‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 95 sur 266 · M. LE BORGNE · texte numérisé non relu

M. LE BORGNE

Élu au 1®' tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Le Congrès républicain de la 1™ circonscription de Chàieaulin vient de se réunir.

Comme député, je lui ai rendu compte de mon mandat.

Comme candidat, je lui ai exposé mon programme.

11 a bien voulu me confirmer sa conûaucej et je viens vous prier de donner votre sanction au choix de vos délégués.

Républicain, je veux une République sage, honnête et progressive, sous la garde d’un Président de la République, d’un Sénat et d’une Chambre des Députés,

Je veux, au dehors, une paix honorable, sous la protection d’uns armée forte et d’une marine vaillante.

Je veux l’ordre au dedans^ sous Tégide de la‘ loi, et surtout Tordre dans la rue, j

Candidat d’tine circonscription agricole et maritime, je veux !a protection de Tagriculture par le maintien des droits sur le blé, sur le bétail, de tons les droits de douane, et la protecilon de la marine nationale par le maintien de Tinscnpiion maritime.

Enfin, je veux la République aux républicains ; je veux le maire à la mairie et le curé à Téglise,

Électeurs, vous voterez pour l’ordre et pour la paix ; vous voterez pour la République.

Vive la République î

Docteur LE BORGNE, maire de Pleyben, Conseiller général du Finistère, député sortant.

2^ circonscription de CHATEAUHN.

M. Émile GOURVIL,

Elu au 1®^ tour de scrutin.

Chers coocîtoyens,

Je sollicite de vos suffrages le reuouvellement du mandat que vous m’avez confié le 12 juillet 189L

Vous me connaissez, iesjongues explications sont inutîlea.

La réunion tenue à Garhaix, le 6 de ce mois, a prouvé que j’ai toujours votre confiance et votre sympathie, je vous en remercie.

Si vous m’honorez de vos suffrages aux élections du 20 août, je continuerai à suivre le programme que je traçais en 1891.

Ce que je disais alors, je le répète aujourd’hui :

Protéger Tagriculture, source première de nos richesses; organiser Tassistance publique dans nos campagnes; rechercher les modifîcations à apporter à notre tystème dlinpôLS; tondre plus juste et plus équitable la répartition des charges ; faire que la juslice soit moins coûteuse; simplifier la procédure, propoi tiüûner les frais aux intérôls eu jeu, conformément au projet Brisaon ; vouloir la paix cDiiipalible avec la dignité et la fierté de la patrie; suivre attentivemeut l évolution de la question sociale, dont le problème s’impose, en ce moment, à Texamen de tous les peuples; laisser de côté les questions de politique pure, pour s’occuper des affaires.

Tels sont mes sentiments.

Eiecteurs,

A l’heure présente, le gouvernement de la République n’est plus contesté les partis opposés se rallient ou s'inclinent. Aux républicains de ne pas se laisser duper. A eux de reconnaître ceux qui se rallient franchement à la Républiqoe* ^

Vive la République !

GOÜRVIL Émile, conseiller général du canton d^H nelgoat, dépnté sortant*

circonscription de MORLAIX.

M. Louis VJCHOT,

Élu au 2® tour de scrutin^

Mes chers concitoyens,

Depuis vingt ans que nous menons ensemble le combat républicain, nous nous connaissons si bien que vous me dispenserez de vous faire une longue profession de foi.

Ainsi que M. Jaouen, je suis protectionniste, et je ne laisserai point toucher aux droits compeusateurs qui ont permis à notre agriculture de lutter contre la

coucurreuce étrangère.

Nos traités ayec l Espagne ont amené une déprécia tioû énorme sur une brancha importante de notre production agricole, celle du cheval. Je m’associerai à toutes les mesures qui me paraîtront dénaturé à modifier avantageusement pour nos campagnes cet état de choses regrëltahîe.

Une société hippique pour le dévalopperaeut de llndustrie chevaline s’est fondée récemment dans notre circonscription. Toute société naissante a besoin, pour vivre, du concours et des encouragements de l’État, l’emploierai à obtenir l’un et l’autre le zèle et l’activité que vous me connaissez.

Dans notre société démocratique, le sort des travailleurs doit être la constante préoccupation des pouvoirs publics. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’en raison de mon origine, je travaillerui de tous mes elfons à résoudre les problèmes d’assistance, de mutualité et de prévoyance qui vous préoccupent aujourd hui si légitimement, et qui ont pour but de protéger le.s ouvriers contre les accidents du travail, et de leur faciliter l’assurance contre la vieillesse et la maladie.

Au point de vue financier, jè reconnais avec tous les amis de la démocratie que le régime de nos impôts demande à être sérieusement révisé, et qu’il y a

lieu surtout d’abaisser les droits de imitation et d^enregistremeat, qui rendent aujourd’hui si difUcîle la mobilisation de h petite propriété*

La paeificaiioa religieuse est une condition de la paix sociale, et, à ce titre, tous les bons citoyens ÿ sont intéressés.

Je n’ai pas besoin d’ajouter que, si vous m'accordez vos suffrages, je défendrai vos intérêts avec toute Tardeur dont je suis capable et que, chaque année, je me ferai un devoir de vous çpodre compte de mon mandat.

Vive la République!

Votre dévoué concitoyen,

Louis VICIIOT.

2^ circonscription de MORLAIX,

M. le vicomte de KERMENGÜY,

Élu au tour de scrutiii, (Décédé),

circonscription de QUIMPER.

M, Louis HÉMON,

Élu au tour de scrutin.

Chers concitoyens.

Depuis dix-sept ans, voua m’avez prodigué les: témoiguages de votre confiance* Je ne saurais dire à quel point j’eQ suis reconnaissant et fier.

Ce n'est pas sur des programmes électoraux que vous m'avez jugé. Nous nous sommes connus à l’œuvre, en des temps où il fallait disputer ^existence même du régime républicain à des ennemis avoués*

Noue ne reverrons plus ces temps critiques. La République a désarmé ceux qui la combattaient en face i l’un après Tautre, ils viennent lui faire amende honorable* Mais l’esprit de réaction persiste, et il nous faut encore défendre contre lui les principes déiBOcra tiques, sans lesquels la République u’auraît pas do raisoDS d’exisler. . .

C7est un© République démocratique qu^a voulu fonder le âufïrag& universel : il se reconnaît trop en elle pour l^abandonnor jamais.

G'est aussi à maintenir et k fortifier cette République démocratique que devra se vouer la Chambre nouvelle. Il est permis d^espérer surtout qu^elle ne sacrifiera pas aux débats politiques, devenus trop souvent un prétexte d’agîtagi talion et de scandale, le temps que les intérêts populaires ont 1© droit de réclamer,

La sollicitude des pouvoirs publics pour îes populations, agricoles, ouvrières, maritimes, s*est affirmée par des actes qui sont au-dessus de la calomnie. Nous dévoua encore à ces populations tout ce qu'une législation prévoyante peut pour relever leur condition, adoucir leurs infortunes et protéger leur travail.

Dans 1 ordre social comme dans fordre politique, notre République est Tbéritière de la Révolution française* Elle a mission de reprendre en tous pointe cette grande œuvre interrompue et de lui donner, à un siècle dfintervalle, son légitime couronnement.

Quant à moi, serviteur dévoué de la démocratie, vous savez d'avance que je n'aurai rien tant à cœur que sa grandeur et sa prospérité.

Vive la République !

Louis HÉMON,

Conseiller général du Finistère, Député sortant.

2*" circonscription de QUIIVIPER.

M. C03MA0-DÜMENÊZ,

Éiu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Les Comités républicains de la 2^ ciL'COnacripLioQ de Quimper ma font l'honneur de me présenter de nouveau à vos sufirages.

Eu vous demandant le renouvellement du mandat législatif que vous m^avez confié il y a quatre ans, il me serait permis de me dispenser d'un nouveau programme. Mes sentiments, en efiet, vous sont -bien connus : ils n’ünt jamais varié. Tous jnes votes à la Chambre ont exactement répondu aux engagements que j'avais pris devant vous.

En 1889, j'avais déclaré que je m^atiacherajs à maintenir la stabilité gouverujBmeûtale. C'est ce que j'ai . fait en soutenant les ministères républicains dans Fœuvre difllcUe qu^ils ont eu à accomplir depuis quatre ans.

Je vous disais encore ; c’est de paix, c’est de stabilité, c’est de lois utiles que le pays a besoin.

La pais a été sauvegardée : notre alliance avec la puissante Russie Tassure davantage encore dans Paveoir.

Parmi les lois ulües sorties des votes de la dernière Chambre, la première en importance est celle qui règle le tarif générai des douanes. Quoi qu’en aient pu dire des adversaires sans scrupules, j’ai voté tous les articles de ce tarif intéressant les CükLvateure, les marîns^pècheurs, les ouvriers de l’industrie ou du bâtiment, de façon à procurer à tous les travailleurs la protection légitime qu’ils réclamaient. Si, à J ’épreuve, cette protection était reconnue msullisantei mon vote serait prêt encore pour raugmenier.

L’instruction primaire est le premier besoin du peuple? elle a eu et elle aura toute ma sollicittide.

La liberté de conscience est au premier rang des principes républicains; je n’épargnerai rien pour la garantir.

Le service militaire obligatoire pour tous doit être maintenu : c’est la conséquence du principe d’égalité entre les citoyens.

Il est é prévoir qu’une loi destinée à organiser une caisse de retraites, aussi bien au profit des ouvriers des villes qne de ceux des campagnes, sera mise en discussion dans la Chambre prochaine : mon coDcours est acquis pour la faire aboutir.

La réforme de la loi de 1791 sur le domaine congéabie a été proposée dans la législature qui s’achève; il importe qu’on trouve à cette question une solution libérale, capable de concilier tous les intérêts légitimes.

Un dégrèvement partiel de l’impôt foncier a été opéré en 1891 ; Tintérât de l’agriculture demande que l’cBuvre soit complétée.

La création d’une banque du crédit agricole et populaire, subventionnée par l’État, est aujourd’hui votée par la Chambre des Députés ; je souhaite que cette proposition trouve au Sénat Faccueit bienveillant -qu’elle mérite. L’intérêt des agriculteurs, des ouvriers, des petits patrons, y est attaché.

L’année prochaine verra l’expiration des pouvoirs du Président delà République, M, Carnot. Je suis disposé à en voter le renouvellement, heureux de rendre hommage à cette haute personnification du devoir, de la correction et de la loyauté politiques.

Électeurs,

Tout en m’efforçant de servir en conscience les Intérêts généraux de la France, je n’ai négligé aucun des intérêts régionaux ou communaux qui vous sont chers.

Des travaux maritimes récents ont amélioré, sur divers points, l’état de notre littoral; d’autres sont encore en projet. Je ne manquerai pas de me faire, près des ministres compétents, l’organe de vos justes revendications.

En ce moment s’exécute, aux frais du département, une ligne ferrée de Douarnenez à Audierne, ce qui promet de faire de cette partie de l’arrondissement de Quimper l’une dès m^eux desservies du département.

Électeurs,

Si ce que j*ai pu faire pour servir vos intérêts et répondre à vos vues est approuvé par vous, vous pouvez compter que je m'attacherai à resserrer encore les liens de conûance qui nous unissent dans l’exercice d’un nouveau mandat.

Soyez assurés que voua me trouverez, en tout temps, tel que j’ai toujours été : patriote sincère, démocrate convaincu, défenseur inébranlable de la République.

Vive la République !

0*“ COSMA.O-DUMENEZ, député sortant, conseiller général du Finistère, Président du Comice agricole de Pont-PAbbé,

Circonscriptioii de QUIMPERLÉ.

M. h de KER3ÊGÜ,

Mes' chers compatriotes,

En m'invitant à poser ma candidature aux prochaines élections législatives, voua me donnez un témoignage d^estime et de conûance dont je suis profondément touché. Car ce n'est plus seulement sur un programme, comme en 1889, mais bien sur mes votes et sur mes actes, que porte cette fois votre jugement

Votre approbation de mon attitude politique et la certitude d'être resté en parfaite communion d'idées avec vous me tracent mon devoir. l'accepte la candidature que vous me faites l'honneur de m'oiïrir, avec ta ferme volonté de poursuivre avec vous cette politique d'honuêieté, de justice et de modération qui a si puissamment contribué au progrès de l'idée répiiMcaine dans notre arrondis- Bement.

Vous entendez faire respecter et aussi faire aimer la République, en assurant à tous les sentiments et à tous les intérêts légitimes le respect qui leur est dû.

Hommes de liberté et de progrès vous comptez sur le concours d'uue administration iin[}ariiale et vigilante pour appliquer vos idées.

Je partage entièrement vos sentiments et vos espérances, convaincu comme vous que la formation d'un grand parti républicain national peut seule assurer Tavenir de la France.

Aujourd’hui, plus que jamais d’ailleurs, le pays veut vivra et travailler en paix. Plus qu’à aucune autre époque aussi, les circonstances permettent de lui donner la quiétude morale et la sécurité du lendemain indispensables au développement des affaires.

La République est désormais établie sur des assises trop larges, elle a poussé dans toutes les directions des racines trop profondes, pour qu’il faille encore démontrer qu’elle est la seule forme de gouvernement possible en France,

Le bon sens, la réflexion, le patriotisme augmentent chaque jour le nombre de ses adhérents.

Le mouvement continu vers elle, de cette masse d’électeurs nouveaux venant apporter leurs votes aux candidats républicains, n’est-il pas d’ailleurs la plus éclatant hommage rendu à la stabilité de nos institutions?

La prochaine législature va donc s’ouvrir dans des circonstances tout particulièrement favorables, et si, comme tout donne lieu de l’espérer, la Chambra prochaine voit se constituer une majorité de gouvernement compacte et disciplinée, capable d’assurer à un Ministère homogène l’autorité et la durée, l’œuvre de progrès et de réformes administratives et financières que le pays réclame pourra être reprise et menée à bien.

Il va de soi que le régime de protection établi en faveur de l’agriculture et de l’industrie nationales devra être maintenu. Mais ü y a plus encore à faire pour les travailleurs des campagnes et des vilies.

Leurs conditions d’existence réclament toute l’attention des pouvoirs publics, et c est avec le sincère désir d’y apporter de sérieuses améliorations morales et matérielles que devront être étudiées les questions de l’assistance publique, des caisses de retraites pour la vieillesse et des assurances contre les accidents et la maladie.

^ L’État devra, selon nous, se borner à provoquer et à seconder les initiatives individuelles, sans jamais se substituer à elles. C’est à ce prix seulement que son intervention pourra être féconde et durable.

Mais des réformes de cette nature ne sont possibles qu’avec des budgets en excédent, car il ne saurait être un instant question d’aggraver les chargea déjà trop lourdes qui pèsent sur les contribuables, mais bien, an contraire, de les diminuer. C’est donc au moyen d’économies sérieuses et réelles qu’il importera d’en assurer l’application.

Les crédits réclamés aux Chambres devront être rigoureusement contrôlés et révisés j toute dépense ne présentant pas un caractère d’absolue nécessité sera impitoyablement repoussée et, à l’avenir, la loi de finances devra être toujours votée en temps utile par le Parlement,

^ Ai-je besoin de vous dire, mes chers compatriotes, que si vous me faites l’honneur de me confier un nouveau mandat, j’aurai tout particulièrement à cœur les questions qui intéressent la prospérité agricole et commerciale de notre arrondissement? Mes sentiments pour les cultivateurs ne sont-ils pas bien connus?

Faut-il vous donner à nouveau l’assurance que notre vaillante population maritime continuera d’avoir en moi un défensenr aussi résolu que convaincu,

et les inscrits peuvenMIs ignorer comment j^ai soutenu leur cause devant la Commission de la marine?

En vérité, j^estime qu'une plus longue profession de foi serait superflue, car vous me connaissez tous et, depuis quatre ans, vous m'avez vu à Tœuvre,

Je ne puis donc vous faire qu'une seule promesse ; Celle de défendre vos droits et vos intérêts à ravenir, avec le même coeur, avec la môme fermeté que dans le passé.

Certain de n'avoir manqué à aucun de mes engagements, ayant conscience d'être resté fidèle au programme que vous approuviez en 1889, j'attends avec confiance le scrutin du 20 août, et j'espère que vos votes attesteront les progrès de l'œuvre de pacification que nous poursuivons ensemble, depuis que vous m’avez fait l'honneur de me choisir pour votre représentant.

Nul ne saurait, en effet, méconnaître que la ûu des luttes de partis et Tumon de toutes les bonnes volontés augmenteraient encore le respect dont jouit la France au dehors et la part de légitime influence à laquelle notre pays a droit dans les affaires du monde.

C'est donc à fortifier l'autorité de sa parole, en groupant tous les Français autour du drapeau national, que nous devons sans cesse travailler.

Notre union, dans la République, sera le gage le plus certain de notre grandeur nationale et nous permettra de regarder l'avenir avec confiance.

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