‹ Progrès et position actuelle de la Russie en Orient;Chapitre 6 sur 12 · III · texte numérisé non relu

III

néral rti^se *, espérant intimider les insurgés, usait de peprésa^ilies et faisait exterminer des vifla§Bs entiers^^ lovsipi'on aoupconnait de crime iw seul é^ l^irs hsd>itans« Malheur aux enthou-^ ^ii^stes rel^[ieux qui prêchaient « la guerre au nom de la foi T» S'ils toonbaient prisonniers ^ on le&éT6ntraitviTan%QUQn les pendait par lespkd» juaqpi'à ce que la mort s'ensuivît. Cependant toutes» ces barbaries retrempaient seulement Tes* pritde résâsiamee chez les montagnards^ et ins[H«raient en même temps hi haine contre les Russes à foutes les classes des mabométans qui ne pre-* naifint point parti à la guerre.

Des individus isolés se déronèrest à une morf certaine pour veiner leurs frères immolés , et le général russe Lessanowitseh y fut assassiné avec plusieurs des officiers de sa suite y au ifnilieu de ses propres gard^, par tm f^naticpie qui était tout glorieux d'avoir ainsi lâérité la plrline du martyre. L^ Russes virent y dans )em*s excnr^on^ de montages , des d^lés d^ndus vigoureusement

' Yefmoloff.

par des f^nmes , et ides postes fortifiés de la ligne du Caucase furent plus d'une fois sar|)ris et détruits par des tribus de Kabàrdiens, La route de Stavropol à Tiflis y leui* princi]^al chenlin de communication 9 ne put être traversée qu'avec de l'artillerie^ et la route de Bakou 'à Kizlar n'était accessible qu'à une armée* Lés câCes de la mer Noire ^ depuis les «frontières de la Mingrélie jusqu'au bosphore Cimméric»! , étaient en pleine révolte^ et les Gircassiens de l'Ouest n'ont jamais déposé leurs armes. La ville de Kizlar^ située à l'embouchure du Térek^ fut pillée par les Lesguis , et les vignes de la Kakhétie y au sud du Caucase , ne se trouvaient point à l'abri de leurs incursions. Tel était le succès 4u système russe « à concilier les différends qui qui déchiraient le Caucase et les provinces avoisinantesy » vingt-*cinq années après l'incorporation de la Géorgie à l'empiire.

Le traité de Goùlistan n'avait point â^Sni la ligne de firontière entre la Russie et la Perse de manière à ne laisser matière à controverse , et la désignation des ^commissaires pour la dé-

(ii5)

tnarcation définitive avait été retardée $ous dif^ férens prétextes y jusqu'à ce que le souvenir de ce qui constituait ie véritable sens du traité se fàt affaibli et presque eflSicé. Aussi ^ lorsqu'on nomma enfin ces commissaires , on vit s'élever entre eux des disputes interminables^ et le gou<vernement de Géorgie réclamait d'insignifians morceaux .de terre avec autant d'opiniâtreté que si l'existence de l'empire russe en avait dépendu.

Ces discussions donnèrent lieu à de violentes

disputes y soutenues d'un côté avec toute l'âcreté d'une fierté blessée, de l'autre , avec l'insolence d'un pouvoir qui sent sa force. Diverses lignes de frontières furent successivement proposées par l'une des deux parties y et rejetées par l'autre. Des commissaires se réumssaient,et se séparaient^ saqs faire avancer l'affaire en litige ; les agens du prince royal venaient à Tiflis , on transmet-^

tait des instructions au chargé d'affaires russe à Tal^riz y fians que la question eût fait le moindre!

progrès.

Enfin tout paraissait arrangé , et la proposi«

tion du chargé d'afiàires russe avait été déjà acceptée par le prince royal, lorsqu'il se trouva que l'agent russe avait outre-passé ses instructions , et que le général YermoloflT refusa de ratifier les engagemens contractés par M« Mozarowitsch.

On crut de rechef avoir écarté tout sujet de différends, un engagement en forme ayant été agréé par l'agent du prince royal à Tiflis ; mais le shah lui refusa sa sanction.

Pendant^ l'été de i8a5, M. A^ozarowitsch reparut au camp du shah . dans le but d'obtenir la ratification des termes convenus entre Futteh Ali Khan et le général Yermoloff* à Tiflis , mais il n'y réussit point. Dans l'automne de la même année , M, Mozarowitsch quitta la Perse, et bientôt le gouvernement de ]a Géorgie, agissant, d'a- |)rès son dire, en vertu du traité conclu avec Futteh Ali Khan , occupa militairement le pays qui lui aurait été dévolu si le traité eût été ratifié.

Une partie de ce pays consistait en un terrain inhabité, appelé Gpkcheh, qui borde le lac de Gokcheh ou Sevan, et dont on n'avait pas disputé la possession à la. Perse depuis la conclusion

de la paix. Des piquets russes y avaient été jJacé,s quelques années auparavant , afin de prévenir la désertion dçs tribus nomades qui paissaient leurs troupeaux dans le voisinage; mais on retirait ces piquets pendant l'hiver. Sur les réclamations du prince royal au sujet de cette occupation militawe d'un territoire persan , le général YermolofF répondit en convenant de la justice des ob-servations du prince , mais s'excusa sur ce que cette mesure n'avait été prise que dans un intérêt commun aux deux pays^ et oflfrit de retirer le détachement de ses troupes si son Altesse Royale le jugeait convenable.

La Russie continua néanmoins à occuper ce terrain y au mépris de toute raison et de toute justice^ et expliquait cette occupation par un engagement qui n'avait pas été ratifié.

Aussitôt que la nouvelle de l'occupation de Gokcheh fut parvenue à la cour de Téhéran, un personnage de marque fat envoyé à Tiflis pour protester contre et demander une évacuation de ce terrain , au moins jusqu'à ce qu'on en eût appelé à l'empereur. On s'y refasa. L'envoyé per-

( "6 ) sian demanda alors la permission de se rendre à Pétersbourg y mais il ne put non plus Tobteiiir y et on lui répondit que la Russie n'abandonnerait le Grokcheh que lorsque la Perse lui aurait cédé le territoire de Kapan.

Kapan avait depuis la conclusion de la paix appartenu à la Perse^ mais Ift Russie y avait aussi^ depuis quelques années , élevé des prétentions que les commissaires de démarcation se trouvaient appelés à décider. Les droits de la Perse à la possession de Kapan étaient pour le moins aussi bien fondés que ceux de la Russie ^ et même plusieurs cartes russes officielles désignaient ce pays comme appartenant à la Perse : il était donc d'une injustice évidente de s'être emparé d'une propriété incontestable de la Perse ^ et de subordonner sa restitution à l'abandon des droits de cet état sur un autre point.

On annonça y sur ces entrefaites y la mort de l'empereur Alexandre ; et la confusion qui s'ensuivit y lors de l'avènement de Constantin et de son abdication en faveur de Nicolas , suspendit toutes les discussions.

Aussitôt que le pouvoir de Nicolas fot établi , la Perse se prépara à envoyer une ambassade à Saint-Pétersbourg pour complimenter le nouvel empereur et arranger définitivement la question des frontières. Mais avant que ce projet eût pu être mis à exécution y on reçut la nouvelle que le prince MenzikofT était en route pour se rendre à la cour de Téhéran , y annoncer l'avènement de Nicolas et terminer les différends entre le gouvernement de Géorgie et la Perse.

La cour de Téhéran avait commencé à se convaincre de plus en plus que la Russie persévérait dans l'intention d'agir en dépit de toute justice et de ne regarder que ses convenances et ses, avantages dans toutes les questions relatives aux frontières. Les plus récentes représentations de 4a Perse avaient été traitées avec légèreté par le gouvernement de Géorgie, ou même en avaient provoqué des réponses arrogantes. On était allé jusqu'à insulter la personne du prince royal dans des lettres adressées à ses serviteurs y et tout paraissait indiquer que le général YermoloiT, si non l'empereur, voulait pousser les choses à

( 118 ) l'extrémité. En lîiéine temps y il se répandait un bruit que la tranquillité de l'empire russe venait d'être troublée, qu'une guerre civile désolait SaintrPétersboupg , et que toutes les tribus du Caucase s'étaient levées en masse pour conquérir l'indépendance.

On n'ignorait point d'autre part que les sdbus des autorités russes en Géorgie , et leur déraisonnable intolérance à l'égard des opinions re-^ ligieuses de ses habitans, y avaient produit de graves mécontentemens. Des chefs de tribus et de districts avaient même fait des propositions à la Perse et l'assuraient de leur coopération dans une guerre contre les Russes. Une foule de let» très, adressées par la population mahométane des provinces limitrophes au chef de leur religion en Perse , imploraient son intervention en leur faveur : aussi était-il venu en personne de son jsanctuaire de Kerbelae, pour engager le shah à prendre les armes dans l'intérêt de la défense de la religion. Tout le clergé de la Perse se joignit a son chef, et les mosquées ne désemplissaient pas de personnes de toutes les classes prêtant une

( "9) oreille avide aux prédications énergiques des mollahs ^ tandis qu'on menaçait le shah de toutes les malédictions du ciel s'il ne prenait les armes pour la cause sacrée.

Telle était la situation des afiaires lorsque le prince Menzikoff arriva dans le camp royal. Il fut traité avec honneur et distinction. Une négociation calme et modérée s'ouvrit aussitôt , avec le désir sincère dé la part du shah de la voir terminée amicalement sur tous les points en discussion. On avait efiectivement un vif espoir que tout s'arrangerait d'une manière satisfaisante y et s'il y avait quelques conseillers persans , qui , pour des vues personnelles^ auraient voulu pousser le shah à la guerre y la plupart et les plus influens d'entre eux désiraient ardemment l'éviter. Le roi luimême était de ce dernier avis; il avait donnée à la vérité, aux mollahs, l'assurance solennelle de déclarer la guerre à la Russie si celle-ci persistait à garder Gokcheh , car alors il aurait cru la guerre suffisamment justifiée ; cette assurance, néanmoins , ne lui avait été arrachée par lesdits

mollahs y auxquels il était incapable de rien re-* fuser ^ que dans la conyiction morale que Ten- Yoyé russe abandonnerait plutôt une place sans importance y et dont son gouvernement s'était emparé sans aucun droit, que de souffrir que cette querelle fût décidée par le glaive.

Mais à toutes les demandes au sujet de l'éva- .cuation de Gokdbeh , l'envoyé russe répondait qu'il n'avait ni iqstx'uctions ni aucun pouvoir à cet égard. II fut proposé alors de laisser ladite place inoccupée de part et d'autre, jusqu'à la décision de l'empereur. Mais l'envoyé russe pré- ^ tendit qu'il n'était pas autorisé non plus à y acquiescer, et mit fin à toute discussion en- déclarant que ses instructions ne s'étendaient qu'à des modifications insignifiantes du malheureux traité non ratifié.

Ceux qui appelaient la guerre à grands eris sommèrent alors le shah de remplir ses engagemens, s'il ne voulait manquer à ses sermens.

Les mahométans de plusieurs provinces russes étaient déjà sous les armes, et les chrétiens euxmêmes, dans une de ces provinces, offi^aient de

6*entendre avec la Perse. Les môtlahs ranimèrent Teuthousiasme des troupes, et la gueiTe fut commencée. Toutefois, alors même que l'armée était déjà en marche vers les frontières, elle am^ait été certainement rappelée ^ et la guerre n'aurait pas eu lieu , si le prince Menzikoff avait eu le pouvoir de faire évacuer Gokcheli. «1

Les événemens de la dernière guerre n'ont nullement autorisé la Perse à croire qu'elle puisse tenir en plein champ contre un ennemi aussi formidable que la Russie; et quoique. dans^ plusieurs occasions ses troupes aient mçqtré beaucoup de valeur, et prouvé combien eUes avaient pro&é de la discipline introduite par les officiers français «t anglais y il n'en esU pas moins vrai que la perte rapide.de plusieurs belles provinces , et l'imptiissance de tous ses efforts pour ébranler l'autorité russe en Oéorgie , ont dû indiquer à la Perse la nécessité «de se concilier l'alliance d'une nation qu'elle se trouvait hors d'état de repousser comme ennemie.

Si , pendant les guerres que la Russie avait à

soutenil' dans ses^topres possessions contre les armées françaises y la Perse avait eu un général habile 9 et si son gouvernement avait seulement développé une énergie convenable dans cette occasion y il n'y a pas de doute qu'elle eût pu alors reconquérir quelques unes de ses anciennes provinces. Mais le prince royal qui comn^iandait l'armée était trop jeune; d'ailleurs , un manque complet de combinaisons et d'énergie devait être la conséquence nécessaire de ces luttes continuelles que l'ambition personnelle ne cessait d'exciter en Perse parmi les nombreux princes et les membres de son gouvernement. Cette occasion fut donc perdue ; et quand la Russie , enhardie par sa résistance victorieuse au plus puissant de ses ennemis , et devenue l'adversaire le plus redoutable pour la Perse, entreprit une nouvelle invasion dans ce pays y il ne resta plus au shah, obligé de soutenir seul la guerre, que d'accepter toutes les conditions qu'il plairait à la Russie de lui imposer.

Dans cet état de choses , il était évident que la Perse ne pouvait être portée a faire la guerre à

une puissance qui y au milieu des circonstance» les plus défavorables , avait réussi à envahir et à s'approprier les plus belles et les plus fertiles de ses provinces; il était même probable que te shah Sjeixiit prêt à souscrire plutôt à tous les plans de la Russie , que de s'exposer à renouvder des hostilités dont il avait eu déjà tant à souffrir.

Quant à la Russie ^ il paraîtrait qu'elle avait adopté dès lors pour, principe de sa politique d'augmenter imperceptiblement son influence daiis le conseil du prince royal, et, sûre que son appui serait un jour nécessaire pour l'établir sur le» trône, ellene doutait pbiAt que, dans ce cas , elle exercerait en Perse une autorité absolue. Mais bientôt *Ia conduite rude, immodérée et injuste du gouvernement de la Géorgie, tant k l'égard de cette province qu'à Fégard de la Perse elle-même , poussa l'une et 1 autre au désespoir. La Russie devait à la justice et à la modération (si elle avait le moindre désir de se montrer juste et modérée) d'examiner avec calme et impartialité les motifs des plaintes , et , s'ils

^étaient fondes^ de les faire cesser et désavouer. Au lieu de cela^ toute réparation fut refusée > et quand on s'adressa à l'empereur y il ne voulut non plus écouter les griefs. Son envoyé arriva y mais déclara qu'il n'avait pas dlnstructions pour le point le [dus important , et qui depuis plus d'une année était. le sujet d'une fâcheuse altercation entre les deux puissances. Il est Certain que ^ loin du souverain , ses ministres sont presque toujours plus jaloux de son pouvoir et plus violensi^ que le souverain lui-même; ils entrent eh discu$sion avec toute la chaleur et ' toute la virulence des passions personnelles, tracassent et accablent de leur autorité le voisin plus faible auquel ils ont af&ire; ici, cependant, rinjustice a été si palpable, l'agression si évidente, les négociations ont duré silong*temps, et les réclamations dès plaignans^ ont été û urgentes, qu'il est impossible de supposer que l'empereur ait pu personnellement ignorer tes faits, et , dans ce cas, rien ne saurait le disculper d'avoir participé au^c vue^ hostiles du gouver»neur général dé la Géorgie.

( 1^5 ) Xi' envoyé russe quitta la cçur ^.c^u sl^h; et comme quelques .mauvesoieiis Tenaient .d'é|re exécutés par Farmée suf les frontières du pays j on le retint un moment à ÉriTan ^ pour qu'il ne pût en informer son gouyeraement. U a'eut à se plaindre d'aucune autre ^flfense, et ïiussi);ot que les autorités de la frontière eurent annoncé à la cQut cette arrestation y elles obtinceqt l'ordre de. la faire cesser. Cependant les rnani* . festes de la Russie çt les colonnes de^es joonunoL furent remplis de plaintes contre la eoniduite de la, Perse y et contre cette violation du droit ' des gens* On en appelait au?c sympathies de l'humanité en faveur de la Russie; et comme les Persans n'ont point de galettes, toutes œs as^ sertions restèrent sans réponse. La guerre ccpitre la Perse, éclata à mie époque partkuU^reii^nt favorable pour la Russie. Elle se troiivait alors ^n paix avec l'univers entier. Les esprits turbutens dans l'armée^ qui venaient de livrer bataille à l'empereur dans les rues de Saint-Pétersbourg) et qu'il était impossible ou dangereuse de poursuivre où de punir , trouvèrent en Perse un

champ, librç pour épuiser leur ardeur. La partie irritée de la nation , au lieu de couver des idées de guerre civile , eut un autre objet d'occupation; ceux dont la loyauté était devenue suspecte trouvèrent Toccasion de se réhabiliter auprès du gouvernement; le nouveau règne commença ps^r des victoires et des conquêtes nouvelles; enfin lé succçs d'une prochaine expédition contre la Turquie , remise pour un momenC , allait être assuré par l'abaissement et l'hunsdliation de la seule puissance asiatique que ses propres intérêts et dangers auraient pu pousser à faire cause commune avec la Porte ; les trésors du shah renfermaient enfin assez d'or pour payer les frais de la guerre.

Page 1