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logique et mécanique. Elienne Geoffroy-Saint-Hilaire avait admis la compression ou le tiraillement produits sur les organes de l'embryon par des adhérences et des brides placen- ‘aires. La disparition de ces brides, suivant Geoffroy, serait un fait très fréquent, de telle sorte que dans la suite il serait impossible d’en constater l'existence.
Simpson, qui à constaté ces adhérences et en a fait une étude toute particulière, les fait provenir d'exsudations plastiques ou des pseudo-membranes résultant elles-mêmes d'une inflammation aiguë ou chronique (1). A cette explication qui a l'avantage de s'adresser aux animaux placentaliens, Cruveilhier, dans son grand traité d'Anatomie pathologique, a cru bon d'en ajouter une autre dont il place la source dans les contractions utérines. |
En regard de ce mécanisme, nous placerons pour n'y plus revenir ces lésions congénitales qui, à proprement parler, ne constituent pas plus des monstruosités que l'invalide qui a perdu ses membres à la bataille ; nous voulons parler des amputations congénitales produites par la constriction du cordon ombilical eu d’une bride placentaire, et dont Montgomery, savant médecin irlandais, abien indiqué le processus (2). Il faut bien se garder de confondre ces cas avec ceux d'Ectromélie.
Les auteurs dont nous allons exposer les opinions, n ayant observé les faits que sur des œufs d'ovipares et en particulier sur ceux de la poule, toutes les interprétations qui vontsuivre ne s'adresseront naturellement qu'aux embryons de ces animaux.
Panum, tirant des conclusions des faits qu'il avait observés attribue certaines difformités à une compression locale; c'est ainsi qu'il avait vu la torsion du bec et un coloboma de l'iris produits dans un cas par une déviation de l'aile qui s'était retournée en haut. Il a cru voir aussi la cause de certaines monstruosités dans l’adhérence contractée par l'embryon avec la
(1) Edinburgh méd, and surg. Journal, n° 127, april 1836, et Gaz. méd. Paris, 1836, p. 393.
(2) The Cyclopedia of anat., and physiol., vol. II, 4839, art. Fœtus.
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membrane coquillière ou avec les bords de l'aire vasculaire. Enfin, il attribue une assez grande importance à l'arrêt de développement du disque germinatif (aire vasculaire : aire pellucide) ou des membranes fœtales {amnios, ete.). C'est à ces dernières causes qu'il attribue la petitesse des embryons relativement à leur âge, la brièveté et les courbures de la colonne - vertébrale. Il fait aussi jouer un rôle particulier à l'épanchement de liquide dans la cavité cérébro-médullaire pour expliquer l'hydrocéphalie, le spina-bifida, etc, et à l’état pathologique de la peau (rétraction plus ou moins cicatricielle) qu'il considère, après cette modification, comme un agent de compression pour les organes sous-jacents. Comme on le voit d’après cet exposé, l’auteur danois admet des causes multiples et variées.
Dareste admet une diversité de causes bien moins grandes, Pour lui, les arrêts de développement de l’amnios sont le point de départ de presque toutes les monstruosités simples autositaires. C’est ainsi qu'il s'exprime à cet égard (1) :
« Mes recherches sur la production artificielle des mons- « truosités m'ont appris que dans l'embryon des oiseaux, un » grand nombre de monstruosités simples résultent de la « compression partielle du corps de l'embryon; que l'agent « de cette compression partielle est l'amnios arrêté dans son « développement; enfin, que cette compression partielle ne « peut déterminer d'événements tératologiques qu'autant « qu'elle s'exerce de très bonne heure, lorsque l'embryon « n’est constitué que par des cellules homogènes, et ne pré « sente pas encore ses éléments histologiques définitifs. J'ai « signalé depuis longtemps cette loi générale comme devant « s'appliquer également aux mammifères et à l'espèce hu- « maine. La similitude des phénomènes de J'évolution chez « les oiseaux et les mammifères devait amener la similitude « des phénomènes tératogéniques. »
Ces considérations sont suivies de la description d’un fœtus de mouton communiqué par M. G. Pouchet, Ce fœtus, qui présentait des anomalies diverses et dont nous avons pu exa-
(1) Comptes rendus de l’Acad. des sc,, t, XCIV, p. 178, 1882,
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miner à loisir un moulage très bien fait dans lelaboratoire de © M. Dareste, offrait une preuve des plus corroborantes pour la théorie du tératatologiste français.
L'arrêt du développement peut porter sur toutes les parties de l’amnios, tantôt sur le capuchon céphalique, tantôt sur le capuchon caudal ou bien encore sur les replis latéraux.
M. Dareste ne s’est point arrêté à cette idée, quelque séduisante qu’elle puisse paraître par sa simplicité même. Il avait remarqué, en effet, que quelquefois, très rarement il est vrai, malgré un arrêt de développement de l’amnios et même dans le cas d'absence complète de cette membrane d’enveloppe(1), l'embryon pouvait se constituer d'une façon normale. Il a même vu un de ces embryons arrivé à l’âge de treize jours et plein de vie; rien, dit cet auteur, n'indiquait qu'il dût mourir prochainement. Cependant, l'absence de l'amnios aurait mis obstacle au développement complet de l’allantoïde, ce qui aurait produit l’asphyxie de l'embryon. Le plus ordinairement, la mort précoce ou des modifications tératologiques profondes sont les résultats de l'absence d’amnios. Maïs à quoitiennent ces faits ? :
On sait qu’en vertu de son poids spécifique, le jaune de l'œuf tend à remonter à la surface de l’albumine dans quelques situation que l'œuf soit placé. On sait également que, pour la même raison, l'embryon, qui est couché à plat sur le vitellus, est dans une situation presque superficielle et n’est séparé de la face interne de la coquille que par les couches délicates du vitellus blanc qui l'entourent immédiatement et puis par les couches à dispositions spiralées de l’albumine. C'est là un moyen de protection pour l'embryon qui est assez efficace. Mais cet embryon se nourrit et,comme l'ont fait remarquer Aggassiz (2), pour la tortue, et Dareste pour le poulet, il consomme les couches de blanc avec lesquelles il esten contact, d'où il résulte que l’albumine cède petit à petit et que le nouvel être vient se mettre en contact avec la
(1) Comptes rendus de l’Acad, des sc.,t. LXXX VIII, p. 132, 1879.
(2) Embryology of the turtle in Contribution to the nat. hist. of the United States, t, II, p. 513, 1857.
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membrane coquillière et se comprime contre elle. Si l’on n'a pas soin de retourner les œufs tous les jours et conséquemment d'interposer une nouvelle couche d'albumine entre l'embryon et la coquille, comme le fait instinctivement la poule qui recommence à couver, presque fatalement, on obtient des formes monstrueuses (exencéphalie, cælosomie, omphalocéphalie, déviation des membres, etc.), ou la mort du produit qui a contracté des adhérences avec la membrane vitelline et même la membrane interne de la coquille. Ce sont là des faits qu'avaient déjà observés Geoffroy-Saint-Hilaire luimême et Panum. M. Dareste fail remarquer avec justesse que c'est là ce qui se passe lorsque la compression s'exerce de très bonne heure ; mais si cette compression est plus tardive et ne s'exerce que lorsque le nouvel être est morphologiquement constitué, on n'a plus alors qu'un aplatissement général de l'embryon et la mort même qui peut s’en suivre dans les cas extrêmes.
De par ce qui précède, nous voyons M. Dareste admettre d'une façon générale la compression comme cause des monstruosités simples. Pour lui, l'agent compresseur c’est, dans l'immense majorité des cas, l’amnios plus ou moins modifié dans son développement et dans quelques cas exceptirnnels, la membrane vitelline et la coquille. En somme, le fait initial serait toujours un arrêt de développement ou complet, ou partiel de l’amnios.
Tout récemment, deux tératologistes suisses Hermann Fol et Varynski (1) sont venus s'inscrire en faux contre cette théorie.
Voici, à ce propos, comment s'expriment MM. Fol et Varynski :
« Cette dernière explication, à laquelle Dareste ne recourt « que comme pis-aller, nous semble être la bonne. L'amnios « ne peut, à notre avis, exercer une pression efficace tant « qu'il n’est pas refermé, et il ne se ferme pas chez le poulet « avant le troisième jour. Or, les monstruosités ont toutes
(1) Recherches expérimentales sur la cause de quelques monstruosités simpies. (Recueil zoologique suisse, t. I, n° 1, 7 nov. 1883.)
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leur origine avant cette époque. Le rôle de l'amnios est bien plutôt de protéger l'embryon contre les pressions exté- « rieures, et ces pressions sont produites non pas par l’am- « nios, mais malgré l’'amnios. Panum était dans le vrai lors- « qu'il indiquait la membrane vitelline, et même celle qui « tapisse la coquille, comme agents de cette compression... ; « le rôle principal est joué par les adhérences et les brides, « qui sont la conséquence de la même inflammation qui a « causé l'arrêt de l’amnios (1).
Aux considérations purement théoriques de son maître, Varynski est venu tout récemment, dans sa thèse inaugurale, en ajouter d’autres, basées sur l'expérimentation directes.
Elles peuvent se résumer de la façon suivante :
1° Destruction des replis amniotiques; continuation de l'évolution normale de l'embryon;
2 Troubles provoqués dans l’évolution embryonnaire avant l'apparition des replis amniotiques; évolution normale de l’amnios ;
3 Destruction par compression des extrémités céphaliques et caudales de l'embryon; évolution du segment moyen de l'embryon et enveloppement de cette partie tronquée par un amnios bien développé.
Ce sont là, il faut bien le dire, des objections d’une grande valeur; mais cette valeur est plus apparente que réelle, et n’en laisse pas moins subsister la théorie de M. Dareste.
Nous avons vu, en effet, que M. Dareste ne se refusait point