SA
Autrement on n^aboutit par les théories radicales et socialistes qu"à une incohérence et une instabilité perpétuelles dans le Gouvernement» des plus préjudiciables aux intérêts des travailleurs : cela au grand détriment de la marche et de la prospérité des affaires,
La Bépubllque est par excellence le Gouvernement de tous,
Forte à llntérieur, respectée à rexiérieur, constituée par une majorité homogène, la République ne doit pas dégénérer en un Gouvernement de combat et de coterie, ressuscitant au profit de quelques centaines d^individualités un Gouvernement de privilège pour les uns, de vexations et de tracasseries pour les autres.
Aussi libéral et progressiste que qui que ce soit, sans arrière-pensée de retour vers un passé qui n’a plus de raisou d’être de nos jours, je contribuerai de toutes mes forces, si vous me faites l'honneur de m*éiire, à constituer cette majorité de gouvernement nécessaire, dans la République et par le gouvernenement incontesté de la République.
A. de WIGNACOURT, Conseiller général.
Circonscription de RETHEL.
M. D. LINARD,
Élu au 1“' tour do scrutin.
Mes chers concitoyens,
Il y a près de cinq ans que j’ai l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés,
Pendant ces cinq années, j’ai cherché à justifier votre confiance en tenant fidèlement tes engagements que j’avais pris vis-à-vis de vous. Je vous disais, au mois de septembre 1889 :
La politique que j’entends défendre à la Chambre est une politique d’affaires.
Je voterai les mesures qui auront pour but de réaliser des économies et d’équilibrer le budget par une meilleure répartition des charges publiques. Particulièrement j’étudierai les moyens de dégrever l’impôt foncier.
Je m’opposerai au renouvellement des traités de commerce, dans l’intérêt de notre production nationale et du travail de nos ouvriers. Je lutterai avec l’énergie la plus grande contre toute tentative de restauration monarchique.
Je suis partisan de la liberté de conscience la plus large, mais je veux aussi l'application formelle du concordat.
Je veux le maintien d’une paix honorable à l’extérieur, mais je voterai les subsides qui seront réclamés par le Gouvernement pour rendre notre armée plus forte. Je demanderai que l’on mette à l’ordre du jour le plus rapidement possible les lois qui intéressent la classe ouvrière, telles que le dégrèvement des boissons hygiéniques, la création de caisses de retraites et de secours pour les invalides du travail, le développement de l’assistance publique pour les malades indigents des campagnes.
Enfin je soutiendrai, avec le zèle et l'activité que vous me connaissez, les intérêts de l’agriculture qui sont les miens comme ils sont les vôtres. Je ferai tous mes efforts pour que l’enseignement pratique et théorique agricole, qui est depuis longtemps l’objet de mes préoccupations, soit mis à la hauteur de l’enseignement industriel.
Tel était mon programme de 1889. Voici entre autres choses ce que j’ai fait :
J’ai voté, en 1891, le dégrèvement de plus de quinze millions de francs (15.267.977 fr.) de l’impôt foncier.
J’ai présenté, en 1890, une loi de l’impôt sur le capital; cette proposition de loi a été prise en considération par U Chambre et soumise à la commission dite des impôts.
J’ai voté le dégrèvement des boissons hygiéniques.
Je me suis opposé au renouvellement des traités de commerce.
Gomme membre de la commission du travail depuis plus de trois ans, j’ai collaboré aux lois ouvrières :
1® Sur le travail des femmes et des enfants; 2* sur les accidenta dont sont victimes les ouvriers dans les usines et manufactures; 3® sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs, loi votée par la Chambre et par le Sénat et dont j’ai été le rapporteur ; 4° sur les caisses de retraites ouvrières.
J’ai collaboré à la loi sur les saisies-arrêts, votée au mois de juin dernier.
Pour l’agriculture, j’ai soutenu à la tribune diverses propositions tendant à l'amélioration de renseiguemeut agricole. Ces- propositions ont été votées par la Chambre à une très grande majorité.
Au mois de janvier dernier, j'ai obtenu du Ministre de l’Agriculture, par voie d’interpellation à la tribune, qu’il soit pris des mesures énergiques que j’ai spécifiées pour combattre la fièvre aphteuse qui ravageait notre département; ces mesures ont été prises et la maladie a disparu presque immédiatement.
J ai fait de grands efforts pour obtenir la création d’une école d’agriculture à Retliel ; et, comme vous le savez, j’ai réussi.
En résumé, je me suis occupé des questions qui intéressent directement l'agriculture, l’industrie et les classes ouvrières, et je suis convaincu que, pour ta République, la politique la meilleure est celle qui donne satisfaction aux intérêts véritables des populations.
Je resterai dans la même voie, si vous voulez bien me renouveler le mandat
que vous m’avez confié. Je lutterai toujours pour défendre la République contre les adversaires qui se couvrent de son nom pour vous demander vos sulïrages. Je continuerai à travailler à l’amélioration des lois sociales et de celles qui intéressent l’agriculture et l’industrie.
Recevez, mes chers concitoyens, l’assurance nouvelle de mon entier dévouement.
D. LINARD, Agriculteur, fabricant de sucre, maire de Saint-Germaiomont, président du cercle agricole de l'arrondissement de Rethel, membre de la commission permanente du Conseil supérieur de l’agriculture, conseiller général de Relhet, député sortant.
Circonscription de ROCROI.
M. Henri DCNAIME,
Élu au 2' tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Cédant aux pressantes sollicitations d’un grand ^nombre d’entre vous, me sentant moralement appuyé par les 1.885 électeurs qui m’ont donné leurs voix en 1889, je me présente à vos suffrages.
La plupart d’entre vous me connaissent depuis longtemps.
Je vous dois cependant quelques explications claires et précises.
Républicain progressiste, je n’appartiens à aucune coterie. Je veux une République juste pour tous, ouverte à toutes les adhésions loyales, respectueuse de toutes les croyances.
La question primordiale de la forme de gouvernement n est plus en jeu. Les anciens partis n’existent plus. Les conservateurs se sont enfin ralliés au gouvernement légal, aux insiitutions libres que la France a choisies. Cette évolution démontre la force grandissante de la démocraiie.
L’heure est venue d’entourer la République d’institutions conformes à ses doctrines fondamentales.
Elle doit se hâter de réaliser les espérances légitimes qu’elle a fait naître au sein des masses laborieuses, de mener à bien toutes les réformes qu’elle symbolise.
La nouvelle Chambre doit être résolument réformalrke. Elle devra reprendre et faire aboutir :
La réforme de l’împût des boissons, la suppression de l’exercice;
La suppression de l’impôt des portes et feoêtres;
Une loi pratique et libérale sur la mutualité, assurant aux fonds de retraite de nos Sociétés le maintien du taux de 5 0/0 pour les pensions ne dépassant pas 360 francs.
Elle devra compléter la loi sur les frais dejtislice, débarrasser notre procédure d’une foule de complications et de lenteurs, mettre fin à l’atroce fiscalité qui frappe les ventes, les successions, les saisies immobilières, les saisiesarrêts, les saisies-exécutions, etc., etc, ;
Simplifier les rouages de l’administration, en réduisant l’état-major des fonctionnaires; en rétribuant mieux les petits emplois.
La République est par essence un gouvernement populaire, protecteur né des faibles et des déshérités.
II faudra se hâter de constituer une Caisse nationale de retraites pour les invalides du travail. C’est une loi difficile, mais c’est une loi nécessaire; la Société a le devoir d’assurer à ceux qui ont consacré leur vie à la prospérité de la nation, la sécurité de leurs vieux jours. 11 ne faut pas se faire d’illusion ; si l’on veut sincèrement donner au pays toutes les satisfactions morales, matérielles, qu’il est en droit d’attendre de la République, il faudra trouver de nouvelles ressources budgétaires.
Pour aborder la première, rindispensable réforme qui s’impose à Tattenlion des législateurs, c^est de mieux répartir les charges socïalea, c’est d’établir un régime flscal moins dur aux pauvres, moins contraire au développement agricole, industriel et commercial de notre pays.
Sur ce point, ma formule est simple : il faut demander plus au riche et moins au pauvre; frapper ceux qui ont le superflu, pour ménager ceux qui n’ont pas le nécessaire.
Je m’adresse aux démocrates convaincus et je les convie à se rallier le 20 août à mon programme.
Vive la Bépublique I
Votre concîtoyen dévoué,
Henri DUNAIVIE, conseiller général.
Circonscription de SCD AN.
M, A. PHILIPPOTEÂUX,
Elu au 2^^ tour de scrutio.
Chers compatriotes,
Je 00 m'attendais pas à rentrer dans les luttes politiques.
Je Tavais refusé, il y a quatre ans, à mes meilleurs amis, qui me Tout justement reproché.
Aûjourd’hui, j'ai été Bollicitépar de nombreux concitoyens, appartenant aux diverses nuances de ropinion républicaine, de mettre encore au service de mon pays ^expérience que m'ont acquise trente années de mairie et quinze ans de législature (dont cinq ans de vice-présidence) dans les assemblées de 1870 à 1885, où n’avaient pas pénétré de nouvelles mœurs parlementaires.
J'ai considéré comme un devoir de ne pas me dérober en face d'une situation politique et sociale dont la gravité me paraît évidente. Et voilà comment je me trouve candidat aux prochaines élections.
Dans ces circonstances, nul homme de bon sens et de bonne foi ne me soupçonnera d'ambition ou d'iniérêls personnnels.
Et si votre vote définitif s’arrête sur un Ardennais qui doive vous faire plus honneur au sein du Parlement et se rendre plus utile à notre ville et à Tarrondissement de Sedan, et par-dessus tout à notre grande ressuscitée, la France 1 je serai le premier à y applaudir et à m'en réjouir.
La République est maintenant indiscutable et inébranlable. Je m'honore d'avoir pris ma part dans ses premières et rudes épreuves; d'avoir figuré parmi ses fondateurs; de m'être rangé dans Pénergiqiie phalange des 368; et d’avoir vu toutes les ouances de ropinion républicaine se rallier autour de mon nom pour la faire Iriorap ber dans les élections de 1876, de 1877 et de 1881.
Comment devons-nous comprendre la République en 1893 ? Doit-elle être sectaire ou tolérante? Rêvant Fimpossible ou s'attachant aux progrès réels et pratiques?
Sa mission actuelle me paraît être :
— De marcher à runion de tous les Français, en accueillant franchement les retardataires qui viendront à elle avec une adhésion loyale et publique et avec un dévouement sincère ;
— De s’appliquer aux réformes et aux progrès de toute nature, dont l'expé* riencede chaque jour nous fait comprendre la nécessité et qui sont réalisables àrheure présente;
Pi ds suivre et de favoriser le mouveraeot social dans ce ou’il
a de léginme et de pratique, notamment pour ramélioration da sort derouvriërs des, villes et des campagnes dans leur vie quotidienne par Pallègement de cer! taines charges indirectes, dans leurs chômages involontaires, daL““ s mïadie et leur vieillessot ~ et de tenir compte, en môme temps, desr/cesSe
«**Sencesde la 1 utte iocessanté que H ënce étrangères pour la prospérité de Z agricaTurë etd^ses industries diverses, pour la fortune, la grandeur et la giL de la
Que nos honnêtes ouvriers, dont je suis depuis longtemps l’amî fceux oui me connaissent le savent bien: les autres peuvent demfnder^I n^s socSés cîë retraites et de secours mutuels si mou concours leur a jamais fait défautl oiip nos vrais travailleurs ne se laissent pas séduire par lus proifle/p^^ des politiciens et par des promesses chimériques dont la réalisation échappe aux électeurs dès que les élections sont passées.
Au lieu d’accueillir ces vaines paroles, unissons franchement toutes nos omies volontés, aho de progresser sagement sous un gouvernement stable
poi; !Z.
d’idées générales, et afln d’arriver à ce but d’améliorations I e progrès, je vous promets, mes cher» compatriotes si vos sulTra'w font ppcore d. mol,mrereprésppt.,.,, j, promp.."
paspp, avec une cousciance honnête, avec une iodépendanceabsolue desituation
rdVrsr'e:r..iTpr'"“
Votre bien dévoué compatriote,
A. PHILIPPOTEAUX, ancien maire de Sedan, ancien vice-président de la Chambre des Députés, Officier de la Légion d'honneur.
Chers concitoyens,
En me rappelant à la vie politique, vous venez de m’accorder un ^ran/t honneur et de m’imposer une lourde tâche. grand
^ '■^connaissant que ma vieille exné
rience peut encore être utile, et qu’elle ne mauque ni de ZrZa ITZZZr
la République contre l’anarchie, et la Franëë
contre le socialisme laternaüonal ^ rraoce
i,S.o'yeZatVntZ.Tnt':»“‘ara
atpsp„dra,Pa aVdaapup iTancn":: ja“ otZôn'r
nld'.z; ™r“ '""i»”». I»i an.ai, «ns iadZoda^™^
O dans 1 accomplissement de sa mission législative.
La lutte èlêCtoFftle étant Bute, ]6 vetw perâte tout sOUvonÎF des Ualommea perfidés, des outrages et des iuepiiesqui m’out asBalIlt Jusqu’i la dernière heure de la bataille \ et je me vengerai dé tout eela en m’efforçaut de servir, pratiiîuemeat et le mîèüi possible {mais jamais au détriment de la patrie), la cause ouvrière doht Oh 8é réclamait peur me combattre moi-mSme.
Êbilii, dans la prochaine iégislature, qui ne sera peut-être pas oKempte de périls, mais qui sera débarrassée, je l’espère, des oiseuses discusslous politiques et rempile d’améiioraUôns utiles, meS efforts teudroot à réaliser ce que je vous écrivais le jour où je consentis à rentrer dans l’arène électorale ï « à progresser sagement, sous un gouvertiement stable, aussi modéré qu’éuérgique au besoin, dans une République de liberté et de justice pour tous, n
Que Dieu houe vlèmie en aide dans cette tâche patriotique, au dedans et au dehors]
Et vive la HèpUbÜqUe !
Vive la France !
Votre compatriote reconnaissant et dévoué,
Auguste PHlLlPROTËitlX, député, officier de la Légion d’hOnteuf .
Circonscription de VOUZIÉïtS.
M. Edme BOÜRGOIN,
Élu au l*” tour de scrutin.
Chers concitoyens,
Désigné comme candidat à l’éleetloû iôgislativê par tous les comités républicains de rarroadissement de Vouziers, je Viens avec couflanoe SoUicitêf VOS sufirsgeSi
Je convie les républicains et Cëüx qui août sincèrement ralliés à la Républiqué à se compter sur mon nom.
Républicain sous l’Empire, avec Gambetta, Je n’al jamais varié dans mes opinions ! tel j’étaia alors, tel je Suis aujourd'hui. Et si j’ai toujours conservé mes convictioua paUtlques, C’est què je suis profondémeut cou vaincu que le gouvernement républicain petit SftulflOüs assurer l’ordre et la stabilité, la paüt au dedans comme au dehors ; que seul il peut réaliser les réformes économiques et sociales qui s’imposent aux Sociétés modernes.
La Révolution franoaiaa a restitué !a terra au peuple ; U deuxième République a donué le suffrage univarael.
Après avoir réparé les désastres cia l’Empire et réduit à rimpuissance les anciens partis, rejetés par l'immense mqjorUé du pays, la troisième République a reconstitué notre armée, a propagé l’instruction dans toutes les classes de la société et a fait reprendre à ta France son rang parmi les puissances européennes.
Dans un ordre plus modeste, mais non moins utile, la République s’est occupée, dans ces dernières années, d’améliorer le sort des travailleurs ; de protéger l’agriculture î d’alléger les charges qui pèsent si lourdement sur les oontrlbuablasi elle a opéré le dégrèvement de !a grande vitesse et des pétroles, ta réforme des patentes et des frais de justice, et, dans un temps très prochain, nos futurs députés auront h se prononcer sur ta suppression des prestations et le dégrèvement de l’impôt foncier, deux réformes dont je suis le décidé partisan.
Si elle n’a pas fait davantage, c’est qu’elle a été obligée de résister aux assauts des partis vaincus, s’insurgeant contre la volonté nationale.
Nous, républicains, nous voulons conserver les conquêtes de la Révolution, ainsi que les réformes qui ont été faites par le gouvernement républicain.
Nous voulons :
L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi, conformément è notre admirable devise républicaine;
La répartition équitable des impôts, en rapport avec les ressources de chaque contribuable ;
L’équilibre du budget, en opposant une b Tri ère infranchissable à toute tentative d’accroissement des charges publiques ;
La diffusion de l’instruction à tous les degrés, en particulier la création de nouvelles écoles d’agriculture ;
L’amélioration du sort des instituteurs;
Une Chambre homogène, prenant en mains les grands intérêts du pays, notamment ceux de l’agriculture, source première de la richesse nationale;
La paix religieuse, basée sur le principe de la liberté de conscience, avec l'application formelle du Concordat ;
L’amélioration du sort des travailleurs par le dégrèvement des boissons hygiéniques et la suppression des octrois ;
L’égalité du travail par la suppression du monopole accordé aux grands entrepreneurs dans les prisons et autres établissements également privilégiés ;
L’assurance contre les accidents et les iucapaciiôs du travail ; une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides, et, d’une façon pins générale, l’organisation de l’assistance publique dans les campagnes, aGn d’assurer aux travailleurs le repos et la sécurité matérielie de leurs vieux jours.
Électeurs,
Si vous êtes partisan d’un tel programme,
Si vous voulez une Chambre forte, unie, respectée, ne perdant pas son
temps dans des discussions stériles, mais prenant résolument en mains les intérêts de ragriculture, du commerce et de rindustrie,
Si vous voulez la stabilité ministérielle, serrez les rangs, pas d'abstention I Aux urnes I Allez au scrutin au cri de :
Vive la République!
et nous remporterons la victoire : nous arracherons rarrondissement de Vouziers à la réaction, nous le ferons rentrer dans le grand courant démocratique qui entraîne la France entière vers la République,
Docteur Edme B0UR60JN, officier de la Légion d’bouneur, professeur à l’École supérieure de pharmacie^ professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de médecine, conseiller général du canton de Graodpré.