‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 46 sur 266 · ALPES (HAUTES · texte numérisé non relu

ALPES (HAUTES

Circonscription, de BRIANÇON.

M. Léon L.\URENÇON,

Mes chers compatriotes,

Voilà seize ans que j'ai l’honneur de voua représenter à la Chambre des députés et je viens sans crainte solliciter le renouvellement de mon mandat. Je n’ai pas besoin de vous faire ma biographie en termes pompeux ; vous me connaissez et vous savez que ma vie peut se résumer par un mot bien simple ; dévouement.

En politique vous avez jugé tous mes votes. Je puis différer par des nuances avec des républicains, digues de la plus haute estime, qui sembleraient concevoir des progrès plus rapides ou souhaiter des réformes plus hardies. C’est le soft des idées d’appartenir à la discussion et d’être envisagées sous des aspects divers ; mais, en passant en revue tous mes actes, j’allirme haulemement que j’ai été uniquement inspiré par l’amour profond de mon pays et par la conviction que la république est le régime nécessaire de notre démocratie.

Dans le domaine des intérêts matériels, faut-il rappeler l’œuvre considérable faite avec votre concours î

Elle éclate à tous les yeux, soit dans les mallieurs réparés, soit dans les progrès accomplis et ce serait faire injure à vos sentiments que d’insister plus longtemps.

Briançonnais 1

le vous appartiens par la naissance et par le cœur. Vous avez suivi mon existence d’honneur et de désintéressement. A ceux qui, dans un vocabulaire à part, appellent cela « déshonorer l’arrondissement n vous répondrez par une manifestation éclatante en faveur de l’en tant du pays contre l’étranger.

Vive la République !

Léon LAURENÇON, député sortant.

CirconscHption d'EMBRUN.

M. FLOÜRENS,

Elu au 1®'' tour de scrutin

Mes chers concitoyens,

Déjà deux fois, vous m’avez honoré de vos suffrages et les liens de confiance et d’estime qui s’étaient spontanément formés entre nous, dès ma première élection, se sont depuis lors consolidés et affermis pendant la durée de deux législatures. Ils sont devenus indestructibles.

Ce que je veux, vous le savez; ce que je ferai, mon passé le fait assez connaître.

Je veux la France forte à l’extérieur et appuyée sur une alliance solide qui mette désormais la paix européenne à l’abri de toute surprise.

Je veux le rétablissement de l’ordre et de l’économie dans nos finances et la réduction des charges qui pèsent sur l'agriculture, notamment de l’impôt foncier proportionnellement encore trop lourd pour nos montagnes. J’ai entrepris, dans ce but, avec mes collègues du syndicat Économique Agricole, une campagne qui a réuni déjà de nombreuses et importantes adhésions et qui aboutira certainement au cours de la prochaine législature, ou à un dégrèvement total ou tout au moins à une notable et importante diminution d’impôts.

Je veux que l’exécution des travaux de reboisement et de défense des terrains en montagne cesse de causer un aussi grave préjudice à nos communes pastorales ; pour atteindre ce but je poursuivrai, a’accord avec l’unanimité des municipalités et des syndicats de l’arrondissenrent et conformément à la mission qu’ils m’ont confiée, la rétrocession des canaux et chemins, ainsi que la réforme du code forestier, et je m’efforcerai de faire établir, sur un pi.e.d plus équitable, les rapports entre les administrations communales et les agents forestiers.

Je suis partisan résolu de la liberté, dans Ja plus large extension de ce mot, de toutes les libertés, y compris et en premier lieu la liberté de conscience, la liberté religieuse et le droit d’association.

Je proposerai une loi pour la défense de J’état des fonctionnaires, afin que lorsqu’ils donnent satisfaction au public et à leurs supérieurs hiérarchiques, ils ne puissent être désormais les yiçtimes des çalomnie§ intéressées d’un délateur et des caprices d’un Préfet.

Électeurs, notre cause est commune et notre prochain triomphe sera la victoire de la justice et de la liberté.

Vive la France! Vive la République! ^

FLOÜRENS, Député sortant,

Anciea Afin istfe des Affaires Étrangères,

Circonscription de GAP.

M. F. EUZIÈRE*

Elu au 1" tour de acrulin.

Mes chers coucitoyeas.

En vous demandant de renouveler le mandat que vous m’avez conûé, il y a quatre ans, fai le devoir de vous rappeler comment je l’ai rempli.

Malgré des accusations aussi injustes qu’intéressées ^ la cinquième législature républicaine a accompli une œuvre utile. Cette œuvre, je m’honore d'y avoir contribué.

Elle comprend des lois très importantes : celles sur la diminution des frais de justice et des droits d’enregistrement; celle sur ratténuation des peines pour les individus atteints par une première condamnation, loi favorisant le repentir et la réhabilitation ; celle sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures, protectrice des faibles ; celle sur Farbitrage pour diminuer et rendre moins irritantes les luttes des chefs dlndustrie et de leurs employés; celles sur Famélioration du sort des instituteurs; celle sur l’assistance médicale et bien d’autres non moins intéressantes.

Ne pouvant les énumérer toutes, je veux retenir un instant votre attention sur celles de ces lois qui vous touchent particulièrement.

Le département des Hautes-Alpes, victime d’une iniquité plus que séculaire était, par une monstrueuse proportionnalité à rebours, lui le plus pauvre de France, frappé de là contribution foncière la plus élevée î Un dégrèvement considérable lui a été accordé sur le principal de FimpÔt et Farrondissemeot de Gap en a bénéficié largement.

L’étendue des charges à nous imposées par la guerre Criminelle et désastreuse de 1870-1871, Faccroissement des salaires, l’infertilité d’un aol épuisé par une culture ininterrompue, les ravages du phylloxéra plaçaient la production nationale dans un état dlnfériorité manifeste. L’établissement de tarifs douaniers compensateurs volés par la Chambre, après une longue et laborieuse discussion, a remédié, dans une certaine mesure, à cette infériorité. Sans doute la situation de notre agriculture n’est pas encore satisfaisante, mais, si le mal n’a pas été entièrement conjuré, sans les taxes protectrices, il nous eût rapidement conduit à la ruine absolue.

L’abaissement des prix des transports par chemin de fer, en grande vitesse, a été un grand bienfait pour les commerçants en part icu lier et tous les voyageurs en général.

Plusieurs cantons de notre arrondissement profitent de la loi créant des

primes à la sériciculture et permettant aux graines des Alpes de maintenir leur légitime renom.

Et l’on ose dire que cette Chambre n’a rien faitl Et l’on vous invite, dans les termes que vous savez, à en congédier tous les membres, comme des ouvriers paresseux et inutiles!

Et à côté des lois votées quelle somme de travail et d’efforts dépensée pour des réformes inachevées! Celle de l’impôt des boissons, celle de la suppression de la contribution des portes et fenêtres n’ont pu aboutir, faute de temps. Je m’honore néanmoins d’avoir, par mes votes persistants, combattu la disjonction de ces deux lois d’une importance capitale.

D’ailleurs cette disjonction n’est qu’un ajournement et la prochaine législature aura à cœur de terminer l’œuvre si bien inaugurée par sa devancière.

Pour venir en aide à l’agriculture, la principale et presque la seule industrie du pays, d’autres dispositions législatives sont nécessaires. Je mentionne spécialement, parmi beaucoup d’autres :

La suppression graduelle du principal de l’impôt foncier; la terre, simple instrument de travail, ne.doit pas supporter une contribution spéciale;

Le relèvement des taxes de douanes, si une expérience prolongée'démontre 1 insuffisance, pour la défense de la culture nationale, de celles existantes;

L’organisation définitive du Crédit agricole, donnant à tous les propriétaires, dans des conditions favorables d’économie et de durée, les moyens d’amender leur sol et d’accroître ainsi leurs récoltes.

Un autre agent, le plus puissant de tous dans notre région brûlée par le soleil, est l’irrigation facile et abondante. Je suis fier d’avoir obtenu par mes instances personnelles, le dépôt, jugé sinon impossible du moins très difficile, du projet de loi assurant les ressources pour l’achèvement de la branche principale du canal de Ventavon, constituant un intérêt de premier ordre pour les populations si éprouvées de la vallée de la Durance. Ce projet dû à l’initiative gouvernementale survivra à la législature qui finit et sera forcément discuté par la prochaine Chambre. Si vous m’accordez encore votre confiance, j’apporterai à en poursuivre l’adoption la même activité et la même sollicitude que j’ai mises à en préparer le dépôt.

loutes ces lois, dont 1 énumération même incomplète a pu vous lasser, je les ai votées comme un pas de plus vers l’idéal de justice et de progrès que poursuit la démocratie française. Si vous le pensez aussi, je n’aurai pas fait appel en vain à vos libres suffrages.

^ En dépit de dénégations mensongères et intéressées, je suis convaincu P une solution favorable interviendra dans un bref délai au sujet du chemin de er qui doit relier Gap à Saint-Bonnet et la Mure, donnant ainsi satisfaction aux intérêts du bassin de Gap et de la belle vallée de Champsaur.

Combien d améliorations locales se sont produites avec mon appui, mais combien il en reste encore à réaliser! A ces œuvres, à toutes celles intéressant soit 1 arrondissement tout entier, soit une de nos vallées ou de nos communes, je consacrerai dans l’avenir, comme je l’ai fait dans le passé, toute mon énergie, toute mon intelligence.

Je n’al pas à insister sur mes convictions, vous les connaissez de longue date, faime passionnémèot îa liberté et la justice. Je vous avais promis de défendre la liberté de conscience « ce domaine inviolable, source même de U liberté individuelle », Je renouvelle cette promesse-

Fermemçnt attaché à la Républicfue, qui a, donné à la France vingt-deux ans de tranquillité intérieure et de paix extérieure, je continuerai à la servir avec le plus complet dévouement, persuadé que la fortune de la Patrie est indisssolnblemenî liée à la sienne, ^ . ..

Aujourd’hui, comme il y a quatre ans, le devoir est netteraent tracé :

A toutes les réactions coalisées marchant h Fassaut de la République, nous devons opposer Tunion lovîncible de tous les Républicains.

Vive la République!

F. EUZIÊRE, député.

Maire de Gap, Gonsëiller général.

Chevalier de la Lég^o d’Honuenr.

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