‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 45 sur 266 · ALPES (BASSES · texte numérisé non relu

ALPES (BASSES

Circonscription de BAHCELONNETTS.

M. Paul DELOMBRE,

Élu au 2® tour de scrutiu.

Messieurs et chers Concitoyens,

M. Henry Fouquier, votre député républicain, a renoncé, vous le savez, à solliciter le renouvollement du mandat que vous lui aviez confié.

D’accord avec le comité républicain de l’arrondissement de Barcelonnette, je viens. Messieurs, vous demander vos suffrages.

Toutes les forces républicaines s’étaient unies, il y a quatre ans, pour vaincre, dans votre circonscription, le péril boulangiste.

La même union, élargie, grâce aux progrès incessants de la République, assurera, le 20 août, en même temps que le triomphe définitif delà cause républicaine, la pacification si ardemment souhaitée par tous les bons citoyens.

Divers candidats vous invitent à provoquer, dans la prochaine Chambre, des débats sur la question religieuse ; ils se posent en adversaires intransigeants de la loi militaire et de la loi scolaire, dont iis demandent l’abrogation . V

Sur quels bancs de la Chambre iraient siéger ces hommes?

Dans quel parti réactionnaire trouveraient-ils un refuge?

De quelle influence pourraient-ils jouir?

Ils sont condamnés è l’isolement et à l’impuissance.

Dans la voie où ils se sont engagés, et où vous vous garderez de les suivre, on ne peut rencontrer que discussions irritantes, agitations dangereuses, dissentiments violents, au lieu de l’apaisement et de la conciliation si désirables et, maintenant, relativement si faciles.

Le grand mouvement d'opinion, qui a valu à la République tant d’adhésions presque inespérées, doit marquer la fin de luttes qui n’ont que trop duré.

Il n’y a pas à revenir, aucun républicain, si modéré qu’il puisse être, n’accepte qu’on revienne sur le principe des lois militaire et scolaire, par lesquelles la République a entendu protéger à la fois le aol de la patrie et la souveraineté nationale.

Mais, dans l’application de ces lois, des tempéraments peuvent être reconnus nécessaires afin d’éviter toutes vexations véritables, et ils seront d’autant plus aisément obtenus qu’ils seront réclamés dans un esprit de modération et de paix, et non point comme des mesures de réaction et de guerre.

Le Concordat, qui a eu pour but d’établir une entente durable entre l’Église et l’État, peut, maintenu comme il doit l’être, appliqué dans une mutuelle pensée de' concorde, fournir un inestimable élément de rapprochement entre ces deux puissances, pour le plus grand bien de la nation.

Électeurs! trêve aux divisions 1

Tournons-nous vers l’avenir !

Écartons tout ce qui désunit, pour travailler tous ensemble à la grandeur de notre chère France I

N’y a-t-il pas assez de nobles causes é défendre, d’assez vastes entreprises à tenter pour l’amélioration du sort des masses laborieuses?

Les charges des contribuables à alléger autant que possible;

L’ordre, la clarté, l’économie, à apporter de plus en plus dans nos finances j

Notre outillage national, nos routes, nos chemins de fer, nos écoles, à développer, grâce à une intelligente administration des deniers publics;

La propriété et l’épargne à garantir, les initiatives individuelles à stimuler, ies transactions à faciliter, les œuvres de crédit populaire, de mutualité, de retraites, de prévoyance, à élargir.

Quel programme plus digne d’un Parlement ayant en légitime souci le plein épaaouissement de la République I

Sur ce vaste terrain de la défense des intérêts matériels et moraux du pays, il y a place pour tontes les bonnes volontés.

Électeurs 1

.-lü

Je m’adresse en toute confiance à vous, pour faire prévaloir cette politique nouvelle de réconciliation nationale et de réformes fécondes.

Vous la consacrerez* au 20 août, par une manifestation imposante î

J’ai voué ma vie entière aux questions économiques qui ont, pour Farron* dissement de Barcelonnette, une importance si capitale,

. En protestant énergiquement, à la Chambre, contre rahandon ou est laissé Barcelonnette, privé de tout chemin de fer ; en réciamaDt, non seulement cette voie ferrée indispensable, mais, d'une façon générale, Faméüoration de vos voies de communication ; eu demandant, par la réduction des droits de mutation et parla révision du cadastre, une diminution effective, et non pas illusoire, des charges qui pèsent sur les agriculteurs; — en prenant en maio, dans ia question du reboisement, les intérêts des communes et des propriétaires, pour que ces intérêts soient toujours pleinement sauvegardés ; — en veillant à ce que rÉtat, grâce à un meilleur aménagement de ses ressources, soit en mesure de vous venir davantage en aida pour vos chemins, vos télégraphes, vos canaux

d’irrîgatiOD, vos câbles agricoles^ vos associations diverses ; — enfin, en m^appliquant à relever la prospérité de celte région, si belle et qui, mienx connue, rendue plus accessible, attirerait tant de visiteurs, je ne ferais, moi, que demeurer fidèle aux principes qui, depuis plus de vingt-cinq ans, ont inspiré tous mes actes.

Vous êtes à Pavant-garde de la défense nationale*

Des mesures sont à prendre pour augmenter la sécurité à laquelle vous avez droit*

L’établissement d*une garnison permanente à Barcelonnette, I^accroîssement des forces militaires sur divers points de la région, lé prompt établissement du chemin de fer de Barcelonnette, sont au premièf rang de cés mesures.

Électeurs î voilà ce que je veux, avec vous tous, et je vous dis ;

Commerçants, ouvriers, agricuileurs, fonctionnaires, qui servez TÉtat avec tant de dévouement et d'abnégation, propriétaires, travailleurs des champs ou de la ville, citoyens, unissez-vous I

Qu’une même pensée patriotique nous rapproche, afin que, désormais, on voie se poursuivre, sans secousse, cette politique toute de concorde, de paix civile et religieuse, de liberté, de progrès certains î

Vous devez voua attendre à ce que, pour faire échec à cette oeuvre de fraternité républicaine et de profonde démocratie, il se trouve des politiciens sans scrupules.

Ils ue reculeront devant aucun moyen pour tâcher de surprendre vos votes et pour égarer vos consciences.

J’ai foi dans votre clairvoyance.

Vous ferez justice de toutes les manœuvres, de toutes Jes calomnies I Le bon sens populaire m’en est un sfir garant.

Et ainsi vous aurez contribué à constituer, à la Chambre, une majorité homogène de républicains convaincus, grâce à laquelle le Gouvernement pourra avoir, enfin, force, autorité et durée.

Ce sera la fin des crises dont le pays a eu tant à souffrir*

Messieurs et chers Concitoyens,

On dernier mot I

Nommé ■votre député, Je resterai en relations constantes et directes avec vous.

Je viendrai rêgnlièrement vous rendre compte de mon mandat.

Je serai heureux de continuer à m'entretenir avec vous de vos intérêts, et fier de me sentir le fils adoptif de la grande famille des B’as-AIpins,

Vive l'arrondissement de Barcelonnette !

Vive la République I

Paul DELOMBRE,

Officier de la Légion d’honneur.

Membre de la Gommission monétaire.

Membre de la Commission extra^parlementaire du cadastre, Secrétaire général de rÀssoclation nationalo républicaine.

Circonscription de CASTELLANE.

M. François ÜELOMGLE,

Elu au 1“ tour de scrutin.

Mes chers Concitoyens,

Vous voulez bien m>fïrir le renouvellement de mon mandat : je l’accepte Mon programme restera celui de 1889 : République ouverte, respéctuetise des droits mdividuels, garantissant à tous la paix, l'ordre et la liberté.'

Je SUIS l’adversaire déterminé du socialisme sons toutes ses formes i ses progrès sont dus à l’anarchie des idées qui a trop souvent paralysé où énervé en ces dernières années l’action publique ; un gouvernement qui sacbé gouverner, c'est-a-dire comprendre toute l’étendue de ses devoirs et de ses pouvoirs et s’abstenir de toute compromission avec les démagogues, peut seul enrayer le mal, conserver à chacun l’indépendance conquise én 1789 et la sécurité de ses biens, en môme temps qu’il nous épargnera l’effroyable épreuve d une tyrannie collectiviste ou autre qui serait la ruine de la France,

Pour constituer autow du drapeau républicain ce gouvernement qui doit nous faire oublier les cabinets éphémères et débiles, nés de coalisons Ou dé majorités de hasard, tous les bons citoyens doivent s’unir sans arrière-pensée •

InlJpllf ''•«“es formules sont mortes j une politique' nouvelle s’impose : .1 appartiendra à la Chambre que vous allez nommer de la préparer en constituant une véritable majorité homogène et stable, hardie à secouer le joug des éléments extrêmes et à faire la paix sociale par la baix religieuse, par les réformes de mutualité et par le respect des lolsi l’autorité gouvernementale, assurer de bonnes finances, soutenir

le crédit public, proclamer la liberté intégrale d’association, favoriser le dêvebppement des institutions de prévoyance et de secours, réformer les caisses d épargné, organiser pratiquement le crédit agricole, renouveler le privilège de U Banque de France, abolir l’impôt foncier, grâce aux cent millions d’économie annuelle à résulter de la réduction du service militaire à deux ans que i’ai ^ proposée, et que j’ai la confiance de faire aboutir, dégrever les" contributions ' des portes et fenetres, améliorer le régime des boissons, adoucir celui des

S transmission économique de là

L Hrt • -f ®“ipIoi de la méthode Torreus, accorder des exemptions légales cultivateurs, présider à l’application efficace de la loi

Surf PliySiène dans les campagnes,

1 de 1 enfance, préparer, sons certaines réserves de détail,

a liberté de tester ? voilà quelle doit être j’œuvre du nouveau Parlement. -

Si, pour obtenir d’aussi grands résultats, la méthode de travail politique et le fonctionnement actuel du régime parlementaire doivent être modifiés, je n’hésiterai pas à voler les mesures nécessaires ; j’estime également que, si la Chambre se montrait notoirement impuissante, le Gouvernement ne devrait pas hésiter à user du droit constitutionnel de dissolution ; enfin je ne reculerais pas devant un essai loyal du referendum et du droit d'initiative populaire pour les lois de principe, et je proposerai, le cas échéant, une loi tendant à assurer la représentation des minorités et le vote obligatoire.

Ai '•je besoin d’ajouter qu’en ce qui concerne vos intérêts locaux, je ne négligerai rien, comme pendant ces derniers quatre ans, pour vos routes, vos chemins de fer, vos écoles, vos églises, vos presbytères, vos hospices, vos syndicats, vos sociétés mutuelles, et qu’en toutes circonstances et par tons les moyens, je continuerai h revendiquer en votre faveur les droits de « riiomme oublié n, c’est-à-dire la part légitime qui revient en toute chose à nos pauvres populations dé la montagne, si délaissées depuis des siècles par les gouvernements disparus.

Vous Gohnâissez sur tous cés points le détail de mon programme et mes voeux opiniâtres. Je suivrai avec non moins de persévérance les questions se rattachant à la défense nationale de notre région ; il n’est pas possible qu’un aveuglement inexcusable nous laisse plus longtemps sans aucune garnison, et livre d’avance à l'offensive italienne nos Alpes, de Barcelonnette à I^ice, considérées comme la part du feul Je n’en dis pas plus long ; il faut que cette situation cesse ; au besoin, je la dénoncerai à la tribune.

L’im puissance de notre marine est manifeste : de récents Incidents ont soulevé des protestations violentes de l’opinion publique; je m’y associe vivement : la réorganisation de nos forces navales est une question vitale pour notre pays.

En politique extérieure, je poursuivrai sans trêve l’oeuvre de notre relèvement moral. Ce que j’ai déjà fait pour les affaires de Siam, d’Égypte, du Dahomey, de Zanzibar, du Maroc, de la Tripolitaine, du Haut*Nil, du Soudan, de l’Abyssinie, de Madagascar, de Mascate, de T Inde, du Brésil et de Terre- Neuve vous est garant qu’en semblables matières, je saurai toujours rester à l’avant-garde de la défense des droits de la France. L’éclatant succèa de l’affaire du Siam est un premier couronnement de cette politique ; il consacre définitivement rorientation nouvelle que ies mémorables fêtes de Cronstadt ont permis de donner à notre diplomatie.

Nous aussi, désormais, nous pouvons dire que a Noua ne craignons personne hormis Dieu ».

Réaliser tous les effets de l’Alliance russe sur le Rhin, daos la Méditerranée et en Asie, maintenir et faire reconnaître nos droits absolus sur le Haut- Mé-Kong, en écartant la théorie à la fois ridicule et dangereuse de TEtat- Tampon ; provoquer révacuation de l’Égypte, consolider notre empire dans le centre africain ; reprendre nos droits territoriaux dans l’Inde ; développer notre protectorat catholique en Orient et Extrême-Orient ; revendiquer en tous points les régions ou frontières que nous assurent les traités, les missions de nos explorateurs et les traditions de l’ancienne France ; faire respecter les Capitulations

et réorganiser la Nation à l’étranger ; susciter Tinitiative privée pour Tutilisation commerciale et agricole des colonies et territoires de protectorat ; substituer les méthodes d’influence pacifique à l’action brutale et coûteuse des expéditions et gouvernements militaires; mettre immédiatement en vigueur la nouvelle loi de l’armée coloniale ; se garder soigneusement de toute aventure, mais avoir toujours conscience de sa force et ne jamais reculer devant un effort nécessaire et décisif pour la protection de l’honneur et des intérêts français : tel doit être, tel sera, certainement, le programme d’expansion extérieure et coloniale de la nouvelle Chambre ; je le soutiendrai avec vigilance.

Et maintenant, mes chers électeurs, permettez-moi de vous remercier à l’avance du vote que vous allez émettre, sur mon nom, à l’unanimité et sans abstention ; il n’y aura, je lésais, dans cette manifestation, rien qui me soit personnel ; elle signifie simplement, mais puissamment, union, concorde et apaisement autour du drapeau de la République libérale et fraternelle, en même temps qu’elle marquera votre foi aussi intelligente qu’inébranlable dans les hautes destinées de la Patrie.

Un seul^cri devra saluer ce succès : Vivo la France l

François DELONCLE, Ministre plénipotentiaire. Député sortant.

Circonscription de DIGNE.

M. Joseph REINACII,

Élu au r’’ tour de scrutin.

Mon cher Concitoyen,

Après les malheurs qui m’ont frappé, j’aurais cru devoir vous faire injure en ne me présentant pas de nouveau à vos suffrages.

Des âmes lâches me fout un crime d’une infortune imméritée: je m’adresse à vos consciences.

Vous m’avez fait appel, il y a quatre ans, au moment où la bataille, que j’avais été des premiers à engager contre la conspiration boulangiste, était encore indécise; nous avons vaincu ensemble, et je crois avoir rempli loyalement le mandat que vous m’avez confié.

A l’unanimité, vos représentants les plus autorisés, vos conseillers généraux et vos conseillers d’arrondissement républicains m’ont invité à reprendre la lutte pour la République.

Me voici, prêt à soutenir avec vous le bon combat.

Plus la République étend ses conquêtes, plus elle a le devoir de rester fidèle à ses véritables principes, qui sont ceux de la Révolution.

L’expérieace et le temps modifleat et corrigent nécessairenient les institutions humaines ; mais les principes mêmes de nos lois républicaines doivent être intangibles.

Nous continuerons à opposer, avec la même fermeté, le progrès démocratique à la réaction, — la tolérance à l’esprit de secte, — et la liberté à la tyrannie d’un socialisme qui rétablirait des classes où 89 a fait une nation.

L’impôt pèse inégalement sur les contribuables; c’est l’honneur de la Ilépublique d’avoir fait face aux charges écrasantes que lui avait laissées l’Empire et d’avoir entrepris à la fois, avec méthode, sans troubler réquilibre du budget, une plus juste répartition des taxes fiscales.

ï’ai collaboré, sous la précédente législature, à un premier dégrèvement de l’impôt foncier; nous poursuivrons cette réforme dont vos campagnes ont apprécié les résultats, et la réfection prochaine du cadastre apportera de nouvelles réductions aux charges des cultivateurs.

L’impôt sur les portes et fenêtres est une taxe sur l’air et la lumière, c’està-dire sur riiygiène et sur la vie même; nous l’avons condamné, à la veille de la séparation des Chambres, par un vote décisif : il disparaîtra du prochain budget.

Le tarif général des douanes, que nous avons établi, défend nos industries nationales contre les concurrences étrangères, et nous avons dégrevé les transports de plus de 80 millions. Mais il ne suffit point de protéger l’agriculture par des droits et par des réductions d’impôts : il faut lui venir en aide encore d'une autre manière, non moins efficace, en lui ouvrant la voie des améliorations scientifiques.

C est ainsi que la dilîasion des bonnes méthodes doit hâter la renaissance de celte industrie séridcole qne le système des primes, dont j’ai été le promoteur, a sauvée d’une ruine menaçante.

Vos communes ont trouvé en moi, auprès des pouvoirs publics, un interprète zélé et souvent écouté pour leurs revendications légitimes : je continuerai à servir ces causes justes avec un même dévouement, et à poursuivre, comme par le passé, le développement de nos voies de communication, routes et chemins de fer, la construction des digues, la réfection des ponts et passerelles sur nos rivières ton-entielles, et, par application de la loi récemment votée, la multiplication des œuvres d’assistance publique dans les campagnes.

La lutte électorale qui s’engage aujourd’hui s’annonce de toutes parts comme une nouvelle victoire pour la République; fort du sentiment du devoir accompli, dédaigneux des dÜTamàtious et des basses injures, je vous convie à associer une fois de plus notre arrondissement de Digne à la victoire assurée de la démocratie républicaine contre les partis de désordre et de réaction.

Vive i a France I Vive la Rép oblique I

Joseph REINACH, député sortant, directeur de la Mpablique fran^am.

M. Joseph Hejnach, député des Basses-Alpes, a adressé aux électeurs de rarrpndîssemcnt de Digne la lettre suivante, qui peut être considérée comme un complément à sa profession de foi :

22 août 1895,

Mes chers concitoyens,

Vous avez récompensé les quelques services que j’ai eu le bonheur de rendre à la République et k notre arrondissement par une manifestation dont je suis profondément touché-

Vous n’aviez pas à me consoler des indignités dont j’ai été Tobjet, parce que le témoignage de ma conseience suffisait ^ mais vous m’en avez vengé noblement en répondant par plus de sept mille suffrages à l’appel que vous avaient adressé vos mandataires autorisés, ces conseillers généraux et ces conseillers d’arrondissement républicains qui m’avaient convié à reprendre avec vous la lutte pour le progrès démocratique et pour la liberté. Vos bulletins de vote out ratifié la confiance que ces citoyens dévoués avaient placée en moi.

Malgré l’assaut furieux des haines réveillées du moyen âge, — peut-être même à cause de la vilenie de cette campagne, — vous m’avez donné dans vos neuf cantons une majorité écrasante. Vous avez proclamé, en me renouvelant mon mandat avec cette imposante majorité, que j’avais tenu fidèlement le pacte que nous avions conclu en 1BB9. Merci, du fond du cœur, merci !

La victoire de la cause républicaine a été éclatante dans nos Alpes j elle n’a pas été moins considérable dans le reste de la France, Las des agitations stériles, dégoûté des programmes menteurs, le suffrage universel s’est prononcé avec une même énergie, dans près de quatre cents cîrconBcrlpiions, contre la réaction et contre la démagogie. Cette majorité de gouverne ment qui nous a fait si cruellement défaut depuis quinze ans par l’éternelle coalition des partis extrêmes, dont fabsence avait rendu impuissants tant de généreux efforts, la voilà enfin constituée, image vivante de cette démocratie qui ne sépare plus, dans ses aspirations, les libertés nécessaires de Taulontè indispensable, qui veut le progrès par Tordre et qui ne confond pas le progrès avec la manie de tout bouleverser, au risque de compromettre les conquêtes les plus précieuses de k Révolution.

Le suffrage universel a fait son devoir ï il appartient maioteoant à ses représentants de comprendre dans toute son étendue la grande tâche qui leur a été confiée et de donner au pays un gouvernement homogène, animé d’une seule volonté, sourd aux intimidations des coteries et des factions définitivement vaincues, soucieux exclusivement de faire les affaires de la France, — en gouvernement qui gouverne.

Qu’il s’agisse de la refonte d’un système fiscal qui pèse encore trop inégalement sur les contribuables, ou de k justice encore et toujours trop éloignée de justiciable et trop chère, ou de ces grandes questions économiques, agricoles et industrielles d’où dépendent la prospérité et k vie même du pays, ce gouvernement aura à étudier et à faire aboutir, avec Taido des Chambres, d'importantes réformes. Mais il comprendra que chercher les aolutions ailleurs que dans le

large courant et selon l’esprit de la Révolution, ce n’est pas avancer, c’est reculer : noua voulons aller de l’avant.

Quant à moi, je m’efforcerai de répondre à votre coniiance en consacrant, dans l’avenir comme dans le passé, tout mon zèle à la défense de vos intérêts légitimes, tout mon dévouement à cette République qui a eu la magnifique ambition de se confondre avec la France même et à qni il sufDi maintenant, pour achever son œuvre, de rester fidèle à ses véritables principes.

Vive la France !

Vive la République 1

loseplî REINACII, député.

Circonscription de FORCALQUIER.

M. Raoul FRUCHIER,

Élu au 2^® tour de scrutin.

Je sollicite de vous tous, sans distinction, vos suffrages comme républicain et comme enfant de votre pays.

Républicain sans épUlïète, je veux encore, comme j’ai toujours voulu, un gouvernement ennemi des coteries, large, tolérant, ouvert.

Pour ne pas tomber entre les mains de sectaires, la République doit être le pouvoir remis aux plus honnêtes, aux plus capables. Elle doit respecter tous les droits, toutes les croyances, toutes les libertés qui ne sont pas une atteinte à îa liberté d'autrui. Elle doit écarter tous les hommes qui la compromettent par leurs utopies, répudier ceux qui la déshonorent par leurs violences, punir comme un crime de léee-iiation toute atteinte contre la paix publique,

Enfant du pays, je sais vos besoins et, sans vaines promesses, je mets à leur service et à leur défense toute ma bonne volonté.

Je consacrerai tous mes efforts, avec Pappui des vœux déjà émis par la moitié des conseils généraux et dix mille conseils municipaux de France, à faire rétablir l’échelle mahile, et obtenir ainsi que le prix des blés varie entre un minimum de 30 francs et un maximum de àO ; c'est le premier de vos besoins.

Les autres, je les connais; vous pourrez me les dire, puisque je vis avec vous parmi les humbles, et je les défendrai avec tout le cœur que vous avez [senti battre dans ma poitrine .

Vive la France 1 Vive la République I

Raoul FRUCHIER, avocat.

Circonscription de SISTERON,

M. le vicomte d'HÜGÜES,

Élu au S” tour de scrutin.

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