‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 44 sur 266 · M. A. VILLE · texte numérisé non relu

M. A. VILLE

Élu au 2’ tour de scrutiD.

Mes chers concitoyens.

Le mandat que vous m’aviez confié en 1889 arrive à son expiration.

Dans sa réunion du 8 août, le Congrès, composé de 110 délégués représentant les communes de la circonscription, m’a désigné comme candidat aux élections du 20 août.

Fort de cet appui et avec la conscience d'avoir fidèlement tenu mes engagements, je viens à nouveau solliciter vos suffrages.

Depuis trente ans que je vis parmi vous ; depuis vingt ans que je remplis des fonctions publiques : conseiller municipal, adjoint, maire, député, vous avez pu vous rendre compte de mon dévouement, ç Vous connaissez mon attachement inébranlable aux principesdémocratiques

et vous savez que je soutiendrai toujours la cause des déshérités de la fortune, sans faiblesse, sans compromissions, avec le seul souci de faire mon devoir, de me rendre utile è mes concitoyens.

Ne nous illusionnons pas sur l’attitude des ralliés à la tête ‘desquels marche le parti clérical, sur un mot d’ordre venu de l’étranger. Cette alliance seule nous prouve que nos adversaires d’hier seront ceux de demain.

Les cléricaux ne désarmeront jamais. Us disent ne plus vouloir renverser le gouvernement de la République ; ils acceptent timidement (avec des réserves) tes libertés conquises avec tant de peine depuis vingt ans.

Ce n’est pas suffisant pour nous. 11 nous faut une République conforme à l’esprit de la Révolution, avec toutes les réformes qui peuvent améliorer le sort des classes laborieuses.

C’est dans ce but que je soutiendrai le même programme qu’en 1889 :

1° Création d’une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides du travail t

2“ Réforme générale de l’impôt}

Évaluation nouvelle de la valeur mobilière non bûtie :

Suppression de la contribution foncière, personnelle et mobilière, des portes et fenêtres, des patentes ;

Remplacer ces taxes par un impôt gradué sur le capital et sur le revenu ;

Suppression des droits sur les boissons hygiéniques : vins, bières, cidres ;

Monopole de la rectification de l'alcool par l’État, comme moyen hygiénique et comme ressource fiscale ;

Augmentation des droits de successions en lignes collatérales, Eiemption totale de ces mêmes droits pour les successions directes et minimes ;

3" Snppres^iion des associations religieuses. Lois devant amener la séparation des %Iises et de l’État. Suppression du budget des ouïtes. Retour à la nation des biens de mainmorte ;

Décentralisation administrative. Extension des attributions des Conseils généraux etdes Conseils municipaux»

5*» Réforme de la magisttatore. Diminution des frais de justice. Suppression de rinamovibiîité ;

6"* Instruction à tous les degrés exclusivement entre les mains de TÉtat ;

T Réforme administrative dans la sens républicain. Les emplois donnés au concours à ceux qui auront fait leurs études dans les écoles de l'État ;

Organisation du crédit agricole t

9^ Service militaire égal pour tous et réduit le plus possible sans nuire à la défense nationale;

10’’ Révision de la Constitution dans le sens démocratique. Souveraineté absolue du suffrage universel ;

11^ Loi garantissant le secret du vote-

Électeurs»

Vous ne voudrez pas marcher en arrière, vous ne voudrez pas piétiner sur place, ce qui serait un danger pour la République et arrêterait le développement de nos institutions démocratiques.

Vous voudrez aller résolument en avant I

Vous prouverez, une fois de plus, que le département de R Allier veut toujours marcher dans la voie du progrès 1 '

Aussi, je vicos hardiment vous demander de renouveler mon mandat.

Vous pouvez être assurés de tout mon dévouement ; vous savez que je tiendrai à honneur de souleuir haut et ferme le drapeau de la République.

raîconûance dans votre verdict.

Vive la France î vive la République!

A. VILLE, député sortant, candidat du Congrès républicain.

Mes chers concitoyens.

Je vous suis très reconnaissant des 6,1 OS suffrages que vous m’avez accordés le 20 août.

Je constate, avec la plus sincère gratitude, que vous m’avez conservé votre confiance, .

La majorité que vous venez de, me donner me fait un devoir de soutenir à nouveau la lutte au scrutin de ballottage.

■Je n’y faillirai point. .

De votre côté, vous ne vous déjugerez pas le 3 septembre prochain.

Notre département a prouvé, le 20 août, qu'il veut entrer dans la voie des réformes. La France entière s'est prononcée dans le même sens, en rejetant partout les réactionnaires, les ralliés et toutes les alliances formées par la coalition des partis hostiles aux revendications des déshérités.

Vous ne voudrez pas que notre circonscription reste en arrière.

Vous voterez, le 8 septembre, pour un républicain qui n'a demandé, qui n'a obtenu que des voix républicaines.

Vous connaissez mon programme i Vous savez que jo yeux une République avec toutes les améliorations que la Démocratie doit donner à tous.

Il faut que nos gouvernants voient, dans les élections de 1893, la volonté de la France de marcher en avant.

Il faut que la prochaine Chambre commence immédiatement Pélude des questions sociales, qui tiennent tant au coeur de tous les républicains convaincus.

Vous pouvez être assurés que je soutiendrai énergiquement le drapeau de la République, que je défendrai toujours les intérêts de notre région.

Électeurs républicains l

C'est à vous tous que je fais un nouvel appel, ünissons-nous pour soutenir la cause pour laquelle noua luttons depuis plus de vingt ans.

Le succès est à ce prix.

Tous aux urnes! Pas d'abstention 1

Vive la France 1 Vive la République!

A. VILLE, candidat du Congrès républicain, député sortant.

Page 1