‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 54 sur 266 · AUBE · texte numérisé non relu

AUBE

Circonscription d’ARCI S-SUR- AUBE.

M. Henry CASTiLLARD,

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

A une époque où des candidats notoirement monarchistes se disent raliiés à la République pour capter la confiance des Électeurs et où les réactionnaires coalisés tentent d’arriver par la ruse au but 'Qu’ils ne peuvent atteindre par la force, la clairvoyance et l’union de tous ceux qni veulent le maintien de nos institutions démocratiques sont plus nécessaires que jamais.

Vous serez clairvoyants et unis en souvenir des élections de 1389 1 Vous tiendrez à effacer une défection due seulement à une surprise et il ne sera pas dit que l’arrondissement d’Arcis a déserté pour toujours la cause républicaine à laquelle il était jusqu’alors resté fidèle I

Résolus à vous ressaisir, vous voulez aujourd’hui que votre représentant soit tout à la fois un défenseur zélé de l’Agriculture et un serviteur loyal de la République et c'est pour cela que le Congrès réuni, la 2 juillet, à Arcis-sur-Aube, m’a confié la défense du drapeau républicain.

Je suis fier de sa confiance et je m’attacherai à la justifier ; mais n’attendez pas de moi un exposé pompeux de séduisantes promesses. Un tel procédé électoral est indigne des hommes qui ont a cœur de remplir tous leurs engagements.

Mon programme se résume ainsi :

Protection de l’Agriculture, notre mère nourricière, par les moyens les plus efficaces. — Organisation du Crédit agricole afin de permettre aux cultivateurs de se procurer à peu do frais les capitaux qui leur sont nécessaires. — Organisation des assurances agricoles.

Perfectionnement des lois sur le Travail.

Organisation du Crédit populaire qui permettra aux ouvriers syndiqués d’exploiter leur industrie pour leur propre compte et d’en tirer les bénéfices qui ne sont recueillis aujourd’hui que par les capitalistes.

Création d’une Caisse de retraite pour les ouvriers que l’âge ou les infirmités obligent à quitter l’atelier ou le chautier.

Réforme des impôts et nolamment de F impôt foncier, afin de proportloiiDer de plus en plus les charges des contribuables à leurs facultés.

Diminution des frais de justice.

Suprématie de l^Ëtat laïque. — Maintien intègi^al des lois scolaires et militaires, lesquelles ne portent pas atteinte au libre exercice de la religion. — Répudiation de toute alliance arec les groupes hostiles à ces lois fondam entâtes.

Établissement dhm contrôle plus rigoureus sur les pouvoirs publics.

Uù$ cbers coucitoyens,

Si j^airh onneur de vous représenter, f emploierai les vacances parlementaires, que je passerai à Arcis, Où ]’ai mon hüMtàtioo et nies intérêts agricoles, à aller visiter toutes les communes de rarrondissement. J’estime, en effet, que c’est le devoir strict de Pélu de voir le plus souvent possible ses électeurs dont il peut d’autant mieux connaître les besoins qu’il les a discutés avec eux. Ce contact constant présente on autre avantage d’une portée non moins haute : c’est d'établir et de consolider les liens de cordiale sympathie qui s’imposent entre mandants et mandataire sous le régime d’ égalité où nous vivoüs.

En meme temps que je donnerai mes soins à vos intérêts particulim je veillerai sur vos intérêts politiques. Je consacrerai mes efforts à protéger notre jeune démocratie contre les entreprises de la réaction qui a changé de tactique, mais qui n’a pas désarmé, et à maintenir notre noble paya dans la voie de la civilisation, du progrès et de la liberté î Vive la République !

Uetiry CASTILLARD.

Circonscription de BAR-SUR-AUBE.

M. TillERRY-DELANOUE,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers couGitoyens,

En me désigaant, il y a quatre ans, pour vous roprèseuler à la Chambre des Députés, vous avez affirmé, utie lois dé plus, votre attachement siücère^ inébranlable, à nus mstitulions républicaines, ’

De mon côté, je les ai soutenues^ défendues, ainsi que je vous Eavaîs promis et ainsi que je Rai Loujours fait depuis que je suis mêlé k la politique.

Je vous disais alors que la République est la seule forme de gouvernement qui nous offre le plus de chances de stabilité, de iranquillilé, de paix;' qu’elle

assure le cotilrôle de tous les citoyens sur les différentes assemblées délibérantes; qu’elle nous a permis, par sa sagesse et en môme temps par sa fermeté, de résister, sacs atteinte au drapeau français, à toutes les menées plus ou moiüs déguisées d’un ennemi ambitieux et toujours avide de conquêtes.

Depuis quatre ans, les événements ont consacré ces afiimiations! la République a triomphé au dedans de la tentative boulaugiste ; elle a ti’iomphé également au dehors par l’entente avec la Russie, entente qui augmente encore les chances de paix européenne, tout en consolidant notre situation.

Quant à la défense de vos intérêts, qui se coniondeut avec les miens, j’ai voté toutes les mesures susceptibles d’augmenter nos ressources et d'apporter l’économie dans nos finances ; j'ai dénoncé les traités de commerce ; j’ai voté :

Lors de la discussion du tarif des douanes, les articles et les amendements tendant à accorder aux différents produits de notre soi : produits agricoles, viticoles, industriels, la meilleure situation pour lutter contra la concurrence étrangère ;

La faculté, pour les conseils municipaux, de remplacer la prestation par des centimes communaux ;

La création du Crédit agricole ;

La modification de la répartition de l’impét fôncier, soit un bénéfice annuel pour le département de l'Aube, de 244433 francs.

Tous ces articles figuraient dans mon programme.

En outre, j'ai voté :

Les modérations dé l’impôt foncier et les sommes destinées à venir au secours des communes victimes des gelées, orages, etc, ;

La faculté, pour les communes, de se syndiquer pour la défense d’intérêts communs ;

L’amélioration progressive de la situation des instituteurs ;

La création de l’armée, coloniale, afin de supprimer le prélèvement des premiers numéros affectés à l’infanterie de marine ;

Le dégrèvement de la terre ;

L’augmentation de l’impôt (4 0/0) sur les valeurs de Bourse ;

L’impôt sur la spéculation ;

La suppression des droits de circulation des vins et buissons hygiéniques ;

La suppression de l’exercice chez les petits débitants ;

Le maintien du privilège des bouilleurs de cru (j’ai prouvé que toute affirmation contraire était une calomnie) ; du reste, rien n'est changé au régime des boissons ; ■ ■

Le maintien du droit sur les, fourrages, dans l'intérét de notre budget et pour ne pas ébranler notre tarif des douanes ;

Le maintien du droit de 5 francs sur le blé, contre la réduction du droit de 3 francs, réduction qui n’a pas amené une diminution sensible sur le prix du pain, pas plus que le retour au droit de S francs n’en a amené l'augmentation, mais qui a privé notre budget de recettes importantes ; celle expérience me fera voter une augmentation de 3 francs sur la droit actuel de 5 francs, soit, au total, un droit de S francs.

• encore volé :

Uae réduction de 25 0/0 sur le transport des fourrages par chemin de

fen

Une réduction ioiportante sur le prix de transport des voyageurs et surtout sur le prix des places de 3® classe.

J'ai ainsi tenu rengagement que j'avais pris de défendre vos intérêts, et d*ayoir toujours en vue ie progrès, l’amélioration de nos institutions démocratiques.

Cet engagement^ je le prends à nouveau.

En outre, je voterai toutes les mesures susceptibles de favoriser, au fur et à mesure que nos ressources le permettront ;

Le développement des syndicats agricoles ; des sociétés de secours et d'assurances mutuels ;

L’amélioration des caisses de retraite et de l’assistauce pour les ouvriers \

La révision du cadastre et des tarifs dits de pénétration ^

La diminution des charges qui pèsent sur ia classe ouvrière, en évitant toute mesure inquisitoriale ;

Le maintien des lois scolaires et militaires [

La diminution des frais de justice ;

La déduction des dettes dans les successions ;

La liberté de conscience ; la liberté individuelle sous le contrôle et Tact ion de TÉtat ;

L'élévation des droits sur les blés étrangers ;

L’amélioration de ia situation des travailleurs et des producteurs.

Je défendrai, par tons les moyens, comme je l'ai déjà fait, le privilège des bouilleurs de cru, si on Tattaque à nouveau, et je voterai le rejet de toute loi qui, de près ou de loin, pourrait entamer soit directement ou indirectement ce privilège.

Fort de mon passé républicain, de mes quinze ans de vie politique, de l'expérience acquise, je fais un chaleureux appel à tous ceux qui sont convaincus, comme je le suis, que, pour défendre la République, il faut en conûer les intérêts à un républicain dont vous avez pu coDstamment contrôler les opinions et qui, indépendant par caractère et par situation, exempt de toute comprO’mission, n’a jamais csssé de marcher dans la voie du progrès démocratique* Vive la France l Vive la République 1

TilJERRY-DELÀNOUE, député sortant,

Maire de Soulaines, — Conseiller général, — Président de h Société

d'EüCüuragement à ragricuUure de l'arrondissement de RaMur-Âube.

Circonscription de BAR-SUR-SEINE.

M. MICHOU,

Étu au 2° tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Vous m*avez; à trois reprises, fait ^honneur de me choisir pour votre Député* Je vous en remercie.

Je me suis efforcé de répondre à votre confiance en remplissant mon mandat honnêtement, en tonte indépendance, et c’est avec la conscience du devoir accompli <jne je vous en demande aujourd^hn] le renonvellement.

Mon programme, nettement républicain et franchement démocratiquej procède de convictions trop anciennes et trop sincères pour changer à chaque élection. C'est celui que vos votes ont ratifié en 1889, et dont je rappelle ici les principaux points :

Encouragements incessants à l'agriculture et à la viticuîtare ; réduction de Flmpot foncier ; suppression de la prestation ; protection efficace à toutes les branches du travail national ;

Répression énergique des fraudes qui se pratiquent an détriment des produits français, des falsifications audacieuses dont sont Rohjet les vins et autres substances alimentaires;

Organisation de l'assistance publique dans les campagnes, etpïus généralement de toutes les institutions propres à venir en aide aux classes ouvrières et aux déshérités de la fortune ;

Simplification de la procédure; diminution dfes frais de justice; extension de la compétence des juges de paix ;

Economies budgétaires sérieuses ; réforme de l'impôt, qui doit être proportionnel aux ressources du contribuable,

Plusieurs de ces questions ont été résolues ou étudiées par le Parlement; des lois importantes, qu'il serait tr'op long d'énumérer, ont été votées ; toutes témoignent de la sollicitude de vos mandataires pour les intérêts généraux du pays, et particulièrement pour les besoins des travailleurs des villes et des campagnes*

Vous connaissez par mes discoiirs et par mes votes la part que j'ai prise à ces travaux de U dernière législature*

Ai-je besoin d’ajouter que je place les lois scolaires et militaires au rang des principales et des plus légitimes conquêtes de la démocratie, et que je demande, avec tons les vrais républicains, le maintien de ces lois de justice et d'égalité.

Electeurs,

La République, de S^aveu même de ses adversaires, est déûmtivemeïit fondée* Il reste à développer ses principes et à lui faire produire tous ses bienfaits.

Si vous me croyez toujoufs capable et digne de collaborer à cette couvre patriotique; si vous considérez comme des titres à uo nouveau mandat les actes accomplis, T expérience acquise par douze années de législature, une vie toute do travail, de luttes pour la liberté, de dévouement à ceux qui peinent et qui souiïrent, accordez-moi vos suffrages, et soyez sûrs que, dans la future Chambre comme dans fancienne, je saurai défendre avec énergie vos intérêts et vos droits.

Docteur MICHOU, ancien interne des hôpitaux de Paris,' Député sortant.

Circonscription de HOGENT»SUH-SEINE.

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