‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 97 sur 266 · GARONNE (HAUTE · texte numérisé non relu

GARONNE (HAUTE

Circonscription de MURET.

M. Pierre de RÉMUSAT,

Éiu au 1“ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

le viens avec confiance me présenter à vos suffrages.

Depuis une année à peine, vous m’avez, par plus de 19.000 voix, ouvert l'accès de la vie publique.

J’ai l'espoir d’avoir justifié votre choix. Toujours, je me suis inspiré-de vos besoins et de vos désiré. Aussi j’ai fait tous mes efforts p’ôhr la stabilité' lïïî-

nistérielle fût mieux assurée. C’est un des vœux du pays'et une con^tîon'tiécessaire du progrès.

11 faut cepeudant recounailre qu’à travers tant de cbangèmènts, lés travàfix législatifs n’ont- pas été stériles. Nous leur devons: la sîmpliflcation du bûdght, la suppression du budget extraordinaire de la guerre, rabaisseïhènt de l’impôt foncier, et cette diminution de près de 80 millioos sur le prix des transports en chemin de fer. Enfin la conversion de la rente, qui sera une grande-source d’économies, deviendra bientôt possible.

On a reproché à la Chambre sa lenteur à voter le budget. C’est' dans ce sens que la révision de la Constitution devra être -acceptée.

Des lois utiles ont été votées, telles que la loi sur l'àrméé coloniale, dont le recrutement est fait parmi les engagés volontaires. Les mères de famille n’au< ront plus à s’inquiéter des premiers numéros du contingent.

Mais c’est de l’avenir et non du passé qu’il s’agit. La prochaine Chambre sera plus libre dans sa marche vers le progrès. Uu grand mouvement a entraîné vers la République ceux qui s’attardaient encore, mais n’oublions pas que ces nouvelles recrues ont besoin de faire leurs preuves. Dans les armées, ce n’est pas aux conscrits que l’on confie la garde du drapeau.

Je nevousparlepasdes congrégations. Je vous ai dit, l'année dernière, toute ma pensée. Tant qu’une bonne loi libérale et démocratique sur les associations n’aura pas été votée, il faut maintenir le Concordat, tout en assurant la liberté des consciences.

Nôtre agriculture doit 6tre protégée, et il sera urgent de faire aboutir les réformes si impatiemment attendues par les populations rurales.

le désire une meilleure répartition de l’impôt, qui doit être proportionné aux facultés de chacun. 11 est urgent d’arriver à la suppression do principal de

^'^^^ï’issîrànce contre la grêle et contre les fléaux qui menacent l’agriculture; 10 r-rédit agricole destiné à venir en aide aux petites exploitations, les caisses de retraites pour les travailleurs; la suppression des tarifs de pénétration trouveront en moi un défenseur dévoué.

La dernière Chambre a refusé la diminution de l’impôt des boissons. La prochaine Chambre devra revenir sur cette question et lui donner une solution

Il faut sans nuire à Touvrier, établir des droits qui maintiendront le prix du blé dans de justes limites, pour que le producteur soit récompensé de ses peines. U faut, enfin, que les droits sur les produits agricoles soient relevés h la frontière et abaissés à l'intérieur du pays.

Mes chers Concitoyens,

Si ces principes sont les vôtres, et si vous me jugez digne de les défendre en votre nom dans la prochaine Assemblée, je serai heurenx et fier de mériter

vos suffrages.

Vive laRépublique 1

Pierre de BÉMUSAT,

Conseiller général, député sortant.

Profession de foi do la première élection de M, PUrre de RÈMÜSAT (iO avril 1892) rappelée dans la pièce qui précède.

Vons êtes appelés à nommer, le 10 avril, votre représentant à la Chambre des Députés, en remplacement de M. Germain, dont nous déplorons tous la perte

et qui aurait pu rendre encore tant de services à notre pays et a la République, , , ^ J,

Un grand nombre d*entre vous avaient bien voulu m encourager a poser

ma candidature. Le Congrès réuni à Muret s’est prononcé en ma faveur, et ceux qui pouvaient avoir la légitime ambition de vous représenter, soucieux avant tout d’assurer l’union et la discipline, se sont retirés. Je saisis cette occasion de les en remercier publiquement.

Je vien5 donc solliciter vos suiTrages,

La République est aujourdMiui fondée. Elle est sortie triomphante de toutes les épreuves : le moment est venu de lui faire porter tous ses fruits,

La Chambre est sagement, mais résolument entrée dans la voie des réformes ; elle s’est occupée des rapports qui doivent exister entre le Gouverne-

ment et le clergé. La séparation des Églises et de l’État est une solution possible, mais j’estime qu’à l’heure actuelle elle serait un danger pour la République. Le Concordat me parait, comme au Gouvernement, suffisant pour maintenir le clergé dans le respect du pouvoir civil, tout en assurant la liberté des consciences.

J’aurais voté les lois scolaires et la loi militaire qui a diminué les charges et la durée du service.

Je suis aussi partisan des droits protecteurs de nos produits agricoles.

Mais, plus encore que des questions de politique générale, je veux me préoccuper du sort des travailleurs, ces vrais artisans de la prospérité et de l'épargne nationales.

J’ai passé mon enfance et ma jeunesse parmi les agricoUenra ; je croîs bien connaître leurs intérêts et leurs vœux. Aussi, désireux d’assurer leur vieillesse et les incertitudes de leur vie laborieuse, je m’associerai à toutes les propositions qui auront pour objet l’organisation de caisses de retraites et la création du crédit agricole.

Mes chers concitoyens, si ces opinions sont les vôtres et si vous voulez bien me charger de les défendre, je serai fier d’obtenir do vous le mandat dont vous avez si souvent honoré mon grand-père et mon père.

Je m’efforcerai de me montrer digne de vous, digne d’eux, digne de cette République, qu’ils ont contribué à fonder et qui seule peut nous assurer la liberté, l'ordre et la paix 1

Laffitte, le 28 mars 1892.

Pierre de RÉMOSAT,

Membre du Conseil général.

1” circoascriptîon de SAINT-GAUDENS.

M. Jean BEPMALE,

Élu au 1®’ tour de scrutin.

Citoyens,

C’est le. 20 courant que vous êtes appelés à nommer votre représentant à la Chambre des Députés.

La situation est grave et digne de vos plus sérieuses préoccupations. Les vieux partis abandonnent, en apparence du moins, leurs espérances monarchiques, ils acceptent le fait accompli, renoncent à leur lutte stérile contre les institutions que la France s’est librement données et se rallient à la République.

Vous avez à peser la siacérité de ce ralliement, à vous demander qu’elles seraient pour notre pays les conséquences de son vote si le hasard des scrutins amenait au Parlement une majorité de ralliés. La République n’est pas une étiquette que l’on colle sur les papiers officiels du Gouvernement, elle n’est pas un Gouvernement comme les autres conservant aux privilégiés de la naissance et de la fortune le monopole de la direction des alïaires publiques : elle est, elle doit être le gouvernement de tous par tous, un gouvernement de protection des faibles contre les forts, la mise en pratique des principes de liberté, d’égalité et de justice que proclama la Révolution, et si, jusqu’ici, elle a parfois failli à ses promesses, la faute en est à ceux qui n’avaient d'autre préoccupation et d’autre but que de ia renverser pour rétablir la monarchie sur ses ruines et qui paralysaient systématiquement les bonnes volontés des représentants républicains.

Pesez les candidats avant le vote, examinez leur entourage, étudiez leur programme. Demandez-vous si c’est une bonne garantie pour un candidat républicain que d'être entouré, choyé, accompagné par ceux-là mêmes que depuis de longues années vous êtes habitués à considérer comme îes pires ennemis de la République ; interrogez leur programme et demandeZ'leur s'ils prennent rengagement de maintenir dans leur intégralité la loi militaire et la loi scolaire, ces deux précieuses réformes qu’a réalisées la République.

Pour ce qui me concerne, je crois que, si Fon veut éviter au Parlement pro* Chain le piétinement sur place dont vous vous plaignez à juste titre, il faut tâcher de dégager de vos aspirations les quelques grandes réformes qui peuvent se réaiiser dans une législature. Ces réformes les voici, telles que je les ai recueillies sur les lèvres de la plupart d’entre vous. Elles constituent le programme avec lequel je me présente à vos libres suffrages.

Révision de la Constitution t c’est-à-dire restitution à la Chambre, issue du Biiffrage universel de la suprématie que seule une Constitution monarchique a pu lui enlever.

Réforme de Pimpôt: c’est-à-dire dégrèvement dans une très large mesure de Pimpôt foncier ; impôt proportionnel et progressiste sur le capital ou le rcYôïiu.

Protection à ragriculture, soos forme de relèvement des droits de douane sur les blés, d'une loi décrétant P assurance agricole obligatoire, de suppression des tarifs de pénétration et, au besoin, par le rachat des chemins de fer si les compagnies résistent trop énergiquement à la réduction de leurs tarifs.

Réforme de Pimpôt sur les boissons (suppression de l’exercice) .

Rachat du canal du Midi.

Loi sur les associations.

Mise aux enquêtes du canal des Deux-Mers.

Maintien, enfin, dans leur intégralité, au cas ou elles seraient remises en question, des lois militaire et scolaire*

Citoyens,

Telles sont les grandes réformes auxquelles Je prends rengagement de collaborer si. vous me faites Phonneur de me choisir pour votre député. Vous

aurez en mot un représentant fidèle à ses principes, profondément dévoué à la République, toujours accessible aux humbles et qui vous jure de consacrer à raccomplissoment de son mandat tout ce qu'il a de dévouement et d'énergie.

Citoyens,

C'est dans la première circonscription que s’engage la lutte suprême entre le représentant le plus autorisé des ralliés et la vraie République. Toute la France a les yeux sur vous. Faites votre devoir et qu’au 20 août la République des républicains et avec les républicains sorte triomphante des urnes I II

Jean BEPMALE, avocat,

Maire de Saint-Gaudens, conseiller général.

2“ circonscription de SAINT -GAUDEKS.

M. Valentin ABEILLE,

Élu au 1“ tour de scrutin.

Chers concitoyens,

Cünfiaut dans la vieille sympathie dont vous m’avez donné l'éclatant témoignage aux élections de 1885 et de 1889, je viens, pour la troisième fois, solliciter vos suffrages.

Le temps n’est plus des luttes violentes ; le calme et la paix régnent dans la République définitivement fondée.

Le moment est venu de réaliser les réformes souvent promises, toujours ajournées :

D’asseoir une répartition plus équitable des charges publiques ;

De réduire dans une large mesure l’impôt foncier, les impôts de consommai^, tion, les frais de justice;

De supprimer les octrois ;

D’établir l’impôt sur le capital ou sur le revenu ;

De créer une caisse de retraites pour la vieillesse ;

De développer l’assistance publique dans les campagnes ;

De reviser le Code forestier;

De créer des banques populaires de crédit pour les ouvriers et les agriculteurs ;

D’étudier le projet vraiment national du canal des Deux-Mers;

De préparer le retour à l'État des chemins de fer, des canaux et des mines aujourd’hui dans les mains des compagnies privilégiées.

Les droits de la Chambre et du Sénat doivent être réglés de telle façon qu’aussi bien sur les questions de réformes qu’en matière budgétaire le dernier mot reste toujours au suffrage universel, je voterai donc la révision de la Constitution.

Je suis également partisan d’une loi qui réglera la situation des associations et mettra fin à l’arbitraire actuel. Jusque-là la question des rapports de l'Église et de l’État ne peut être tranchée; et, comme par le passé, je défendrai la stricte application du Concordat.

Chers concitoyens, il y a plus de vinq-cinq ans que nous luttons pour la liberté et nous avons l'immense joie de voir veuirà nous tous nos adversaires d’hier.

Ouvrons nos rangs et nos coeurs aux soldats ; mais ne cessons de surveiller les hommes qui, au 24 et au 16 Mai aussi bien qu’en 1885 et en 1889, ont tenté par tous les moyens d' étrangler la République. — Ces hommes ne méritent pas notre confiance, ils n'ont cessé de conspirer. — Redoublons donc de zèle, de fermeté, de vigilance; défendons les conquêtes de la Révolution, les lois fondamentales de la. République et marchons toujours en avant dans la voie des réformes démocratiques et sociales.

Citoyens, aux urnes pour la République républicaine.

Valentin ABEILLE,

Député sortant.

circonscription de TOULOUSE* M, Raymond LEYGÜE,

Elu au tour de scrutin.

pnOGMMirE POLITIQUE

La souveraineté nationale impose aux représentants du peuple, avec le programe ci-dessous, le mandat de faire voter, aussitôt la constitntion légale de l'AssemLiée, une loi d'amnistie générale pour tous les délits politiques, faits de grève, DU faits connexes.

Article premier* — Mandat impératif est don né aux représentants du peuple de proposer, do défendre et de faire voter une loi tendant à la révision intégrale et sur des bases républtcainesi socialistes, de la Constitution qui nous régit, et ce, par nue Constituante élue spécialement à cet elfet et avec ce seul mandat, par le sulïrage universel.

Art. 2. — Vote immédiat de la loi sur les associations, séparation complète

sùpprUto loto do budget de. eultes, reBur i, la oaUon e. i soe proQt

de le. Mena due de g. fer et dee ean.oa;

tholition de tous les monopoles et de tous les privilèges, soit industriels, soit ünapciers. retour à la nation de tous ceux existants, soit par voie d extinction,

à l’élude et construction à bref délai du canal des Deux-Mers.

Arî U - Création d’une caisse nationale de retraite pour tous les citoyens âgés d’au moins cinquante ans et pouvant juslifier vingt-cinq y n es de travail, soit manuel, soit intellectuel, au service de la nation ou des tiers.

Betraite uniforme pour tous les citoyens, quelle que soit la position sociale des ayants droit, l’économie budgétaire résultant des réformes contennes aux micS?et Sdevant servir, exclusivement à constituer le capital de la caisse

nationale dejreirmte.^n frappant les objets de consommation

et de première nécessité, octroi, etc., mise à l’étude immédiate d un impôt

Tvratrres^if sur le capital ou sur le revenu.

^En attendant la loi indiquant les conditions auxquelles la justice devra être gratuite, mise à la charge de la nation de tous tes frais exposés et qui excéderaient le 5 0/0 de l’objet ou de la valeur en litige. , . -

Art. 6. - Mise à la charge de la nation de tous les enfants mflrmes ou

atteints de maladies chroniques, nés de parents pauvres.

Création par la nation et sous son contrôle dune banque de crédit populaire et agricole, protection du travailleur contre le capital, par une loi fixant le minimum du salaire et le maximum des heures de travail, '

Organisation d’un comité national du travail chargé d’étiidier les questions

sociales touchant aux intérêts généraux de la nation.

Art. 7. Refonte des codes, des lois, dans un sens démocratique.

Élection de la magistrature par le suffrage universel. .

Jusqu’à la révision de la Constitution, application du suffrage universel

pour tout mandat électif. .....

Abolition de tout cumul électif avec un mandat rétribué.

Rétribution équitable de toutes les fonctions électives.

Étude immédiate de la décentralisation des pouvoirs publics.

Citoyens,

La fédération des républicains radicaux socialistes de la ville de Toulouse m’a fait l’honneur de me continuer la confiance qu’elle m'a toujours témoignée en me désignant à nouveau comme candidat aux élections législatives du 20 août prochain, pour la circonscription, ^ ^ ^

C’est d’accord entre la fédération et le comité de la 1” circonscription qu’ont été arrêtés les termes du programme ci-dessus, qui ne représente que le minimum des revendications du parti républicain radical socialiste.

îSe croyez pas que les réformes sociales puissent être réalisées sans de

**^°^'comment,''par exemple, créer et organiser la caisse de

.ieillesret lés invalides du travail si on laisse subsister le régime financier

sont ces réformes politiques, financières et sociales que la fédération inscrit dans son programmé qu’avec elle je réclame et que ]e m’eugage à défendre.

Citoyens,

Contre la monstrueuse coalition d'uu Constans et d’un Pion de Popportunisme et de l’orléanisme, que tous les républicains sincères et honnêtes mar

cbent nnis au scrutin au cri de ;

Vive la Ilépublique radicale et sociale 1

Raymond LEYGüE, député sortant.

Circonscription de TOULOUSE.

M. CALVINHAC.

Je n’ai affiché ni publié aucun programme, m’en référant, dans mes réunions publiques, à mes professions de foi antérieures et à mes voles.

3« circonscription de TOULOUSE, M. MANDEViaE,

Elu au 1" tour de scrutin.

Mes chers concitoyens.

Vous êtes appelés à nommer, le 20 août, votre représentant à '^ Chambre des députés. Puisque vous m’avez fait l’honneur de quatre ans, je viens vous demander de me le renouveler, carj ai ravoir bien rempli. Le reproche que m’adresse un adversaire sans pudeur, de

venir passer dans ma famille et an milieu de mes électeurs, les quelques jours de vacances que la Chambre prend presque tous les mois, ne lait que montrer son impuissance à justifier une candidature qui n’est inspirée que par une ambition immodérée et des cmibinaison inavouables.

^ Malgré le temps perdu par les Invalidations nombreuses, nécessitées par l’aventure boulangiste ; malgré les interpellations presque journalières de la dernière année sur la scandaleuse affaire de Panama, la Chambre a étudié et résolu de nombreuses questions.

Parmi les lois qui vous intéressent le plus, je citerai celle sur :

La suppression de l’impôt des portes et fenêtres;

La suppression des prestations;

La réforme des impôts des boissons;

Le crédit agricole ;

L’assurance agricole;

L’assistance médicale gratuite;

L’armée coloniale ;

L’abaissement des tarifs de grande vitesse;

Les tarifs douaniers ;

Dopais 1860, nous subissons la rigueur d’un système économique ruineux, jo veux parler du libre-échange, dont M. Montané était un des plus ardents défenseurs. Vous avez vu la crise épouvantable que ce sistème a fait subir à 1 agriculture, 1 industrie nationale par excellence. Je vous avais promis de le combattre, j’ai tenu ma promesse. J’ai été et je serai encore porteclionniste à outrance. Si nous n’avous pas pu obtenir les droits aussi élevés que nous l’aurions désiré, c est que nous étions obligés de faire des concessions au commerce et h l’industrie, dont le développement contribue aussi à la fortune de la France- Nous compli-ns d’ailleurs que l’expérience nous montrerait bientôt si nous avions assez fait. Eh bienl elle nous a révélé l’insufiSsauce de ces droits pour protéger nos produits. L’abaissement du prix des blés nous a décidé à déposer un amendement pour relever de 5 francs à 8 francs Je droit d’entrée en France des blés étrangers. Dès le début de la session, la Chambre aura à statuer sur cette demande, qui a été renvoyée à la commission des douanes, et nos agriculteurs peuvent compter que je .serai toujours pour les droits les plus élevés! Je le ferai d’autant plus facilement que je sais que le jour où la cherté du blé dépassera 20 francs, on diminuera ce droit; ainsi, la cherté du pain ne sera jamais à craindre pour l’ouvrier. Le président de la société d’agriculture, le grand propriétaire foncier vous offre les meilleures garanties et vous pouvez compter qu’il tiendra ses promesses plus sûrement qu’un libre-échangiste devenu protectionnisie pour capter vos suffrages.

Pour améliorer notre agriculture en détresse, je demanderai encore ;

La suppression de Timpôt foncier j

La suppression des tarifa de pénétration ;

L’abaissement des tarifs de chemins de fer sur tous les produits agricoles, les engrais, les machines, etc;

Le rachat des canaux du Midi, et, au besoin, celui des chemins de fer;

La réduction des frais de justice et l’expédition plus rapide des affaires ;

La création d*uoe caisse de retraites pour les invalides dü travail j

Pour combler le déficit qne ces réformes peuvent provoquer dans le budget, il faut une répartition plus équitable de Pimpôt; frapper encore les joueurs de Bourse, les rentiers, surtout ies syndicats financiers et les spéculateurs éhontés qui engloutissent si souvent l'épargne de Pouvrier.

Pourquoi ne pas confier à PÉtat te monopole des alcools, qui donnerait près d’un milliard de recettes, et permettrait tant de dégrèvements et de réformes utiles? Il garantirait de plus la santé publique par la bonne qualité de ses produits.

Pourquoi n’établirait-on pas en France, comme à Félranger, un impôt unique sur le capital ou le revenu, qui permettrait de supprimer tous les autres?

Mais, pour hâter la solution de ces réformes, que nous réclamons tous depuis si longtemps, il faut reviser la Constitution, qui ne délimite pas suffisamment les pouvoirs respectifs des Chambres, C'est au conflit survenu entre le Sénat et la Chambre des députés, dans la discussion du budget de 1893, que nous devons Pajournement de la réforme de Pimpôt des boissons. II faut désormais que la Ciiambre ait le premier et le dernier mot en matière financière, si on veut cesser de piétiner sur place, si ou veut un gouvernement réellement progressiste.

Les projets de là Chambre qui disparaît ne devraient pas être perdus pour celle qui lui succède. ÎS f iut qu’on tienne compte du travail et des formalités accomplis, pour accélérer la discussion des lois. C^est pourquoi la révision s’impose.

Citoyens,

Si vous me faites Phonneur de me confier encore une fois le soin de défendre vos lutéréis, vous pouvez compter sur mon dévouement absolu.

Je suis toujours le républicain sincère, indépendant de toute coterie politique, que vous avez connu.

Ennemi des sectaires, partisan absolu de la liberté de conscience, je veux la liberté et la justice égale pour tous.

Je veux tme Bépublique tolérante, sage, mais résolument progressiste, qui amène la paciDcaiion des esprits pour rendre la France tranquille et prospère au dedîins, puissante et glorieuse au dehors.

La République, qui a déjà conquis Pamitiè d’un grand peuple, regagnera bientôt l’admiration du monde.

C’est la République démocratique qui a produit ces heureux résultats. G’est elle que je défendrai toujours énergiquement.

Képublicains, en avant; sus à ceux qui veulent retourner en arrière, en prenant l’étiquette républicaine I

Vive la République démocratique I

Docteur MANDEVÏLLE, propriétaire,

Président de la Société centrale d’agriculture de la Haute-Garonne, Vice-président du Conseil général, Député sortant.

Circonscription de VILLcSFHANGHB.

M, Edmond CAZK,

Elu au tour de Ëcrulîn.

Messieurs les électeurs,

Le scrutin du 20 août 1893 a une importance particulière pour notre arrondissement.

Notre contrée est, en effet, essentiellement vouée à la production du blé.

Elle souffre crueilement de la baisse persistante de cette céréale et de la mévente qui en est la conséquence.

Elle a besoin d*ua défenseur autorisé»

Notre député sortant, M. Gaze, s’est montré à la hauteur de cette mission en découvrant, le premier, les fraudes qui permettent aux importateurs de blés et de farines étrangères de se soustraire au payement du droit de douane, et d’imposer k notre agriculture, en dépit de la loi et du tarif protecteur de 5 fr., les effets désastreux d'un libre échange dissimulé.

Le premier, notre député a dénoncé ces fraudes à la tribune, en signalant au gouvernement leurs conséquences funestes et les sévères devoirs qu'elles lui imposent pour le rétablissement des conditions de notre prospérité agricole, dont la plus importante est de vendre le blé au prix minimum de 20 francs Phectolüre.

Il l'a fait en des termes qui auront votre approbation et que noue reproduisons :

0 M. LE Phésibekt. — La parole est à M. Gaze, pour adresser une question à M. le Ministre des Finances, qui l’accepte.

c M. Edmond Gaze. — Messieurs, je vous demande ‘la permission d'appeler un moment votre attention sur une question qui mérite assurément tout notre intérêt, vous l’avez prouvé en maintes circonstances; il s'agît de la sincérité de la perception du droit de douane s ir les céréales.

U 11 y a quelques jours, à propos de rarticle du budget relatif à la perception de ce droit, j'ai pris la liberté dé recommander à M* le Ministre des Finances de vouloir bien prescrire à son service, pour Tapplication de cet article, une vigilance spéciale,

V Les observations très courtes que je me suis permis de faire opt amené chez moi des communications qui m’autorisent à dire, sans que je puisse absolument préciser des faits, que des fraudes se sont introduites dans la pratique, qui paralysent et énervent dans une mesure sensible l'efficacité du droit de douane que vous avez voté.

« Le monde agricole est très alarmé. Il est très susceptible à rendroit deTap-

nitration de celte législation. Personne ne peut nier, en effet, que la solution nui est intervenue lors du vote du tarif général a été une solution Uès iransac- Sonnelle C’est à l’abri de cette transaction que le monde agricole a vécu iusau’ici Or il selrouve qu’à l’encontre de toutes ses espérances le prix du blé, au lieu d’étre rémunérateur, est. en ce moment, à un taux qui, assurément, de

P avis de tous, est ruiooux# i i

H 11 n’a pu venir à la pensée de personne de trouver que le prix de 16 francs

l’hectolitre soit rémunérateur pour la production du blé.^ Personne n’ estimera non plus que ce régime puisse être autre chose qu’un régime très accidentel.

« n n’v a pas un ami, je ne dirai pas de l’agriculture, — on abuse quelquefois de cette qualification d’ami de l’agricullure ; mais cela c’empScbe qu êUe ami éclairé de l’agriculture, c’est être patriote et Français, — il n’est pas, dis-]e, u^ami drnolre agriculture, de notre pays, il n’est pas un ami de la France qui estime que l’agriculture puisse être satisfaite d’un régime qui maintiendrait le blé au prix de là à 16 francs l’hectolitre; personne ne peut demander, pas même au nom de l’alimentation à bon marché, que l'agriculture française poduise à perte, que la première industrie de notre pays soit seule soumise a un

« C’est absolument impossible. [Très bien! très bien! sur divers êaiics-)

« Eh bienl il m’a été signalé que diverses fraudes se produisent, notamment à l’occasion des blés concassés. Fai recherché dans les tableaux publiés par es douanes quelles sont les entrées de blés sous cette forme, le n ai pas pu les trouver. Mais on deviue aisément que, sous cette forme, des dissimulations puissent se produire et que la vigilance de la douane puisse elre trompée. E l’est encore sous la forme des drawbacks, sous la forme es en r es s

« Les blés étrangers sont introduits, ils sont transformés extrait la fleur, qu’on réserve pour le marché français, et on réexpor e ^ farines, ainsi appauvries, en se faisant rembourser les droits qu on a le blé introduit. Il en résulte qu’une certaine portion de farines reste en Hance indemne de droits, ce qui constitue une véritable prime à l’importation.

« Eh bien! ces fraudes se produisent sur diverses places, l’appel e sur ces deux ordres de pratiques rattenlion spèciale de M. le Ministre des Finances. Cette attention, sollicitée par moi, provoquera, de sa part, une enqii te.

« Je n’ai pas à citer des faits à la tribune i il ne sied pas a un député de se faire dénonciateur; son rôle est de défendre l’intérêt général de son pays. C est

ce que je fais. , , , ,, .

« le borne là mon intervention, en souhaitant que les prescriptions deM. e Ministre des Finances amènent dans le service des douanes une vigilance telle qu’on puisse découvrit les fraudes, s’il y en a. S’il n’y en a pas, cette enqu e servira à la prochaine législature à déterminer les modifications qui lui paraîtront nécessaires pour donner à la production du blé un régime rassurant pour elle.

« Car, enfin, l’agriculture et vous, vous êtes placés entre ces deux term d’un dilemme.

Ou les droits tjuo vous av02 votés sont suffisants! et, s’ils sont poilus e

produisent leur plein effet, ils doivent assurer à ragricullure le prix miaimmn de 20 francs; ou bien, malgré les sévérités de la douane et Tabsence constatée de fraudes, ils ne réussissent pas à maintenir le prix du blé à un taux rémunérateur ; et alors la coqcIlisÎoo inévitable est qu'ils ne sont pas suffisants. De Fenquête k laquelle je convie ftL le Ministre des Finances sortira un élément imporU'iL de la décision que la législature qui nous succédera aura à prendre. Et cVst uour cela que je recommande cette enquête à la vigilance la plus active de M* le Ministre des Finances. {Trè& Mm! très bien! su7' dimrs bancs.) n Le problème a été ainsi nettement posé par M. Gaze*

La solution en est urgente.

Donnons-lui F autorité pour la poursuivre dès la rentrée des Cbambres, en affirmant, par nos suffrages, Papprobation que nous donnons à ces paroles.

PanisuDS résolus du gouvernement républicain qui vient de montrer par dix-sept années d’expérience qiPiî sait nous assurer ia liberté du travail en mêm-^ temps que Pamélioration sociale sagement progressive, dans le calme et Tordre public^ et quUi peut élayer notre puissance morale et militaire d’une amiué dont le concours fait rayonner le prestige de la France en assurant la paix, nous vous engageons à voter tous pour M. Gaze, dont les conviciions politiques sont conformes aux nôtres.

Lankes, conseiller général du canton de Nailloüï'î Gamelsy, conseiller général du canton de Monfgîscard; Calés, conseiller général du canton de Villeîranche ; Sarrat, conseiller général du canton de Revel ï Fagês, conseiller générai du canton de Lanta ; FkmÉ, conseil» l^r général du canton de Caraman; Haülter, conseiller d’arrondis* sement du canton de Nailloux; Trudoü, conseiller d’arrondissement du canton de Mon Igîscard îGazala, conseiller d’arrondissement du canton de Vil le franche; Taussac, conseiller d’arrondissement du canton de Revel ; t-AGAimiGUE, conseiller d’arrondissement du canton de Beve); Berjîet, conseiller d’arrondissement du canton de Lanla; Soual, conseiller d’arrondisBement du canton de Garaman,

Vu ; le candidat, Edmond CAZE.

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