir son candidat.
Je viens donc à vous encore une fois avec mon programme tout entier: je n’ai pas mauqué à mes engagements ï je n’y manquerai point dans l’avenir.
Le rôle du futur Parlement sera considérable*
Les lois sociales sont destinées k acquérir une plus grande importance dans la législature nouvelle. Les esprit les plus hésitants commencent à comprendre qu’il faut faire davantage pour le moude du travail, protéger Touvrier contre d’injustes exigences par le développement des syndicats, et organiser Passistance de PÉtal pour remédier à Pàge, aux accidents ou aux maladies.
La Chambre ancienne a déjà fait beaucoup dans cet ordre d’idées : elle a réglementé le travail des enfants et des femmes dans îea établissements industriels, établi pour tout accident le droit d’indemnité, créé les délégués mineurs: d’une manière générale, elle a eu la préoccupation du faible et du petit*
La Chambre nouvelle s’efforcera de faire mieux. Elle 3e pourra d’autant plus facilement qiPà l’intérieur la République est assise sur une base indestructible : ses adversaires politiques viennent à elle; les violences anarchistes ont disparu sous la réprobation publique: tout entière à son ^œuvre d’amélioratioia sociale elle arrivera à des résultats plus féconds.
A l extérieur, la France a montré sa force. Jl y a quelques joura à peine, elle imposait sa volonté dans l’Extrême-Orient sans s’inquiéter des prétendues revendications d’une nation voisine, La solidité de notre armée, nos vaisseaux de jour en jour plus nombreux et mieux outillés, qui aufûsaîent à nous assurer la sécurité, nous ont amené Palliance d’un peuple dont les sympathies pour nous sont déjà anciennes. Espérons que la sagesse des gouvernements évitera ces crises terribles qui bouleversent l’existence d’un peuple et pèsent si daremetit sur son développement à veoir*
Votre mandataire ne doit pas s’occuper seulement des intérêts généraux
Dans un moment où tous ceux qui ont traversé l’Algérie apportent des projets de réforme, vos représentants ont l’obligation de se concerter entre eux pour faire triompher les meilleures solutions. Déjà nous avons obtenu que ces changements ne seraient pas l’œuvre hâtive d'un décret et que la Chambre aborderait le débat dans toute son ampleur. Depuis longtemps nous sommes partisan d’un gouverneur général ayant une autorité directe, contrôlé par un conseil supérieur élu. Au-dessus d’eux la décision suprême appartient au Parlement.
Avant tout nous ne devons pas oublier que nous devons protéger en Algérie comme en France les produits nationaux 1 Nous avons été trop longtemps vielimes d’une générosité mal comprise*
Tels sont, à grands traits, les éléments d’un programme que j’ai déjà soutenu et que je soutiendrai encore si vous me faites l’honneur de me renouveler mon mandat*
Je ne vous dis point que je ferai tout réussir, je vous dis simplement que j’apporterai mon concours et mes efforts à la réalisation de cette œuvre si complexe qui s’appelle la prospérité de l’Algérie et la grandeur de la France.
D. FORCIOLl,
Député sortant.
1” Circonscription d’ORAN.
M. Marcel SAINT-GERMAIN, Elu au 1*' tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m avez fait l’honneur de me confier en 1889, et je fais cette démarche auprès de vous, plaçant ainsi les intérêts de la République et do l’Algérie, que je veux continuer à défendre, au-dessus de ceux qui me sont personnels.
Les amis qui ont soutenu en 1889 ma candidature me continuent aujourd’hui encore leur concours et me fortifient dans la lutte. Ils veulent bien me donner un nouveau témoignage de leur estime et de leur sympathie, dont je suis heureux de les remercier ici. Us comprennent que c’est par l’union de tous les vrais républieaius, de tous ceux qui repoussent les alliances compromettantes, que la République doit recevoir, aux élections du 20 août prochain, une nouvelle consécration éclatante et qui s’impose définitivement.
Cette consécration, c’est à vous, électeurs républicains, électeurs indépendants, qu’il appartient de la faire telle qu’elle doit être, hante et indiscutable, en envoyant siéger à la Chambre un des vôtres, un républicain, qui a donné des gages de sa fermeté républicaine, de ses opinions libérales, de son dévouement à l’Algérie.
Nous savons tous qu’en présence du rang et de l’autorité que la France républicaine a pris dans la vieille Europe monarchique et dans le monde entier, qu’à la suite de l’exercice calme et régulier pendant plus de vingt ans de nos institutions démocratiques, il n’est pas un seul candidat qui ose s’affirmer réactionnaire et rétrograde. Tous ceux qui briguent à cette heure les suffrages de leurs concitoyens prennent la qualité de républicains, mais tous la méritentils î tous en sont-ils dignes? Tous acceptent-ils à un égal degré, sans réserves,
les lois désormais fondamentales de notre déraocratie, la loi scolaire et la loi militaire? Tous peuvent-ils s’appuyer sur un passé politique^ libre de toute attache réactionnaire, franchement et loyalement répulilicaîn?
Vos suffrages doivent s’écarter de ceux qui pourraient être suspectés j dont le dévouement sincère à la République pourrait être contesté.
Si j’avais été parmi ceux-là en 18B9, si j’étais aujourd’hui parmi eux, je ne serais pas venu, je ne viendrais pas solliciter Fbonoeur dévoua représenter. C’est parce que je suis bien sûr de mon passé, c’est parce que j’ai toujours donné des gages de ma foi républicaine, que vous m’avez trouvé il y a quatre ans, que vous me trouvez aujourd’hui encore devant vous.
Mes votes, du reste, sont là? on peut les vérifier. ïl n’en est pas un seul qui ne proteste de mon ardent attachement à la démocratie, de mon opinion radicalement républicaine, de mes efforts pour améliorer le sort des humbles, de ceux qui travaillent, de ceux qui souffrent.
Je peux affirmer hautement que j’ai tenu toutes les promesses de mon programme de 1889. Ceux qui m’ont vu à l’œuvre de prés, mes amis et collègues de la représentation algérienne, le savent et pourraient répondre eux-mêmes, — s’ils étaient !à — de ma fidélité aux engagements que je contracte.
Les lois républicaines dont la législature de 1S89 a doté le pays et auxquelles j’ai collaboré devront être complétées et le seront par la prochaine législature,
Aux lois tutélaires sur les syndicats professionnels, sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures, sur l’admission des associations ouvrières aux marchés de travaux et de fournitures à passer pour le compte des communes, sur les caisses d’épargne, sur les caisses de retraite, de secours et de prévoyance au profit des employés et ouvriers, sur les conseils de prud’hommes, sur les syndicats de communes, sur le classement et le traitement des instituteurs, sur l’abrogation des dispositions relatives aux livrets d’ouvriers, sur les habitations ouvrières, la prochaine législature en ajoutera d’autres qui permettront à la question sociale d'avancer d’un grand pas,
La législature de 1889 a le mérite d’avoîr abordé sans détour la solution de cette importante question et de celle d’une répartition plus égale, plus équi table de Pimpôt. Celle de 1893 continuera et terminera, nous respérons, Pœuvre commencée. ?^ous l’espérons avec tous ceux qui voient dans la solution pacifique de ces problèmes la fin de Père des grèves et la paix définitive entre le capital et le travail.
Partisan de la réforme générale de Pimpôt, auteur d’une proposition dans ce sens. Je suis et je serai toujours avec ceux qui proclament que le véritable principe fiscal consiste à faire contribuer tout citoyen aux charges publiques proportionnellement à ses facultés.
J’ai donné et je continuerai à donner mon dévouement aux intérêts de PAlgérie.
Je n’ai cessé de demander ia plus large protection pour l’agriculture, et je poursuivrai avec acbarnement la défense do la production nationale contre le produit étranger. Le tarif général des douanes, voté par la dernière législature, est une œuvre de protection qui n'est pas passée inaperçue. Si dans certains de
ses articles, par rapport à certains produits, une réforme de ce tarif dans un sens encore plus accentué de protection est nécesBaire, Je Ti*hésiterai pas à la voter. Il faut à tout prix que nos colons, que nos viticulteurs poissent luUer avec avantage contre la concurrence étrangère. Ce que J'ai déjà fait dans ce but répond de mes efforts dans T avenir.
Avec tous mes collègues de l’Algérie, j’ai demandé la construction de roules, de barrages, de lignes ferrées destinées à assurer le développement de la colonisation dans notre pays. J’ai réclamé la réduction des tarifs de nos chemios de fer et la refonte du réseau algérien, uni nous assureraient certains avantages et une grande économie dans les transports. Les résultats partiels ob- || tenus nous permettent d’espérer de nouveaux progrès qui iront en s’accentuant.
L’état d’insécurité, dont se plaignent avec juste raison nos colons, m’â toujours préoccupé et continuera à être l’objet de ma sollicitude jusqu’au Jour où l’application de mesures énergiques le fera cesser. Pariisan de la responsabilité collective des tribus, je la réclamerai Jusqu’à son application ou jusqu’à ce que l’administration ait trouvé un moyen plus efficace dans la création de nouvelles brigades desûreté chargées spécialement de la police des indigènes,
, Le concours que J’ai prêté à la défense des intérêts généraux de l’Algérie,
soit par mes conférences^ soit pai' mes articles dans certains Journaux de Paris, doit vous être aujourd’hui un sûr garant de mon activité et de mon ardent désir d’être toujours utile à ce pays. Les justes revendications du Commerce et de l’Agnculture de notre département ne m’ont pas trouvé indifférent, vous le savez. J’ai pu, dans mon rapport sur le projet de réglementation de nos services maritimes postaux, faire triompher le maintien de la ligne de Porl-Vendres à Oran, que ce projet avait sacrifiée. Je né suis pas resté davantage insensible devant les légitimes réclamations de nos colons concernant la lourde charge du Jury criminel qui pèse sur eux en Algérie, La prochaine législature verra la discussion de ces deux projets. Si vous me faites l’honneur de m’envoyer de nouveau siéger à la Chambre, je prendrai part à cette discussion, et ferai tous mes efforts pour qu’elle aboutisse à la solution que nous désirons tous.
Mes promesses n’ont jamais été intéressées. Vous pouvez accueillir avec une entière confia nce celles que je vous fais aujourd’hui.
Vive la France!
Vive l’Algérie [
[Marcel SAINT-GERMAIN, député sortant.
2" circonscription d'ORAN.
M. Eugène ÉTIENNE,
Élu au tour de scrutin.
Mes ciiers concitoyens,
Je viens demander ci vos libres suffrages ie renouvellement du mandai que, par trois fois déjà, vous m’avez fait l’houneur de me confier.
L’heure n’est pas aux longs programmes.
La France, sous l’égide de la République et en dépit des assauts répétés dont son gouvernement a été l’objet,- a accompli, depuis les heures inoubliables de la défaite, une œuvre considérable que le monde entier a enregistrée avec une profonde admiration. Par un labeur incessant et que rien n’a pu ni entraver ni décourager, elle a reconstitué ses forces militaires et navales, développé son outillage économique, accordé toutes les libertés et même toutes les licences; jeté à pleines mains les millions sur toute l’étendue du territoire pour construire des écoies, des collèges et des lycées, imposé le service obligatoire à tous les citoyens, et s’inspirant des grandes et nobles idées de la Révolution française, a fait des efforts répétés pour améliorer le sort des humbles, des petits, des travailleurs des villes et des campagnes.
Répudiant enfin le régime trompeur et décevant du libre échange, elle a protégé la production agricole et industrielle de la nation ; et, comme conséquence de ce mouvement intelieciuel et matériel, véritablement prodigieux, elle a assis le crédit public sur des bases inébranlables.
Cette foi invincible dans ses destinées et ie calme et le sang-froid, la haute sagesse dont elle ne s’est jamais départie, même au moment des plus cruelles épreuves, devaient avoir leur lendemain.
Quel est donc le patriote qui pourrait oublier Cronatadt?
Que! est donc le Français qui n’a pas tressailli le jour où 1 une de nos armées, réunie dans les plaines dë la Champagne, a arraché un cri d’admiration, même à nos plus implacables adversaires : la France avait repris sa grande place dans le monde?
Telle est l’œuvre d’hier.
Quelle devra être celle de demain?
Nous devons consacrer tous nos efforts à consolider les résultats acquis et à ne pas permettre qu’il soit touché à l’édifice si péniblement édifié. La République aujourd’hui indiscutée, et dont le buta toujours été de grouper sous son aile tutélaire tous les enfants de la pairie française, doit poursuivre “la marche en avant, en accueillant tous les concours loyaux et sincères, mais aussi en ne confiant la garde de ses destinées qu’à des républicains éprouvés.
S’il est permis de dire que les libertés politiques sont désormais acquises, il est uue tâche à laquelle nous devons nous consacrer sans nous laisser jamais
dominer par les résistances ou le découragement.
La démocratie se doit à elle-même de rechercher avec patience mais avec résolution, la solution des multiples problèmes qu’a suscités [ ^égalité des conditions. Aux favorisés de la fortune, la plus large part de ^ ceux
qui travailîent, et qui ne possèdent pas, le fardeau le moins ^ P
tir les charges publiques en raison de la force contributive de chaque citoyen français. Telle était la charte de nos ancêtres de 1791, telle doit être la notre a
un siècle de distance. ■£*£
Nous devons également assureç le développement des sociétés coopératiTes^
et tenter de résoudre, s’il est possible, le grand et lourd problème de la création d’une caisse de retraite pour la vieillesse des travaillenrs. , .
Mais il incombe. à vos élus de se préoccuper tout spécialement des progrès
que réclame la situation de l’Algérie.
U ne m’appartient pas de refaire l’histoire économique de notre grande
colonie, durant ces douze dernières années.
]’y ai été trop directement mêlé pour pouvoir vous la retracer. Je me borne à vous dire que plus que jamais nous devons poursuivre l’œuvre de colonisation
inaugurée il y a dix ans à peine. „
Motre premier devoir est de rompre avec les procédés administratifs imposés par les décrets de rattachements de 1881. Un grand pays comme le nôtre a besoin d’avoir à sa tête un gouverneur qui doit avoir l’initiative et la responsabilité de ses actes sous le contrôle du gouvernement central et du Parlement. A ses coUaborateurs immédiats, les préfets, le gouverneur déléguera les pouvoirs qui ne doivent en aucun cas gêner ou affaiblir son action politique et ces derniers, avec le concours des conseils généraux, dont la compétence est si manifestement établie, se trouveront eu situation de résoudre avec rapidité les questions qui, à l’heure actuelle, demeurent trop longtemps sans solution. Ce premier point réglé, il sera aisé d’apporter toutes les améliorations désirables à la loi sur la propriété indigène, à la loi sur les forêts, au système des impôts indigènes ; on pourra, si on le désire, accorder aux indigènes leur^ représentation élective dans les conseils généraux; mais il sera prudent aussi de marcher d’un pas mesuré dans la voie où le Parlement s’est engagé et qui consiste à vouloir multiplier les écoles indigènes alors que de graves et redoutables mécomptes
peuvent en résulter pour l^aveuir. ■ i t x ■
Mais là n*est pas le côté essentiel de la question algérienne* Si FAIgéne doit se développer, elle le sera par rôlément français, il faut donc créer sans cesse et toujours de nouveaux centres; telle est Pœovre capitale si nous ne voulons pas qu'un jour la population française se soit aonihiléepar la population étrangère et submergée par la population indigène *
Cette résolution hardiment: poursuivie doit avoir pour conséquences immé-
aiates : ^ w ■
r La construction de routes, de ban-ageset de canaux, de lignes de chemins
de fer destinées à assurer notre légitime influence dans Tonest et le sud de notre
province \
— Iil9 — N'' 532
2® La rèfonte des réseaux des chemins de fer algériens et la réduction de leurs tarifs toujours si élevés;
3*^ Le maintien et le développement normal de nos services maritimes postaux;
4® L*exécution rigoureuse de notre législation douanière;
5“ Et enüQ TapplicaLion de mesures énergiques destinées à faire cesser Fetat d’insécurité dont nos vaillants colons sont tous les jours les victimes.
Telles sont, résumées à grands traits, les questions que je me ferai un devoir de soutenir devant ïa Chambre.
Modeste ouvrier de l’œuvre grandiose accomplie depuis 1881 jusqu’à ce jour^ je viens avec une entière confiance vous demander de consacrer et mon expérience et mou dévouement à raccomplissement des nouveaux devoirs qui incomberont à vos élus.
Tel j’aî étéj tel je serai : le fidèle serviteur delà patrie, de la République, de l’Algérie,
Vive la France!
Vive la République!
Vive l’Algérie I
Eugène ÉTIENNE, député sortant.