‹ Progres des etudes relatives a l'Egypte et a l'OrientChapitre 31 sur 37 · IG · texte numérisé non relu

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Arméniens et des rapports que ce voisinage a créés de tout temps entre eux, les annales des deux nations se confondent souvent ensemble et, par suilc aussi, la connaissance du géorgien ne saurait être séparée de celle de l’arménien. M. Brossel a pleinement satisfait à cette loi de convenance qui exige l'étude simultanée des deux idiomes. 11 a pu ainsi puiser dans les auteurs arméniens de quoi commenter et augmenter considérablement sa grande llitloire de In déorgie'. 11 serait trop long de rappeler ici tous les mémoires ou monographies que l’histoire, la géographie et les antiquités de l'Arménie ont suggérés à M. Brosset; mais nous ne saurions omettre son dernier ouvrage, la traduction de YHisloire de Sunnite-, province de l’Arménie orientale, histoire écrite au xin' siècle par Etienne Orbélian, métropolite de cette province et issu de l'antique famille qui y régna souverainement. Ce qui constitue le principal mérite de l’œuvre du savant prélat arménien , c’est qu’il en a pris les éléments dans les archives officielles de la principauté, dans les traditions locales, dans les monuments du pays encore debout à l’époque où il vivait, enfin dans des sources d’information que personne ne pouvait connaître mieux que lui.

Eu parcourant la très-longue liste des productions que M. Brosset a signées de son nom, il est impossible de ne pas éprouver un sentiment d’étonnement et presque d'admiration pour une aussi féconde activité et en même temps de çegret pour les défauts qui sont la contre-partie de cette éminente qualité, c’est-à-dire l’absence du sens critique cl de cette perfection relative qui n’est obtenue que par une élaboration patiente el réfléchie.

Dans ce rapide aperçu, il serait injuste d’oublier les Arméniens qui, vernisse fixer à Paris, ont contribué, pour leur part, et dans la mesure de leurs forces, à répandre parmi nous la connaissance

' Histoire de la Géorgie, 3 vol. in- A". nos Orbélian, traduite de l'arménien , Saint-Pétersbourg, i8At)-i858. in-A", Saint- lYtersboiirfj. i** partie,

1 Histoire de la Siounie, par Stepha- 1 8 GA ; a* partie, 1 800.

EXPOSÉ 1)ES l’KOCiHÊS et le goût de leur littérature nationale. J'ai déjà mentionné Zolirab connue auteur d'une traduction du Nouveau Testament en langue v ulgaire et collaborateur de Saint-Martin. 1 u autre de ces enfants de l'Arménie, <|iio l'hospitalité française a accueillis, est le Père Garabed Kabaragy, ancien moine de la congrégation de Venise. Passablement exercé à la pratique de notre langue, il s’en est servi pour traduire un historien du v r siècle, lilisée. Le titre inscrit au frontispice de celle traduction explique assez clairement l’objet de la composition originale : Histoire du soulèvement national de r Arménie chrétienne contre la loi de Zoroastre. Dans un cadre aux proportions harmonieuses et dans une langue d’une exquise pureté, Elisée décrit cette lutte inégale où Variai!, général en chef des Arméniens, et ses compagnons, tombèrent sur le champ de bataille, martyrs de la plus sainte des causes, la défense de la liberté de conscience et de l'indépendance de leur patrie contre la tyrannie et l'oppression d’Yezdedjerd 11, roi de Perse. Les traits dont ce tableau est entremêlé, relatifs aux mœurs, aux croyances et au système administratif de l’empire des Sassauides, sont d'autant plus curieux qu'ils proviennent d'un témoin oculaire , qui prit part lui-même à ces événements.

Le récit d’Elisée est complété dans la version du P. Garabed kabaragv par quelques pages qui lui ont été fournies par un autre auteur contemporain, Lazare de Pliarbc, qui a continué l'histoire de cette guerre jusqu’en /(85, année marquée par l'heureuse issue des efforts cl des longues négociations de Vaban, neveu et successeur de Variait, pour amener la pacification de son pays et la concession par le roi Vagh’arscb ou Yologèse, fils d’Yezdedjerd II , d’une honorable capitulation. Il y a dans le travail de l’ancien Mëkliitarisle, et surtout dans les longues notes qui terminent le volume, des imperfections et des méprises qui tiennent à un défaut d'éducation scientifique, choquantes pour un érudit européen, mais qui, faciles à apercevoir, n’cinpèchcnt pas de profiter de ce qu’il y a de bon dans ce travail.

Un concours plus ellicace donné au développement des éludes arméniennes en France signala la présence à Paris du P. Garabed Sclialinazarian , religieux du couvent d’Edchniiadzin, qu’avait attiré chez nous l'attrait de la civilisation et des sciences des pays d’occident. Cette soif d'instruction se manifestait par l'application soutenue et intelligente que déploya Sclialinazarian pour apprendre notre langue et se mettre en état de lire nos auteurs modernes. Ses

débuts furent la traduction d’un historien du vin' siècle, Léonce le

Prêtre, retrouvé, il y a quelques années, dans la bibliothèque d’Edcliiniadziu,où il était resté enfoui, et auquel est due une relation des guerres et des conquêtes des Arabes en Arménie dans les premiers siècles de l'islamisme. Sclialinazarian montre un esprit plus pénétrant, mieux exercé que son devancier Kabaragy, sans dépouiller toutefois cette naïveté quelque peu enfantine qui se mêle au savoir des Orientaux.

En quittant sa patrie, Garabed Sclialinazarian avait emporté avec lui une collection d’historiens inédits et dont les ouvrages ne nous étaient connus que par l’usage qu’en avait fait Tchamilcli dans son Histoire d’Arménie, et par les notices très-courtes et insuffisantes de M* r Soutins Sonia) , dans son Quadro délia lelleralura annetui. La curiosité était éveillée, tout en restant incertaine du moment et de l’heureuse occasion qui nous mettrait en possession de ces trésors conservés avec un soin jaloux dans des dépôts inaccessibles. Soutenu par les souscriptions de ses compatriotes, Sclialinazarian commença la publication de celte collection sous le titre de Galerie historique arménienne. Sept volumes avaient déjà paru (1857-1860) lorsque 1 ancien moine d Kdcluniadzin , qui s’était imposé à la fois la tdclic multiple d'en éditer les textes, de les annoter et de les imprimer lui-même , quitta la France, et, après avoir séjourné quelques années en Angleterre comme chapelain de la colonie arménienne de Manchester, alla mourir au Gaire, en Egypte. Certes, ces textes mis au jour d’après un exemplaire unique et moderne sont loin d’être irréprochables, et les annotations dont ils sont accompagnés

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