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FABRICATION DU BLEU COURIER

tirer de ces produits accessoires qui constituent les résidus de la fabrication de la rosaniline par l’acide arsénique. 11 nous reste à mentionner un procédé spécial pour la fabrication de la violaniline, avec laquelle M. Coupier a réussi à fabriquer une matière colorante bleue aujourd’hui très-employée pour la teinture de la laine. Cette matière bleue est le sel de soude d’un acide sulfo-conjugué dérivé de la violaniline.

Fabrication du bleu Coupier.

M. Coupier prépare la violaniline à l’aide du procédé qu’il a appliqué à la fabrication de la rosaniline, c’est-à-dire qu’il chauffe, dans les cornues qui ont été décrites, un mélange d’aniline, de nitrobenzine , d’acide chlorhydrique et de fer. La cuite dure huit heures, et la température s’élève à la fin de ISO à 190 degrés. Le produit brut qui résulte de cette cuite est dissous dans cinq fois son poids d’acide sulfurique ordinaire. L’opération, qui dure quatre heures, s’exécute dans des chaudières en fonte que l’on chauffe d’abord à 50 degrés, pour élever, à la fin, la température à 90 degrés. 12 kilogrammes de produit brut, dissous dans l’acide sulfurique, donnent environ 60 kilogrammes d’acide sulfo-conjugué, que l’on précipite en ajoutant 400 litres d’eau. On recueille le précipité bleu sur des filtres en calicot qui sont soutenus par de la toile d’emballage clouée sur un cadre. Ce bleu insoluble, lavé à l’eau pure, peut servir en impression pour faire des noirs et surtout des gris.

Pour le rendre soluble, on le dissout dans la soude caustique. Le sel de soude est évaporé dans des chaudières en tôle chauffées à feu nu. Pour le dessécher, on le fait passer sur des plaques de tôle qui sonL juxtaposées aux chaudières à évapo-

V10LANIL1NE.

ration et qui sont chauffées par la chaleur perdue du foyer. Le bleu soluble est livré sous forme de petites masses sèches,

Bleu Coupier sur laine.

amorphes d’un bleu noirâtre. 11 se dissout dans l’eau avec une riche couleur bleue.

Une autre méthode pour la production de la violaniline ou

Gris Coupier sur laine.

d’une matière analogue consisle à faire réagir le nitrite de soude sur une solution de chlorhydrate d’aniline. Il se forme du diazoamidobenzol , lequel , chauffé, avec un sel d’aniline à

BLEUS DE ROSANILINE.

tG0°, fournit de la violani line, en vertu d’une réaction découverte par Mii. Hofmann et Geyger1.

BLEUS DE ROSANILINE

Le bleu de rosaniline a été découvert en 1860 par MM. Ch. Girard et de Laire, qui l’ont obtenu en chauffant de 160 à 180 degrés un mélange d’aniline et de chlorhydrate de rosaniline. Par une réaction qui est devenue féconde depuis, il se dégage de l’ammoniaque, et il se forme de la rosaniline phénylée, qui est le bleu de Lyon. Suivant le mode de fabrication qu’on a employé, on en distingue aujourd’hui diverses variétés qu’on peut ramener trois catégories, savoir : les bleus directs, les bleus purifiés , les bleus lumière.

Ces bleus, insolubles dans l’eau, sont employés en teinture l’état de solution alcoolique. C’est un inconvénient que M. Nicholson est parvenu à surmonter, en 1862, par la découverte des bleus solubles , qu’il a obtenus en traitant le bleu de Lyon par l’acide sulfurique.

Enfin on a décrit sous le nom de bleu d'aniline ou d’azurine une matière colorante bleue, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’esprit de bois, et qu’on obtient en faisant réagir sur une solution de chlorhydrate d’aniline dans l’eau alcoolisée un mélange de chlorate de potasse et d’acide chlorhydrique. L’insolubilité de ce corps a fait renoncer à son emploi en teinture , mais on

« C'^H'^z5 + C°H7Az.IlCl= C!sHlSAz5 + AzHMICl.

Dia/.oamido- Chlorhydrate Violanilitic.

benzol. d'aniline.

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