PROCÈDE COI'PIER
Chaque chaudière est surmontée d’une voûte faisant fonction de chapiteau, et que Ton fixe sur le rebord de la chaudière au moyeu de pinces et d’un lut formé avec du silicate de soude et de la craie. Le centre de la voûte livre passage à un agitateur. Une tubulure que l'on terme avec un bouchon permet de prélever des prises. Un large tuyau abducteur sert au dégagement des vapeurs d’aniline, de nilrobenzine et d’eau qui se dégagent pendant l’opération. Par une disposition ingénieuse, ce tuyau vient s’engager dans un tube de condensation en zinc qui est incliné à 45 degrés environ et qui est ouvert des deux côtés. C’est dans ce tube, simplement re froid i par l’air ambiant, que viennent s’élever les vapeurs; le liquide condensé ruisselle en sens contraire et tombe dans des seaux qui sont placés au-dessous de U extrémité inférieure du tube. Par cette même extrémité, placée à 20 centimètres environ au-dessous du point de jonction du Lubc abducteur et du lubc réfrigérant, un courant d’air est sans cesse appelé dans ce dernier, et cet appel prévient les fuites qui pourraient se produire dans la cornue.
L’appareil étant ainsi disposé, on chauffe à 180 degrés environ, et l’on maintient cette température pendant cinq heures. Le mélange demeure longtemps à l’état fluide; à la fin il s’épaissit et l’on doit l’agiter. En même temps, la température s’élève de 184 à 195 degrés. La cuite terminée, on défait la voûte de la cornue, et l’on puise le contenu avec des cuillers, pour le couler dans des plateaux en tôle avec rebords. C’est le rouge brut. Il présente, après refroidissement, les reflets mordorés et la cassure conchoïde bien connus.
La réaction qui se passe dans cette opération est fort intéressante. L’aniline n’est pas oxydée directement par le groupe nifrrogéné de la benzine. C’est par l’intermédiaire du fer que l’oxygène est enlevé à ce groupe nilrogéné. A la fin de l’opé-
till
PRÉPARATION PE LA FUCHSINE
ration, le fer reste à l’état d’oxyde ferrique. Mais, dans le cours de la réaction elle-même, et à la liante température où elle s’opère, on peut supposer que c’est du chlorure ferrique qui existe dans la masse et qui est alternativement réduit et régénéré1. Ainsi, par l’action de l’acide chlorhydrique sur le 1er, en présence du groupe nitrogéné dont il s’agit, il se forme du chlorure ferrique; celui-ci étant réduit, une nouvelle quantité de chlore provenant de la même source le convertit de nouveau en chlorure ferrique, et ainsi de suite.
Le rouge brut ainsi obtenu renferme environ 25 p. 100 d’aniline, qu’il faut extraire. Pour cela, on dissout le chlorhydrate brut dans l’eau, on sature exactement le chlorhydrate d’aniline parla chaux, et l’on distille : l’aniline passe avec l’eau. Le chlorure de calcium formé précipite le chlorhydrate de rosaniline. On dissout celui-ci dans l’eau, on filtre et l’on fait cristalliser. Ces opérations s’exécutent dans des cuves superposées. On peut aussi faire dissoudre le chlorhydrate brut dans l’eau, précipiter le chlorhydrate de rosaniline par le sel marin, et retirer l’aniline des eaux mères, en distillant celles-ci avec de la chaux.
1 11 est possible que, dans cette réaction, il se forme un azo-dérivé de la toluidiue analogue à l’amidoazobenzol ou à razodinaphtyldiamine(amidoazonaphtaline), azo-dérivé qui se transformerait en rosaniline sous l’influence d’un excès d’aniline. (Ch. Girard.)
C l ‘H 1 5 Azs + C6H7 Az . Il Cl = Cï0H,9Az3 4- ÀzHs . H Cl .
Amidoazo- Chlorhydrate Rosaniline. Chlorhydrate
toluol. d’aniline. d’ammoniaque.
VIOLANILINE ET BLEU COUPIER
La violaniline se forme toujours, en même temps que la mauvaniline, comme produit secondaire dans la préparation de la rosaniline. Elle résulte, on effet, de l’oxydation do 5 molécules d’aniline qui se soudent après avoir perdu 6 atomes d’hydrogène; et la mauvaniline, de l’oxydation de 2 molécules d’aniline et de 1 molécule de toluidine qui sc soudent après avoir perdu 6 atomes d’hydrogène1. La violaniline, la mauvaniline et la rosaniline doivent donc se former ensemble, lorsqu’on traite par un réactif oxydant ou désliydrogénant, tel que l’acide arsénique, un mélange d’aniline et de toluidine. Nous avons indiqué le parti que l’on peut
1 Les équations suivantes représentent le mode de formation de la violaniline et de la mauvaniline :
3C6ll7Az — 311- = GlsH15Az5.
Aniline. Violaniline.
2C6lI7Az + C7H9Az - oll2 = C19H17Az5.
Aniline. Toluidine. Mauvaniline.
Les rapports qui existent entre la violaniline, la mauvaniline et la rosaniline sont exprimés par les formules suivantes :