DES ÉTUDES AI1.MÉM1' .NMCS. K
drelte. (Je livre» paru sous le litre de Trésor des rhnrirxiT I rminie ou CartuUiire de la chancellerie royale tirs Ilotipênien » , aux frais de la congrégation des Mekliilarisles de Venise et dans la riche typographie de leur couvent. (Jette circonstance de lieu est à noter; car elle explique la parfaite correction des textes arméniens que ce livre contient et dont les Mekliilarisles ont eux-mêmes surveillé l'impression. Mais il serait impossible d'accorder le même éloge à la reproduction des pièces françaises ou latines, dont se compose la presque totalité de ce recueil; car les omissions et les mauvaises leçons abondent à chaque page; il est nécessaire d’ajouter que les notes, dans celle compilation, trahissent de continuelles inexactitudes ou des emprunts maladroitement déguisés.
I n esprit exact et solide, un sentiment vrai de la critique scieulilique et l’intelligence des textes recommandent le nom d'un antre arménisle, M. Évaristo Prud'homme. Il nous a donné d'abord une traduction très-soignée de l’élégie historique d'Arislacès Lasdivertsi, auteur du in* siècle, peintre éloquent, mais quelquefois dilliis et obscur, des malheurs de l’Arménie, livrée aux ravages des Turks seldjoukides.et tombant parla prise d'Ani . sa ville royale, en 1 o64, sous le joug du sultan Alp-Arslan.
I n très-précieux écrivain du iv* siècle, Zéuob, moine du couvent de Klag, nous a laissé une histoire particulière du district de Daron , situé à l’ouest du lac de Vau, dans laquelle il peint l'antagonisme qui s'éleva alors entre la vie lle religion de l’Arménie, le culte du feu, et le christianisme naissant, sous la parole ardente et inspirée de saint Grégoire i’Illuminaleur, et raconte, d'une façon toute pittoresque. l’invasion des peuples vivant au nord du Caucase. La version de cet auteur est la seconde des productions de M. Ev. Prud’homme.
Au temps de Zéuob, la Grande-Arménie était encore gouvernée par les Arsacides, ses souverains nationaux; mais au vi* siècle, cette dynastie s’éteignit, et ses Etats se trouvèrent divisés entre les monarques Sassanides, qui s’emparèrent des provinces orientales, et les Grecs, qui continuèrent h occuper la partie occidentale.
EXPOSÉ DES l’ItOüliÈS
L(*s Arméniens, devenus les sujets de ces puissants monarques et continuellement en relation avec eux , incorporés dans leurs armées, pourvus par eux de grands offices civils ou militaires, admis à la cour de Ctésiphon, alliés par des mariages à la famille royale, les Arméniens étaient admirablement placés pour être instruits des événements et des affaires intérieures de la Perse. Pour cette période de l'histoire de ITrên , leurs historiens ont enregistré des détails que Ton chercherait vainement dans les écrivains byzantins contemporains, et dont les auteurs orientaux, venus beaucoup plus tard, lie sont que les échos affaiblis et souvent infidèles. M. Palkanolf a eu la très-heureuse idée de rassembler ces témoignages arméniens sur les Sassanidcs, et M. Prud’homme celle de transporter dans notre langue la brochure du professeur russe.
Quoique les travaux de M. Félix Nève sur la littérature de l'Arménie semblent sortir de notre cadre, parce qu'ils ont été exécutés dans un pays voisin, la Belgique, ils y «entrent néanmoins par la langue dans laquelle ils ont été rédigés. Le savant professeur de Louvain, qui réunit à l’érudition la plus variée et la plus compréhensive un véritable talent de style, a su vulgariser dans une série d’articles et de brochures, sous une forme attrayante, les conquêtes qui ont enrichi récemment le domaine de la science arménienne, et lui-même s’est montré original à son tour eu traduisant et en commentant très-habilement une œuvre du xv c siècle, fincorrecte, mais dramatique et sombre peinture de la sanglante apparition de Timour ou Tamerlan en Arménie, par un moine du couvent de Medzoph, nommé Thomas.
i\ous avons aussi à revendiquer comme un des nôtres un académicien de Saint-Pétersbourg, M. Brosset, que sa nationalité et la langue qu’il emploie en écrivant classent parmi les arménisles français. On sait que ce savant a fondé l’étude scientifique du géorgien et qu’il a fait jaillir de la littérature à laquelle cette langue sert d’expression une vive lumière sur une partie encore inconnue de l’histoire orientale. Par suite de la proximité des Géorgiens et des