‹ Progrès de la Teratologie depuis isidore geoffroy saint-hilaireChapitre 25 sur 33 · EN · texte numérisé non relu

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qu’ensuite entrent en ligne des forces qui ont une action attractive ou répulsive sur ées différents centres; ces forces sont de même nature que celles qui déterminent la formation unique, et il les fait résider dans le sperme lui-même. Si, en effet, on suppose plusieurs spermatozoïdes entrés dans l'œuf, il peut arriver qu'ils se disposent dans le protoplasma de façon à devenir autant de centres d'action et il n’est peut-être pas invraisemblable qu'ils influent sur la direction même des rayons. Il n'y a pas besoin d'ajouter que ce processus est une conclusion tirée des découvertes d'Hertwig (1) et de Fol {2).

Lorsque tout le monde croyait inutile de recourir à l'élément mâle pour expliquer l'origine de la monstruosité, voici que de nouvelles découvertes dans le processus de la fécondation lui redonnent la plus grande importance, et ouvrent de nouvelles voies aux recherches pour interpréter avec plus de certitude sinon tous, au moins quelques-uns des processus par lesquels s'établit la monstruosité dite double. Hertwig et Fol, en 1877, ont pu suivre sur les œufs des échinodermes les phases parcourues par les spermatozoïdes jusqu’à leur conjugaison avec le noyau femelle, et ils ont vu que s'il n'était pas fécondé, ce noyau ne se segmentait pas. Fol a établi depuis que la fécondation, pour être physiologique, devait être faite par un seul zoosperme; si, au lieu de cela, deux ou trois de ces mêmes éléments mâles arrivaient à se conjuguer avec le noyau femelle, il en résultait une larve monstrueuse; au lieu d'une seule gastrula, il en apparaissait deux et même plus, en rapport avec le nombre des spermatozoïdes qui avaient pénétré dans le vitellus.

Malheureusement l'auteur n'a pu suivre l'évolution ultérieure des produits, à cause de la mort des larves; toutefois, d'après ce qu'il a vu, il est arrivé à penser que ces œufs sont des exemples de monstruosité double ou multiple, et à en induire qu'ils sont le produit d'une superfécondation.

Nous n’entrerons pas ici dans tous les détails nécessités

(1) Hertwig. Berträge zur Kenatniss der Bildung des theirischen Eies Gegenbaur's Morpb. Jahrbuch, 1876 et 1877.

(2) Fol. Sur le premier développement d’une étoile de mer, (Comptes rendus, 1877.)

HN

pour expliquer la formation de chacun des types de monstruosités doubles; nous croyons en avoir assez dit en nous tenant aux lignes générales de la question. Nous ferons cependant remarquer que, pour les sycéphatiens, M. Dareste a appelé l'attention sur un point tout particulier de leur constitution, et dont il a donné l'explication à l'aide de notions tirées du développement. Ces monstres, en effet, présentent ceci de particulier qu'ils ont deux cœurs, non situés à la partie antérieure, comme chez les æiphopages, mais bien placés, l'un en avant et l'autre en arrière, suivant une ligne antéro-postérieure, qui passerait par le plan d'union des deux composants de la monstruosité. Cette particularité, d'après M. Dareste, trouve tout naturellement son explication dans ce fait que les deux embryons ont dû se souder alors que les deux blastèmes cardiaques étaient encore distincts, d'où il résulterait que chacun des deux cœurs serait formé par deux moitiés appartenant a chacun des deux sujets.

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