PROGRÈS DES ÉTUDES SÉMITIQUES
de ministres des deux Eglises protestantes nationales sest formée pour donner une traduction complète de la Bible. La Genèse, Bulh, Esdras, Néhémie, Esllier, Isaïe, l'Ecclésiasle ont paru, et les auteurs se sont servis avec beaucoup de discernement des travaux de l’Allemagne.
Les livres bibliques ont aussi trouvé des historiens plus ou moins critiques qui ont cherché à fixer l’époque respective de leur composition, ipii en ont discuté l’authenticité et en ont énuméré les traductions à la manière des auteurs allemands. Un ouvrage de ce genre mérite ici une mention particulière : c’est Y Introduction historique et critique aux livres de I Ancien et du Nouveau Testament, par M. l'abbé Glaire 1 . Cet ouvrage décidément opposé au rationalisme offre beaucoup de points de ressemblance avec Y Introduction de Iabn, professeur à la Faculté de théologie de Vienne, plusieurs fois publiée dans le premier quart de ce siècle. On doit à M. le pasteur Jean-Auguste Bost un travail général, sous forme de dictionnaire, sur tous les sujets bibliques. Le titre de ce travail est : Dictionnaire de la Bible, ou Concordance raisonnée des saintes Ecritures, contenant la biographie sacrée, l’histoire sainte, l’archéologie biblique, la géographie biblique, l'histoire naturelle 2 , etc. C’est un grand travail de près de mille pages, où toutes les questions sont suffisamment développées et traitées avec une vaste connaissance historique, mise au service des opinions traditionnelles.
Tous ces travaux et quelques autres de moindre importance ne sont encore que peu de chose à côté de ce que l’Allemagne possède en ce genre; mais on peut espérer qu’ils serviront à propager parmi nous les études hébraïques et les habitudes d'une sage critique, appliquée à la littérature sacrée. On a déjà senti le besoin de posséder un dictionnaire hébreu-français, et l’ouvrage lexicographique publié eu 1839 (1 vol. gr. in-8°) par MM. Sander et Trénel, bien qu'il ne réponde pas plus que le dictionnaire hébreu -latin de
1 a* et 3' éditions. 1843 et i85a. — * a* édition, Paris, i865.
HÉBREU ET RABBINIQUE
M. l’abl»é Glaire à I ou les les exigences de la science, et qu’il ait négligé à dessein l'étude comparative des langues sémitiques, se recommande pourtant par l’abondance des exemples et par l’introduction d'un certain nombre de mots non bibliques, mais qui élaienL usités chez les Juifs dès avant l’époque des Machabées.
Trois grammaires hébraïques en langue française appellent également notre attention; elles sortent de la routine des anciennes grammaires hébraïques, et on y reconnaît l'influence des travaux philologiques des Allemands. L'une a pour auteur le savant ecclésiastique que nous avons déjà nommé, M. l’abbé Glaire 1 ; l'autre, VI. Klein, grand rabbin à Colmar (18Î16); une troisième, qui peut passer pour la meilleure, est de M. Preiswerk et a eu récemment une nouvelle édition.
En fait de travaux archéologiques se rattachant aux éludes hébraïques, il convient de faire ressortir ici ce que la numismatique des Juifs doit à M. de Saulcy. Ses savantes Recherches sur la numismatique judaïque (Paris, i 85 è) nous ont fait connaître une série de monnaies jusque-là complètement inconnues, et ont rectifié nos idées sur celles qui avaient été décrites antérieurement. Les erreurs de classification commises dans cet ouvrage ont été reconnues par l’auteur lui-mème, dans ses Lettres « M. le baron de lLï«c 2 , qui renferment de nouvelles observations sur le même sujet et la description de quelques pièces nouvelles.
Ce môme savant a considérablement enrichi nos connaissances des antiquités hébraïques par son Histoire de l’art judaïque, tirée des textes sacrés et profanes (Paris, 1 864 , 2 e édition), et par ses belles recherches sur la topographie de Jérusalem et sur le temple de Salomon dont il a consigné les résultats dans plusieurs mémoires. Sur ce dernier point, le magnifique ouvrage publié par M. le comte de Vogué, sous ce titre : Le Temple de Jérusalem, Monographie du llaram ech-'Chérif (Pa ris , 186&, grand in-folio), laisse derrière lui
1 3' ëilition, 1 863. — * Renie numismatique , 186/i et 1 865.