‹ Progres des etudes relatives a l'Egypte et a l'OrientChapitre 21 sur 37 · PROGRÈS DUS ÉTUDES SÉMITIQUES · texte numérisé non relu

PROGRÈS DUS ÉTUDES SÉMITIQUES

de Ninivc et de Babylonc. C’est à M. Oppert qu'appartient le mérite d’avoir fait la première tentative véritablement heureuse de ce genre. On connaît les progrès considérables dont les études assyriennes sont redevables à ce savant; il lui a été donné d’analyser, souvent avec une sagacité surprenante, parfois avec une confiance qu’on a pu taxer de témérité, un bon nombre d inscriptions unilingues, et il a réuni plus tard en un corps de doctrine les résultats importants qu’il avait obtenus et qui forment sa Grammaire assyrienne. Aous ue pouvons nous dispenser d’énumérer ici les principaux ouvrages de cet éminent assyriologue, qui lui ont acquis une juste renommée, et qui ont frayé la voie à l’étude approfondie des textes assyriens.

i° Inscription de Borsippa, relative â la restauration de la tour des langues, par Nabuchodonotor. C’est le premier essai de déchiffrement, d’analyse grammaticale et d’interprétation qui ait été tenté sur une inscription unilingue assyrienne. Cette inscription remarquable avait été trouvée par le colonel Rawlinson, dans le Birshimroud, à Babylone. Le texte se trouve sur deux barils d’argile, portant deux inscriptions presque identiques '.

a° Expédition scientifique en Mésojtotamie , exécutée par ordre du gouvernement, de * 85 1 à 1 856, par MM. F. Fresnel, F. Thomas et J. Oppert, publiée par M. Jules Oppert, t. II, »85g; t. I CT , i8G3, in-i°. Le tome II, qui a paru d’abord, traite du déchiffrement des inscriptions cunéiformes. Après avoir exposé les principes de la lecture, l’auteur les applique d’abord aux inscriptions trilingues; il analyse les quatre-vingt-dix noms propres fournis par les inscriptions assyriennes des Achéinénides, et il eu déduit les valeurs syllabiques, en grande partie déjà connues par les travaux de M. de Saulcy et d’autres. Ensuite, il passe aux inscriptions assyriennes unilingues et en explique un certain nombre. C’est le premier traité systématique sur In matière; les analyses témoignent d’une connaissance profonde des monuments assyriens les plus variés.

' Journal asiatique, 18.17, février-mors, p. 1 la et suiv. juin, p. 490; ooût-sept. p. 1 68.

Comme on le pense bien, l'auteur a dû avoir recours à beaucoup d’hypothèses qui laissent naturellement des doutes dans l’esprit du lecteur, et qui ont provoqué des critiques et amené plus tard des rectifications.

Le tome I contient la relation du voyage, l’exposé des travaux de la Commission, la topographie du terrain de Babvlone, avec la détermination de l'emplacement des édifices dont les ruines couvrent le sol, et le commentaire des descriptions que les anciens nous ont laissées de cette ville. Enfin, l’auteur donne des détails moins développés sur l'emplacement de Ninive, de Khorsabad et d’autres localités.

3° Eléments de la grammaire assyrienne (Paris, 1860 , in-B 0 ]. Cet écrit est un complément au tome II du précédent ouvrage; l’auteur y a, le premier, exposé systématiquement les règles grammaticales de la langue assyrienne, déterminées soit dans ses propres interprétations, soit dans celles d’autres assyriologues, et il exprime l’espoir que cet essai convaincra les hommes versés dans les langues sémitiques de l’exactitude du déchiffrement. En elïet, par cet ouvrage, corroboré de ceux de Hiucks, le sémitisme de la langue assyrienne devient parfaitement évident, et les formes grammaticales, notamment celles de la conjugaison, offrent le plus grand rapport avec celles des dialectes araméeus, sans qu’on doive pour cela confondre l’araméen avec l’assyrien, qui a son caractère particulier etqui renferme beaucoup de racines hébraïques, arabes, etc. Certains points, pour tout dire, resteut encore douteux, à eu juger par l’essai posthume de grammaire assyrienne du savant anglais qui vient d’ètrc' cité, et dont les idées diffèrent de celles de M. Oppert sur des particularités qui ne sont pas sans importance.

4" Grande inscription du palais de khorsabad ( Journal asiatique, t863 et i8G4). Dans le préambule de ce travail, ou lit : «L’histoire de Sargon, roi d’Assyrie, dont la Bible 11 e nous avait conservé que le nom (Isaïe, ch. xx), nous est connue aujourd’hui, en grande partie du moins, par les inscriptions du palais de Khorsabad. Le

Page 1