CHAPITRE III
Là Russie couvert la Grimée au milieu de k psix. -«^HéraéHtHÈ , fdi de Id Oéwgie, et Salomôa^ t>ritio0derittéTétie ^ se r«c<miUi88ent v^tMtai de r&àpéiatfiGe Catherine. •— Guerre de Catherine et de Jodej^ II contre les Turos^ -^ Intervention des autres puissances. -7- Paix de Jassy. — Projet d'une invasion aux Indes. ~- La Russie com* menée toujours par exercer son protectorat sur les peuples qu'elle prétend subjuguer.
Ayant entraîné l'Autriche et la Prusse dans èés projets contre la ^Pologne et étant parvenue à éveiller chez l'empereur l'espérance d'un agrandissement territorial aux dépens de la Turquie^ la Russie pouvait compter sur son aj^ui contre l'unique puissance qui semblait apprécier au juste les conséquences du démembrement du royaume des Sarmates. La paix de Frederiksham et l'engagement particulier par lequel le roi Vie Suède s'était obligé à rester neutre ^ en cas d'une guerre entre la Russie et la Porte ^ délivraient Catherine de toute crainte du côté du Nord.
Trois années de paix rendirant h son empire la tranquillité, un favorable état sanitaire et Tabondano0« Elle se prépara à tirer tom les avantages possibles 4e la supériorité de sa position et à se dédommager de la modération foreée que les ciroonstanœs lui avaient imposée h la fin de la dernière guetrre*
La Crimée avait été déclarée indépendante',
mais la Russie s'arrogea la protection de la souveraineté qu'elle y avait créée ou du mcuns renouvelée ; et en entourant le khan de ses créatures, elle exerçait une domination réelle snr le pays.
Les chefs de aecond rang et le peuple s'atta*ohaient d'autant plus k l'alliance avec la Turquie,^ qu'ils apprenaient de phis près à cosmattre les Russes. Mais Fimpératrioe, ne se contentant pas de la tutellelndirecte qu'elle exerçait en Crimée, résolut de s'en emparer. Poursuivant le même système qui lui avait si bien réussi en Pologne, elle y fomentait des dissensions intestines, et profitant de l'expérience faite sur le malheureux royaume que nous venons de men-
tionuer, elle déclara le troue de la Gnmée électif'.
Comme oA ne pouvait espérer que la Turquie supporterait tranquillement une usurpation qui la menaçait de tant de maux, ia Russie se pré-^ parait à une lutte inévitable , et ses . préparatifs se Élisaient sur une échelle proportionnée aux avantages qu'dle oonvoitait. Les armemens de Fempereur d' Allemagne étaient également Sotmidables, La promptitude avec laquelle il était entré dans les projets de la Russie, la francluse des ▼aes.ambitieuises de Catherine sur Conslsin-^ tinople y le soin avec lequel, dans tous les mani-. festes publiés à Foccasion de lagvfêrreprécédente, on proclamait la Turquie l'ennemi commun de la chrétienté, sont autant de raisons puissantes pour croire qu'on se proposait déjà alors de ren*^
' La souveraineté ohez ces Tartares avait été élective à une époque reculée de leur histoire , mais avait cessé de l'être depuis plusieurs générations, et la Porte nommait le khan dans la famille des Geray. Un trône électif était donc pour le peuple de ce pays une institution aussi nouvelle que si elle n'y eût jamais existé.
(57) verser toat^-fait l'empire ottoman en Enropei et de s- en partager les dépouiller.
Potemkin couvrit avec ses troi;q>es la .ligne du Caucase; SôuvfrordQT conduisit une armée vers le Kouban et envahit tout ce pays; les frontières sud-ou?st de la Russie regorgeaient de soldats^ tandis :que les rives du Danube étaient couv^ertes des armées de l'empereur» et le fleuve lui-mémê de ses embarcations. I^'impératrice cependant semblait encore cherclier un-pnétexte pour occu* per la Crimée. Une révolution y éclata y le khan e:qpulsé chax^ha reftige et [n*otectiou. ep lUiasie; toutefois^ la guerre civile ne s'y étant(pââ encore allumée» on eut recours à un nouvel expédient, dn oonvogua les Tartares pour l'élection d'un souverain. L'usurpateur se désista de ses prétentions» et le peuple assemblé éliit» à l'unanimité» Shahin Geray à sa place. Mais, ce n'était pas la tranquillité de la Crimée » c'était sa possessiod qui formait le voeu de la Russie : cmignant donc une opposition nationale» elle chercha et trouva enfin le prétexte pour occuper le pays sans opposition. Un pacha turc s'était emparé de l'U^
( 58) de Taman sur là rive opposée du bospkore Cim^ mérien^ les Russes pârnnrent à peiramidei' Shahin Geray de demander soit ëvaottation. Le 'fier Turc fit mettre à mort le messager de Geray^ et la Russie jeta tes kauts oris pour demander^ven* geance. Poussé à bout par cette insulte barbare^ le khan accéda à la proposition de ses amis et leur confia le soin de punir le pacha. Une armée Russe entra en Crimée souS prétexte de déloger les Ottomans de Tfle opposée ; mais a3rant pénétré jusqu'aux bords de la mer, elle se retourna
subitement, occupa toute la péninsule, s'empara par trahison ou par force de toutes les places fortes , et força à la pointe des baïonnettes les imans et le peuple de prêter serment de iSdéKté à l'impératrice. CSomme malgré les promesses spécieuses de divers avantages , les Tartares se préparaient à résister, le feld^maréchal Potemkin, informé de leurs projets, ordonna de mettre à niiort les personnages marquans les plus compromis. Le premier officier qui reçut cette mission se refiisa h Texécuter ; mais le général Paul Potemkin, cousin du feld-marécbal , fut
(59) un instrument plus dooilô^ elt « trekite mille Taiv « tares des deux sexes et de tout âge furent mas^ « sacrés de sang-froid, n C'^st ainsi ^ qu^au mi«lieu de la paix * la Russie fit Facquisition de la Grimée. Le Khan reçut poKr prix de son royauoi^ une pension et des terres en Russie , et se retira à Moscou \
Sur ces entrefaites , des négoeiations a^ec la Géorgie, l'Imérétie et la Mingrélie, avaient été rapidement poussées TerS un heureux dénoû*-
' Le sort de Sbahin Geray a été tragiq[ae. Fati^é el dégoûté de sa résidence en Russie , se méprisant soi-même , il reçût de llmpératrîce, à qui il venait (judquefôis des velléités de le traiter avec égards, Une décoration russe. -^ Il déclara que comme masolman il ne pouvait la porter. On y changea la croix en croissant. — H refasa de porter ce qui n'était plus une décoration, mais une babiole attachée à un ruban. »<- Enfin il reçut la permission de quitter la Russie , où il languissait en dernier lieu dans une obscure pauvreté. — H se rendit en Turquie* •-"• Après avoir demeuré quelque temps en Moldavie , désespéré et malbeureux, il se rendit à Constantinople ; on lui enjoignit de se retirer à Rhodes. Là» il fdt étranglé dans la maison du consul français, où il chercha àsile; était-ce par ordre de la Porte ou par le mouvement spontané d'une populace fanatique? Cette circonstance n'a jamais été échircie.
meut. Héraclius fut induit à envoyer une ambassade en Russie et à conclure un traité à Oéorgie\^sk *y sur la ligne du Caucase , par lequel il reconnaissait la suprématie russe , en son npm et en celui de ses héritiers , et la Russie s'engageait de protéger non seulement ses pos- ^sessions actuelles, mais même toutes celles qu'il pourrait acquérir plus tard y et garantissait la royauté à lui et à ses descendans à jamais '. Une couronne faite pour la circonstance fut remise avec solennité entre les mains du représentant de l'impératrice^ et offerte par lui, au nom de sa souveraine, à celui qu'elle créait en mém.e temps roi et vassal de son empire.
Salomon , prince de l'Imérétie, se mtontra d'abord plus intraitable et prétendait n'avoir besoin d'autre protection que de celle de son sabre. Des présens magnifiques^ une couronne faite à Saint-Pétersbourg et des promesses impériales.
' Le 24 juillet 1783.
' Nous aurons lieu de montrer de quelle manière cette garantie a été remplie.
le séduisirent enfin ; infidèle à la Turquie y il prêta hommage à l'impératrice.
Irritée et alarmée par les usurpations de k Russie et par l'accumulation dé ses troupes sur toute la frontière^ la Turquie n'aVait cependant pas les moyens de venger les infractions faites au traité de Kaynardgi. Elle faisait des préparatifs de guerre> mais se décida a n^ocier^ et conclut^ sous la méditation de la France, une conTcntion signée à Gonstantinople ( 1 784)^ par laquelle la souveraineté de la Russie sur la Grimée, l'Ile de Taman et une grande partie du Kouban , se trouva reconnue. Tous ces pays se trouvaient déjà occupés et conquis par les troupes de l'impéiratrice^ qui y étaient entrées sans aucune provocation. Dans le manifeste ' que l'impératrice publia en incorporant la Grimée à son empire^, on donne pour principaux motifs de cette mesure le désir de préserver la tranquilité du pays et d'y améliorer le sort du peuple, ainsi que le droit de profiter d'un pouvoir dont on n'a pas.
* Daté de Saint-Pétersbourg, le 8 avril 1783.
usé à la fit! de la dernière gii€n*e pour gaitler une conquête qui serrirait à indemniser les (rais de la guerre qu'elle a ooqté.
Ces démêles^ aTec la Porte étaient k peine aplanis à l'amiable , que l'impératrice tourna de nouveau son attention Ters la Géor^. Âpprë^ dant à sa juste valeur IMn^rtance du résultat d'avoir franchi une barrière par des négociations^ qu'elle aurait vainement voulu entamer par les armes, elle s'çmjH^essa d'j frayer un passage pour ses troupes vers les nouvelles acquisitions au-delà du Caucase. Le général Paul Potemkin porta à Tiflis (lySS) la ratification du traité avec Héraclius, et reçut Tordre de oonstivire une route à travers les montagnes : cet ordre fat exécuté en peu de temps. Une pension de soixante mille roubles d'argent (environ jSo^ooo fr.) fut assignée au roi de Khartli , comme on l'ap* pela 9 pour entretenir une armée et su|^rter les dépenses qu'il poorrait être appelé k Eure ^ous la direction du eomniandani russe.
La Géorgie devint donc ainsi une dépendance de la Russie y et «eUe-ci la reçut«en vassekge sans
aucun égard pour les engag^nens des wallys enrers les rois de Perse y leurs souTerains.
Li politique de la Russie se montre claireiiimit dans soo engagement de protéger toutes les acquisitions territoriales futures du ivall j géorgien et dans les insftruodoos données au feldmaréclial ^ priâoe PotemJkin y et au général Groudowitsch y par lesquelles le premier est iuTesti d ime autorité sans bornes pour accepter la sou* mission de tous les peuples qui désireraient devenir sujets de la Russie, et l'autre est informé que les Idians de Bakou et de Derbend peuvent être admis à l'honneur de devenir vassaux de l'im-* péralrice* Cependant ces deux pays , de même que ia Géoi^îe, étaient des dépendances de la Perse, et leurs chefs ou gouvettieurs n'avai^il pas plus de droit de transférer leur hommage cpsjb n'en ont le lietman des Cosaques du Don ou le ^ottV^ermur d'jAsstraehan.
Il est impossible d'envisager sans étonnemffaot l'iâiendue des vues et l'acoroissement de l'ambition de la Russie, grandissant avec ses* forces. -*-* Occupée à partager les dépouilles
dé la Pologae avec ses .alliés , elle. déchirait en même temps la Turquie pour .;Son propre compte,, et avouait déjà alors ses desseins de posséder une troisième capitale sur le Bosphore. Pendant ' qu'elle subjuguait les peuplades du Caucase., elle s'emparait en même temps des iioyaumes situés au-delà, et cherchait de nouyelles conquêtes sur les rives les plus .lointaines de la mer Caspienne. — Elle aysfit ajouté à son empire une immense étendue de terrain et un million et demi de sujets en Pologne; toute la petite Tartarie et la Crimée, l'Ile de Taman et le pays du Kouban, avec une population également nombreuse , les principautés de Géor* gie , Imérétie , Mingrélie , et les défilés du Giucase qu'elle enclava dans ses territoires , . lui assuraient une. domination sans contrôle sur la mer Noire, et le passage des Dardanelles. Les rêves les plus ardens de conquêtes auraient pu déjà être assouvis, si l'ambition pouvait jamais être satisfaite. Mais la Pologne conservait encore 'quelques provinces; la Courlande n'était pas encore russe; la Suède gardait la Finlande; la
Turquie possédait encore des territoires bons à prendre; son esprit d'indépendance restait à humilier; la Perse enfin n'avait pas encore payé tout son tribut aux triomphes et aux conquêtes de la Russie.
Âpres trois ans de repos, la Russie était de nouveau sous les armes. Mais, pour le coup, ce fut la Turquie qui déclara la guerre la première. Le voyage triomphant de l'impératrice en Grimée^ les mouvemens des troupes qui l'accompagnaient , les conférences avec le roi de Pologne y et surtout les comjnunications secrètes avec l'empereur d'Allemagae, qui paraissaient avoir pour but l'expulsion des Turcs de l'Europe, l'occupation de leur territoire, et l'établissement d'un empire grec sous le grand-> duc Constantin élevé ostensiblement pour cette destination : toutes ces circonstances, jointes à
l'impresâon de l'ancienne politique russe, quoi-
# qu'elles ne parussent pas emporter une infraction directe aux traités existans, et quoique alors il eût été impossible de prouver la réalité de leurs intentions présumables , semblèrent
eepeiidant à la Porte menacer jusqu'à son, existence. Les €x>nsals et les agens de rimpératrice enibauohaient les sujets de la Porte dans toutes ses dépendances; ils s'étaient liés avec les mécontens de la Valackie et de la Moldavie, et avaient même ftcilité la fuite d'un vaivode contumace de la première de ces provinces; ils avaient préparé les Grecs à la révolte, et promis aux Mamelouks d'Égypté de garantir à chacun d'eux leurs possessions sous le patronage de la Russie.' Joseph II s'empressa de quitter Vienne pour rencontrer Timp^atrice k Khevson, et paraissait disposé à souscrire à tous ses projets.
La Porte en appela à tous les croyans pour leur demander du secours dans son danger actuel, et tous le» musulmans coururent aux armes; la guerre n'avait pas encore été dédarée, lorsqu'on découvrit une correspondance entre le bey rebelle du Caire et l'ambassadeur russe : après
quelques nouvdles négociations , les Turcs publièrent donc leur manifeste et commencèrent les hostilités.
L' psage que Catherine fit de ses preii^iers succès fut d'ofirir l'Egypte à la France pour prix de sa coopération au démembrement de l'empii^ ottoman^ que l'empereur Joseph était déjà convenu^ comn^e on l'apprit plus tard^ d'appuyer.
L'étendue des préparatifs de b Russie dans son impatiente anticipation des hostilités, qui ne tardèrent pas à répandre enfin la joie à Saint* Pétersbourg; le succès de ses efibrts à représenter la guerre actuelle comme une croisade contre les ennemis de la chrétienté; l'indifférence avec laquelle l'Europe s'était soumise au partage de la Pologne ; la célérité avec laqudle l'empereur offrit de seconder les projets de Catherine, et l'assistance efifective que quatre-vingt mille A^r trichiens étaient capables de prêter; les troubles fomentés par les agens de la Russie dans toutes les dépendances de la Turquie, l'ardeur enfin et
la confiance dont ses armées étaient animées au début de la guerre : toutes ces circonstances semblaient justifier les pk» l»*illanles espérances de Catherine.
Mais la jalousie des autres puissances em^o-
péennes avait été éveillée. La Suède fit un traité avec la Turquie, et attaqua les Russes. La Grande* Bretagne , favorisant la Porte y jeta toute sorte d'obstacles dans les arrangemens de la marine russe; la France regarda l'alliance de l'Autriche et de la Russie avec crainte, et trembla pour son commerce du Levant j la Prusse garda d'abord un morne silence , puis fit entrer une armée en Pologne , où son influence avait augmenté de beaucoup; un grand armement naval fut équipé enfin en Angleterre, avec la destination pour la Baltique ' . Les Turcs , quoique souvent battus , ne perdaient pas courage. Enfin la Prusse conclut un traité avec la Porte , et la convention de Reichenbach avec l'empereur. L'Autriche quitta la partie ; les provinces polonaises de la Russie se trouvaient menacées. La paix devint donc nécessaire à Catherine; mais trop fière pour la demander elle-même, elle obtint que les pré-
' C'est en apprenant cet armement que Catherine dit fièrement à l'ambassadear d'Angleterre : « Puisque votre cour « paraît vouloir me chasser de Saint-Pétersbourg, elle me « permettra, j'espère, de me retirer à Constantinople. »
(69) Viminaires ^n ftissent arrangés entre les cotirs de Londres, de Berlin et de La Haye, par le ministre danois Bemstorf . Un traité définitif fut conclu à Yassy ( 1792)^ par lequel la Russie avança ses frontières jusqu'au Dniester et ouvrit de cette tnanière la mer Noire à ses provinces polonaises. La Porte lui garantissait les royaumes de Géorgie et les pajTS voisins, prcmiettaitde lui obtenir les mêmes avantages dans le Caucase , confirmait les anciens droits et privilèges des prinoi!^ pales yilles de la Valachie et de la Moldavie , et déclarait valables toutes les stipulations précérdentés. C'est ainsi que la ferme attitude de l'Angleterre et de la Prusse, et leurs préparatifs de guerre , non seulement obligèrent l'AutipLclie à renonça: à ses projets sur la furquie , mais encore forcèrent la Russie d'abandonner les fruits d'une lutte qui lui avait coûté deux cent ipille hommes , et qui avait coûté la moitié de ce nombre à l'Autriche son alliée. Une appréciation plus juste de leur propre position et une connaissance plus exacte des afiaires auraient engagé ces deux puissances à imposer à la Russie des ter-
mes assez rigoureux , pom* qu'elle n'ait pu rés&ter à leur détermitiation primitive de rétablir aimpileittent Tétàt de choses stipulé par le traité de Kayùàrd^ ' • La ISuède seule avait pris les srrmes eu faveur de la Turquie^ mais après quelques eflforts , sa puissance se trouva paralysée par des troubles intérieurs ^ qui en divisant sa population attachèrent à It Russie une grande partie de sa noblesse la plus influente. Gustave se vit ainsi dans la nécessité d'abandonner la Turquie et de conclure une paix séparée avec {Impératrice ^ deux ans avant la fin de la guerre engagée par la Porte. L^opposition de la France céda à l'habileté de Po-
temlin. L'Espagne était révenue de ses alarmer de voir la Kussie s'emparer d'une île dans la Méditerranée^ et semblait regarder désormais avec in£fiérrace son établissement sur le Bosphore , puisqu'elle ne fit rien pour le prévenir. En dSJfinitif ^ h Turquie ne dut son salut qu'à
' Gela aurait établi rindqpexfedance de la Grimée et du Kouban /et ai|ràit privé la Russie de ses ports importans sur la mer Noire.
(7» ) son pix^e courage dans l'adversité et à la détermination de l'Angleterre et de la Prusse d'in^ tervenîr enisa iarveur. La kitte cessa dès quel cette détermîfKitkm fut connue.
C'est Teors ee/kte époque que i'icUe de trou* Mer la domâiatîoii britannique amc Indes fot poku* la première fois suggérée au CAbini^ de Saiivt«i^étei'd)0urg9 cossme un coupk|jorter à la ptiisflarnce agresnre que la supériorité maritime de l'Ang^eteire lui permettait d'en^lo jer oontre la fiussi^.^ Le prinee de Nassau-Siegen pi^ésenta à Catherine ie projet de faire marcher une armée» par B«^faara et Cachemire, dans le Bengale, afin de chasser les Anglais des Indes. Le plan de cette c^fflapagpe avait été tracé par nnf>*rançaîs; le pre* mier pas devait consister en un manifeste décia* ramt l'intention de l'impéralrtee de rétablir le Grand Mogol sor son trône. On supposail qu'un tel début assurerait à la Russie la coopération des états intermédktires , et attirerait sousses^apeafox tous les esprits mécontens dans l'Indostan. Ce projet ^ quoique tourné en ridicule jpar Fotemkin , fut favorablement accueilli par Fim-
pératrioe^ et la Russie ne l'a jamais perdu de vue depuis.
Catherine retira ses armées de la Turquie pour les employer en Pologne et effectuer le second partage de ce royaume. Il est absolument étranger à l'objet des présentes observations d'entrer dans les détails des événemens qui ont amené cette catastrophe et qui d'ailleurs sont suffisamment connus de tout le monde. Un exposé des intrigues qui eurent pour résultat la reunion.de la Courlande à la Russie serait de ménie déçldicé; et ses procédés subséquens en Turquie^ l'acquisition! de la Bessarabie en 1 8 1 i2 ^ la convention d'Âkerman, la. part qu'elle a prise aux soulèvemens et à la séparation définitive de la Grèce ; celle qu'elle a eue dans les révolutions de la Servie, de l'Egypte et de la Syrie; — son attitude en Moldavie, en Valachie et à l'embouchure du Danube ; ^ l'oc-r cupation de Silistrie; — les traités d'Ândrinôple, d'Unkiar Skeles^i et de Saint-Pétersbourg; — les circonstances enfin qui ont accompagné la dernière guerre et là première occupation : tout cela a été déjà si bien et si complètement éclairci.,
(75) qu'il serait impossible de pouvoir rien ajouter à la lumière jetée sur cette partie intéressante . et importante de l'histoire moderne; Au surplus; fort heureusement il n'est plus nécessaire d'arr rétei* l'attention sur un sujet qui > très sagement et avec justice y a occupé le public de préférence à toutes les smtres questions de politique étran gère. Toutefois, afin decompléter l'esquisse historique que ces observations ont pouj: bat de reproduire d'une manière suivie, il est à propos de désigner. brièvement les traits les plus saillans des relations entre la Russie et la Turquie depuis le règne de Catherine.
Le but auquel la Russie a visé , par ses agressions répétées sur la Turquie et par les manœuvres beaucoup plus dangereuses auxquelles elle a eu recours dernièrement , a été de temps à autre avouéàla face de l'Europe en remontant jusqu'à la bataille de Pultava. Pierre s'était proposé de s'élever sur les ruines de la Turquie. Catherine persuada l'Autriche et convia la France à participer au démembrement de la Turquie et à l'établissement d'un empire grec à Constantinople , sous
son petîl-fiis y qui ftit ûewé et reçut même uti nom en vue de ce résakat. Nicolas^ plu» réserfé , demande seidement le proteùtorat ex^ cUisifmxc la Tnrgctie. L'Europe^ qm n'a pas oublié que la ilusne a été pixitecfrioe de la Polo^ gne^-*-' pro teetriee de la Cduiiandey^^ protectrice de la Géorgie^ de ilraérétie^ de la Mingrélie^ des tribusdffcaMieoiieaet Gmcasienues, --^aura droit de se dcHBnder qod noiiveau motif d'ofiense la Turquie a pu donner à l'empereiir y pour qu'il la ttonace de la condamnation fatale au protectorat