I. Voir sa conférence aur l'âme et le corps
est arrivé peu à peu k une iâenljfï cation de la vie cérébrale et mentale où il n'y avait plus de place pour l'âme et le libre-arbitre. La psychologie et surtout la psychiatrie
ont permis pourtant de briser ces cadres ensorcelés et de faire une place à part à l'âme et à son fonctionnement. Une science plus moderne et surtout plus indépendante nous a fourni de nouveaux aspects de ce problème angoi? sant dont dépend l'orientation morale de l'humanité.
Le libre arbitre n'en résulte peut-être pas comme un axiome établi, mais la théorie de l'âme mécanique devant exclusivement ses mouvements à des lois purement physiques en sort singulièrement diminuée.
Appendice B. (Page 132).
l'athéisme.
L'athéisme de nos jours, n'est, à vrai dire, qu'un simple mot. Un homme cultivé ne peut plus se proclamer athée conformément à l'ancienne déSnition. Il ne peut plus nier l'influence de forces qui lui échappent et de principes qu'il ignore. Il ne se distingue des croyants que parce que sa croyance à lui accuse un autre contenu. Mais l'athée, non plus, ne peut pas exister sans une foi, sans une certaine religiosité, d'accord avec l'explication que nous en avons donnée plus haut. Un homme qui n'a jamais bu aux sources de la science ou celui qui ne s'en est approprié que des données superflcielles peut se vanter d'être un matérialiste ardent et convaincu. Mais celui qui, de bonne foi, a essayé de se pénétrer des données essentielles de la science moderne, ne peut plus rester d'accord ni avec l'athéisme, ni avec le matérialisme dans leur sens absolu ou celui que leur attribue le vulgaire. 11 y a d'abord une loi universelle qui régit tout le monde cosmique. Elle détruit notre foi dans la matière. Il s'agit de la loi souveraine de gravitation. Les myriades de mondes qui nous entourent, y compris les cent vingt millions d'étoiles que découvrent devant nos yeux émerveillés les télescopes perfectionnés qui, presque tous, entraînent des mondes souvent bien plus grands que le système solaire, ne sont pour-
APPEXDICES ^l
lanl. mainlemis que par une force idéale, spir'daelle ei invisible.
Comment tous ces mondes se maintiennent-ils et fonctionnent-ils à ia suite de forces et de lois immatérielles, lois abstraites dont la portée et la signification incomprises par nous restent cpiand même réelles ?
Lorsque nous ilesccndons des hauteurs métaphysiques et rentrons dans le domaine de la morale positive, les athées se trouvent singulièrement rapprochés de tous les croyants sincères.
Le but suprême de toute morale basée sur la religion ou privée de la notion divine est toujours le même. Aimez et failes-vons aimer, il n'y a rien au-dessus de ce principe.
Un écrivain chrétien et non des moindres ', témoigne avec raison bien plus de sympathie aux athées convaincus qu'aux fidèles animés de croyances d'automate, car les premiers ont une ardeur de foi, un violent amour de la justice et de la vérité qui manque aux seconds. C'est par cela même, nous dira M,. Monod, que l'athéisme moderne ne cesse d'être religieux.
Victor Hugo a expliqué bien avant Wilfred Monod qu'en lui H qui ne croyait en Dieu, un et triple, écoutant les harpes, jaloux et vengeur » était pourtant un vrai croyant, tandis que les prêtres qui enseignaient Dieu étaient des aihées. » Et pour cause, car l'homme qui veut la justice et Iravaille pour la justice est un homme rehgieux.
Un athée, pour nous servir du terme généralement admis, aurait donc tort d'incriminer les desseins d'une religion qui amène les simples d'esprit vers les hauteurs qu'atteignent les élus de la pensée laïque, de même que les vrais croyants commettraient une faute grave contre les intérêts supérieurs de l'humanité en s'attaquant autrement que par la persuasion aux convictions profondes et douloureuses qui éloignent des croyances de tout repos certaines âmes inquiètes et troublées.
La foi sincère a, du reste, comme contre-partie inévitable, le doute non moins sincère.
Le salut de la foi religieuse gît dans les tendances réci