‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 96 sur 266 · GARD · texte numérisé non relu

GARD

circonscription d’ALAIS.

M. DESMONS,

Elu an tour de scrutin.

2^ circonscription d’ALAIS.

M, Fernand de HAMEL,

Élu au tour de scrutin.

Messieurs les électeurs,

Sobre de promesses, mais net dans mon programme politique et résolu à défendre avec énergie vos intérêts, je vous disais, en 1889: Les actes valeuï mieux que les paroles-

Aujourd'hui, je puis vous dire : Vous m*avez vu à l’œuvre pendant les quatre années qui viennent de s'écouler, jugez mes actes ; les paroles seraient superflues, et décidez si celui qui a mis toutes ses forces, son temps et son dévouement au service de vos intérêts doit être investi par vous d'un nouveau mandat pour continuer l'œuvre commencée.

Sériciculteurs, viticulteurs, industriels et ouvriers, à vous de répondre si votre député sortant a donné ce que vous attendiez de lui et s'il a obtenu les résultats que vous étiez en droit d'espérer.

Son œuvre, assurément, n'est pas terminée, mais, vous le reconnaîtrez, si elle n a abouti qué sur certains points, elle a été résolument entreprise sur tous les autres, dès le début de la législature, et il n'a pas dépendu de lui qu'elle n'ait été entièrement accomplie.

Si votre député a eu la satisfaction d'obtenir une protection efficace pour la sériciculture, lafîlaturo et la viticulture, d^assurer la préférence à dûs charbons français pour les approvisionnements de la flotte et des services maritimes subventionnés î

Si ses efforts ont abouti à faire voter en faveur des ouvriers un privilège de premier ordre pour les sommes versées dans les caisses patroûaîes de retraites ou de secours ;

Si, enfio, sur son initiative et avec le concours de quelques-uns de ses collègues, le projet de loi important sur l^assurance obligatoire contre les accidents du travail a été voté par la Chambre des Députés,

Il a eu le regret de ne pas voir consacrer définitivement^ dans cette législature, d’autres projets déposés et soutenus par lui.

Parmi ceux-ci est son projet de loi sur la Caisse de retraites des travailleurs, ouvriers industriels et agricoles, auquel il a consacré le plus- de labeurs et d’efforts et qui a été Pobjet d’un premier vote favorable, mais que la Chambre d’u pu adopter définitivement avant sa séparation.

Il aura à cœur, dans la prochaine législature, d’atleindre enfin ce but si ardemment souhaité, espérant que de nouveaux scandales comme ceux de Panama ne mettront pas le Parlement dans la triste nécessité d’employer un temps précieux à faire la lumière sur les agiotages et les maocEUvres coupables d’hommes politiques oublieux de leur devoir.

Électeurs,

Vous me trouverez toujours, comme par le passé, prêt à défendre vos libertés, et, entre toutes, la liberté de conscience dans ses manifestations diverses :

Liberté d’association, liberté de Penseignement,

Fidèle à mon passé comme j’ai été fidèle à mes promesses, je n’ai pas besoin de vous affirmer une fois de plus mes sentiments politiques. Ce qu’ils étalent il y a quatre ans, ils le sont aujoiu'd’hui. Vous îes connaissez, ils n’ont point changé.

Fernand de RAMEL,

Avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, Chevalier de la Légion d’honneur, Député sortant.

1'* circonscription de NIMES.

M. le comte de BEBNIS,

Mes chers concitoyens,

Il y a quatre ans, par plus de huit mille suffrages, vous m’avez fait l’honneur de me nomorer votre représentant à la Chambre des Députés. Depuis, je crois n’avoir manqué à aucune des promesses contenues dans mes programmes ■ et dans mes discours.

Nos adversaires, de leur côté, n’ont rien fait pour modifier le sentiment de juste réprobation que leurs actes nous inspiraient. Gomme en 1889, tous les conservateurs, tous les catholiques se retrouvent unis avec un seul candidat, pour la défense d’un même programme qui a pour base :

L’honnêteté gouvernementale;

La liberté pour tous ;

Les améliorations sociales sérieusement étudiées ; i

Le rétablissement de l’ordre dans les finances, par des économies et sans i

nouveaux impôts ;

Le maintien des tarifs douaniers, leur surélévation en ce qui concerne les vins, et la modification complète du régime des boissons;

L’exécution des travaux utiles à l’agriculture et spécialement des canaux du Rhône;

Enfin, et par-dessus tout, la revendication énergique des droits sacrés de la religion et de la conscience.

C’est ce programme que j’ai développé dans plus de vingt réunions publiques aux applaudissements de cette vaillante population à laquelle je suis heureux de consacrer, depuis plus de vingt ans, tout ce que j’ai d'intelligence et de dévouement et qui sait bien que ses intérêts sont les miens comme toutes S0S aspirations trouvent un écho dans mon cœur*

Le personnel gouvernemental, qui comprend les Ploquet, les Freycinet, les Rouvier, les Gîémenceau, etc*, etc*, adonné la mesuré de ce qu’on peut attendre de lui.

S’il a été acquitté par les tribunaux, il a été condamné par la conscience publique.

Aucun de mes adversaires républicains n’ose le flétrir comme il convient, parce que tous, ou presque tous, ont sollicité ses faveurs* ^

Pour moi, libre de toute compromission, fidèle aux convictions de toute ma vie, je ne cesserai de poursuivre de ma parole et de mes votes ces hommes né* fastes qui, arrivés au pouvoir avec des programmes pompeux, ont gaspillé nos

finances, engagé le pays dans des aventures coloniales sans issue et gouverné sans autre priocipe que la conservation du régime qui leur permet de mettre la France en coupe réglée et de satisfaire leurs appétits de luxe et de domination.

Électeurs,

Je compte sur votre intelligente fermeté.

Vous remplirez tous, dimanche, votre devoir.

Vous D© vous abstiendrez pas. S'abstenir, c*6St déserter.

Vous assurerez par vos votes, non le triomphe d’un parti, mais le triomphe de tous les honnêtes gens unis pour secouer le joug avilissant de l’oligarchie corrompue et corruptrice qui cherche de nouveau à s'imposer au pays.

Comte de BERNIS, député eortaot.

2*^ Circonscription de NIMES, M, JAMAIS,

Élu au 1« tour de scrutin.

{Dècèdè.)

Circonscription d'UZES.

M, Fernand GRÉMIEÜX,

Elu au 2"* tour de scrulin.

Citoyens,

En me désignant comme candidat, le Congrès radical socialiste de l’arrondissement d'üzès m’a fait Thonneur de me confier le drapeau des revendica^ tions de tous ceux qu’anime un même esprit de justice, de progrès et de liberté* Pour me seconder dans l’accomplissement de la noble et grande tâche qui vient de m’être donnée, j’appelle à mon aide tous les démocrates, tous les libéraux, tous ceux qui ont soif de réformes et qu’unit un commun désir de voir

enfin se coDstItuer en France un gonvernement réptiblicain, respectueux de la souveraineté nationale et désireux de donner à la démocratie française les satisfactions qu*elle a vainement attendues.

Je fais également appel à tous ceux qu'ont êcceurés les tracasseries, les inutiles vexations et les injustices de la camariila opportuniste qui croit que la France est sa chose, que la Eépubîiqueesl son bien, et qui n^a d'autre idéal que la poursuite des sinécures largemenL salariées, en même temps que l'oppression de tous ceux qui entendent rester libres et fiers.

Citoyens, vous connaisses ce qu’a été la majorité opportuniste dans ces derniers temps.

 l’intérieur, cette majorité de républicains aristocrates s'est montrée impuissante ou coupable-

Elle n’a permis à aucune réforme d'aboutir.

Elle a livré les travailleurs au désespoir qui s’affirme par des grèves, aux grèves qui se terminent par des massacres, comme à Fourmies.

A l’extérieur, elle a mntiplié les expéditions coloniales si désastreuses pour nos finances, si meutrlères pour nos soldats.

VouleZ'Vous, citoyens, la continuation de cette politique où la curée des places est le but, où la servilité miinstérieîle est le moyen, où la grande affaire ïi’est pas de faire des réformes sérieuses, de venir en aide aux travailleurs, mais bien de livrer le pays à un petit nombre de familles privilégiées?

Vous ne le voudrez pas-

Vous demanderez à ceux qui aspirent à l’honneur de vous représenter ;

Qu'ils soient intimement pénétrés de vos besoins ;

Qu’ils renoncent aux agitations vaines et stériles pour ne songer qu’à vos véritables intérêts î

Qu’ils fassent des lois de protection des classes laborieuses ;

Qu’ils répartissent plus équitablement l’impôt î

Qu’ils se préoccupent de la vieillesse des travailleurs ï

Qu’ils viennent en aide aux cultivateurs par le développement des syndicats, la construction de roules, de canaux et de chemins de fer ;

Qu'ils arrêtent îe gaspillage de nos finances et songent à la suppression des emplois inutiles;

Qu’en un mot, Os s’occupent de vous et non pas d’eux ou de leurs parents.

Électeurs, si, au point de vue économique, vous voulez faire régner l’ordre et récoûomie dans vos finances ;

Si vous voulez l’impôt mieux réparti et ne le payer que selon vos facultés contributives;

Si vous voulez des lois de protection du travail et d’émancipation des travailleurs ;

Si vous voulez la suppression des taxes de consommation et des octrois ;

Si vous voulez la création d’une caisse des invalides du travail, afin que les ouvriers des villes et des campagn .*s n’en soient pas réduits à mourir à l’hôpital après toute une vie de labeur ;

Si vous voulez la suppression des prestations en nature, l’agriculture et le petit commerce protégés ;

Si V0U3 voulex le développement des syndicats agricoles par de légUimes encouragements, la constructioA des routes, canaux et chemins de fer qui vous manquent ;

Si vous voule2 la création du crédit agricole ;

Si vous vouiez la suppression des emplois mutiles et la réduction des gros traitements ;

Si vous voulez la révision des lois sur la cliasse et la pêcne dans un sens démocratique;

Si vous vouiez la réforme complète du Code forestier ;

Si, au point de vue politique, vous voulez une loi sur les associations qui permette à on gouvernement respectueux de tous les cultes de séparer son domaine de celui de la religion ;

Si vous voulez reviser par une assemblée ayant le pouvoir constituant la Constitution qui nous régit. Constitution vicieuse quant à son origine et à son

fonctionnement; ,

Si vous voulez que le suffrage restreint cesse de paralyser le suffrage universel; que la responsabilitlé des ministres soit personnelle;

Si vous voulez mettre un terme aux aventures coloniales ;

Si vous voulez enfin la grandeur de votre pays par une politique de justice pour tous, de paix, de concorde et de îolérance entre tous les fils d’une même patrie ;

Vous me donnerez vos vok;

Vous condamnerez ainsi la politique stérile et tracassîère que nous subissons depuis quinze ans, et vous trouverez en moi un défenseur qui n'ôubliera pas qu’il se doit à tous, et qui mettra toute sa force et toute son énergie à vous le prouver.

Vive la République démocratique et sociale 1

Fernand CRÉMIEDX,

Ancien député, ancien secrétaire de la Chambre. — Ancien membre : de la Gommisaion des douanes, de la Commission de réforme du régime des boissons, de la Commission des salaires ouvriers, de la Commission de réforme du Code, de la Commission du budget et de plusieurs autres. —Membre des groupes agricole et viticole de la Chambre.

ûl

Circonscription du VIGAN.

M. Frédéric GAUSSORGUES, Élu au 2® tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Le témoignage de confiance que m’ont donné vos délégués au Congrès du Vigan me fait un devoir d’accepter pour la seconda fois la candidature. 'Je l’accepte, dans les mêmes sentiments qu’en 1889, avec la ferme volonté de défendre la République, de la pousser toujours plus avant dans la voie des réformes politiques et sociales, de la débarrasser, dans la mesure des possibilités humaines, des mauvaises mœurs politiques et financières, legs des régimes passés, dont les conséquences attristaient naguère ai profondément tous les patriotes sincères, tous les cœurs simples et droits.

Vous méconnaissez. Mes votes, mes actes, les paroles que j’ai eu l’occasion de prononcer dans vos réunions ou dans vos cérémonies officielles me dispensent de formuler un de ces programmes interminables dont la réalisation demanderait une longue suite de législatures. Mon idéal ne le cède à celui de personne. Fils d’ouvrier, je n’ai qu’à consulter mon cœur et mes souvenirs pour savoir ce qu’il y a, dans les masses laborieuses, de sentiments généreux, de souffirances imméritées, de besoin de justice; et je suis de ceux qui veulent travailler à l’avènement d’une société plus douce et plus juste pour elle. Mais ma raison me dit qu’en politique, comme en toutes choses, le temps, la méthode et l’union sont nécessaires pour faire œuvre féconde et durable.

La Chambre défunte, malgré le trouble apporté dans ses travaux par des événements et des violences dont vous n’avez pas perdu le souvenir, a fait des lois bonnes et Utiles; mais elle a laissé en suspens des réformes dont la réalisation serait l’honneur de la Chambre nouvelle j

Crédit agricole;

Allégement des charges qui pèsent sur la propriété foncière ;

Suppression des prestations;

Création d’une Caisse de retraites ouvrières ;

Loi sur les accidents de travail ;

Loi sur les associations, aussi large que peut le permettre la défense des ntérêts supérieurs de l’État;

Réforme des impôts dans le sens d’une répartition proportionnelle aux revenus de chacun et d’un allégement des impôts de consommation ;

Interdiction aux députés et sénateurs de trafiquer de leur mandat, en entrant comme administrateurs dans les sociétés financières.

Toutes ces réformes et quelques autres encore sont mûres pour la discus-

sion. Quelles transformations heureuses n*apportaient-elles pas à notre état social 1 et quelle reconnaissance n'assureraient-ellea pas à la Cliambre qui, au cours de son mandat, en ferait des réalités 1

Si j'étais encore votre élu, je servirais vos mtéréls matériels et économiques, sans éclat peut-être, mais avec désintéressement et conscience ; je serais rennemi des manifestations intempestives ou violentes, des coalitions immorales, de ce système de réclames et d'outrages qui se développe de pl us en plus parmi nous.

Comme tous les bons citoyens, je désire rapaisement dans les esprits, la tolérance dans les mœurs, le respect mutuel des droits et des consciences; mais je ne livrerais jamais les destinées de la République à ceux qui n’acceptent ni l’œuvre qu'elle a déjà accomplie, ni les réformes qu'on attend d'elle et qui sont sa raison d’être.

Enfin, dans tous les actes de ma vie politique, je m’inspirerais des lignes suivantes que j’écrivais à une époque où je n’avais pas eu rhonneur de voua représenter,

La République que je rêve serait une République d’égale justice et d’égale liberté, une République de respect, et^ en quelque sorte, de secours mutuels, où, chacun, ayant le droit de dire ce qu'il pense et de faire ce qu’il entend, aurait le sentiment bien net des obligations et des devoirs civiques qui sont la contrepartie de ses droits; une République où tous les représentants du peuple, mettant sous leurs pieds leurs intérêts personnels, dédaigneux de la réclame et de Poutrage, laisseraient reposer un peu les questions de politique pure qui nous divisent et nous tuent, pour s’occuper des grands intérêts économiques, industriels et agricoles qui noua font vivre, qui arracherait tous les jours un abus ou une iniquité de ce monde où il y en a tant encore, et chercherait à résoudre cette grande question sociale dont on fait parfois un épouvantail, et qui n’e^t que la recherche de la justice, la poursuite de Fidéal, à condition de chercher cotte solution sans révolte, avec patience, avec méthode dans un esprit fraternel et désintéressé.

Dans celte République, Piuvocation seule de la patrie, encore douloureuse et inconsolée, suffirait pour faire tomber tontes les discordes, battre tous les cœurs et se découvrir tous les fronts.

En écrivant ces lignes, j’interprétais, il me semble, par anticipation, les sentiments et les aspirations de ce pays cévenol qui a donné à la patrie tant de nobles esprits, tant de glorieux serviteurs.

Il vous appartient, chers électeurs de l’arrondissement du Vigan, d'en faire, quand vous ie voudrez, mon testament politique,

Frédéric GÂUSSORGUES, député sortant.

Vice-président du Conseil général du Gard.

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