‹ Progrès et position actuelle de la Russie en Orient;Chapitre 4 sur 12 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Campagne des Russes en Perse sous Valérien Zouboff. ^- Hortd'HéiacUns. ^^ Un nkase de Paul I* indoipore la ^Séorgie à Tempire^ -^T«hsiatadF^ gamemeat général des provinces trans^ caucasiennes. •**^ Ses campagnes contre les Persans. — Le skaK reckerche ^alliance de Napoléon* -— Mission dm généial Gardanne. -^ L'Angleterre triompke de l'influence francise en Perse. — - Traité de Goulistan entre la Perse et la Russie.

Il est <£ffîc!&e d'imaginer des fronfiètes plus fortes et itueux dëtennînées que celles qui séparent la Russie de la Perse. D^un coté la mer Noire 9 <ie Tautre la mer Caspienne , réunies par la chaîne imposante du Caucase y semblent avoir été destinées par la nature elle-même à servit* de limites à une puissante nation et de barrière cotïtre un grand pouvoir. Les vues qui engagèrent le gouvernement russe à chercher avec une si infatigable persévérance une position audelà de ce§ frontières , a la poursuite desquelles

(76) Pierre P' n'hésita pas à eneourir les frais et les hasards de sa formidable expédition d'Astrachan y et de braver tous les reproches que souleva la perfidie qui caractérisa ses procédés dans cette expédition comme dans celle de Kbiva ; ces vues qui y plus tard ^ engagèrent Catherine à acheter la souveraineté de la Gréorgie et de llmérétie, au prix de larges dotations faites à beaucoup de chrfsy d'une pension considérable accordée à Héraclius et de frais d'entretien des troupes pour le protéger, et qui en définitif l'amenèrent à entreprendre , par les moyens les moins scrupuleux, de s'assurer d'une position militaire sur le rivage méridional de la mer Caspienne; — ces vues qui , de la conservation et du perfectionnement d'une position une fois acquise dans le Caucase et au-delà , au risque même d'un sacrifice immense de sang et d'argçnt , ont fait une

partie intégrante du système russe ;— ces vues devaient certes étre'dirigées vers quelque objet définitif, bien autrement important que la seule acquisition de quelques provinces qui ne sont jusqu'à ce moment que des appendices dispen-

(77) dieux de l'empire. Ces acquisitions ne peuvent avoir de valeur qu'autant qu'elles offriraient des facilites pour arriver à quelque grande fin , ca-* pable, dans la conviction de la Russie y de la récompenser de tout ce qui a été prodigué pour l'obtenir. — Dans toute autre hypothèse , cette politique ne se laisserait pas comprendre; ces conquêtes d'aiUeursne sont pas le résultat d'actes provenus de la part d'autorités qui auraient dépassé les limites de leurs pouvoirs^ et elles n'ont pas eu lieu à la suite d'une position dont on n'aurait pu sortir autrement. Bien au contraire ^ chaque pas fait en avant a été l'effet d'un acte délibéré du gouvernement russe ^ le résultat mûri de préparatifs faits de longue main. Pendant une centaine d'années, les souverains de Russie ont constamment poursuivi, per fas et nef as y le même objet , changeant de moyens , mais ne perdant jamais de vue le but qu'ils se sont proposé. Après la mort de Kerim Khan > roi de Perse , il y eut une contestation prolongée entre les nombreux compétiteurs au trône vacant; et ce n'est que lorsque Aga Mahmed Khan parvint à

triompher de tous s^ antagonistes^ et abattit jusqu'au dernier espoir de ]a famille royale des Zund y par la défaite et la captivité du chevale*resque Loutf Ally Khan^ qu'il trouva le temps de tourner son attention sur la Gréorgie et d'y cha^ tier la révolte d'un vassaU

En 1795 9 il rassembla une armée considérable à Téhéran , et $e portant rapidement en Géorgie f y battit Héraclius, près de Tiflis^ et fit son entrée dans cette ville y avant que le général Gou~ dowitsch , qui commandait les troppes russes sur la li^e du Caucase^ eût p« arriver as^^ à temps pour s'y opposer '.

Le désir d'intimider les Géorgiens , en faisant un exemple efiErayant de leur capitale ^ porta Mahmued Khan à la livrer au pillage de ses sol-

* te gouvernement géorgien avait reçu Favis de Titivasion p^^sane as^ez à temps pour an donner connaissance aux Russes ; mais W souverain conime le peuple de la Géorgie redoutaient tellement la présence de leurs protecteurs , qu'ils préféraient encourir tous les hasards de la guerre sans leur assistance, que s'exposer aux maux certains qu'elle amènerait.

dais; d'un autre coté, Fenthousiasme religieux qu'il avait excité dans son armée , et la férodté naturelle à ses troupes, les disposèrent à |nx>fiter largement de cette licence.

L'impératrice Catherine II, irritée de Tacte de voigeance exercé sur la Géorgie, parce qu'elle s'était mise sous la suzeraineté russe, déclara munédiatement la guerre à la Perse ^ et l'année suivante , au commeneemait de l'été 9 le oomte Valéri^i ZouIk^ marcha ^ avec des forces imposantes, sur Derbend , s'empara de cette forteresse par un assaut, et reçut la soumission de Bakou > Kouba et Sohirvan , dont il changea les gouTerneurs. En automne > il renouvela ses opérations, passa l'hiver à Mo* ghan , et s'était emparé d'Anzeli (le port de Ghi-* laii) , de Lankeran, de Ganja et de l'jle de Sarée , lorsque Paul ^lonta sur le trotte et rappela l'armée .

Pendant ce temps, Aga Mahmed Khan se trouvait occupé dans le Khorassan; sur la nou* velle deg sucob 4e Z^ouboff^ il retourna avec célérité pour s'y opposer ; mais avant qu'il eût

( 8o) atteint le théâtre de la guerre , les Russes avaient déjà abandonné presque toutes leurs concfaétes '.

Ibrahim Kouli Khan , chef de Karabaugh , avait réussi jusqu!alors à retenir dans sa possession la place forte de Shisha; maisJes faabitans, las de subir un pillage systématique de leur pays d'année en année , se révoltèrent enfin contre leur chef, et-après l'avoir forcé de s'enfuir vers le. Daghestan, remirent Shisha entre les mains du shah , qui s'était avancé avec ; une puisssoite année pour envahir k Géorgie.

' U n'était resté que quelques jours à Shisha, lorsqu'il y fut assassiné par. un de ses domestiques qu'il avait menacé de mort , et le feu shah ,

' Le rappel de l'armée soas Zouboff, effectué par des instruotioas adressées séparément à chaque commandant de corps, sans qu'aucun ordre eût été transmis à ce sujet au comte lui-même , a été un de ces actes dictés par les bizarreries auxqudles Paul se livra en montant sur le trône , et ne saurait être considéré comme un abandon de la politique qui avait JTisqu'alors conduit la Russie à chercher une extension de ses limites du côté de la Perse.

qui lai succéda ^ fut trop occupé à con^lider '^rî pouvoir et à établir son autorité y pour, avoir pti continuer la politique hardie de son prédéces-^ seurt

£n 1798 y HëracUus mourut y dans la quatre^ vingt-quatrième année de son âge et la cinquante-deuxièneie de sou règne > laissant la couronne à son fils Gourgin Khan.

Le règne très court de ce déiriiier îa% trotiMé par la révolte de^son frère Alexandre ^ qui; à là tête d'une armée de Lesgtds , entreprit de s'emparer du royaume pour son propre compte avec le secours des Ruâses ; il fîit défait et fofcé de prendre la fuite; mais. les mon tagnasijs tonti* nuèrent de temps à autre à exercer leurs déprédations^ et Alexandre renouvela son entreprise^ jusqu'à ce qu'après avoir long-temps^ erré dans le Caucase en fiigitif ^ et essuyé une série d^aventuiles ,romanes€[ues , il parvint à s'échapper en Perse à travers la Turquie.

Dans le but, comme on disait , d'apaiser les dissensions qui s'étaient élevées dans ce royaume , l'empereur Paul publia (i8oo) un ukaze paï*

lequel on inoor^ra ' la Géorgie à l'empire russe. Catherioe avait garanti la coorOnne de Géoi^e à H<bt^clius et à ses successeurs > à tout jamais ; mais c'était là un acte d'impératrice qu'un ukaee d'^nperenu* pouvait annuler # L'année suivante j Gourgin^qui malheureusement pour ltti*-méme possédait l'esprit fier de sa race, dégradé aux yeux de ses compatriotes par les indignes trait^mens qu'on lui Ëusait subir ^ devint un objet de mépris ou de pitié pour chaque Géoiigien , et après avoir vainement cherché dans la dissipation un moyen d'échapper aux oha^ins qu'il n'avait

plus assez de fermeté d'esprit pour supporter , réduit aii désespoir, mourut à Tiflis*^ à peu {rires à la même époque oàt Pau) fut assassiné à Saint'^Pétersbourg.

' Il est singoliet que chaque royaume , principauté ou tribu sur lesquels la Russie a étendu ^ pmtettton , lui a toujours UfioatÀ ie iiiêiii« pféteaiOs ^ui^ feè Tàppro^et*. Telle tausé^ tel effet : cela n'a jamais manquéi

* La veuve de Gourgin, femme altièi^e, d'un esprit entreprenant et mâle, s'étant rendue suspecte au gouvernement russe, reçut l'ordre de se rendre à Saint-Péter&bourg. Elle refusa de f^y soumettre ; et lé génénd Lftzareff ayant été envoyé

L'empereur Alexandre , en montant sur le trdne y confirma Unkasse de son père contenant Ttncorporation de la Géorgie à l'empire russe , et envoya le général TsitsianofF, Créorgien^ de naissance ou d'origine^ comme gouyemeur général et commandant m chef dans les pro« vinces trans-caucasiennes. On peut inférer de quelle nature étaient ses instructions » par les mesures qu'il prit. A peine arrivé à Tiflis, il fit marcher des tronpes en Mingrélie^ qui se soumit sans résistance et fut immédiatement occupée par les Russes. L'année d'après, il fit une expédition contre Ganja et prit cette forteresse d'assaut.

Mahommed Khan Kajar, alors (1804) gouverneur d'Erivan , s'étant révolté contre son souverain , et apprenant* que le shah s'avançait à la tête de forces considérables pour le réduire à l'obéissance y invita le général russe à venir à son secours, promettant de lui Hvrer la forteresse

pour la forcer à obéir, et l'ayant, dit*on, saisie à bras-le-corps pour Tarracher de sa maison, fut tué par elle d'un coup de poignard.

OU d'y recevoir une garnison russe. Aucune guerre n'existait à cette époque entre la Russie et la Perse. Sept années s'étaient écoulées depuis que Futteh Ali Shah avait succédé à son oncle , et durant tout ce laps de temps , il n'avait pas même fait un efibrt pour défendre les provinces que la Russie avait successivement arrachées à son empire. Son attention avait été si exclusivement dirigée vers d'autres objets qu'il avait jusque-là négligé complètement le territoire appartenant à la Perse au-delà de l'Araxe ; et son premier mouvement vers ces pays n'avait lieu que dans l'intention de réduire à l'obéissance un serviteur rebelle^ un membre de sa propre tribu , et qui avait été long-temps au service de sa famille. Cependant^ sur l'invitation d'un rebelle contre son souverain et seigneur y l'armée russe, tentée par l'espoir de profiter de sa trahison, malgré qu'il n'y avait point de gueiTC eiitre

les deux gouvernemens, se mit en marche pour occuper Erivan. Tsitsianoff s'était déjà avancé jusqu^au couvent arménien d'Etschmiadzin, à la distance de peu de lieues de la forteresse , lors-

qu'il rencontra l'armëe du shah ; une action s'ensuivit, où les Persans fiirent battus et forcés de se retirer. Après cela, on investit Erivan, où Mahommed Khan ayant changé d'idée redisait de se rendre ; mais , par suite du manque de ▼ivres*, du tort que lui causaient les attaques passâgères lïiais fatigantes des Persans , et de l'aug-^ mefitation des maladies parmi ses troupes, Tsitsianoff trouva nécessaire de lever le siège et de faire une retraite précipitée , dans laquelle son armée eut à endurer les plus grandes fatigues.

C'était la première fois que les armées russes et persanes s'étaient rencontrées dans une ac^ tion générale , et c'est là que commença la guerre entre les deux pays, pour la possession de la Géorgie et des provinces limitrophes.

Après la retraite des Russes, Mahommed Khan capitula devant le shah , qui lui ôta son gouver* nement, mais lui accorda une pension dont il jouissait encore il y a peu d'années.

Au printemps de l'année i8o5^ l'infatigable TsitsianofTconquit la province de Sheki. En juillet , il entra dans le Karabaugh , où il rencontra

pw, de résbtanœ ; après avoir placé une garnison à Shisha y chef lieu de la province , il s'avança ^

en novembre^ avec un corps de trois mille hommes y sur Bakou , qui avait secoué le joug de la Russie. C'est aux portes de ceikte pbce qu'U fîit lâchement assassiné, en se rendant à une conférence à laquelle on l'avait invité.

La guerre qui avait commencé de cette ma«* nière continua y avec des succès divers, jusqu'en t8i4> p^i^ excepté la prise de Lankeran, dans la province de Talish, la Russie se trouvait alors 'trop engagée dans les afiaires de TEurope f pour pouvoir beaucoup ajouter à ,ses acqiii$itions territoriales du coté de la Géorgie y depuis la mort de son premi^ gouvenleur gé* néraL

On peut dire que les relations modernes de la Grande-Bretagne avee la Pserse ne datent que de la mission de feu sir John Malooim à Téhéran (1800), et les premiers fruits de cette alliance ft|rent les traités politiques et commerciaux conclus par lui l'année suivante, et par lesquels la Perse s'engageait à attaquer les Âf-

( 87 ) ghans^ en C3as qn'ib voulussent cfnvahir nos pos^ sessions aux Indes comme ils en faisaient alors la menace y et d'exdure les ï^rançais, ayec lesquels nous étions à cette époque en guerre , du golfe Persique; Mais ce n'était là qu'une mission ^ciale ; aucun ministre britannique ne résida d'une manière permanente auprès de^Ia cour de Perse pour maintenir ^influence que nous y avfons acquise. L'Angleterre n'était connue au gouvernement persan que comme une puissance en possession des Indes , et le pouvoir çt Finduenee qu'elle exi^^it en Europe cohtinûaioit à rester innappréciés.

Le shah, se voyant hors d'état de teniv tète à la Riirssie^ adressa une lettre à Napoléon , par» venu à cette époque ( 1 8o5 ) au zénith de sa glcMre , et lui es|»rima le désir d'entrer en alliance avec l'empire français. La Terse était alors si peu connue m Europe, que la cour de Paris ne sa^ vait même pas si la personne qui avait adresséi cettrlettre possédait le rang qu'elle s'arrogeait y et M. Jaubert fut expédié à Téh^n pour reconnaître la situation du pays et apprendre qui en

( 8» ) était le souverain. A son retour , un nommé Mirza Reza y bomme de peu d'importance , mais le sçul individu d'une certaine éducation et.in- . teUigeiîce qu'on pouvait engager à faire le voyage de Paris^iut chargé par le gouvernement persan d'une mission auprès de Napoléon y qu'il accompagna à Tilsit y et ^veç lequel il conclut tin traité ratifié à Finkenstein en mai 1 807.

Vers, le même temps, Mahommed Nebbi Khan fat envoyé auprès du gouvernement' anglais aux Indes y pour réclâftaier son assistance contre la Russie ;, mais cette mission. nk)btint aucun sucr ces 9 et la Perse, perdant ainsi tout espoir d'être recourue par son ancien allié , n'etit d'autre alternative, que de se jeter dan;5 les bra3 de U ^ FrancQ. * *

Les possessions de la Grande-Bretagne aux Indes étaient devenues, d'une si grande importance , qu'on pensa qu'une attaque dirige contre «^lles devrait aflfecter^e pouvoir de l'Angleterre enEuropie; etNapolépn, tournant par conséquent son attention vers l'Asie, saisit* volontiers l'ocça>lon qui «s'offrait d'établir des relations aveo^

la Perse, relations qu'il considérait à juste titre çommedesdémarchespréliminairesetnëcessaires pour des desseins qu'il pourrait méditer contre les Indes. Cet objet parut d'une si grande conséquence à ses^yeùx et aux yeux des personnes qu'il avait consultées là^dessus y que l'ambassade de Pa:*se fut un moment destinée à son frère le plus capable et le plus distingué ' ; mais en définitif, on la' confia au général Gardanne , et. il faut repdre cette justice au général ainsi, qu'à tous les membres de sa Botission , qu'au milieu de circonstances fort embarassantes et difiiciles qui les entouraient, ils surent obtenir le respect de leurs adversaires eux-mêmes.

La non réussite de la demande de secours , adressée par la Perse au gouvernement anglais dans l'Inde, la gloire- de Napoléoln,^la promptitude avec laquelle il ent;ra en alliance et les promesses qu'il faisait, tout cela concourait à as$urer au général Gardanne^ une réception brillante. L^s officiers qui accompagnaient son am«

\ Lucien Bonaparte. «

( 9^ ) basfiade furent chargés d'introduire y pour la |^e*^ mière fois^ la dî^oipliniç européenne cbtna V armée persane. Des ingénieurs français construisent les premières fortifications régulîère&(|ai eusaent jamais été élevées en Perse ^ «t là ^ connue parr tout ailleurs , ils déployèrent ce§énjie militaire 9 ce zèle et cette intelUgenoey gui obtde tout iem^^ distingua la nation française*

Une brillante ambassade fut «nvayée df) Téhéran à Fari»; elle était cbaxigée de présma précieux et di^es de oekû à qui ils étak»t d^s^ tinés. L'ambassadeur persan offrit à l'empereur deux sabres qui avaient été portés, Tuu par Ti« mour (Tamerlan)^ Vv^rf par Nadir SbaJ>> déclarant, de la part de son m^tre , qu'il les remettait entre les mains de oebu qui méritait l^ mieux de les posiéder»

Le succès de la mi^ion du ^néral Gardaium força le gouvernement* Inritannique à prendre des mesures en Eunope et m Asie^ pour d^ jouer les vues de Kapoléon ; e^ çè n'est que de^ puis cette rivalité - de la France et de l'Angleterre , dans, le but d'acquérir un ascendaut dans

(90 les conseils du shali y que datent les relations po^ litiques entre la Perse et l'Europe.

Depuis oe temps y la Perse devînt inséparablement liée à la politique européenne^ et^ bien que les droonstahces qui y les pi^emières y Yj avaient introduite y eussent cessé d'exister y d'autres se sont élevées depuis qui ont dû continuer à opé-' rer avec autant de force et avec beaucoup plus de suite y pour l'attirer de jour en jour de plus en plus dans le cercle des calculs des ealnnets européens. C'est ea vain qu'on tenterait de hoft^ ner l'influence de la Perse à l'Asie seulement. Les limites qui la séparaient de l'Europe ont été /firanchies, et aussi Ion g-^temps qi]& l'Angleterre retiendra les Indes , et la Russie sa force militaire actuelle y l'intégrité et l'indépendance de la Perse sera , poui^ l'une de ces deux puissances y un objet d'une importance vitale , pour Tautre^ une formidable entrave au plein exercice de son pou* voir;

Sir John Maleoim^ dont la r^utation était suffisamment établie par sa mission précédente , fut choisi par le gouvernenient de Flnde anglaise

(90 pour regagner la position perdue à la cour de Téhéran;, mais telle était l'influence que Tambassade frajiçaise y avait acquise , qu'avec tout le talent éminent et la grande, libéralité qui distinguaient le caractère personnel de sir John Malcolm^ et toute l'estime qu'il avait su se concilier anciennemevit ches^ le shah et sa nation y il ne put même se procurer un accès à la cour ; et après avoir épuisé sans^ succès tous les moyens diplomatiques y il retourna aux Indes dans le but de rassembler une armée pour appuyer les vues de son gouvernement.

Sur ces entrefaites ^ sir Harford Jones fut chargé d'une mission de la cour de Londres au-\ près de celle de Téhà:*an ; et l'ascendant supérieur d'une mission provenant directement de la couronne^ ses propres talens et soh adresse y joints à l'influence des amis qu'il s'était faits en Perse dans un voyage entrepris précédemment pour affaires de commerce , les inquiétudes conçues par le shah sur les menaces d'hostilité» du côté de l'Inde, et surtout, l'impuissance de l'amtvissadeur français de remplir les promesses faites

(95) par son maître^ assurèrent à sa mission un ac-* cueil favorable^ et forcèrent^ en définitif^ l'ambassade française à se retirer '•

L!expnlsion des français de là Perse y à mie époqae où cette dernière soutenait encore sa guerre contre la Russie^ mit fin pour un certain temps à toute concurrence y par rapport à l'amitié du shah ; et le succès de la mission anglaise amena une alliance entre la Grande-Bretagne et la Perse 9 confirmée par un traité prélimi» naire^ pour la ratification duquel un ambassadeur persan frit envoyé à Londres y où il n'y en avait pas eu un depuis près de deux siècles ' .

Au retour de sir Harford Jones (1811)9 sir

' Napoléon reprocha au général Gardanne d'avoir quitté la Perse quand il lui était encore possible d'y rester, quoique pas à la cour du shah ; mais l'influence qui avait amené son éloignement de la cour gagnait journellement plus' de terrain, et aurait fini par l'expulsier du pays , quelques mesures qu'il anrait pu adopter.

* Sous le règne de Shah Abbas, une mission fut envoyée en Angleterre sur Tinstigation des Shirley , gentilshommes entreprenans, qui étaient entrés au service de ce monarque, et qui jouissaient auprès *de lui 4^une grande confiance.

Gore Ousely partit pour la Perse en qualité d'am* bassadeur extraordinaire du roi d'Angleterre. Un traité définitif fut condu sur les bases des engagemens préliminaires ^ mais avec des conditions plus avantageuses encore pour la Perse. Des officiers anglais remplacèrent les Français dans les armées du shah ^ et leur apprirent à combattre^ en plusieurs occasions , avec succès > contre les Russes. En attendant y on vit commencer la mémorable guerre ^itre la France et la Russie y guerre qui se termina par la défaite de Napoléon ; les relations amicales , par conséquent ^ qui fu^* rent alors nouées 4entre la Grande-Bretagne et la Russie , puisque les deux pays se trouvaient * engagés comme alliés dans le but de la délivrance de l'Europe, portèrent l'ambassadeur anglais en Perse à favoriser un arrangement dés différends qui existaient entre les 'cours de Saint-Péters*bourg et de Téhéran. Une médiation formelle de l'Angleterre fut rejetée par la Russie; mais on se servit des bons offices de l'ambassadeur, et un traité de paix fut à la fin conclu, en 1814^ à Goulistan , dans le Kdrabau^ , par lequel la

(95) Perse céda à la Russie les acquisitions feit^s par cette dernière au sud du Caucase ^ et s'engagea à ne point^eatretenir de force navale dam la mer

Gaapiemir*

Le» bases sur lesquelles ce traité avait été négo^* cié furent que chaque partie ccftitractante devait ntenir le territoire dont elle se trouvait en pos^ session au moment de la cessation des hQstilités. La Russie y en vertu de cet arrangement , pour avoir eu tine garnison à Lankeran^ aurait donc été etk droit de réelâmer une portion considéra*^ Ue du khauat ou seigneurie de Talish. Mais comme ce district avoisinait le Ghilan y que les - Russes avaient attaqué à trois reprises ^ occupé Itmporairement deux fois ^ et dont ils convoi* talent toujours la possession y le plénipotentiaire persan refusa d'accepter ces bases ^ à menus que Talish n'en fut exclu. Le général Ritescheff, alors gouverneur général y ccmimamlant. en chef en Géorgie et plénipotentiaire russe y objecta à cette occaskm que ^es instimctions faisaient de l'adoption de ces bases une question sine qua non y mais qu'il prenait sur lui de garantir so-

(§6) lennelieihent ^ si l'ambassadeur persan les acceptait ^ la restitution de Talish y comme un aete de grâce de la part de l'empereur, en. faisant de plus entrevoir l'espérance que d'autres provinces pourraient encore être rétrooédées. L'ambassadeur anglais, ayant connaissance de ces négociations et satisfait de lasincérité de Ritesohefi^ se crut suffisamment justifié à fortifier les Persans dans leurs confiance, et à les assurer que les lk»is of-^ fices de son gouvernement seraient mis en œuvre auprès de la cour de Saint-Pétersbourg,- de otanière à^ obtenir un arrangement relatif aux questions de territoires, non seulemeiit' conforme aux promesses positives du général Bites^ cheflf, mais encore aux errances plus favorables qu'il avait mises eh avant.

Le gouvernement persan, accoutuuié à placer la plus entière confiance dans l'honneur des Eu-

ropéens, et. n'ignorant pas l'assistance libérale que l'Angleterre venait de prodiguer à la Russie à l'heure de son humiliation et de sa déb*esse > ne douta jamais un seul moment , ni de la bonne foi de RiteschefF ni de la gratitude d'Alexandre «

(9-7 ) L'ambassadeur envoyé à Saint-PëtersiioUrg avec le traité ratifié fut chargé d'arranger l'évacuation de Talisch avec le gouvernement russe^ et de se prévaloir des oons offices de l'ambassadeur anglais pour ni^ocier l'évacuation desi autres parties du territoire cédé en vertu du dernier traité^ comme le plénipotentiaire dé la Russie l'avait fait espérer au shah et à ses ministres, iiord Cathcàrt^ nunistre britannique a Saint- Pétersbourg<^ fut autorisé par son gouvernement à appuyer ces négociations; mais ses efibrts secondés de tout le poids de son influence publique et privée ^ aussi bien que toutes les sollicita-^ lions de l'ambassalde de Perse, ne purent obtenir de V empereur la cession dun seid pouce de ter^ rain^ et l'on répondit en définitif que le général YermolofF, nommé ambassadeur près du shah et gquvjemeur général commandant en chef en

Gréorgîe, discuterait la question avec les minis-^

très persans à son arrivée à Téhéran. Le général, une fois arrivé en Perse, ne voulut consentir à aucune rertitution : toutQ3 les acquisitions de

la Russie restèrent donc, ainsi en son pouvoir.

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