‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 92 sur 266 · M. E. THOREL · texte numérisé non relu

M. E. THOREL

Élu au i“tour de scrutin.

Chers concitoyens,

^ Il y a quatre ans, vous avez affirmé sur mon nom vos sentiments républicains et vous m’avez témoigné la confiance que je vous inspirais pour la défense de vos intérêts.

Ayant la conviction d’avoir fidèlement rempli le mandat que vous m'avez confié, j’ai accepté de nouveau la candidature qui m’a été offerte par le Conirrès républicain. ”

La République, après avoir victorieusement repoussé l'assaut des coalitions de toute aorte dirigées contre elle, est sortie tellement forte de la lutte tellement incontestée, que ses adversaires n’hésitent pas à se réclamer de son nom devant les électeurs.

Cette situation nouvelle impose à vos représentants le devoir de travailler énergiquement à la solution des questions économiques et sociales qut intéressent à un si haut degré notre démocratie laborieuse,

La nouvel!^ Chambre devra poursuivre la réforme de rimpôt foncier* que

ancieuae n a fait qu aborder, 11 est de toute nécessité de changer la base même

do l’impôt on modifiant l’évaluation et la classification des terres, qui ne sont Plus actuellement conformes à la vérité. Il convient de prendre comme base de fa nouvelle évaluation, à la fois la valeur vénale de la propriété et son

revenu^i^t^nçe publique est un devoir de solidarité sociale ; elle ne doit pas être abandonnée aux hasarda des bonnes volontés. Son organisation devra attirer l'attention de la Chambre. Quand on aura inscrit dans nos lois et fait passer dans la pratique le principe de l’assistance obligatoire, on sera plus autorisé a prendre^des mesures rigoureuses pour la répression du vagabondage, on pourra rendre plus sévère le régime des prisons, où les mallaiteurs et les vagabonds sont souvent mieux soignés que nombre d’ouvriers laborieux.

L’organisation judiciaire actuelle est trop compliquée ; la justice est trop lente et trop coûteuse, il importe que les citoyens puissent obtenir Peu de frais une justice rapide. La réforme du Gode de procédure et la diminution des frais de justice devront être l’objet des préoccupations de la Chambre.

L’a^éoption du nouveau tarif douanier, qui a été assurément 1 œuvre la plus importante de la dernière législature, a permis le relèvement du travail national et a laissé à la France toute sa liberté d’action. La nouvelle Chambre devra s’inspirer des mêmes principes*

Elle devra également élaborer une loi sur les associations, seul acheminement possible vers la séparation des Églises et de l'État, çmi, dans les circonstances actuelles, présenterait de très grandes difficultés d application, tout en semant la division parmi les républicains et le trouble dans le pays tout

Avantdese séparer, la dernière Chambre a décidé que le contingent des troupes envoyées aux colonies, psécédemment formé par les jeunes gens ayant obteL les premiers numéros au tirage au sort, serait, al avenir, recruté uniquement par voie d’engagements volontaires. Nous devrons travailler résolument a la formation d’une armée coloniale composée de volontaires aguerris et habi-

tués au climat de nos possôBsiüïis* * » - • n

L’extension de la France au dehors est devenue, dans la situation actuelle de l’Europe, une nécessité. Notre production industrielle, notre commerce ne Deuventnu’y gagner. D’un autre côté, il est impossible que nous paraissions céder le pas aux autres nations européennes. C’est pour nous une question de dignité. La République a su inspirer confiance, et un grand État n a pas hésité a rechercher notre alliance ; il faut que nous conservions le rang que nous avons reconquis.

Électeurs,

C’est par des actes, non par des promesses, que je me suis efforce de mériter la confiance que vous m’avez toujours témoignée. Partisan d’une politique nettement républicaine, tous mes efforts tendront à travailler à la prospérité de la France, dont les destinées sont inséporables de la République.

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Circonscription de PONT-AUDEMER.

M, Ch. LORIOT,

Élu au !“■ tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens.

Vous êtes appelés, le 20 de ce mois, à élire un député.

Une réunion composée de vos élus, les représentants les plus autoriséa du parti républicain, s’est prononcée en faveur de ma candidature.

Je ne crois pas devoir me soustraire à l’honneur qui m’est ainsi fait, et je viens de nouveau solliciter vos suffrages.

Voua avez bien voulu, il y a quatre ans, à moi, nouveau venu dans la politique,. manifester votre conûance. Cette conOance, je ne crois point l’avoir déméritée.

J’ai fait partie de la majorité qui, au milieu des luttes sans cesse renaissantes des anciens des nouveaux partis coalisés, a soutenu le Gouvernement républicain, aujourd’hui reconnu, acclamé partout; etc’est ainsi que, représenté par un pouvoir solide, indiscuté, notre pays a pu faire valoir sa force, attirer à lui de brillantes alliances et tenir haut et ferme le drapeau de nos justes revendications à ia face des adversaires apparents ou cachés de notre domaine colonial.

Les vieux républicains ne nous désapprouveront pas, ne nous désapprouveront pas non plus les hésitants. Eux aussi, ils sont maintenant sincèrement attachés à ce gouvernement d'ordre et de paix qui vient de montrèr encore ces jours -ci ce que peut la' prudence alliée à la fermeté, et qui, généreux dans sa victoire, accueille les bonnes volontés pourvu qu’elles viennent loyalement à lui,

La Chambre qui s’en va a été violemment attaquée. On a crié, à propos d’elle, au scandale, à l’impuissance.

Mérite-t-elle ces reproches î

Ce que la Chambre actuelle a tenu à honneur de faire, c’est la lumière aussi vive que possible. Elle a condamné impitoyablement les défaillances relevées au grand jour.

Son œuvre est-elle aussi stérile qu'on le proclame?

Le relèvement de notre agriculture et de notre industrie a été l’objet de ses plus vives préoccupations, et c’est ainsi qu’elle a voté:

Les tarifs douaniers protecteurs ;

Le dégrèvement de l’impôt foncier non bâti ;

La réforme des prestations ;

Le crédit agricole ;

L’assistajice médicale dans les campagnes;

Heureuse réalisation de notre programme démocratique, que le vote d*uDe certaine réforme des boissons aurait pu compromettre , si une habile coalition de vos députés bouilleurs de cru ne voue avait, encore sauvés, MM. les cultivateurs, pour 1894.

Dans Hœuvre de cette Chambre n’ont pas été oubliés nos jeunes gens qui voient la loi sur le recrutement de Tarmée coloniale supprimer les mauvais numéros ; nos villes qui ont maintenant la faculté de supprimer leurs octrois; les instituteurs, les agents des ponts et chaussées, les commis des postes qui reçoivent satisfaction par l^augmentation de leurs traitements; les classes laborieuses en vue desquelles ont été votées la loi sur la réglementation du travail, la loi donnant une sanction pénale de la loi organique de 1884 sur les syndicats.

Sur ces points mêmes, le but nous paraît avoir été dépassé.

Nous ne saurions admettre qu'on réduise sans aucun profit pour leur santé le nombre d'heures employées par nos ouvriers, qui n’ont jamais trop de salaires pour élever la petite famille; nous ne saurions admettre ces mesures de combat qui divisent le patron et Touvrier; nous préférons celles qui visent à leur rapprochement.

La Chambre future ne verra plus les luttes des anciens partis : tout le monde sera républicain.

C’est au parti républicain modéré à profiter de cette situation.

Elle aura de gros problèmes à résoudre.

Dans l’ère de tranquillité extérieure qui semble nous être réservée, 'elle devra prendre plus que jamais souci de la crise agricole dont on attend la fin depuis si longtemps.

Elle devra doter la classe ouvrière de ces deux mesures bienfaisantes:

La création de caisses de retraites;

La loi sur le risque professionnel avec Tassurance obligatoire ;

Protéger enfin le travail national en imposant le travail étranger .

Que, si Pon soulève les deux questions irritantes de la séparation de TÊglise et de PÊtat, de Pimpôt sur le revenu, nous répondrons que nos populations se contentent delà situation actuelle ; qu’elles ne demandent pas mieux que d’avoir un prêtre dans leur commune, pourvu que ce prêtre se renferme dans les devoirs de son ministère ; nous répondrons, quant à Pimpôt sur le revenu, que nos populations n’en veulent pas plus que de l'exercice sur les boissons, et que le meilleur moyen d’éviter ces dures nécessités, ces mesures vexatoires, c’est d’exercer un contrôle sévère sur les finances du pays et surtout, comme il arrive trop souvent, de ne pas voter de dépenses inutiles.

Telles sont mes idées, mes chers coociiûyeos ; si elles sont conformes aux vôtres, je vous demande de bien vouloir me renouveler mon mandat.

Votre tout dévoué,

Ch. LORIOT, député sortant.

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