‹ Progres des etudes relatives a l'Egypte et a l'OrientChapitre 15 sur 37 · JO PROGRÈS DES ÉTUDES SÉMITIQUES · texte numérisé non relu

JO PROGRÈS DES ÉTUDES SÉMITIQUES

tous ses devanciers. Le savant, l'archéologue et l'artiste y trouveront, chacun dans leur sphère, les plus utiles renseignements, et tous une lecture attachante et instructive.

Mous ne parlons pas ici des Mémoires publiés par ces deux savants dans la Revue archéologique (t8Gi, 186 5 ) sur la paléographie judaïque, ou sur l’antiquité relative de l'alphabet samaritain et de l’hébreu carré. Les deux savants diffèrent d'opinion; mais leur discussion aura Fourni des données utiles pour la solution du problème.

L'exégèse juive, c'est-à-dire propre aux Juifs, qui se rattache si étroitement aux études bibliques, a été, dans ces dernières années, l’objet d'importants travaux. Au moyen âge surtout, les Juifs comptaient dans leur sein un bon nombre d’exégètes d'un esprit large et philosophique et qu'on peut considérer comme les précurseurs des Richard Simon et des plus hardis promoteurs de la critique moderne. Il y a eu parmi eux non-seulement de savants grammairiens et des commentateurs qui ont essayé de s’affranchir des préjugés d'un dogmatisme étroit; mais il existait aussi des philosophes qui, au moyen du système allégorique, ont cherché à mettre d’accord la religion avec la philosophie de leur temps, et notamment avec le péripatétisme. Le mérite d’avoir fait connaître quelques-uns de ces grammairiens et philosophes , qu'on peut appeler libres penseurs, appartient à M. Munk. Sa traduction du Commentaire de II. Tanhoum (du xiu' siècle) sur le prophète Habakuk, publiée pour la première fois avec le texte arabe, ainsi que plusieurs Mémoire» relatifs au culte des anciens Hébreux et aux anciennes versions arabes et persanes des Juifs, ont paru dans divers volumes de la Bible de M. Cahen. En outre, M. .Munk a publié dans le Journal asiatique (i 85 o) un Mémoire sur R. loua ou Aboul-walid ilm-Djana’lt et sur quelques autres grammairiens du x' et du xi c siècle; et M. Ad. Neubauer a donné dans ce même journal (années 1861 et 18G2) un travail analogue, sur la Lexicographie hébraïque, avec des remarques sur quelques grammairiens postérieurs à Ibn-Djana’h, où

HÉBREU ET RABB1NIQLE

il a communiqué pour la première fois de nombreux passages d’un dictionnaire inédit du x° siècle. M. l'abbé Bargès a édité en commun avec M. Goldberg, d’après un manuscrit unique de la Bibliothèque Bodléienne, l'ouvrage curieux de Ichouda ben-Koreisch (du ix* siècle) sur les mots hébreux dérivés de faraméen et de quelques autres langues *. C'est le plus ancien ouvrage de philologie comparée que nous connaissions. Par ces travaux, on peut juger de l’esprit indépendant et scientifique des exégètes juifs de ces temps.

Mais l’ouvrage le plus grandiose de cette littérature est sans contredit le Guide de * Égarés de Maimonide, qui ouvrit une voie nouvelle à l’exégèse, et duquel Spinoza et tant d’autres esprits philosophiques ont reçu une impulsion qui les a poussés hors des limites que le maître avait voulu tracer. Albert le Grand et saint Thomas se sont sofivent inspirés de cet ouvrage, et l’ont tantôt cité comme autorité, tantôt réfuté comme conduisant à des opinions hétérodoxes. Le Guide des Egarés, écrit en arabe, n’était connu que par une version hébraïque, traduite à son tour en latin. M. Munk en a publié pour la première fois le texte arabe et l'a accompagné d’une traduction française et de notes critiques, historiques et explicatives de la plus haute valeur (3 vol. grand in-8°, Paris, i 85 C- 1866). Les notes de M. Munk, souvent très-développées, sont une espèce de répertoire où l’on trouve notamment de nombreux détails sur la philosophie des Arabes, qui était aussi celle des Juifs du moyen âge, c’est-à-dire un aristotélisme modifié par des idées néo-platoniciennes.

Outre ce grand travail, nous avons de M. Munk un volume de Mélanges de philosophie juive el arabe (Paris, 1 859, in-8°), dont la plus forte partie est consacrée à la philosophie d’Avicebron, si souvent cité par Albert le Grand, par saint Thomas et d’autres scolastiques, et dont l’ouvrage, Fous vilæ, est dit avoir donné lieu à diverses hérésies dans le sein de l’Eglise, au xnr siècle, quoique

1 Epùtola de xtudü Tnrffum utiUtnte et de lingurr chaldnicæ convenienlin cum hebrtea l Paris, 1857).

Eludes orifflitiln. 7

Page 1