ARDÈCHE
Circonscription de LARGENTIÈRE*
M. Odilon BARROT,
Elu au 2® tour de scrutin.
Mes chers concftoyens,
Les républicaitis de notre arrondissement, se rappelant la décision formulée par le Congrès des délégués sénaioriaux réunis à Largentière le 24 aYril 1892, m'ont désigné comme leur candidat à Téleciion législative prochaine.
Fier à bon droit de cette marque de confiance et assuré de votre ratification par runanime adhésion dont elle est Tobjet, je considérerai comme un suprême honneur d'être appelé à rendre à notre circonscription électorale sa place, qu'elle u'aurait jamais dû perdre, au sein de la représentation nationale, par l'accord et l'uuiou de tous les citoyens.
Régime de tolérance et d'apaisement ouvert à toutes les bonnes volontés et à toutes les conversions sincères, la République voit aujourd'hui les partis adverses cûntramts à désarmer devant elle et à accepte^ ses institutions désormais indestructibles; c'est à leur progressif et libéral développement que je consacrerai tous mes efforts, considérant que l'élu ne doit avoir d autre ambition que de servir fidèlement ton pays.
Je m'attacherai paTticullêremeQt aux intérêts de cet arrondissement trop souvent délaissé, dont il est urgent de développer les immenses ressources par l'achè\reinent du réseau, encore incomplet, de ses voies de communication, La ligne ferrée projetée de Privas au Puy desservira une partie de sa région septentrionale; mais elle doit avoir, notamment, pour conséquence Péta b lisse ment d'une antre ligne reliant Largentière à celle de Clermont à Nîmes par Joyeuse et les Vans. Je serais heureux que mon passage au Parlement fût marqué par la réalisation de ce projet
Le gouvernement de la République a, dans maintes circonstances, donné des preuves de son dévouement aux intérêts de notre agriculture et de notre industrie la plus importante.
Je considérerai comme un devoir primordial, pour celui qui aura Thonneur d’être votre mandataire, de seconder toutes les mesures qui tendront à alléger nos charges.
Électeurs de l’arrondissement de Largentière,
Si je suis appelé à vous représenter et à défendre vos intérêts à la Chambre des députés, je saurai justifier votre confiance en unissant mes efforts à ceux des citoyens honnêtes qui ont à cœur d’assurer et de garantir par la République la grandeur, la paix et la prospérité de la Patrie française.
Odilon BARROT, Maire de Chambonas, Membre du Conseil général, Président de la Commission départementale. Candidat républicain.
Mes chers concitoyens, *
Par votre vote du 20 août, en réunissant sur mon nom la majorité relative de 9.656 suffrages, vous vous êtes approprié la décision prise par le Congrès sénatorial du 24 avril 1892, et, en la ratiûant, vous avez marqué votre volonté et manifesté vos préférences pour le candidat républicain qu'elle avait désigné à votre choix.
Je suis profondément touché de cette marque de confiance qui sera l’honneur de ma vie politique.
Au scrutin du 3 septembre, vous la confirmerez en achevant l’œuvre de dimanche dernier et vous vous joindrez aux citoyens de toute la France qui viennent une fois encore d’acclamer la République par un vote éclatant qui assure au premier tour pour les républicains un gain de 63 sièges.
Électeurs de Tarrondissement de Largentière,
Le républicain ferme et dévoué qui aura l’honneur de vous représenter au Parlement sera, n’en doutez pas, le fidèle interprète de vos pensées et le zélé défenseur de vos intérêts,
Odilon BARROT, Conseiller général. Président de la Commission départementale, Maire de Chambonas, Candidat républicain.
1” circonscription de PRIVAS.
M. Ed. FOUGEIBOL,
Élu au !*'■ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
On a beaucoup médit de la législature qui vient de finir; elle a cependant fait de grandes choses. Elle pourrait bien, quand on la jugera avec plus de sangfroid, avoir sa page glorieuse dans notre histoire.
A l’extérieur, en effet, elle commence é Cronstadt; elle finit par le Siam.
Le prestige et l’honneur du pays relevés I La France retrouvant sa confiance en elle-même, son rang reconquis, son expansion coloniale assurée, des débouchés nouveaux ouverts à son activité, sont-ce là des résultats négligeables 7
A l’intérieur, des dégrèvements considérables opérés; l’ordre et la clarté rétablis dans nos finances par l’unification du budget, la source de la dette flottante tarie, l’ère des emprunts close. N’est-ce donc rien non plus 7
Enfin, cette œuvre capitale, l’organisation de notre nouveau régime économique, dont nous ressentons déjà les heureux effets, ne devrait-elle pas suffire pour permettre à cette législature de se présenter hardiment devant le pays ?
Quant à moi, qui ai contribué à cette organisation, quelque modeste qu’ait été la part que j’y ai prisent qui est connue de vous tous, je crois qu’elle me donne le droit de me présenter la tête haute devant vous et de vous demander encore vos suffrages.
11 y a d’ailleurs longtemps que nous nous connaisson?, vous savez qui je suis, ce que je veux; de plus longues explications entre nous soat inutiles.
Voilà plus de dix ans que je suis honoré de votre confiance.
Trois fois déjà vous me l’avez manifestée et chaque fois, à chaque élection nouvelle, en réunissant sur mon nom une majorité plus grande que la précédente.
Cette faveur croissante avait une signification très claire I
N’était'elle pas une approbation complète de ma conduite 7
Ces suffrages chaque jour plus nombreux ne voulaient-ils pas dire : C’est bien ! Tu es un mandataire fidèle, un bon serviteur de la démocratie. Continue à marcher dans la voie où tu es entré.
Reste toujours étranger aux intrigues de couloir.
Conserve ton indépendance.
Creuse laborieusement et plus profondément le sillon commencé dans, les précédentes législatures.
Notre agriculture et notre induBtrie dont tu connais les besoins et les aspirations attendent de toi de nouveaux services.
Poursuis, sans te décourager, l'œuvre de leur relèvement.
Consacre-toi avec un dévouemetjt toujours plus actif, à la défense des intérêts de la circonscription de Privas, mais n’oublie cependant jamais <jue ta es député de ta Franco et que tout doit fléchir devant l’intérêt sacré de la patrie.
N’est-ce pas là la signification de la confiance grandissante que vous m’avez donnée?
C’est ainsi que je l’ai comprise. Elle m’est allée droit au cœur et pendant cette dernière législature, mieux peut-être que dans aucune autre je crois avoir rempli, avec tout ce que j’avais de force et d’ardeur au travail, les devoirs qu’elle m’imposait.
A voua de dire si j’ai su faire pour l’agriculture et l’industrie de ce pays ce qu elles avaient le droit d’attendre et si j’ai été, comme par le passé, un serviteur dévoué de la démocratie.
Vive la Bépublique l
Ed. FOUGEIROL.
2* circonscription de PRIVAS.
M. Charles DINDEAU,
Élu au 2' tour de scrutin.
Citoyens,
Candidat républicain démocratique le 16 avril dernier, vous m’avez nommé député, envers et contre tous les états-majors syndiqués pour la circonstance.
C’est avec le même programme que Je viens encore, quatre mois après cette brillante victoire, me présenter, le front haut, à vos libres suffrages.
Si j’ai fait du respect de toutes les convictions sincères la règle de ma vie, j’ai tonjours pensé aussi que le premier devoir d'un représentant du peuple consistait à rester fidèle aux promesses faites et à tenir scrupuleusement la parole donnée.
J ai la conscience d avoir, à cet égard, fait tout mon devoir et la satisfaction de m’être toujours trouvé avec ceux qui ont voté en faveur des quelques réformes qui ont abouti, pendant mon court passage à la Chambre dont le mandat expirera le lé octobre prochain.
Le 20 août, vous direz, librement encore, si j’ai répondu à la confiance dont vous avez bien voulu m’bonorer.
Indépendant de toute coterie, je n’ai jamais hésité à dire aux hommes qui nous gouvernent, malgré mes sympathies personnelles pour leur mérite reconnu et leur in discutable honorabilité, ce que j’ai cru être la vérité et la justice*
Je crois revenir au milieu de vous avec leur estime et celle de mes collègues; vous pouvez le dire hautement à ceux qui auraient intérêt à vous insinuer le contraire*
Si donc j'ai le grand honneur de vous représenter encore dans la nouvelle Chambre, je serai toujours, de coeur et de volouté, avec ceux qui veulent les réformes sociales conçues^ non dans le sens collectiviste, mais dans l’esprit de la Révolution française, c’est-à-dire tendant à accroître la liberté et les moyens d’action de chaque citoyen, PÉlat intervenant en faveur des humbles pour leur faciliter la lutte pour la vie.
Citoyens,
Déliez-vous de ceux qui, après avoir employé tous les moyens pour renverser la République, ont feint de renoncer à leurs espérances monarchiques et ont l’air d’adhérer, aujourd’hui, à la forme républicaine*
Chefs de partis usés à tout jamais et sentant bien que les soldats, qu’ils ont trompés pendant si longtemps, les abandonnaient, ils ont changé de tactique : n’ayant pu réussir par la force, ils veulent essayer de la ruse* g
Vous ne tomberez pas dans ces pièges grossiers* Vous démasquerez ces faux frères et vous leur direz, qu’ils soient des ralliés ou des modérés prêta à toutes les palinodies, que vous voulez la République profondément démocratique et résolument progressive*
Salut et fraternité !
Vive la République républicaine I
Charles DINDEAU, ancien Sous-Préfet de Largentiôre, Officier de l’Instruction publique, Député sortant. Candidat républicain
démocratique.
PIÈCE VISÉi; DANS LA PBÊCÉDENTE :
Citoyens,
Voici que, en moins d’un an, dans votre belle et généreuse circonBcription, le suffrage universel, après le suffrage restreint, me donne un second et aussi inoubliable témoignage d’estime et de confiance.
j’en suis plus profondément touché que je ne saurais le dire, car, mieux que personne, vous savez à merveille que la concours que vous m’offrez aujourd’hui a été tout spontané et que je ne l’ai jamais sollicité* Il vient s’ajouter précieusement à la satisfaction du devoir accompli et me consoler amplement des tristesses que j’ai éprouvées depuis deux ans* Cordialement merci 1
je vous appartiens et renonce à la vie administrative, pour me consacrer tout entier à la défense de vos intérêts. Je n’avais jamais rêvé une façon plus
glorieoBe de continuer à servir la cause de la liberté et du progrès à laquelle l^ai tout donné jusqu'à ce Jour* Je vous dois une profession de foii la voici :
En poiiuque, tout mon passé répond de mon avenir. J'ai déjà dit en d'autres circonstances et je le répète : Je veux la Hépublique avec tous les droits qu'elle comporte, avec toutes les libertés qu’elle donne, mais aussi avec tons les devoirs qu^elle impose-
Je crois inutile de m'étendre plus longuement^ ici, sur ce premier point* Vous n'aurez jamais, à ce sujet, à constater la moindre défaillance de ma part* Je préfère vous entretenir des réformes sociales dont Fétudem'a toujoursBivivement passionné, parce qu'elles intéressent le plus grand nombre, c'est-à-dire les petits, les déshérités, et aussi parce qu’il m'a toujours semblé que celui qui sortait du peuple et était fier de son origine avait pour premier devoir de tendre fraternellement la main à ceux quf, moins favorisés que luî, restaient attachés à leur humble condition; de s’efforcer ensuite de diminuer ia distance qui semble parfois si grande entre celui qui possède et celui qui n'a rien, en faisant comprendre à tous que, en dehors de la beauté morale d'une pareille füsioû, leurs intérêts matériels sont intimement liés à sa réalisation dans toute la mesure du possible*
C’est de cette idée économique autant que philosophique que se sont inspirés ceux qui ont étudié on déjà mis en pratique les Associations, les Sociétés en participation, les Syndicats, ies Sociétés coopératives, de Secours mutuels, les Caisses de retraite pour les Invalides du travail et pour la vieillesse, la loi sur les accidents du travail et les risques professionnels.
Il y a là un flot qui monte et que rien n* arrêtera, parce qu’iî procède de la justice et de la vérité, et son application humanitaire se généralisera, à mesure que les esprits s'éclaireront*
Voyez donc à cèté de cela et jugez ceux qui ont eu, jusqu’à ce joui^ intérêt à maintenir les ténèbres et rignorance dont ils ont toujours vécu ; voyez combien la diffusion de la lumière leur fait mal aux yeux et avec quel pieux courroux ils lancent l'anathème sur ceux qui ont arraché de leurs mains l’enseignement national au nom de k liberté de conscience.
Profondément respectueux de toutes les croyances sincères, je suis partisan énergique et irréductible du service obligatoire pour tous et de renseignement laïque.
De tous les gouvernements qui se sont succédé en France, depuis près d’un siècle, la République seule a augmenté le traitement des membreB du clergé. Jusqu'à présent, ils avaient échappé au premier, au plus sacré de tous lesimpôts, celui du sang* Us ont du s'y résigner.
Mais ce dont üs se plaignent le pJits amèrement, citoyens; c'est de nkvoir plus exclusivement en main la direction de l’enseignement, et leurs colères éclatent sans retenue, en voyant leur échapper ce merveilleux instrument de domination. Voici, pour moi, le mot de la ûu de toute cette querelle ;
Exiger de tous le respect absolu de la République, acclamée à chaque manifestation nouvelle de la volonté populaire. Que le clergé reste dans son domaine et seB attributions : il n'en sera que plus respecté; quant à gouverner la France, qu’il y renonce à tout jamais 1
lû
Est-ce que tout le monde ne sait pas aujourd'hui d^oit est parti le vent de délations et de calomnies qui^ à propos de la quosiiondu Panama, a souillé avec tant de violence et a pu jeter un trouble profond, déjà bien apaisé, dans tout notre paya de France si chatouilleux sur les questions d'honnêteté et de loyauté?
Est-^e que Tonn^a pas vu, à cette occasion, les partisans de toutes les réactions la main dans la main des derniers associés du «Gêsar d^aventureiï qui parlait de reviser la Constitution républicaine, en faisant danser les millions des prétendants, des ducs et des duchesses?
ils avaient espéré faire croire au pays que le parti républicain tout entier devait être rendu solidaire des tripotages des corrupteurs et des corrompus. Leur tactique a été dévoilée, leur masque arraché, et la République leur a montré qu’elle n’avait rien à perdre, elle, à laver son linge sale au grand jour de l’opinion publique dont plus d’un des leurs ont été reconnus justiciables, malgré leur complicité habilement dissimulée avec les corrupteurs, leurs amis et partisans avérés.
Si j’avais le grand honneur d’être votre représentant à la Chambre des Députés, je me préoccuperais très ardemment aussi des autres questions dont la solution s’impose :
Le crédit agricole, dont on parle depuis si longtemps et qui, je l’espère, est à la veille d’être établi d’une façon pratique, offrant aux populations rurales des garanties sérieuses et des ressources indispensables;
La diminution des frais de justice, question déjà étudiée et qui compte, parmi ses défenseurs, les nûtabilités dn parti républicain ;
La révision du cadastre, ajournée jusqu’à présent, mais dont Tétude est presque achevée;
La répartition plus équitable des impôts qui a déjà préoccupé tant d’esprits généreux et éclairés, mais qui a trouvé des résistances puissantes et intéressées ;
Le dégrèvement des droits frappant les boissons hygiéniques;
Enûn, les questions de droits d’échange et de douanes av^ les nations étrangères, et particulièrement les questions de la sériciculture et de la viticulture, qui vous intéressent au premier chef.
Mon vote serait également acquis à Vamélioration de la Constitution, dans tout ce qui doit élargir le jeu de nos insti Lu lions et hâter l’avènement des résultats que nous sommes endroit d’en aUendre. A cet égard, le renouvellement triennal, par moitié, de la Chambre des Députés, me semble devoir être une garantie de l’étude non interrompue et de la réalisation rapide des réformes les plus légitimes.
En fixant mon domicile au milieu de vous, je pourrais utilement veiller, de concert avec tous ceux qui pourraient me renseigners à ce que certaines subventions, destinées en principe à être également réparties, ne russenl pas attribuées plus spécialement à certaines régions, au détriment d’autres tout aussi intéressantes.
i l V 3 ïï!
Je sms, du reste, profondémenL convaincu que, en prenant une part active à la so ution de toutes les questionssi intéressantes ètsi pratiques dont je viens de parler, je resterais en parfaite communion d’idées et de sentiments avec honnête et dévoué républicain dont vous avez bien voulu m’offrir la succession qui eut à mon endroit une loyale et courageuse attitude que je a’ouhlieraî jamais et qui sut être, pour moi, l’ami des bons et des mauvais ioura
Je termine ce«e courte exposition de vos besoins les plus uréents nar
au "res S“*=ère queL
Comme sous-préfet, dans la Nièvre, en Bretagne, comme dans l’Ardèche J’ai toujours eu l’habitude deprofiter de toutes les occasions qui mutaient oS pour me mettre en rapport direct avec mes administrés. offertes
^us les congés de la Chambre pour me mettre à votre disposition et, à l’occasion des grandes vacances i’irais vous
mon mandat et vous tenir au courant des affairés publiqÎL
Mk Hé / à la satisfaction desquels je me dévoue^
rais de toute l’énergie de mes convictions et de toute la sioeLté de ma recon
C’L"t E c? naturalisation si flatteuses. '
veTbîen voS ù m ^ ^ dont vous
viv “iXb,!,rr ““
Charles DlNDEAü, ancien sous-préfet de Largentière, officier de , l’Instruction publique, candidat répu- Wicaia démocratique*
I" circonscription de TOURNON.
, M. Marc SAüZET.
Elu au 2” tour de scrutin.
Mes chers Concitoyens,
Il semble qu’il n’y ait plus parmi nous que des républicains
d’attacTs unanimement reconnue, après tant
m ^ France et lui a rendu
ang de grande puissance respectée, écoutée, redoutée.
nl,.,r‘® ■ ® condamner la politique suivie denuis
plus de quinze ans. par vos représentants librement élus? ’ ^