M. ISAMBARD
Élu au î®' tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
Le mandat de député que vous m'avez conüé, en 1890, est expiré.
Je l’ai rempli en toute conscience, et je crois pouvoir ajouter t en toute fidélité.
Je viens vous en demander le renouvellement à l'élection du 20 août, sans avoir besoin de vous exposer un programme nouveau.
L'ancien tient toujours.
C’est le programme républicain tel que nous l’avons élaboré ensemble, tel que vous l’avez ratifié plusieurs fois et qui comprend depuis la séparation des Églises et de l’État jusqu’A un mode plus démocratique de l’élection du Sénat, toutes les revendications radicales et toutes les améliorations sôdales compatibles avec la défense de nos intérêts régionaux, la protection de notre agriculture et de notre industrie, l’équilibre de nos finances, le maintien de la liberté individuelle, l’afTermissement de la République et la sécurité de la patrie.
C’est ce programme que j’ai suivi avec prudence, méthode et indépendance Pendant la législature qui vient de se terminer, la République a eu à subir de rudes assauts. N’ayant pu l’abattre, ses adversaires dut voulu la déshonorer. Elle a flétri les coupables ; il lui reste à reprendre sa place en avant, suspendue trop longtemps par ces scandales.
Elle rencontrera encore d’autres obstacles. Déjà seS adversaires ont recours à de nouvelles ruses; leur tactique est maintenant de se dire républicains pour rentrer à tout prix dans la place.
Vous savez qu'en sollicitant un nouveau mandat je n’agis ni par ambition personnelle, ni par calcul. J’ai une conception plus haute du rôle de candidat et des devoirs de député.
Si vous me faites l’honneur de m’élire encore pour cette période, je continuerai à servir la démocratie républicaine avec dévouement et fermeté, et à la défendre aussi bien contre lés attaques de ses ennemis déclarés que contre les étreintes plus dangereuses encore de quelques-uns de ses nouveaux amis.
Vous m’avez vu à l’œuvre, soutenant ces principes, connaissant vos besoins, votre esprit d’ordre, vos idées de progrès et de justice.
J’attends votre verdict avec confiance.
ISÀMBARD, député sortant.
2® circonscription d'ÉVREUX.
M* L. Modeste LEROY,
Élu au tour de scrutin,
Mes chers Concitoyens,
La candidature aux élecüoDS législatives m'a été offerte par les républicains de notre circonscription.
J'accepte cet honneur.
Ce que je suis^ vous la savez. Vous connaissez également la politique que j’ai toujours défendue et que je ne cesserai de recommander: c’est ïa poétique nettement républicaine, sans détours et sans équivoque, ne laissant mettre en question aucune de nos conquêtes, maintenant intactes toutes les lois républicaines.
C^est la politique d^un gouvernement fort, d*un gouvernement qui gouverne, et, par suite, la politique de la stabilité ministérielle, si nécessaire à la marche régulière des affaires.
Cette politique, poursuivons-la et faisons droit aux justes revendicatioas du pays, qui, plus que Jamais, veut l'économie et le contrôle financier.
Il faut, dans notre budget, — le patriotisme nous le commande, — ménager l’avenir autant que le présent, et toute nécessité de dépense nouvelle doit désormais trouver satisfaction dans réconomie d’une dépense équivalente.
Une loi doit, à cette heure, attirer toute notre attention : c’est la loi de 1867 sur les sociétés, qu’il convient de refaire, afin de donner plus de sécurité é Fépargne, surtout à la petite épargne, et d’éviter de nouveaux désastres comme ceux de l’Union générale, du Comptoir d’escompte et .de Panama, qui, à force de se répéter, finiraient par atteindre la fortune de la France, aûa aussi d’établir d’une manière effective la responsabilité des administrateurs dè toutes ces sociétés, afin encore d'interdire aux députés et sénateurs de faire partie, au moins avec leur titre, des conseils d'admluistration des sociétés fmaucières. Car, avant tout, la prochaine Chambre doit être une Chambre honnête jusqu'au scrupule, une Chambre échappant à tout soupçon.
Mettons-nous sans retard et travaillons sans relâche an bien-être matériel et moral des producteurs de tout ordre, ceux de l’usine comme ceux de la terre, à la fusion des classes par la diffusion du savoir. Développons reeprit d’association, sans toutefois porter jamais atteinte au principe de la liberté individuelle consacré par la Révolution française. Étudions, mais faisons les institutions de prévoyance et de protection, caisses de retraites, accidents du travail, etc. Facilitons la création ou Textension des sociétés de secours mutuels. Résolvons, en un mot, les questions sociales, toutes les questions sociales actuellement résolubles.
Mais d’autres réformes s’imposent : simplifier notre administration et notre
justice, de façoa à les rendre l’une et l’autre plus rapides et moins coûteuses
Parfaire l’organisation de notre agriculture par rinstitution du crédit agricole et des chambres d^agncuJture.
Assurer à l’industrie et au commerce la rapidité dans les transports et éviter les formalités, les difficultés de tarifs multiples et compliqués.
Je voterai, du reste, toute mesure qui pourrait donner un nouvel essor au commerce local ainsi qu’à l’industrie de nos petites villes, et relever la culture aujourd’hui si éprouvée et trop délaissée.
Protection de nos campagnes contre le vagabondage.
Si le suffrage universel me fait l’honneur de m’envoyer à la Chambre j’entends y rester indépendant, absolument indépendant.
Mon programme est donc ; moins de groupes et plus de réformes, politique de travail^ politïqtie de progrès* politique de jtistîcG sociale.
Ce faisant, je croirai agir au mieux des intérêts de la démocratie et de la République,
L.-Modeste LEROY, docteur en droit, conseiller municipal de Francheville, président de la délégation cantonale de Breteuil, Conseiller d’arrondissement du canton de Verneuil.
Circonscription de LOUVIERS.