‹ Progrès de l'industrie des matières colorantes artificiellesChapitre 62 sur 71 · DEUXIEME MÉTHODE POUR LA TRANSFORMATION DE L'ANTHRACÈNE · texte numérisé non relu

DEUXIEME MÉTHODE POUR LA TRANSFORMATION DE L'ANTHRACÈNE

EN ALIZARINE

]#1° Dans de grandes euves en fonte émaillée on introduit 1 partie d’anthracène et 4 parties d’acide sulfurique concentré. On chauffe pendant quatre à cinq heures à 100 degrés, puis on porte la température à 160 degrés, et on la maintientà ce point jusqu’à ce qu’une goutte prélevée sur la masse se dissolve dans l’eau sansproduire un précipité. On laisse alors refroidir, puis on reprend la masse par trois fois son poids d’eau. Lorsque l’opération est bien conduite, tout doit se dissoudre. S’il restait un excès d’anthracène, il demeurerait insoluble et pourrait être recueilli par filtration. L’anthracène qui sert pour cette opération n’est pas toujours pur; il peut être mélangé avec d’autres carbures d’hydrogène et avec des homologues supérieurs. On parvient à les séparer de l’anthracène par l’opération même que nous décrivons, c’est-à-dire par l’action de l’acide sulfurique. Lorsqu’on opère dans les conditions cidessus indiquées, l’anthracène seul se dissout dans l’acide sulfurique.

S!u La solution acide que l’on obtient ainsi, étant débarrassée par filtration du résidu insoluble, renferme un mélange d’acide anthracène-disulfureux et d’acide sulfurique. Il s’agit d’oxyder le premier de ces acides pour le transformer en acide anthraquino-disulfureux. Pour cela, on porte la liqueur à l’ébullition, et on la maintient bouillante pendant quelque temps, de façon à la concentrer peu à peu, puis on y ajoute,

A LIZAK1NK ARTIFICIELLE.

pour 1 partie d’anthracène, 5 parties de bioxydede manganèse. Ce dernier doit être très-finement pulvérisé. On préfère généralement celui qui provient de la régénération du manganèse ayant servi à la préparation du chlore. En fixant l’oxygène dégagé par l’action de l’acide sulfurique sur le bioxyde de manganèse, l’acide anthracène-disulfureux se convertit en acide anthraquino-disulfureux : il se forme du sulfate de manganèse. Pour se débarrasser de ce sel, on étend la liqueur avec une grande quantité d’eau et on y ajoute un lait de chaux : il se forme du sulfate de chaux et de l’hydrate manganeux, tandis que l’anthraquino-disulfite de calcium reste en solution. On passe au fil Ire-presse (planche V), puis on décompose à l’ébullition, comme il a été dit plus haut, l’anthraquino-disulfifc de calcium par le carbonate de sodium. Le précipité calcaire ayant été séparé par le filtre, on évapore l’anthraquino-disulfite de sodium, et l’on achève la préparation comme il a été dit précédemment.

5° Diverses modifications ont été introduites dans le procédé qui vient d’être décrit. D’abord on peut remplacer le bioxyde de manganèse par d’autres oxydants, tels que l’oxyde puce de plomb, le bichromate de potassium, l’acide nitrique. Récemment, MM. Dale et Schorlemmer ont proposé d’introduire dans la méthode qui vient d’être décrite, pour la préparation de l’alizarine, une modification qui serait de nature à la simplifier beaucoup, car elle permettrait d’opérer du même coup la transformation de l’acide anthracène-disulfureux en acide anthraquino-disulfureux et la conversion de ce dernier en alizarine. Pour cela, ces chimistes ajoutent à la solution de l’anthracène-disulfite de sodium une petite quantité de nitrate de potassium ou de sodium ou de chlorate de potassium, puis la quantité d’alcali nécessaire pour la décomposition de l’anthraquino-disulfite qui va se former. Le tout étant réduit cà siccité,

ALIZARIINE ARTIFICIELLE.

on chauffe entre 180 et; 260 degrés, jusqu’à ce que la coloration violet bleu ait atteint son maximum. Sous l’influence oxydante du chlorate et du nitrate, l’anthracène-disulfite se convertit, comme nous venons de le dire, en anthraquino-disulfite, que l’alcali libre convertit en alizarine.

Dans le même ordre d’idées, M. Ch. Girard avait indiqué, pour effectuer la double transformation dont il s’agit, l’emploi d’un mélange de potasse et d’oxydes de cuivre, de plomb ou de mercure. Un chauffe le mélange sous pression. D’après l’auteur de ce procédé, on évite, en opérant ainsi, la formation de produits secondaires.

PROCÉDÉ DE MM. MEISTER, LUCIUS ET BRÜNING , POUR LA TRANS- FORMATION DE L’ANTHRAQUINONE EN ALIZARINE*

On commence par transformer l’anthracène en anthraquinone. Pour cela, 1 partie d’anthracène purifié, fusible entre 207 et 210 degrés, est oxydée, dans des vases en grès ou en fonte émaillée, par 0P,25 de bichromate de potassium et 12 parties d’acide nitrique d’une densité de 1,05, par conséquent très-étendu.

L’anthraquinone résultant de cette oxydation est dissoute dans 6 parties d’acide nitrique bouillant d’une densité de 1,5, faction de cet acide devant se prolonger jusqu’à ce qu’un échantillon prélevé ne dépose plus d’antbraquinone par le refroidissement. La solution nitrique est alors additionnée d’eau :

[ 1 Brevet du 6 septembre 1872.

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