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FINISTÈRE

1” circonscription dù BREST* M- le contre-amiral VALLON, Éïu aiî 2*' tour de scrutin*

Mes cîiers coucitoycnSj

Désigné à runanimité des membres de la réunion du 2 août comme candi-’ dat républicain dans la première circonscripiion de Brest^ Je viens solliciter vas suffrages.

Jè SÜÏ3 Breton, né et élevé sur vos côtes, et Brestois pour avoir habité votre ville pendant vingt ansj

Je suis républicain de la veille, sans éti(îuette. opposé à toute restauration monarchique ou césarienne;

Je veux le maintien intégral de la loi militaire et de ia loi scolaire. *

Je veux :

La paix religieuse, qui résulte delà liberté de conscience et dé celle des cultes, sans faveurs ni rigueurs pour aucun;

Un gouvernement neutre en matière confessionnelie, qui applique les lois à tous avec justice et fermeté ;

Le droit commun imposé à toute association civile ou religieuse ;

La liberté du citoyen dans ses biens, dans son travail, ses croyances, ses paroles, ses écrits ;

La liberté de la presse ;

Une protection prudente et raisonnée de notre industrie nationale contre Flnvasion des produits étrangers;

L’alliance étroite de la Russie et de la France ;

L’inscription, en tête des lois à faire, de celles qui protègent l’ouvrier et le paysan; Pinstitulion de caisses de crédit;

Une révision prudente de la ConstituLion, à la condition qu’elle ne porte que sur des points rigoureusement déûnis et arrêtés d’avance par un Parlement nettement républicain;

La réforme de Pimpèt proportionoé aux ressources des contribuables et que toute dépense nouvelle ait pour contre-partie une économie correspondante sans emprunt ni impôt nouveau;

Une loi dSgrevant les boissons hygiéniques, basée sur la suppression du privilège des bouilleurs de cru, sans en faire porter tout le poids snr l’alcool;

Une justice plus expéditive, moins, coûteuse pour tous et plus abordable'au pauvre ;

La durée do la journée de travail mesurée à la force de l’homme réglée

pour les enfants, libre pour les adultes des deux sexes;

De bonnes et justes lois sur les accidents du travail et sur les retraites des

ouvriers;

Le développement progrossif de la ville de Brest, de ses communes et de son arsenal, dont les intérêts, étroitement liés, sont oubliés ;

Des réformes au programme extrêmement discutable de la transformation delà flotte où n’entre aucun équilibre entre ses éléments de combat, navires

grands et petits;

. L’organisation de la défense des côtes attribuée à la marine seule;

L’éclosion procbaine des lois proposées, et en partie votées, sur le person-

ii6l militaire et civil de la Ootte et des arsenaux;

Le relèvement de la solde et des salaires du personnel inférieur administratif et ouvrier, prélevé sur des économies réalisables sur d’autres chapitres des budgets de la marine et des travaux publics ;

Due retraite proportionnelle, après vingt ans, accordée aux veuves et aux orphelins, et la péréquation des retraites anciennes et nouvelles des vieux serviteurs de l’Etat;

Le développement de nos colonies, sans conquêtes sanglantes, à l’aided'expéditions pacifiques commerciales.

' Je veux servir, avec un zèle égal, lés intérêts de la ville, de son arsenal et de ses communes, qui sont absolument liés les uns aux autres ;

Je veux enfin prendre conseil des assemblées issues dcTos suffrages chaque fois qu’elles m’y mviteront ou qu’un doute s’élèvera dans mon esprit sur les questions dont elles sont les meilleurs juges.

Tels sont, mes chers concitoyens, les principes que j’ai développés devant vous, que j’ai déjà servis, qui ont acquis votre approbation et que je me propose de défendre avec énergie si vous m’honorez de vos suffrages.

Vivent la ville de Brest, son arsenal et ses communes 1 Vive la Hépablique!

Vive la France I

Contre-amiral VALLON,

Député sortant, vice- président du groupe d’études politiques parlementaires, vice-président du groupe parlementaire colonial et diplomatique.

Mes chers concitoyens.

Je remercie les 4,079 électeurs qui, par leur vole du 20 août, ont affirmé SM mon nom leur résolution de faire triompher à Brestlà République, victorieuse dans toute la France, sur la pseudo-République cléricale des réaclionnaires.

J0 n*ai pas yariê dans mes déclarations du premier Jour. La Répabliçae des ralliés de la dernière heure multiplie ses promesses : preeez-y garde! Le suffrage universel vient de la condamner; elle sera représentée à la Chambre par un groupe impuissant d’une vingtaine de députés conspués par la monarchie pure et repoussés par l’imposante majorité républicaine que vient de se donner le paysl Elle est décapitée, ses chefs ont partout succombé.

Vous ne voudrez pas augmenter sa force réactionnaire, et, dans le vote que vous allez émettre, vous viendrez au candidat qui porte depuis longtemps votre drapeau.

Je fais appel au concours de tous les républicains de la circonscription.

Vive la République progressive, qui ne renonce à aucune de ses conquête 1

Contre-amiral VALLON.

2* circonscription de BXŒST, M. Émile VILLIERS,

Élu au l®' tour de scrutin.

Messieurs,

One réunion de délégués sénatoriaux, qui a eu Heu à Landerneau le 30 juillet dernier, m’a désigné comme candidat aux élections législatives du 20 août, dans la 2® circonscription de Brest. Je remercie mes amis de l’honneiv qu’ils ont bien voulu me faire et j’accepte la candidature comme un devoir, fiei de succéder à l’honorable député sortant, M. Boucher, qui, pendant ses huit années de législature, a rempli son mandat avec un dévouement que nous lui connaissons tons.

Je viens donc solliciter vos suffrages.

Je Dé suis pas un étranger pour vous. Pendant dix ans, mon père a représenté notre circonscription h la Chambre des Députés. Je sais que son nom est encore honoré et respecté, et que vous avez conservé le souvenir des services qu’il a rendus.

Ennemi des révolutions, si je deviens votre représentant, je ne ferai pas, croyez-le bien, d’opposition systématique.

Catholique, je demanderai le retrait des lois sectaires et particulièrement de la loi scolaire, qui porte une si grave atteinte aux droits des pères de famille. Le choix des instituteurs doit appartenir aux communes et non à l'État.

Je combattrai l’augmentation des impôts et le gaspillage financier qui, s’il n’est pas arrêté, amènera fatalement la ruine du paya.

Je veux la paix intérieure. Je veux la France, rendue plus forte par l’alliance russe, respectée à l’extérieur. «*11- pariai

Protectiounisie, je défendrai ]e.s droits de l’agriculture et de l’industrie na-

tionale contre concurrence étrangère.

Gouvernement de s’intéresser au relèvement de l’entreprise de Panama, qui a englouti tant do fortunes françaises.

En un mot :

Je veux la religion respectée.

Je veux ia France puissante et prospère.

Voilà mon programme .

mi L mon Z'. “”P-

Vive ia France J Vive ia liberté I

Émile VILLIERS,

Conseiller général du Finistère..

3“ circonscription de BREST.

M. d’HüLSÏ,

Elu au 1’’' tour de scrutin.

Electeurs de la 3'’ circonscription de Brest, inconl!® ^ ® ““

Depuis que l’appel de quelques-uns d’entre vous m’a désigné à votre choix ^ patriote, à l’orateur éminent qui vous avait repré¬

semés durant onze ans, des liens de confiance et d’affection se sont formés

j’®' admiré votre foi reli-

n n Patnarcales de vos familles, votre vie laborieuse, votre ar-

dent patriotisme. De mon côté, j’ai essayé de vous servir

Fort des onze mille voix que vous m’aviez données, je suis eutré au Parlement pour y faire, dans des conditions particulièrement difficiles, l’apprentissage de la vie.poiuique. Plicmia

J’ai vu la majorité, divisée en groupes ennemis, retrouver toujours Vunatieîmi^'^'^'' * malfaisante que poursuivent les sectes anlichré-

L’Egiise traitée en suspecte j la juste indemnité due à ses ministres

arbitrairement suspendue en punition de délits imaginaires, sans débats, sans preuves et sans jugement ; l'instruction religieuse chassée des écoles publiques et ne pouvant reti'ouver un asile dans les écoles privées qu’à travers mille tracasseries, mille entraves et au prix des plus lourds sacriQces ; les séminaristes, les prêtres eux-mêmes enrôlés dans l’armée au mépris de leur mission pacifique et sans égard à l’équivalenca des services qu'ils rendent à la société par une vie entière de dévouement; l’inlluence moralisatrice de la religion surveillée à l’égal d’un danger public, comme le prouvent et l’interdiction des processions dans nos villes et la fermeture récente du Cercle militaire de Quimper ; la liberté d’association largement reconnue aux sectes subversives et toujours contestée aux cougrégatious religieuses, qui sont l’armée voloulaire de l’enseignement et de la charité : voilà les traits principaux d’une poliüque que la dernière Chambre n’a pas inventée, mais dont elle s’est fait la continuatrice, et dont elle a imposé lu programme aux ministères éphémères qui se sont succédé dans sou sein.

Forte pour le mal, cette assemblée s’est montrée impuissante pour le bten. Elle a touché à des lois utiles, telles que la réforme des caisses d'épargne, le crédit agricole, mais elle n’a pas pu les faire aboutir. Elle a voté le tarif des douanes, mais elle y a tait, au hasard des circonstances, des exceptions peu motivées, favorables à la spéculation, nuisibles à la production nationale. Devant la nécessité reconnue des économies, elle a augmenté de plus de cent millions les charges du budget. Celui qu’elle vient de voter en toute hâte, pour l’année prochaine, n’a que l’apparence de l’équilibre ; nul ne coutesle la réalité du déficit. Au périt dé l’immoralité croissante, cette majorité ajoutait encore naguère le scandale du Panama ; a la conscience publique qui réclamait ia lumière, elle répondait en laissant prescrire le crime et en désarmant ia justice.

Réduits au rôle ingrat d’une opposition impuissante, nous n’avons pu que condamner par nos votes et par nos protestations tous ces attentats contre la patrie.

J’ai joint mes efforts à ceux de la minorité catholique et conservatrice. J ai signalé la mollesse et l’inconséquence du Gouvernement devant les troubles survenus à Paris dans les églises et l’incohérence de sa conduite dans la tolérance ou la répression du duel ; j’ai flétri les mesures iniques prises contre les prêtres du Finistère j j’ai réclamé pour les employés de l’État une part dans le repos du dimanche.

Mes votes ont été conformes au programme que vous aviez sanctionné de vos suffrages. J'ai soutenu le pouvoir dans les rares occasions ou je 1 ai trouvé fidèle à sa mission. J’ai eu plus souvent l’occasion de lui refuser ma confiance et de lui témoigner mon blâme.

Mais la France croyante, honnête et laborieuse a droit à autre chose qu’aux pi'otestations de ses défenseurs. 11 est temps que sa volonté pèse d un poids décisif sur les destiuées de la patrie. Pour cela, l’uuion est plus que jamais nécessaire entre nous, et elle est possible.

La forme du gouvernement n’est plus contestée. Parmi les catholiques, les uns, cédant à d’augustes conseils, acceptent la République comme le régime définitif de la France moderne; les autres, persuadés qu’elle marque, non le

terme final, mais une phase temporaire do l’évolution démocratique, réservent leurs préférences pour l’avenir, mais ne veulent attendre que de la libre volonté de la nation le changement qu’ils espèrent. Les uns et les autres sont donc respectueux de la Constitution. Bien ne les empêche de se placer ensemble sur le terrain des institutions établies, pour y poursuivre, d’un commun accord, les réformes urgentes qui tiennent dans ces queiques mots; liberfé de conscience, fin des luttes religieuses, respect du Concordat dans sa lettre et dans son esprit, amendement des lois scolaire et militaire, liberté d’association sous la garantie du droit commun, économie, probité financière et politique, protection de l’agriculture et de l’industrie nationales.

Ce programme est celui de la majorité des électeurs en France. Qu’ils s’unissent, oublieux des nuances qui les séparent; bientôt ce sera le programme de la majorité des élus. Alors commencera pour notre pays une ère de régénération morale et de prospérité matérielle.

Électeurs,

Je me présente de nouveau à vos suffrages. Je vous donne rendez-vous aux urnes le 20 août. Que personne ne s’abstienne 1 Le vote est un devoir. Que chacun en prenne l’inspiration dans sa conscience et la victoire est à nous.

Vive la France 1 Vive la Bretagne catholique !

M. d’HüLST, député sortant.

1” circonscription de GHATEAULIN.

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