‹ Progrès de la Teratologie depuis isidore geoffroy saint-hilaireChapitre 5 sur 33 · ISIDORE GEOFFROY-SAINT-HILAIRE SON OEUVRE · texte numérisé non relu

ISIDORE GEOFFROY-SAINT-HILAIRE SON OEUVRE

Fils d’un tératologiste éminent, Isidore Geoffroy -Saint- Hilaire continua les travaux de son père. Complètement imbu des idées de ce dernier, il en agrandit le cadre et les développa pour ainsi dire d’une façon magistrale dans son admirable Trailé de tératologie (Paris, 1832). Malgré ses imperfections, imperfections qui tiennent, il faut bien lé dire, au temps où il a été écrit, ce travail est et restera un monument dans son genre.

Les Saint-Hilaire n'ayant à leur service que les connaissances fournies par l'anatomie humaine, n’ont guère observé que des anomalies humaines, mais, il faut bien le dire, ils ont observé d’une façon rigoureuse, et il n’y a que fort peu à retoucher à leurs descriptions faites de main de maître; ils ont disséqué les monstruosités sous toutes leurs faces et dans presque tous leurs types, de telle sorte que, comme nous le verrons par la suite, les auteurs qui leur ont succédé dans cette voie n'ont ajouté que très peu d'anomalies nouvelles, du moins pour celles qu'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire qualifie de complexes. Interprétant les faits avec des données scientifiques incomplètes, ces auteurs ont pu en déduire des lois qu'ils ont peut-être un peu trop généralisées, loi du balancement des organes, etc. Néanmoins ils ont compris de quel secours pouvait être l’'embryologie pour expliquer l'origine de certaines déviations. Aussi, voyant le côté faible de leur doctrine, ont-ils essayé de l’appuyer sur cette base ; maïs, à cette époque, on n'était pas familiarisé avec les données embryologiques, les phases du développement n'étaient pas connues comme de nos jours, et bien qu'ils eussent entrevu une part de vérité, il n’y avait aucune précision et, par conséquent, eucune certitude dans leur esprit sur l’époque à laquelle

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étaient intervenus les agents perturbateurs de l’évolution normale comme causes efficientes des anomalies. Nous aurons d’ailleurs à revenir plus largement sur leur théorie. La classification des anomalies d’Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire a été r'objet de fréquentes critiques, et sans renouveler ici ces critiques, dont quelques-unes, très judicieuses d'ailleurs, accu sent les divisions de cette classification d’être fondées sur des caractères exclusivement extérieurs et purement anatomi ques, nous voulons seulement retenir ce fait qu'il a jeté les bases sur lesquelles ses successeurs en tératologie sont venus construire l'édifice. Comme on l’a souvent répété, il a débrouillé le chaos qui régnait sur la science tératologique; au milieu du fatras des faits et des idées, il est venu donner un fil conducteur, et ce fil d'Ariane, c’est sa classification sur la quelle, malgré l'accusation d'imperfectibilité qui a été portée contre elle, ont vécu la plupart des auteurs qui lui ont succédé dans cette voie. En somme, l'œuvre d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a été de tracer un vaste plan, dont les catégories qu'il a appelées genres, sinon les divisions générales, reste” ront classiques, parce que, comme le fait remarquer Davaine, les cas particuliers sont rapprochés ordinairement sur des analogies rigoureusement exactes, et les descriptions en sont. irréprochables. Si l’auteur de l’Æistoire des anomalies de l'organisation n’a pas été plus loin et n’a fait, à certains moments, qu'avoir des intuitions de génie sur l’évolution de ces anomalies, nous allons en comprendre facilement la cause en étudiant successivement les diverses méthodes, à l’aide desquelles a été abordée l'étude des faits tératologiques.

La classification d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire est assez universellement connue pour que nous nous abstenions de la reproduire. Nous la suivrons d’ailleurs, à part quelques miodifications commandées par les progrès même de la tératalogie.

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