M. DELCASSÉ
Élu au 1" tour de scrutio.
Me» chers concitoyens,
J'ai l'honneur de solliciter de nouveau vos sufiCrages.
J’aurais voulu parcourir, comme il y a quatre ans, tous nos cantons et causer avec vous. Mon devoir me retient à Paris. Vous seriez les premiers à vous étonner qu’un membre du Gouvernement ne se trouvât pas à son poste précisément à l’heure où l’exercice de ses fonctions, devenu plus délicat, engage plus gravement sa responsabilité.
Je laisse donc mes actes défendre, s’il en est besoin, ma candidature.
J’ai voulu faire tout le bien possible et servir le pays utilement. Le conseil général, vos conseils municipaux et vous-mêmes en très grand nombre avez reconnu, dans des manifestations extrêmement flatteuses pour moi, que mes efforts n’ont pas été vains.
Je continuerai. Je m’appliquerai avec passion à cette tâche, qui sera la gloire de la République : rendre la France, toujours plus grande, toujours plus forte, en réalisant par de nouveaux bienfaits, par des progrès incessants, par une large et prévoyante justice sociale, l’union nécessaire de tous les Français.
Et cependant, l’Ariège et l’arrondissement de Foix garderont dans mon cœur et dans mes préoccupations une place privilégiée.
Agréez, mes chers concitoyens, l’assurance de mes sentiments tout dévoués.
DELGASSÉ.
Circonscription de PAMIERS.
M. Julien DUMAS.
Élu au 2® tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Les suffrages que vous m’avez récemmeDt accordés après une campagne de quelques jours à peine et les marquai partiQuliérei de confiaaoe dont m’a honoré la ville de PamierSj me donnent le courage de poser de nouveau ma candidature.
Je n’ai pas à revenir sur mes déclarations. Je dois seulement préciser, à fa veille de la grande consultât ion du pays, comment je comprends l’œuvre de la prochaine légisiature.
Vous devez être frappés comme moi, de l’impuissance et de l’incohérence qui dominèrent les débats du Parlement au cours des dix dernières années, La plupart des réformes promises se sont évanouies dans la stérilité des diseuBsiona politiques^ les budgets votés à la hâte pèseiu tous les jours plus durement sur les contribuables.
Cependant, dans le pays tout entier, en dépit de cette Impuissance, on grand mouvement d’adhésion à la forme républicaine s’est accompli. Je souhaite que ce mouvement j’accentue davantage, et que, désormais, le souci des luttes politiques toujours stériles étant écarté, l’attention de vos mandataires s’attache à la solution des problèmes qui préoccupent si vivement l’opinion publique.
Je désire donc la paclflcailon politique, grâce à l’acceptation loyale du gouvernement républicain. Ainsi disparaîtront les coteries funestes et infécondes, et, dans Je sein de la Hépublîque ouverte à tous, protectrice de tous, pacifique et tolérante^ un parti vraiment national exercera son action dans le champ si vaste des réformes économiques et sociales.
Déjà se produit un apaisement notable dans les înttes qu’engendrent les divergences des opinions religieuses. J'emploierai toutes' mes forces à le favoriser, dans un esprit toujours plus libéral. Il est nécessaire que daus ce pays de libre examen toutes les doctrioes mettent librement en lumière leurs apôtres et leurs adeptes^ Je souhaite qu’en échange d’une adhésion sincère, le gouvernement n’exerce sa suprématie en matière d’enseignement qu^avec les ménagements et la bienveillaoce auxquels a droit de prétendre chaque citoyen, dans le domaine si respectable et si délicat de la cooscience.
Des revendications socialistea je fais deux parts. L’une, chers concitoyens, appartient à la catégorie des déclamations et des llalteries, — amorces trom-
patiaea tôüJoüH teûduôâ vê« vôüs par les habîlès pouj* eaptéi' ves suiTfagés • -l’aütfe, lïuVre natüifelle tlti téüîps, fïült du travail des péiiieuts, <1[ü1 doit «fê l’objet de toute notre sollicitude à une époque où les découvertes sdeotîHqueBî èxefçaiil leur adloti Bür !a malti-d'cBlivi'e> fenaêatchhqüejour pluô dlfllcile U cûndittdri des travailléurs.
N’écoutez pas céuz qui vous prêchent la lutté du capital et du travail. Lé capital et le iravall sont faits pour s’associer, non pour Se conibattré. Fixer leufs rapports dans un esprit qui révéle le fêspect de la propriété individuelle tout ea écartant les accapareurs, telle doit être à mon sens l’oeUvrè éCâtlOtalque de fa Chambre de demain.
Il serait également injuste dé croire â une opposition d’intérêts eûtre l’ouvrier dôs champs êt l'ouvrier des villes. La terre est la source de toute richesse, le bien-être de l’agîîcültëur sé répand natürellefnent sur tous les corps d’état. Mon premier souci sera donc de favoriser l'agricultaré par l'établissement dé tarifs de douanes qui permettent au producteur français de trouver dans la Vénté des Céréales la récompense de ses labeurs.
Telles sont, chers concitoyens, les consldèratiouB qui servlfaient de guide à mes eflorts si VOUS me jugiez digne de vous représenter.
Julien DUMAS, avocat a la Cour d'appel de Toulouse, maire de Luzenac.
Électeurs de l’arrondissement dé Pamîers,
Bû présentant mon nom à vos suffrages, j’ai l’ambition do croire que ceux qui l’ont porté avant moi et dont la vie s’est dignement écoulée dans notre Ariège ont créé entre vous et moi une communauté de souvenirs. Je les invoque aujourd’hui comme mon meilleur titre à votre confiance.
Des luttes déjà soutenues, j’ai gardé un attaehement profond aux idées libérales et modérée, mais, respectueux des enseignements du Bufibage uoiver* sel, je considère que la République est désormais le gouvernement indlSQUtable de notre pays.
Ce sentiment, chers Concitoyens, je l'èspfimals aaguêre en ces termes aux électeurs du canton desCabannes, en acceptant, par une retraite à la veille du scrutin, le sacrifice qu’ils me demandaient au nom de la discipline de notre parti,..
U Je suis, avant tout, homme de mon temps...
a ... Le pays a hautement proclamé sOn attachement à la République J'entends la servir loyalement et sans arrière-pensée. »
Les résultats du premier tour de scrutin n’ont pas répondu aux convictions des électeurs de cet arrondissement : en présence du socialisme, quelque déguisement qu’il affecte, un devoir s’impose.
Je viens donc faire appel aux hommes de bonne volonté, à [tous ceux qui sont effrayés comme moi des menaces du socialisme, à tous ceux qui préfèrent
la tolérance politique et religieuse à Fesprit de secte et de parti, à ceux qui voient Tavenir de notre pays assuré dans uue alliance féconde des modérés et des sages.
Seule, cette alliance pourra nous permettre d*eQvisager dans un esprit libé' rai et ferme les destinées de la démocratie, d'assurer par des lois sagement pondérées l'avenir de Fouvrier, de le protéger contre les accapareurs de son travail et de gagner son attachement, non par des déclarations et des promesses décevantes, mais en lut inspirant la conûance et l'estime par Fétude assidue de ses besoins et de ses tendances.
A ceux que la République éloigne encore, je demande de sacrifier d’irréalisables espérances au bien de leur pays — je conjure les républicains d'oublier les prétendues exigences d'une politique qui n’engendre que les divisions et les haines erconduiraità la dictature, pour se souvenir des principes de libéralisme qui sont noire honneur et notre patrimoine et se confondent avec le génie même de notre race.
Cette politique, chers Concitoyens, sera, je Fespère et le souhaite ardemment, celle de demain. La voir réalisée dans Farrondisse ment de Pamiers, auquel tant de souvenirs et de liens me rattachent, serait la fierté de ma vie.
Ai-je besoin d'ajouter que vous pourrez compter sur mon dévouement? Les intérêts agricoles et industriels, qui vous sollicitent, sont également Fobjet de mes préoccupations. Les productions de la terre sont la source naturelle de la richesse publique ; protéger l'agriculture, au moyen de dégrèvements et de lois protecliounistee, est le premier devoir que votre élu devra s'imposer.
Je réclamerai, en m’inspirant de mes connaîssauces professionnelles, la diminution des frais de justice et je voterai les lois si désirées qui auraient pour objet de détruire les inconséquences des droits successoraux.
Enfin, si par vos votes je deviens votre représentant, je n'aurai d'autre souci que de répondre à vos besoins et vous serez l'objet de ma constante sollicitude*
Je vous ofîfre un nom ariégeois î je représente la République modérée et je lutte contre le radicalisme socialiste. C'est à vous de choisir, c'est à vous de prononcer,
Julien DUMAS, avocat à ia Cour d’appel de Toulouse, Maire de Lnzenac.
Circonscription de SAINT-GIRONS.
iM. Joseph SEMTENAC,
Élu au 2“ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Vous me rendrez cette justice qu’à aucun moment de ma vie politique, déjà longue, je n’ai cherché à m’imposer à vos suffrages par l’intrigue ou par la réclame déprogrammés excessifs auxquels j’aurais été ensuite infidèle. Ils me sont venus de votre confiance et de votre libre volonté.
C’est encore à votre libre volonté que je viens demander le renouvellement de mon mandat législatif si vous m’en jugez toujours digne, ce 'que j'ai la fierté de croire, quelque modestes qu’aient été mes services.
Républicain de la première heure, il est superilu d’afflrmer mes sentiments démocratiques à mes amis républicains que ne déconcertent pas toutes les vieilles et menteuses dénominations de radicaux et d’opportunistes.
Ils savent que je n’ai jamais marchandé mes votes à toutes les réformes réalisant des progrès demandés par le pays.
Partisan, à toutes les heures, d’une République ouverte à [tous, Juste et égale pour tous, j’appelle de tous mes vœux la récondliation sincère et sans réserve de tous les Français sous le drapeau républicain.
Je veux uue République progressiste, non par des mots, mais par des actes.
Fermement opposé à tout socialisme violent et stérile et à toutes les chimères qui ne servent qu’à retarder- la marche en avant, je suis pour un socialisme pratique consistant en des réformes toujours sagement étudiées et tendant à faire monter progressivement la société tout entière et la classe des travailleurs en particulier vers uu état supérieur de bién-ôtre, de lumière et de justice.
Tout en me prononçant pour les libres énergies de l’individu et de l’association contre les contraintes qui livreraient tout à l’État, je suis de ceux qui pensent que la .législation, de nos jours, a pour mission de reconnaître les duretés de la vio et ele les adoucir, qu’il faut s’y acheminer par la réforme générale de l’impôt qui est inéquitablement réparti, notamment en ce qui touche la propriété foncière et les taxes établies sur les objets de première nécessité, et en môme temps par les œuvres de solidarité sociale, telles que la création de caisses d’assurances et de caisses de retraites dans l’intérêt des travailleurs.
Je veux le maiutien du Concordat loyalemeut appliqué dans son texte et dans son esprit.
Je ne veux pas un Président pfébiscîtaire, pas plus qu*une Chambre qui puisse se croire ioüi dans la Constitution.
Je pense, enfin, que la République n’est saine et forte que là où les lois sont appliquées fermement, où toutes les libertés sont garanties, sauf celles du désordre, où chacun respecte les croyances des autres, et l’État, celles de tous.
C'est dans ces sentiments que je vous prie d'agréer, meschere concitoyens, l'expression de tout mon dévouement.
Joseph SENTENAC, avocat, député sortant.