VIOLETS H O F IVI A N N
Ces matières colorantes violettes dérivent directement de la rosaniline par la substitution de radicaux alcooliques à l’hydrogène de celte base. On doit leur découverte à M. Hofmann, dont le nom est justement attaché à ces beaux produits. Après avoir reconnu que les bleus obtenus par l’action de l’aniline (bleus de Lyon, bleus Girard et de La ire) étaient delà rosaniline triphénylée, cet éminent chimiste eut l’idée de méthyler et d’éthyler directement la rosaniline, en employant le procédé d’éthylation dont il s’est servi le premier à l’occasion de ses belles recherches sur les ammoniaques composées qui venaient d’être découvertes par l’auteur de ce rapport, savoir : l’action d’un iodure alcoolique sur l’ammoniaque ou sur une base ammoniacale. En faisant réagir sur la rosaniline l’iodure de méthyle ou l’iodure d’éthyle, M. Hofmann a préparé la rosaniline triméthylée et la rosaniline diéthylée et triéthylée, bases dont les sels constituent ce qu’on appelle le violet Hofmann.
Ces recherches remontent à l’année 1864. M. E. Kopp avait annoncé, dès 1861, que, lorsqu’on 'remplace l’hydrogène de la rosaniline par des radicaux alcooliques, la nuance des dérivés alcooliques se rapprochait d’autant plus du bleu, qu’un plus grand nombre d’atomes d’hydrogène de la base rouge étaient remplacés par des radicaux alcooliques. Ainsi la rosaniline diéthylée fournit des nuances d’un violet rouge, tandis que la rosaniline triéthylée ou triméthylée donne du violet bleu.