‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 79 sur 266 · COTE-D’OR · texte numérisé non relu

COTE-D’OR

l'o circoiLBCiiption de BEAUNE.

M. Henri RICARD,

Élu au r' tour 4e scrutin.

Mes chers concitoyens,

Vous êtes appelés* le 20 août prochain, à nommer tos représentants à la Chambre des députés.

Fort du témoignage de confiance et d'estime que vous m^avea donné il y a deux ans * ayant conscience d'avoir loyalement et fidèlement rempli mon devoir* i'aî Thonneur de solliciter vos suffrages.

Je me suis associé au parlement, à tout ce qui a pu fortifier et améliorer les institutions et les conquêtes de la République. — J'aî participé dans la mesure du possible à Tétude et à la réalisation des réformes réclamées par la démocratie, — J'ai défendu enfin de mon mieux, de mes votes et de ma parole, en même temps que les intérêts généraux de la France, les intérêts particuliers de la première circonscription de Beaune dont j'avais plus spécialement U charge.

Mon attitude à la Chambre a donc été conforme à mon programme. Non seulement elle m'a valu l’approbation de ceux qui m'ont honoré de leurs suffrages, mais encore elle a forcé mes adversaires eux-mêmes à me rendre justice.

En ce qui concerne la question religieuse, je suis un partisan résolu de la discussion rapide de la loi sur les associations, prélude nécessaire de la grande mesure qui s'imposera fatalement dans un délai rapproché. — Mais j'aurai sur* tout cette préoccupation d'assurer le respect de la liberté de conscience, en même temps que tous les droits de TÉtat laïque.

Dana un autre ordre d'idées, la réforme financière est une de celles qui s'imposent avec le plus d'urgence à l'attention du nouveau Parlement. On devra chercher à la réaliser par des économies sérieuses, la diminution de gros traitements, la substitution de la politique d'amortissement à la politique de dégrèvement et enfin par la modification profonde de Tassiette de l’impôt, avec ce

principe e..enliel ■, Tout citoîer, doit participer aur charge, publique, eulv.nt ce.

de la loi sur les boissons, basée sur l’équité et la justice ■ la suppression de l’exercice et des octrois ; la diminution des frais de justice • la suppression des divers impôts et entre autres de celui des portes et fenêtres en seront la conséquence nâturelle:

Les’ viticulteurs et les agriculteurs, qui sont les principaux f“^‘eurs de la richesse publique, ont le droit d’être aidés et encouragés, par 1 organisation du crédit agricole, par la création d’assurances contre les intempéries des saisons,

les inondations, gelées, sécheresse, grêle, etc. ^

En ce qui concerne les tarifa douaniers, je ne puis que répéter ce que j disais il va deux ans : « Nous devons éviter le protectionnisme a outrance et le libre édiangisme absolu. - U n’y a pour moi qu’une loi et qu un devoir: Protéger en tout et partout l’agriculture et la viticulture française, et les mettre en état de soutenir et de vaincre la concurrence de 1 étranger. - D un autre côté, empêcher que des mesures imprudentes ne compromettent no commerce d’exportation, dont la richesse rejaillit sur les populations »

Les modestes travailleurs, les humbles, auront droit à ma sollicitude et je mettrai à les défendre la même énergie que j’ai mise a défendre la cause

iuste des institulears* '

C’est par des moyens pacifiques, légaux et non par des violences et des révolutions qu’il faut chercher à résoudre ces problèmes sociaux, qui s imposen de plus en plus à l’attention du législateur, à rapprocher et a unir conformement au droit et à la justice, ouvriers et patrons, travail et capital. ..

îe ne saurais trop répudier, pour ma part, les socialismes de co entre autres: l’internationalisme, qui efface des cœurs ie culte de la patrie, communisme qui supprime la liberté, l’émulation, l’ autonomie personnelle.

C’est le triomphe de celte politique de progrès, de stabilité gouveroeinentale, de pacification par les réformes, que les radicaux de gouvec^emeot, dont j’ai l’honneur de faire partie, doivent poursuivre sans compromissions e

faiblesse.

Vous m’avez vu à l’œuvre et mon passé vous répond de l’avenir. Si vous me

conférez un nouveau mandat, vous pouvez être assurés que tous mes efforts tendront à défendre et les intérêts supérieurs de la République et les vôtres. Vive la France I Vive la République !

D' H. RICARD, député sortant.

No 632

2° circonscription de BEAUNE, M. GUÉNEAÜ,

Elu au tour de scrutiOp

Chers coudtoyenSi

Vous me connaisses-

]l y a un an, vous m'avez appelé k l’honneur de vous représenter à la

Chambre des Députés. ^ . j

Bien que ma collaboration aux travaux de la dernière législature ait été de courte durée, j'ai pu prendre part à différents scmûns importants dont le ré** sultat a été suivi avec attention par le pays, ie crois pouvoir dire qae mes votes ont toujours été inspirés par le souci de l’intérêt supérieur de la démocratie et acquis d'avance à toutes les réformes pratiquement réalisables.

C’est parce que J’ai le seniiment intime d’avoir rempli avec loyauté le mandat que vous m’avez confié, que je n’hésite point aujourd’hui à solliciter vos

libres suffrages. , ,

Si vous me faites riionneur de me réélire, je continuerai dans ïa prochaine législature à travailler pour le triomphe de nos communes revendications, parmi lesquelles je citerai notamment ;

La suppression de l’impôt des prestations établi en 1836 j

La création d’un crédit agricole pratique et,' dans le même ordre d’idéea, une loi sur l’assurance agricole obligatoire contre la grêle et la gelée, assurance que l’État seul peut faire dans de bonnes conditions;

L’adoption de la proposition relative aus modifications des tarifs trop souvent arbitraires de l’enregistrement;

La suppression des dépenses qui n’ont pas un caractère d’nrgence absolue. On crée constamment des emplois nouveaux, on n’en supprime jamais ;

La réforme des droits iniques qui pèsent sur les petites successionB et qui les dévorent '

La refonte de la loi de 1816 sur le régime des boissons, avec suppression de l’exercice chez les débitants; mais je ne saurais admettre que cette mesure vexatoire entre toutes soit transportée chez une catégorie plus nombreuse de citoyens, les propriétaires récoltants ;

La dimiautiofl des frais de justice avec une procédure plus rapide à tous les degrés ;

L'addition à la loi sur r assistance médicale gratuite dans les campagnes, nouvel letne Ht promulguée, d^une loi organisant les secours à domicile pour les vieillards et les infirmes indigents ;

La nominatioïi des délégués sénatoriaux par le suffrage universef, le nombre des délégués étant proportionnel à la population.

Eu ce qui concerue les rapports des différents cultes et de l’État, je vous disais, en 1892, et je le répète aujourd’hui : la démocratie demande, au nom même de la liberté de conscience, que chaque citoyen reste libre sur le terrain des doctrines religieuses, mais aussi que l'Etat maintienne énergiquement les droits de la société civile, selon les traditions de la Bévolntion française.

Alors qu'une coalition nouvelle composée de soi-disants ralliés, nos advet'^ saires d’hier, menace encore une fois les institutions que la France s’est librement données, les représentants de la démocratie française à la Chambre des Députés doivent avoir donné de nombreux gages de leur attachement à la cause de la souveraineté du peuple.

Cher concitoyen,

On s'efforce de faire reculer la République. On n'accepte les lois scolaire et militaire qu’à titre provisoire*

On rêve de nous ramener en arrière.

Vous ne le permettrez pas.

Vous direz que non seulement il ne faut pas reculer, que non seulement il ne faut pas s’arrêter, mais encore qu’il faut marcher résolument dans la voie des réformes et du progrès.

Si cés sentiments sont les vôtres, vous les manifesterez au scrutin du 20 août 1893, en continuant votre conffance à celui que vous avez élu le 10 juillet 1892.

Vive la République I

GUENEAU, Député sortant,

Ancien maire de Nolay, conseiller général de la Côte-d'Or.

Girconscripüon de GHATILLON-SUR-SEINE.

M. Arthur LEROY,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

En me présentant de nouveau à vos suffrages, il me sera permis de rappeler que, depuis vingt-trois ans, je lutta au milieu de vous et avec vous pour la cause républicaine et que, depuis seize ans, vous m’avez constamment honoré du mandat législatif. Comme moi, vous avez eu la conviction profonde que la

République était le gouveroement qui pouvait ie mieux relever la patrie après ses désastres et maintenir une ère de paix, de progrès et de liberté au seia de ce pays tant de fols témoin de rîmpuissaace des partis monarchiques.

Aujourd'hui, la République, après maintes épreuves^ paraît o’ètre plus cootestèe par U plupart de ceux qui avaient douté d'elle ; elle compte une durée plus longue qn^aucun des régimes qui se sont succédé en France depuis plus d^un siècle ; elle est respectée au dehors et a échangé avec une graode nation du Nord des témoignages de sympathie et d^en tente qui sont une des plus sûres garanties de la paix européenne j à Tintérieur, elle poursuit son oeuvre d’apaisement et de réformes, sa mission de relèvement en faveur des humbles et des déshérités-

Au cours de la dernière législature, le Parlement n’a été que trop distrait de ses travaux par les agitations et les calomnies suscitées par les partis hostiles, qui ont voulu exploiter à leur profit la chute retentissante et calamiteuse d’une grande société privée^ Dans ces tristes circonstances, Topinion publique, malgré un émoi passager, ne s'est pas laissée égarer, et de ces déplorables événements nous avons une fois de plue à tirer cet enseignement, que c'est par Thonnèteté publique et privée, par î’honorabilîté et rintégrité de îa vie que vos mandataires doivent surtout s’attacher à justifier votre confiance.

Une des œuvres les plus laborieuses de la Chambre qui vient de se séparer a été la réforme de notre système douanier. Je me suis, à cette occasion, associé à toutes les masures protectrice^ de notre agriculture qui est si durement éprouvée et, dans Tavenir comme dans le passé, je ne négligerai aucune des améliorations qui peuvent lui venir efficacement en aide.

Des tentatives récentes ont été faites pour modifier notre législation sur les boissons. L'expérience a établi combien une réforme sur ce point était difficile, si elle ne concordait pas avec un dégrèvement réel et ne constituait qu’un simple déplacement d’impôt. Vous avez, par diverses manifestations, approuvé l’attitude que mes collègues de la Côte-d'Or et moi avoDSTésolument prise pour la défense des droits de nos viticulteurs.

Ce ne sont ni les programmes les plus longs ni les plus retentissants qui sont destinés à faire le mieux les affaires du pays. En écartant les projets chimériques ou dangereux, vos mandataires doivent s'attacher surtout aux solutions pratiques et aux réformes utiles-

Aussi, je crois répondre à vos désira en exprimant spécialement les vœux suivants : Constitutibn d’une majorité républicame aussi homogène que possible en vue d’assurer la stabilité gouvernementale; amélioration de nos institutions de secours et de prévoyance ainsi que de notre système d'impôts, notamment en ce qui concerne l’impôt foncier, dont la meilleure répartition ne peut être assurée- que par le renouvellement du cadastre ; réforme de nos lois de procédure ; organisation du Crédit agricole ; simplification des formes administratives par ta décentralisation ; extension de notre systèma d’amortissement et continuation des mesures qui, progressivement, tendent à réaliser Funité dubudget.

Telle est la politique pratique dont devraient s’inspirer vos futurs mandataires pour la soutenir^ choiaissez-les toujours parmi les plus sûrs et les

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Bios éorouvés Quant à moi. vous le savez, si vous me conférez un nouveau maLarmon passé vous répond de la fidélité et de la fermeté avec laqueOe je continuerai à L donner tout entier à vos intérêts et à ceux de la République. Vive la France 1 Vive la République 1

Arthur LEROY, député sortant, conseiller général de la Côte-d’Or.

1" circonscription do DIJON. M. Pierre-Armand VAUX,

Élu au 2““ tour de scrutin.

Citoyens,

Depuis YlnBt.tm»an8,lMtta™UlMr.Ii)ntoréditàlaRêpabUqa6boar^tee.

A„oarmaùde?da .«ormea a. d. iusHca. f

répondu par des coups de fusil, à Fourmies, en 1891, et par la mise en

îu’JLra août peraéouWa; mais, par coptte, laOouvarnamep. étead ain aile prptucttiea aur lea bourses oapilalistes, où ia luiyane 71^“ p^Uteéparguo, agiote sur ioadaaréaa de premito nteaadé oi oonalitue avec tes ddpooilles du producKur, cea tortaaes acandaleosea, vèn-

tables causes de la misère publique. ......r^rt <1* hnne nar

En face du parlemeutarisme corrompu et impuissant, couvert de boue p

les scandales du Panama, le peuple doit demander la révision de cette Constitution monarchique de 1875, et y introduire la législation directe, a“

iertains cantons de la Suisse. Quand le peuple, réuni dans se® sertions, discutera et élaborera lui-méme les grandes réformes politiques et sociales, les dé îrBuÏchargrde les codifier.^e pourront plus trahir un mandat aussi net et

aussi précis que celui sorti de la volonté populaire. t.i„-iité

Nous voulons une République nouvelle basée sur la justice et 1 égalité.

Nous voulons le retour à la nation des grands moyens de Prodoction, de tropvport et d’éobopge, obomios defer, cioes, Bopqoodo

tdbiirs bénéfices profitant à la collectivité tout eniière viendront en décharge

des lourds impôts, procureront les ressources nécessaires pour constituer la

ca^ô dTZi^dLioux irovailloor. o. mollro ios optais de pombrooKS

'‘“'itoos TOUloos dipiinuer ios charges du miiilariaipe, “

pn SuissB et aux États-Unis, une forte instruction militaire, pour armer à constituer des milices nationales capables de défendre la République socia is e

contre lés tyrans, et préluder ainsi à la suppression des armées permanenlea dont l^entretien noua coûte un milliard chaque année et ruine notre pays.

Nous vouions la terre au paysan qui la cultive. Nous voulons protéger celui-ci contre T impôt spoliateur, contre Fusure, contre Fexpropriation financièro qui le menacent- Notre programme agricole en fait foL

Citoyens,

Nous présentons à vos suffrages notre compatriote bourguignon, le citoyen Pierre-Armand Vaux.

Celui-là porte un nom aimé et respecté de toute la démocratie socialiste. Celui-là a du sang de républicain d*avant-garde dans les veines. Élevé à Fécole du malheur, plus que tout autre il porte au cœur 1* amour do la Hépublique sociale :

C'est un ardent défenseur des exploités, des opprimés.

Artisan et cultivateur, écrivain de talent, pourvu d^une solide instruction, que lui envieraient bien des bourgeois, Pierre- Armand Vaux a toutesles qualités requises pour être un digne représentant de ce peuple qui veut vivre en travaillant et ne plus être la proie d’une bande de politiciens qui déshonorent la République.

C'est à lui qu’iront tous les suffrages des véritables républicaiiis. C’est au fils du martyr socialiste de 1851 que tous les travailleurs doivent confier la défense du drapeau des prolétaires.

Son nom sortira triomphant des urnes, le 2D août prochain, et vengera tous ceux qui ont à cœur de protester contre la République panamiste et opportuniste digne du second Empire.

Vive le parti ouvrier 1

Vive la République sociale 1

Le Comité électoral du parti ouvrier socialiste.

Le candidat du parti ouvrier accepte le mandat impératif et remet sa démission en blanc au comité électoral qui l’a soutenu. 11 s’eDgage, en outre, à rendre compte, tous les ans, de son mandat.

Vu et approuvé :

Pierre-Armand VAUX, cultivateur, candidat du parti ouvrier.

2^0 circonscription de DIJON.

RL DELANNE,

Élu au tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens.

Depuis quelque temps, un grand nombre d^électeurs m’aYaieùtpriérfe poser ma candidature aux élections iégialatives dans la deuxième circonscription ; j’avais toujours refusé énergiquement.

Dans la réunion agricole de samedi dernier, mon nom ayant été acclamé avec insistance par la salle entière, j^aî cru devoir accepter. Je n’ai pu faire ma déclaration à la préfecture que le lundi 14 à ia dernière heure* Je regrette sincèrement que mu candidature improvisée et tardive oe me permette pas de visiter tous les cantons de notre circonscription, mais je compte sur les amis, les connaissances et surtout sur les cuIUvateurs, qui sortiront bien de leur indifférence et de' leur apathie pendant quelques jours pour faire réussir la candidature qu’ils m’ont imposée, et Je promets que, si j’étais leur représentant, j’irais les voir tous les ans pour connaîlre leurs nouveaux besoins*

Du reste, si j’allais faire des conférences ou réunions, ce ne serait pas pour vous faire des discours sur des promesses que je ne tiendrais pas, et je ne vous apprendrais rien en vous disant que Tagriculture souffre; je vous exposerais simplement mon programme comme je vais le faire dans ma profession de foi aux électeurs ï ce qui fait que ceux qui voudront bien la lire sauront qui je suis et ce que je veux.

le me présente à vous comme candidat nettement et fermement républicain et agricole, avec le programme suivant :

Maintien du tarif des douanes.

Relèvement des droits sur les blés, les laines, les céréales en général; demande de droits sur les graines oléagineuses ou établissement d’un système douanier ne permettant pas au prix du blé da desceodre au-dessous do 25 francs*

Pas d’emprunts nouveaux, pas d’impôts nouveaux; des économies.

Suppression du principal de l’impôt foncier, réduction des charges fiscales qui frappent les agriculteurs, de façon à ramener ces charges à règalité avec celles qui frappent les autres catégories de citoyens.

Dimiuution des frais de justice et de mutation.

Attribution à ragricultnre des économies qui devront être faites sur le budget et du produit de la conversion du 4 1/2 Û/Û, à moins que cotte conversion ne serve à ramortissement de la dette publique*

Publication chaque année, à l’ouverture des Chambres, do la situation financière du pays.

Maîatieixdes faciUtés accordées parla loi du 21 mars 1884 aux syndicats proressionnels qui se conforment aux prescriptions de cette loi -

Protection de la culture contre le vol, la mendicité et le vagabondage*

Économies sérieuses sur le budget, réducLion des gros traitements, suppression des emplois inutiles et de faveur, amortissement de ta dette.

Repréaeutation de ragricultnre par une Chambre nommée par tous ceux qui cultivent le soi comme propriétaires, fermiers ou métayers.

Création d’uu crédit et d'une assurance agricoles sous la direction de , PÉtaC,

Si mon programme est presque eDtiérenient agricoîe, je n'oublierai pas que l'industrie et Fagriculture doivent marcher la main dans la main, que le sort des travailleurs demande une étude sérieuse et qu'un gi'and nombre de réformes s’imposent.

Il Y a longtemps que les Galtivateurs et les ouvriers des campagnes demandent à être représentés par un des leurs ; Toccasion se présente, c"ést à vous à faire votre devoir.

Fils dé cultivateur et cultivateur mof-mêmé, je vis au milieu de vous, je connais vos peines, vos misères et vosbesoms.

Éiecteurs bourguignons et ruraux, si vous me confier le soîn“ de défendre vos mtéréts et le drapeau 'de la République, je ferai tout mon possible pour faire triompher les justes revendications de la démocratie rurale si souvent oubliée.

Si le scrutin ne m'est pas favorable, j'aurai la satisfaction du devoir accompli et, comme c'est la première Ms qu'une candidature semblable se produit, j'espère que le sâcrifica que j^ai fait servira toujours la cause de Pagriculture. '

En avant, toujours en avant dans la voie de la démocratie, c'est-à-dire de justice sociale, de la liberté et du progrès.

Vive îa France I Vive la République 1

DELANNE,

Cultivateur et conseiller général .

Circonscription de SEMUR.

M. BIZOÜAET-BERT,

Élu au 2® tour de scrution.

Chers concitoyens,

Mes dires, mes actes, mes votes vous sont connus.

Ile sont conformes à mon programme de 1889, sincères et indépendants..

Représentant <\n peuple, j’ai conscience d’avoir tenu haut et ferme le drapeau de la République et de la démocratie.

]e vous rapporte intact, exempt de toute atteinte et de toute souillure, le

drapeau qui m’a été confié.

Ma devise est toujours la même ; « Tout pour le travail, tout pour le pays et pour la République. »

Fila reconnaissant de la Révolution française, je continuerai à marcher vers la liberté, vers la justice, pour le bien-être, pour l’élévation matérielle, intellectuelle et morale de mes coaciioyens, pour la prospérité, la grandeur et la dignité de la patrie française.

Je ne suis pas de ceux qui promettent des réformes au peuple et qui ne trouvent jamais le moment opportun de les accomplir.

Je ne répudie, citoyens, aucun article de ma profession de foi de 1889, qui

reste entière.

Ceci est pour chacun de vous un rendu compte de mandat.

Dans les finances, j’ai voulu l'ordre et l’économie, la clarté dans les

comptes. , .. 1 . • J *

Pour l’adminisiration, je veux des rouages moins compliqués et qui donnent

à moins de frais tout leur effet utile.

Je m’honore d’avoir voté des améliorations légitimes en faveur de ceux qui avaient été trop longtemps négligés, anciens militaires, instituleuis, employés secondaires des ponts et chaussées, des postes et télégraphes.

Impôts, — Dans le groupe économique, dont je fais partie à k Chambre, nous avons étudié la réforme générale de l’impôt; sa rekate complète, où disparaîtraient l'impôt foncier, l'impôt des buissons hygiéniques, l’impôt des patentes, des portes et fenêtres, des octrois, des prestations, et d’autres impôts improportioonels on vexatoires.

Nous nous sommes ingéniés à trouver dans d’autres impôts pins justes, mieux équilibrés, d’une perception plus facile et mieux assurée, des ressources équivalentes aux recettes produites par les impôts actuels.

« A chacun l’impôt selon ses facultés s, tel est notre principe.

Une commission spéciale a été nommée à la Chambre pour examiner et mettre au point ce travail sérieux et considérable.

Les réformes des boissons, des patentes, des portes et fenêtres, présentées à la dernière législature, étaient trop incomplètes et trop peu mûries pour être fécondes et aboutir.

Elles avaient d’ailleurs le grand tort d’être liées au budget annuel, où elles n’étaient pas à leur place et dont elles compromettaient l’équilibre. Elles ont dû en être disjointes.

Agriculture, — Agriculteurs, j’ai donné à la terre, à la mère nourricière tant et si durement éprouvée, toute la protectLou promise, tous les encouragements et les secours demandés.

Le 27 et le 28 mars 1890, j’exposais à la tribune l’insulSsance des tarifs et leur manque de concordance avec les traités de commerce.

Tarifs et inspections sur les amvages dcïètrangBr, — Je signalais les pertes, la ruine que causait à l’élevage et à l’industrie de la France l’envahissement de

nos marchég par les viaûdes abattues, par les carcasses frigorifiées venant de Tétranger^ particulièrement de rAllemagne.

Je protestais contre le défaut d'inspection sanitaire sérieuse à leur arrivée à la frontière et a Paris.

En ce qui concerne les animaux étrangers venus vivants, soucieux de garantir de la contagion le troupeau national, je réclamais, ce qui a ôté obtenu et fait depuis, la réorganisation du service sanitaire et la création d'un vaste sanaioHum, qui a été enfin établi à La Vülette.

Pins tard, par un amendement au budget de l’agriculture^ j'ai fait inscrire un crédit, tout nouveau alors, de cent mille francs pour favoriser l'élevage du mouton.

La part que j’ai prise à l'élaboration du tarif des douanes, comme membre du groupe agricole, a été assez assidue et consciencieuse.

Enfin, j’ai défendu la vigne et les droits des bouilleurs de cru.

Loi des boissons. — En face du projet de loi des boissons, réforme incomplète et qui restait toujours vexatoire et onéreuse pour la masse des consommateurs^ j’ai eu le devoir de protéger la bourse et la santé du plus grand nombre.

Je demande pour un avenir procliain une vraie loi des boissons et ia rectL fication par PÉtat des alcools impurs*

Crédit agricole, — J’ai étudié avec un intérêt suivi Porganisation du crédit agricole et populaire, qui figurait déjà dans mon programme de 1889,

Celte institution si désirable doit être, à mou avis, basée sur Passurance agricole et la mutualité, surveillée par l'État et largement favorisée de son aide et de ses subventions.

En ce temps de sécheresse terrible et de disette des fourrages, j'ai fait des démarches actives auprès de divers ministres, à qui j’ai représenté la situation particulièrement désastreuse de Farrondissement de Semur,

Industrie et com77ierce. — Industriels, commerçants, dès le jour même de mon arrivée à Paria, je me suis rendu au siège de ia ligue contre les grands magasins et je Pai assurée de mon appui.

Je sais combien sont redoutables pour vos intérêts, pour votre existence même, ces grandes sociétés financières qui, sans profit réel pour iéçonsommateur, arrêtent toute croissance et font le vide autour d'elles.

Elles imposent aussi aux fabricants de dures concUtipns de. prix, dont les salaires des ouvriers subissent les diüereaces*

Tarifs eî chernim de fer, — Nous avons pu, dans la dernière législature, abaisser d'une manière notable les tarifs de grande vitesse. Il nous reste à poursuivre sans relâche la réduction des tarifs de la petite vitesse.

En toutes occasions, fat réclamé l'emploi exclusif par l’État, pour ses fournitures diverses, des produits français naturels m industriels*

Fournüu7'6s mîHtrnres U autres à TÈtaL — J'imprimais dans mon programme, en 1889 ;

a La vigilance, autant et plus encore que l'économie, s'impose dans tous, les

services publics^ notamment dans le régime et dans Tadjudication des fournitures militaires.

« Préservons-nous de œs monopoles* de ces grandes entreprises, qui payent des prix vils aux agriculteurs, aux indoslrîels, et revendent très cher à l’État des grains* des foins avariés, de mauvais cuirs et jusqu'à des viandes corrompues, ?>

Dans la séance du 7 novembre 1890, je suis monté à la tribune pour appeler ratteniion du ministre de la guerre sur ces faits, et demander la réorganisation des ateliers de régiment avec le concours des ouvriers civils.

11 me fut donné raison et promesses de satisfaction, en partie seulement réalisées.

Des scandales récents, — l’affaire des faux poinçons, — viennent de démontrer encore le bien fondé de mes craintes et de mes revendications.

Celte question n’intéressait pas seulement une industrie particulière. Elle importe au plus haut point aux finances de FÉtat, au bien-être du soldat, aux éleveurs, pour la bonne vente des peaux et des laines, à la richesse et à la mise en valeur des forêts, aux propriétaires et aux ouvriers de bois.

Lois protectrices du IravaiL — Ouvriers, travailleurs des villes et des campagnes, dès mon entrée à la Chambre, j’ai été choisi comme membre de la commission parlementaire du travail.

Dans cette commission, qui a été permanente, et dont les oeuvres ont honoré la législature, j’ai pris part de tout cœur à Télaboration des lois protectrices du travail,

La France, en ces matières, était en retard sur la plupart des nations civilisées.

Plusieurs de ces lois sont devenues définitives; d’autres attendent encore r’adhésion du Sénat,

Citons les principales i

Loi sur le travail des enfants, des ûlies mineures et des femmes dans les établissements industriels

Loi sur Phyglène et ia sécurité des travailleurs ;

Loi sur les règlements d'ateliers ;

Loi sur la responsabilité des accidents et l’assurance obligatoire des ouvriers ;

Loi pour la préservation des fonds versés par les ouvriers dans les caisses patronales de secours et de prévoyance ;

Loi donnant droit aux syndicats ouvriers de participer, sous certaines garanties, aux adjudications des travaux des communes ;

Puis, étude sur ia réglementation et la durée du travail des adultes ;

Lois sur les Syndicats et sur l’arbitrage facultatif ;

Loi sur les indemnités à accorder aux ouvrières des usines et aussi aux ouvrières agricoles après raccouchement, pendant le chômage forcé ;

Enfin, loi sur les caisses do prévoyance et de retraite des travailleurs eu vue de la vieillesse.

J’ose dire que la comnâission, composé d’éléments politiques divers* a fait

œuvre déjà féconde de réforma sociale, sans préjugés et sans haine des classes, et qu’elle a accumulé pour l’avenir des matériaux précieux et considérables.

Loîd’assîslanca médicale gratuite.— Parmi les lois d'un autre ordre, j’ai été particulièrement heureux de voter la loi sur l’assistance médicale gratuite dans les villes et dans les campagnes.

Elle va réaliser enfin, après cent ans, le vœu humanitaire de la Convention nationale.

Citoyens,

Les désastres et les scandales du Panama et d’autres trafics ont jeté, un temps, le trouble et la tristesse dans les esprits.

Français, haut les cœurs et soyons vigilants.

En faisant appel de nouveau au suiTrage' universel incorruptible, je garde la main sur la table des Droits de l’homme et du citoyen, les yeux fixés sur la devise du drapeau' de la patrie.

Votre reconnaissant et dévoué concitoyen,

BIZOtJARD-BERT,

Député sortant, conseiller général.

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