‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 74 sur 266 · CHER · texte numérisé non relu

CHER

circonscription de BOURGES.

M. le prince A. d’ABENBERG,

Élu au 1” tour de scrutin.

Messieurs les Électeurs,

Je viens solliciter de nouveau vos suffrages.

J’ai im double devoir à remplir-, vous rendre compte du mandai que vous m’avez confié; vous fàire connaître leprogramme polUtqaeque je suivrai si vous me continuez votre confiance.

Dès 1889, je m’étais franchement placé sur le terrain constitutionnel.

J’ai tenu fidèlement et loyalement mes engagements.

Mon opposition ne s’est jamais adressée à la forme du gouvernemeut, mais à ta manière dont nous étions gouvernée. '

Un grand pays comme le nôtre ne peut se débattre indéfiniraent au mîKeu des luttes des partis et des vieilles rancunes.

|{>uel est le Français, quel est le conservateur qui ne serait heureux de contribuer à fonder une Répu'Mrque ‘bonBête, ouverte et tolérante?

'C’est à l’obtenir que -j’ai travaillé de toutes mes forces et de tout motctflot depuis quatre ans et que je travaillerai encore si j’ai i^honneur de vous représenter h. la nouvelle Chambre.

La dernière législature a consacré plus d’une année à l’établiBsemefUt des tarifs de douanes. J’ai cherché à donner à l’agriculture la protection et les encouragements dont elle a tant besoin, sans m’associer aux mesures de prohibition qui frapperaient les objets de consommation de l’ouvrier.

Membre de la Commission do l'armée, j’ai contribué à préparer les mesures qui intéressent la défense du pays. Kous avons obtenu le vote d’une loi qui exonère les premiers numéros du contingent cantonal du service dans les colonies. Là, ma lâche était facile, car, Dieu merci, il n’existe plus de divisions quand il s’agit de la sécurité de la pairie.

Je me suis associé à tontes les mesures, hélas 1 trop peu efficaces, propo-

Bées pour protéger les malheureuses victimes de celte lamentable affaire du Panama.

Mon programme pour la nouvelle législature peut se résumer en peu de mots : ~

Rendre à la France un gouvernement réel et fort ;

Entreprendre résolument l’élude des questions sociales.

Un gouvernement fort sera celui qui sera homogène, qui dirigera le Parlement au lieu d’être dirigé par lui, qui rétablira la sincérité du contrôle parlementaire que des vues intéressées et des ambitions coupables ont faussé depuis longtemps.

L’étude des questions sociales s’impose, et il convient de les aborder de front, en respectant les principes de la liberté individuelle, de la liberté des biens, de la liberté de conscience, de la liberté du travail, précieuses conquêtes qui forment le patrimoine de la nation française, et eu- écartaut les promesses décevantes.

Je vous dirai, avec loyauté, que rien ne peut remplacer la conduite, le travail et l’épargne.

Mais il faut développer la loi de 1384 sur les syndicats en lui maintenant son caractère libéral et en rempêchaot de devenir une loi d'oppression.

Mais il faut aider et favoriser les sociétés de prévoyance et de secours mu“ tuels, les caisses d’assurances contre les accidents ei les maladies, les caisses de retraites î rendre toutes ces institutions vivantes et fécondes par l’association forüBée et encouragée, et non par rintervenlion unique de TÉiat qui grèverait outre mesure les contribuables*

Pour cela, il faut une réformeprofondede nos mœurs budgétaires. Rien n’est possible sans un budget en équilibre* Cette réforme est la condition absolue de toute loi sociale.

Je chercherai à poursuivre la réalisation de ces différentes mesures avec toute mon ardeur et avec T amour profond que m'inspire Pamélioraiion du sort des travail leurs*

Pendant la durée de mon mandat, j’ai tenu mes promesses j j’ai cherché à être utile à tous ceux qui se sont adressés à moi, à faire renaître la paix sociale, à unir toutes les bonnes volontés et tous les dévouements, à développer les forces et la grandeur de la patrie.

Ce que j’ai fait dans le passé, je le ferai dans l'avenir, si vous m’honorez de vos suffrages.

Prince A. d’AREf^BERG, Député sortant.

2® circonscription de BOURCjtES, M, E. BAUDIN,

Élu au tour de ecrutia.

Citoyens,

Quinze réunions publiques, — dont Tune contradictoire, — faites dans les principaux centres de la circonscription, ont démontré que la population républicaine, ouvrière et socialiste approuve hautement la décision prise, le 2 juillet dernier, par le Congrès des comités et groupes socialistes du Cher, concernant la candidature, pour Télection du 20 août, de notre ami et député, le citoyen Baudin.

Nous n’aUendions pas moins de cette population d'élite, à qui les régimes passés et leurs monstrueux abus font depuis longtemps horreur, qui marche, depuis plus de cinquante ans, à la tète de la démocratie et à la conquête des réformes qu’elle fait espérer, qui est avide de ses droits, de justice et d’égalité, et qui sait pertinemment qu’elle n’obtiendra tout cela qu’en envoyant à la Chambre, pour le réclamer, un mandataire résolu à l’obtenir quand même, malgré tous les obstacles.

C’est donc à un combat dont l’issue n’est plus, à rheure qu’il est, douteuse pour personne, que nous vous convions. Aussi pouYons-nous, assurés du succès, examiner d’ores et déjà, ensemble, les principales réformes que s’efforcera de faire triompher, dans le nouveau Parlement, notre vaillant député Baudin,

Voici, tout d’abord, au point de vue politique, ce qu’il veut avec nous et comme nous :

La révision républicaine de la Constitution monarchique de 1875 ;

La suppression du budget des cultes et le retour à la nation des biens dits de mainmorte;

L’instruction intégrale, laïque, gratuite et obligatoire j

La magistrature élue et la justice gratuite;

La commune maîtresse de son administration, de ses finances et de sa police ;

L’amnistie pour tous les condamnés politiques et pour faits de grève et connexes:

Au point de vue économique, il demandera ;

La ûxalion, par une loi, de la durée de la journée de travail et d’un minimum de salaires ; car c’est seulement quand les ouvriers travailleront tousetconsom' meront tous, que Je commerce, Findustrie et ragriculture reprendront i’essor qui fait la richesse d’une nation et le bien-être des individus qui la composent ;

Création immédiate d’une caisse de retraites pour les vieillards et les inva-

lides du travail ; ^ ^ * * i

La suppression des octrois, des patentes et des impôts indirects, et leur

remplacement par une taxe fortement progressive sur le revenu ;

La suppression, par une loi, de tous les monopoles, et retour a lEtat, au département ou à la commune, des services actnellement concédés à des parti-

"^'^'^^LVcréation, par l’État, de banques populaires et de crédit agricole ;

La révision de la loi sur les syndicats professionnels, dans le sen^ de la plus complète liberté, de sévères pénalités édictées contre les patrons qui tenteraient de la violet;

La révision du cadastre ;

En un mot partisan résolu, comme nous, de l’égalité entre tous les membres de la grande famille humaine, le citoyen Baudin travaiUera de toutes ses forces à la réalisation des réformes pouvant, le plus sûrement et le plus promptement, nous conduire à la vraie République, à la République socialiste 1

Vive la République sociale !

Pour le comité électoral :

P. Peraudin, vice-président du conseil des prud’hommes ; Coudreau, maire; Bodin, adjoint au maire; Allegret, adjoint au maire; Bernardin, conseiller municipal; Louis Charles, conseiller municipal;’ Laurençon, conseiller municipal; Duraarçay. conseiller municipal; Mandereau, conseiller municipal; Prévost, conseiller municipal; Anicet, Rigolet. fabricants; Ducartron (Xavier), Jamet (Gilbert), Soulat, Richoux (Paul), Sirot (lean), Brice (Edmond), Dubois (Félix).

Citoyens,

Je vous demande, par le renouvellement de mon mandat, non point un poste d’honneur, mais le poste de combat où m’appellent mon devoir et la défense de votre cause.

A cette mission, à ce devoir, je ne faillirai pas 1 - j i

Ma conduite passée et mes actes vous répondent de mon attitude à

venir. - -

Le programme que vous venez de lire, je l’accepte comme un minimum et

le défendrai de toute mon énergie contre les ennemis coalisés de la République I

Vive la République sociale ! ,

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