CHAPITRE VI
Guerre entre la Russie ei la Porte, en 1806. — Traité de Tilsitt. •— Reprise des hostilités , en 1808. — Paix de Bukarest. — Congrès de ^Vienne. — Insurrection de la Grèce. — Congrès de Vérone. — Convention d'Akerman. — Traité d€^ Londres/ du 6 juillet 1827. — La Russie presse la guerre contre la Perse \ et la termine avantageusement par le traité de Turkmantschaï. -*- Positions militaires que lui procure ce traité. •— Guerre de 1828 et 1829 contre la Turquie. — Traité d'Andrivople. — Expédition concertée avec la Perse contre Khiva , empêchée par la révolution de Pologi^e. — Révolte de Mahomet Ali. — Traité d'Unkiar Skelessi , et ses conséquences pour les intérêts de la Grande-Bretagne.
La révolution française , la mort de Catherine, la folie et l'incapacité de Paul ^ la fatale catastrophe qui termina son règne, l'ambition enfin et les succès militaires de Napoléon , avaient pendant un cei^tain temps délivré, la Turquie , sinoti des intrigues , au moins des hostilités de la Russie, Hïais, en 1806, l'influence toujours crois-
santé de cette dernièt^e en Moldavie • en Vala- '. » * ^ •
chie et en Servie; la manière in^nodérée dont elle l'exerçait au détriment de la J^qrte; ses prétentions à intervenir dans les aflfàireg intérieures de ces provinces , qu'elle ne passait Jamais de faire valoir depuis que la révolte de Ç^ntetnir^ en 171 ijj, l'avait mise en rdatiou ^vec leurs habitans; son obstination, enfin à compléter ses régimens des \)es Jôniennes , malgré l'opposition de la Pwte, avec des recrues levées sur le territôire turc, et les torts graves qui en résultaient peur les cot^s yoi^ine^ desdites lies et pour les intérêts du Granjd Seigneur; disposèrent la Turquie ^ peut-éti^e sur l'instigation de )a France > ou du moins d^'accord avec les intentions de cet^e puissance y à déclarer la guerre à la Iki^sie, qui , à cette époque. Tenait dç prendre les armes potir défendre la Prusse envahie par Napoléon<.
Pour dégager les troupes russes employées contre la Turquie^ ^ {tP^r offrir à l'eBipereur Alexandre le moyen d au|gmenter ses forcqs dans le Nord contre l'armée française , le gouvernement anglais essaya d'imposer à la Porte, par la
C ï^9 ) force des armes, une paix désaTa'ôtdgeusef mais il n'y réussit point.. Les déinonstratioDS de<l'e»eadre anglaise contre Gonslsiatinoiile, et^l'expé-* dition d'Egypte (i SoG-y) , appartiennent aux opérations les moins glorieuses pour, les armes de la Grande-Brel;agne ; mais elles n'eurent lieu que pour satisfaire aux engagemens pris envers la Russie.
Néanmoins, à peine l'empereur Alexandre avait -il conclu les artâeles secrets du traité de Tilsit avec Napoléon , qu'aussitôt il accusa l'Ân^ gleterre d'avoir violé ses engagemens, et cette prétendue violation lui servit de prétexte à une déclaration hostile .et injurieuse pour la Grande^ Bretagne. C'est ainsi qu'après avoir ; humilié la Russie à Friedland , Napoléon ;avait réussi k;sè l'attacher a Tilsit/ eh souffrant qu'elle: s'indemnisât des pertes qu'elle venait. d'essuyer, par une portion de cette même Prusse donl elle avait pris là défense. Mais, tandis qu'il imposait à Alexandre l'obligation de prendre part à se^ hos^ tilités contre. r Angleterre., Napoléon connaissait trop l'impœiTtanGe de la Turquie, <t le gratid dan^
gsc de voir tsf Russie s'agrandir de ce cote, pour ne pas couvrir la Porte de sa protection. Le traité qui rendit la Russie son alliée et ennemie de la Grande-Bretagne, stipula aussi l'évacuation immédiate de la Moldavie et de la Valachie.
La dernière guerre que la Porte avait soutenue contre la Russie fiit désastreuse , comme toutes celles qui l'avaient précédée depuis Pierre !•'. Ses fiûrteresses furent prises , ses provinces occupées^ sa flotte détruite. La Servie prêta un secours actif aux Russes , et l'esprit turbulent des janissaires révoltés ébranla l'empire jusque dans ses fondemens. La Turquie cependant ne cessait point de combattre avec courage^ quoique sans succès, et déployait contre l'ennemi victorieuip: une force de résistance dont aucun état peut-être^ en des circonstances semblaUes , au lïdlieu de commotions intérieures, h'aixrait été capable* Néanmoins*, ilestprobableqiiec'e^t l'intercession seule de Napoléon, qui , dans cette occasion , lui épargna la perte. de ses provinces au«-delà du Dvh nubè, de même que les démonstrations sérieuses de la part de l'Angleterre et de la Prusse l'avaient
( »3i ) sauTée de plus grands maux encore , dans la guerre;pi^cédente.
La paix que Napoléon obtint pour la Turquie, à Tilsit, n'eut pas une longue durée. Les hosti-* liiés recommencèi^eDt en 1808. Après plusieurs années d'une gnerreoù, déSiytiTement, tous les avantages forent du c6té de la Russie, cette puissance voyant, en 1812, sou territoire envahi par Napoléon, sentit latiécessité de conclure un ti^ité de paix à Bucfaarest, qui néanmoins poussa ses* frontières jusque sur le Pruth, garantit à ses bâ« timens de commerce la navigation sur le Danube, et à ses vaisseaux de guerre, le droit de i^emontêr ce fleuve jusqu'à l'embouchure du Pruth , stipula une atenistie pour les Serviens qui avaient pris parti pour elle dans <iette guerre, lui garantit la démolition des forteresses nouvel-* lement élévëespar les Turcs en Servie, et engagea la Porte à lui offrir sa médiatîdii vis-à-vis de la Perse. L'eftipereur, de son côté, consentît à reitituer aux Turcs la ville d'Ânapa et plusieurs aàtres places fortes sur la mer Ivoire, occupées pendant la guerre ; mais cet eng^getaieM ne fut
jamais rempli y et la mauvaise foi déployée par la Russie pour l'éluder devint une des causes de discorde qui , en définitif ^ amenèrent une lutte nouvelle.
Ainsi, après une guerre coûteuse et sanglante^ qu'elle avait elle-piéme provoquée, la Russie fut , par l'intervention de Napoléon , encore une fois privée des résultats qu'elle se promettait de ses victoires sur la Turquie. La Bessarabie seule agrandit son territoire, mais elle obtint dans un moment critique l'avantage inm^ense de faire marcher So^ooo hommes , des rives du Danube , contre l'armée française.
Les trois dernières guerres entre la Russie et la Turquie furent terminées par l'intervention , soit pacifique, soit belliqueuse, d'une ou de plusieurs puissances européennes en faveur de la Turquie; car la nécessité de maintenir son indépendance, comme un desélémens de l'équilibre des forces en Europe, ftit de tout temps regardée comme un axiome politique indispurt table et que les grandes puissances étaient décidées à faire respecter.
Lasse des guarres qui l'avaient si long-temps accablée^ et aspirant au repos, l'Europe chercha, au congrès de Vienne, à établir les relations internationales sur une base solide , à rendre par conséquent à plusieurs états leurs anciennes frontières y à restaurer l'indépendance de plusieurs autres > et à les. unir tous pari^ie alliance capable de leur assurer cette tranquillité qui était le premier de leurs vœux. La France ayait été leur ennemi commun : aussi l'esprit d'hostilité envers elle, ou plutôt envers son dernier maître, forma-t-il lé lien qui unissait tous les autres peuples. Il fut indispensable de la dépouiller des conquêtes dont elle s'était enrichie aux; dépens de ses voisins et par l'abus de ses forces : c'était à la fois prudent et juste ; mais cette justice de la part des. vainqueurs n'alla pas jusqu'à restituer de leur côté d'injustes acquisitions, et rétablir des . royaumes indépendans qu'ils arvaient euxmêmes violemment renversés etiiémembrés.. La France perdit ses. conquêtes^ et l'Angleterre rjsstitua les. colonies, étrangères dont elle s'était emparée dans les. deux hémisphères^ mais la Rus^
sie n€ r&^i^ rieo : elle giorda U Fiplaiv^^ la Pologne et toutes ses conquêtes en Turquie et en Fet^y et à l^i seul^ propo^iticm de restaurer ^aP'^ cienue Folpgpe , les puiasapces co-partageautes répondirent qu'elle^ siTaient wt wàllioia de soldate à y opposer. La Turquie ne prit aucune part dana .ce& négodiationa et ue gagna rien à ces arrangemem; seulement eih n'eut plua à crain^ dre de nouTdles hostilitës pour le moment ^ tant le désir de la paix fut générai; Ja Russie d'ailleurs avait besoin de quelques année» pour réparer ses foroes épuisées par les demîçra triompbes. Ce désir salutaire de conserver la paix avait même tellement pénétré dans tous les cabinets^ qu*ai|cune puissance n^eût pu prandre Ijes ai'mes , sans se voir arrêtée dans ses projets par l'influence morale y sinon par les forces de la communauté européenne; la TuitpMe done^ quoique ne faisant pas partie de. l'alliaiK^e qui s'était chargée d'assurer la pak à l'univers^ ne profita pas moins de cette force d'opinkm qui aurait re* gardé comme un crime la preiflière infracticm h la paix généi\ile. Toutes les nations s'engagèrent à
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soumeltré Jeurs quereUes à la décisidn.cies gr»n^ déft paissanoés eonservatrices du repos ptibli^ et des congrès s'assemblaient detemfis.en tenips> sur difl^rens points de l'Europie^ pcÉir tégkr If s dîffiôultës et tenbiiler âniioaleiaent les diâ^rends siurvenus entre les peuples.'
Aucuûè guerre internationale ne venait donc troubler ta^ paix de l'Europe^ mais il y eut de grayes 'ôommoiâons intéiiewes d«fis plusie^a^s pajs naiérîdionaux.:L'£i^agné fit une résolution , qui ftfit ' étouffée pan les wmées françaises. Le Portugal -&t occupé par T Angleterre pour contro^balancèr TinAucsice fiknçaise dans-la Pénk^ siile. Des réyplutioqs en Italie forent égaleûient: eompritnécss 9 non sans intervention étrangère'; et l'insui^ectioii' de Ifa Grèce engagea l'empila ottoman dans une longue hftte.
' La Kassie , pour am^er à smi but ^ avait plus d'ùç^ fois fèmettté la révolte ^!i* Grèce et dans; les autres provinces chrétiennes de la TiH*quié.^ Elle avait prouvé aussi en toute occasion coia^ bieii elle tenait à: conserver des intelligences arveo les Grecs, et, en 1Ô21, c'élfiient ses proprés of-
• (. i36 ) fioieiis y partis; pour organiser ^ ane * révolte . eo Turquie^ ^i y dmiiîèrent la première impulsion -au moiiiTemenl. Le gouTemément russe avait été le pins acf^f à'former cette alliance conservatrice de là paix qui lai ^tait alors si nécessaire; cependant après avoir faciKtS, si non excibé.> la.réirolte en V Grèce > il n'en affedta pas nioias de siiivreitoujours les mêmes principes, et offrit à:k Porte des secours pour étouffer une révdite que œlle-ci attribuait exchisivement à ses intrigues. Le Orand Sdgneur ayant ^ sans bésijber, rgeté cette proposition^ l'ambassadeur russe à Gonstantinople n'épargna plus aucun moyen pour amener une rupture^ parce que 'la Turquie persistait a voulotr étouâfer toute seule une insurrection contre laquelle la Russie lui avait ofièrt son assistance.
La Russie: lie se; contenta pas. d'accabler le goulieraemeht turc de toutes sortes il'indignités y et de suspendre ses relations diplomatiques avec lui, ses agens réveillèi'ent d'anciennes animosités entre la Perse et la Turquie, poussèrent le prince royal à envahir lempire ottoman , malgré l'bp-
( «37) position du. shah et les, conseils de la Grande-Bretagne, et essayèrent de justifier devant le père la déj^obëissauce du fils. Toutes ces démarches prouyaient. bien. Tardent désir, de la Russie, de proyoquer une déclaration de guerre de. la part de: la Turquie, mais les vœux. de l'Europe étaient encore ^constamment pour la .paix , et le congrès de Véiidne reconnut formellement au sultan le droit de refuser toute interyention étrangère entre Jui et ses , sujets , soit chrétiens , soit maluxmétans. La déeision.du congrès, dont la. Rus^e devait être la dernière, à récuser l'aotorité,. fut annoncée officiellement à la Porte par Tambasçadeur britannique, et dès lors la question paraissait étre?iiésolue. Mais bientôt la sympathie toujours . croi^j^te des . pojmlatîons chrétiennes de l'Europe pour les Grecs, accar^ Ués par des forces supérieures, parut pouvoir nQi|U*aliser les intentions % pacifiques des gouvernemads, et enlever à la Turiqfuie toute leur bîenyeillsiiic^ et même l'espoir d'être jugée sans piré^ventifp. La Russie s'aperçut aussitôt . de l'avantage que la popularité de la cause grecque ne
pouvait manquer de lui 'donner vIs^M^is des paiissances contraires à $es projets, et alors il ne resta plus à cell^^d que Faltemàtîvë, ou de lui interdire par la force des armes toute 'intervention en faveur des Grecs, à laquelle elle semblait déterminée à recourir, ou denîettre lïlri frehi à son ambition , en s'associam aved die pour négocier ensemble le rétabli^eâiient de k poix dans le Levant, de manière qu'en agissant d'acoord pour obtenir œt objet avoué de' ses è6\lioiludes , on put limiter à cel chjetse^ s<m intervention. L'Angleterre etia Fiance invilèt^t donc l'empereur Nicolas, qpr venait de^motater sûr le trône, à s'unir à elles pour rendlt^ie repos àla Grèee; Pat* un protocole signé à Saiiît*Fé^ tofsbourg, les trois ' puissances s'oAligès^nt de n'iutervetrir que 4'un^m$niè£*e pacifique ^ tre le sultan et èes sujets r^ieÛes. Lofâqùecelut^cirefma toute médiation de leur pan, les tt^is pui^ sanées, se fondant sm^ le toï^t qu^é^rdUVâfit leur commerce dans la Méditerranée par suite de la piraterie des Grecs, conclurent. un ^tr^ilé à Londres, le 6 juillet 18^7, par leqtiel' elles s'eùga-
( '39) geai^dt récipiroqueixieQt à rélaklii*, mènon^par la guerre é elle détenait indispensable , la paix entre) la^Porteel lesGrecsi à des oonditions dictées à la fois aux deux parties.. Cette convention alir^ pulait cependant la suzeraineté de la j&rèee et un tribut^ anni^ej ^n j(ay?ar du aultau. .
Mais la Russie s'ét^iit i^éserré une. disons sioQ particulière ^ivec la. Porte. : • elle. «e. disait fondée à lui dem^^Mier rexéciràon' de certains articles du trd^té . de BuQharest i f»r i»ppûirt au gauTfarufmeiitiutérievu:' desiprovincBs chrér tieunos du uiurd^eat de la- Tucquiey tandis que çelle*Tci réclamait à son tour'la.ifeatitnfsoa des forteresses sur la mer Koire que la Bnssie s'était engagée, paç le même traité ^ d'efl^tuer, e% qu'eUi^i gardait néanmoins idepnis qnatorse an* nées, en dépit des promesses les^jrfus aoletinelleis. La Foorte parut ne pas vouloir se désister de ses droitaj m^ia lorsque la Russie , prête à la guerre, lui pKiëfenla son ultimatum , elle accepta inôpi-^ nément. Des plénipotentiaires se réunirent à Âkerman en Bessarabie , et la Turquie y accepta la conventicMi proposée par la Russie , à la condi»
tien expresse que celle-ci renoncera k sou tour à toute intervention 'dans les af&ires de la Grèce. Remarquons que la Russie y accéda quelques mois seulement après avoir signé le traité de Londres^ qui l'obligeait, tout au contraire, à intervenir dans ces affaires , même par la forée des armes ,' s'il était nécessaire.
Les ambassadeurs des trois puissances, en communiquant à la Porte les stiputatioas du traité de Londres , nç lui dissimulèrent point <pi'en rejetant leur médiation , elle les forcerait « de recourir à des mesures qu elles jugeraierU les plus e£icaàes pour nsettre fin à un état de choses incompatible aussi bien avec les vrais intérêts de la Sublime »Porte elle-^même , qu'avec la sécurité du commerce en général et la parfaite tranquil- Iké de l'JEurope u.
La Turcpiie vit dans cette note l'équivalent d'une déclaration de guerre , si elle refusait une proposition qui lui sembktt également injuste et
' Le gouvernement tare a publiquement affirmé ce fait, et s'en est référé aux protocoles quant à son exactitude ; la vérité de cette assertion ne fut pas publiquement démentie.
injurieuse. Aussi le sultan fit-il* immédiatement des préparatifs de défense : il rassembla une armée à Gonstantinople^ fortifia les batteries sur le Bosphore et les Dardanelles^ renforça la garnison de Ténédos et s'occupa promptement des améliorations de la discipline parmi ses troupes. Les ambassadeurs des puissances les plus favorables à la Porte lui représentèrent en vain, à plusieurs reprises y la nécessité de céder; elle persista obstinément dans la résolution de ne point sapctionner une intei*vention étrangère dans les afiaires intérieures de son empire. Cependant il était évident qu'elle s'attendait à être attaquée par les puissances alliées : sçs préparatifs de défense et son langage ne laissaient aucun doute à ce sujet. Le lo septembre, le reis^efièndi, interrogé par le dragoman de l'Angleterre sur les intentioBs de son gouyernement , répondit : « Dieu et mon droit y c'est la devise de l'Angleterre : quelle autre devise voulei^voiis que nous cboiâissions^ quand vous vous proposez de nous attaquer? »
La nojôvelte de la bataille de Navarin fiit suivie de celle ^ d'une attaque de l'Ile de Scy-
ros^ par les Grecs. — La Porte Ottomane demanda satisÊiction des pertes qu'elle avait subies , et de l'atteinte portée a «on honneur; eUe pe»ista en même temps à rqeter l'interrention des puissances alliées dans les afiàdresidè la^jrèoe^ déclarant que ^ juscpi'à ce qu'on eût» fmt <Ëroit àf ses demandes, elle interrônqiaft toute rdatton arëb leurs ambassadeurs. -^ En conséqucfnoë, tkté foûeliomiaire^ quittèrent CofÀtmtinople à la fin de décembre id27, et le aultan ne put qu'en infiérer» qu'il se trouvait dé^ en guerre avec l'ÂDgleterre,' la France et la Russie.
Les mesures que proposait la Russie pour donn ner effet au traité de Lèndre^ dévoilaient assez les rémltats qu'elle désirait obtenir* «^ Elle propo« sait d'occuj^er la Moldavie ^t la Vdîachie au nom desU^ois puissances, et même de faire marcher une armée en Turquie^ dans le biaft de « dstcter la paix sous les nâtursdu sérail. » w^ N'ayant point obtenu le consentement des autres^ puis-^ sahces à^des tnesu3*ës]^i violentes^, ni à d^s hosti-^ lités avouées contre 'k Porte > elle déclara que « quant à la manière ^'et^uter cet acte (le
i< traité de Londres) y elle ne consulterait que ses « propres intérêts et convenances. » Elle fut cependant obligée de rétracter ensuite cette dé** claration.
£u septembre de la même année ^ l'empereur ordiMina ime nouvette levée ^ raison d'une recrue par cinq cents habitans (pour la première fois y . on astreignit aussi les Jm£s à la conscription), et se prépara ainsi à la guerre qu'il méditait.
Mais la Riissiè y sentant que sa position en Asie serait critique au plus haut degré, si sa lutte avec la Turquie devait commencer avant qu'elle eût mis fin à celle avec la Perse , dési-^ rait téominer. avant tout cette dernière; et les succès obtenus par ^es troupes dans l'automne de 1827 la mii^ent en mesure de dicter des ùotr-* ditions au shab. -
La^erre avec la Perse tarait son origine d'une violation dn territoire persan par le gouverneur général de Géoi^e , et de disputes sur la question de& frontières, qm n'ont jamais été suffi'^ samment détèminées suv tou» les points, et
qui depuis douze ans se-trouvaient être un objet de discusaîon ^ la possession de la rive droite ou méridionale de l' Araxe étant l'objet réclamé des deux parts.
Dans les négociations préliminaires au traité de Turkmantsehaï, par lequel cette guerre fut terminée (en février 1828)^ la Russie^ en dét^ avouant tout désir de conquête , et représentant comme injurieuse toute imputation de vues d'agrandissement de son territoire ^ qui, à l'entendre , se ti*ouvait aussi étendu qu'elle pouvait seulement le dcSsirer y- alléguait cependant que la crainte d'une collision future avec la Perse l'obligeait à établir une ligne de frontière si nettement tracée y qu'elle ne pût plus fournir ma-tière à aucune dispute y et qu'à cet efièt elle ne pouvait balancera adopter la ligne de l'Âraxe comme la seule limite définitive.
La Perse fut, par conséquent, non seulement contrainte de payer tous les frais de la guerre, mais eut encore à céder les importantes et riches provinces d'Érivan et de Nukchivan, en y comprenant les deux forteresses d'Érivan et d'Ab-
basabad , par la raisoQ que la tranquillité future des deux empires exigeait que le fleuve Âraxe servît de frontière. Les sacrifices de la Perse étaient immenses y mais elle n'était plus en
mesure de recommencer la guerre y et elle se consolait par l'espoir que, moyennant la perte de possessions d'une beaucoup plus grande va-* leur, elle recouvrerait au moins Talish et Moghan, provinces dont les Russes se trouvèrent expulsés par une révolte des habitans au commencement de la guerre, et qu'ils n'étaient pas parvenus depuis à occuper. — Mais cela n'entrait guère dans les vues de la Russie; et quoique ces districts n'eussent pour elle apcune valeur, et lui occasionnassent au contraire une grande dé^ pense annuelle, elle refusa de se désister de ses prétentions à leur égard , traita avec mépris les promesses du général Ritèscheff, et lorsqu'on lui rappela qu'elle avait exigé de la Perse la cession d'Érivan et de Nukchivan dans le but de fixer la frontière définitive sur l'Âraxe , et qu'ici elle violait )e principe justement reconnu y son unique réponse fut une menace de recom-
mencer les hostilités. La Perse, n'ayant point d'alternatiTe , céda. *
Le bût de b Hnssie y en s'assmunt de cette position, est assez évident. — L'Arasie est guéable à de courts intervalles , depnis Julfa , près de la grande route d'Érivan à Tabriz , ju$(fu'à iin gué appelé Yeddee Bolouk : plus bas il ne l'est plus nulle part. — En conservant les districts de Talish et de Moghan , la Russie s'assurait donc des possessions au-delà de l' Araxe , s' étendant au midi jusqu'à la frontière de Ghilan, depuis le point où le fleuve cesse d^étre guéable jusqu'à son embouchure dans la mer Caspienne : de cette manière, la partie la plus importante de la Persil se trou've exposée à une attaque dans chaque saison de l'année , et la Russie se met en position de s'emparer facileHient du Ghilan. Une preuve suffisante de ce qu'elle convoite aussi cette dernière province se trouve dans le fait qu'il n'y a pas seulement deux ans elle menaça de t'occupa? comme gage du paiement de l'indemnité de cinq cent mille tomans, due encore parla Perse*
La possession de Talish et de Moghan ne sau-
rait être d'aucune autre valeur pour la Russie , qu^en ce qu'elle lui facilite des agressions ultérieures , et , comme preuve de son importance sous ce rapport , on n'a qu'à citer la vigueur et Tesprit hostile des habitans de cette province qui avaient fait échouer tous les efforts de la Russie pour y établir son autorité déjà après la conclusion de la paix^ et qui l'obligèrent de recourir sous ce rapport à l'aide dé la Perse ellemém€.
Dans la province de Nukchivan y cédée à la Russie^ et sur la rive gauche de l'Araxe, se trouve la forteresse Âbbasabad y construite par un ingénieur français au service de feu Abbas Mirza. La Russie , ne se contentant pas de la forteresse, exigea encore la miise en possession d'une sorte d'ouvrage inachevé, et destiné à servir de tète de pont sur la rive opposée; elle soutint que cela faisait partie de la forteresse, malgi'é qu*il n'yeût jamais eu de pont construit devant elle ; et ayant obtenu cette redoute inachevée et intenable, elle établit là-dessus une * autre exigence , celle d'une esplanade pour le
pont futur et on lui abandonna un rayon de deux lieues à cet effet» .
Cette autre position au-delà de TAraxe ouvre à la Russie l'entrée, de la Perse par son flanc le plus ra^iproché de Kkoé, la plus importante foii;eresse de toutes celles qui restent encore à cet état. Khoé commande la seule communication dont on puisse se servir entre la Perse et la Turquie, le seul chemin ouvert à leur commerce , et par conséquent à celui de FAugleterre avec la Perse. — Son importance n'a point échappé à la Russie : aussi choisit-elle cette place comme gage du paiement de la dernière partie de l'indemnité qui seule pouvait procurer l'évacuation du territoire persan; et après l'avoir occupée pendant sa guerre avec la Turquie en 1828, dans le but d'intercepter tous les rapports entre la Turquie et la Perse, ce n'est qu'après le paiement de la somme stipulée, qu'elle se vit forcée, avec bien de la répugnance, de la rendre.
Par le traité de Turkmantschaï , la Perse s'engagea de nouveau à n'entretenir aucune marine
'( '49 ) sur la mer Caspienne. Cette stipulation fiit étsH blie sur un droit de prescription qui attribuait à la Russie le privilège exclusif de posséder une marine sur une mer dont te traité la déclare en possession « ah antiquo. » — Cette ancienneté ne datait cependant que de treize ans, puisque la Russie n'acquit ce droit exclusif que par le traité de Goulistan y conclu en 1 8 1 4* ^
La Turquie ^ en attendant ^ se sentant être en <langer imminent d'être attaquée par les trois puissances signataires du traité de Londres^ poursuivait ses préparatifs de guerre , et la Russie^ d'autre part ^ ayant fini avec succès sa . lutte avec la Perse, et en ayant reçu plus de deux milKons de livres sterling (5o millions'de francs) en espèces , ne fit plus mystère de son désir d'en venir à une rupture avec la Porte Ottomane* Elle avait entrepris en vain d'engager ses alliés dans des hostilités ouvertes avec l'empire turc , et ces mêmes alliés l'avaient , au contraire , forcée d'abapdonner les projets qu'elle avait annoncés d'agir séparément. A Vérone, elle avait consenti à envisager la question grecque comme
une que^ifîn d'tBtàiear pour la Turquie, %% une ^ttestiqp où aiiçuiie puissance étrangère n'ayait le droit de s'immiscer. Elle s'était portée cqplenddnt au dernier degré d'arroganœ et d'in* soleafice » dans l'espoir de prpvoquer le res^nti-ment du sultan eontre les outrages qu'elle multipliait à son égard. Enfin , après avoir plusieurs fois chanjgé ses vues et sa tactique, épuisé toutes les formes possibles de pro^opation ) et échoué dans tous les eflbrts pour arriver à son but, elh s^ décida , apm avoir tem^né ^ gctewe avec la Perse > d'en commencer une k tout prix avec la Turquie. Ses intentions là-dessus étaient dcK venues évidentes depuis long ^ temps, mais le moUf n'en avait p^s été ^en ^pprédé. 1} nous est dévoilé aujourd'hui. — ^ G^ n'étâiit ni sa sympathie pour les Grecs 9 ses coreligionnaires, qpil'elle avait tant de fois excités à la révolte , et piW abandonnés à leur destin ; ce n'était pas non j4us un soudain libéralisme, qui la rendit amie et jH^otectrice des droits populaires ; c'était une ferme et invariable persévérance dans la politique de Pierre-le-Grand , politique consistant
( «Si )
à s'éle¥er sur les ruina de la Turquie* Les rtformes du sultan ayaul réussi au-^^elà des espérances de ses amis ou des craintes de ses eii-r neniis, la Russie s'alarma > el craignit de toir échapper s^ proie , puisque ces améliorations intérieures d'une puissance voisine, jointes à la sympathie qu'elles excitaient «i Europe , pouvalent^ avec le temps, lui rendre toute attaque isontre la Turquie dangereuse, et même sa oon* ^éte impossible.
La vivacité du sultan, qui, après b bataille de Navarin, le départ des ambassadeurs et les préparatifs de la Russie, ne douta plus qu'il ne 3e trouvât eu guerre avec cette puissance , lui Ibumît le prétexte qu'elle convoitait tellement. La Porte, enfourée d'ennemis , avait adressé une cbculaire aux pachas commandant dans les provinces , dans laqueHe elle en appelait au patriotisme deff Turcs, et les engageait à s'ai^mer pour 1^ défense de leur pays et de l&xp reli^ gkm. Elle les informait en même temps, noii pas qu'elle avait été trompée par la Russie , ce qui était la vérité , mais qu'^u eontraîre elle
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avait réussi à tromper la Russie en signant la convention d'Âkerman dans le seul but de gagner du temps.
Aussitôt cependant que la Porte put espérer d'éviter la guerre, elle s'adressa, par rentremise du reiss-ef&hdi, au cabinet russe, pour s'expliquer sur ce qu'il y avait d'c^nsant dans sa lettre aux pachas y ainsi que pour exprimer le désir de renouer ises anciennes relations avec le czar. — Mais on avait cherché depuis long* temps une occasion , et celle-ci une fois trouvée, Sa Majesté Impériale ne se sentit plus disposée à^ la négliger, La réponse à l'épitre conciliatoire du reiss-efiendi fut accompagnée d'une déclaration de guerre, et le comte de Nessdrode , dans sa lettre , restreint les causes de la querelle uniquement aux actes postérieurs au départ des ambassadeurs de Cqnstantinople , car il parle de sentimens etinJtentions amiealesde la Russie envers la Porte encore à cette époque. Les procédés subséquens du gouvernement turc envers la Russie et les Russes, quoique afIec-> tant davantage leui^ intérêts , n'avaient pas ce-*
( i55) pendant une autre nature que ceux adoptés à l'égard des autres puissances et de leurs sujets» La Russie n'avait donc d'autre grief à alléguer que la déclaration de la Porte dans sa circulaire aux pachas y déclaration qui contenait l'aveu d'avoir conclu la convention d'Âkerman uniquement pour gagner du temps ^ mais que le gouvernement turc se montrait disposé à rétracter, ce qui y en tout cas, n'était pas plus inexcusable que la réserve mentale de la Russie^ qui ne concluait aussi cette, convention qu'à la condition expresse de ne pas se mêler des affaires de la Grèce, engagement qu'elle prit sans la moindre intention de le tenir; tandis que la Porte avait au contraire adopté la convention avec sincérité et bonne foi, malgré qu!elle.se soit faussement accusée depuis d'en avoir manqué. Un autre sujet de plaintes de la Russie contre la Turquie, était que cette dernière tâchait de mettre des obstacles à la conclusion de sa paix avec la Perse. Cette accusation , qui n!est appuyée sur aucune preuve, n'était certes pas de nature à être élevée par un gouvernement qui ,
peu d'années auparaTant , avait engagé ces mémes^ Persans à faire la guerre aux Turcs.
Mais il serait inutile de s'étendre davantage sur cette question : le vrai motif de la Russie pour désirer une guerre avec la Tui^ie fut exipos>é par elle-même d'une manière qui n'admet aucun douté, et qui rend superflu tout autre argument*
Cette guerre, la plus désastreuse que la Tur^ quîe ait jamais soutenue , fut terminée par le traité d'Andrinople. L'empereur Nicolas, par égard pour la jalousie des autres puissances européennes, avait publiquement désavoué toutdésîr de conquêtes; cependant il obtint, par ce traité, Anapa et Poti , avec une étendue considérable de cotes de la mer Noire, une partie du pachalic d*Akhilska, les deux forteresses d'Akhiiska et d' Akhilkillaki ' , et les iles formées par les bouches du Danube ; il stipula la destruction de la forteresse turque de Géorgiewo et l'abandon déla rive droite du Danube, à la distance de quelques lieues de ce fleuve; il essaya d'établir une véritable
' D'autres éerivent AkhaUsUk et AkhalhalikL
séparation entre la Moldavie , la Valachie et la Turquie, à l'aide de réglemenssanitaire&faitspow lier ces. principautés à la Ruasie et de l'approbation donnée par la Porte à toutes les mesures de gouvernement adoptées pour ces provinces, pendant leur occupation par les Russes ; il éloigna enfin^ moitié de force, moitié par l'influence du clergé, des milliers de familles arméniennes des provinces turques d'Asie , et les fit passer sur son territoire, comme il l'avait feit tout récemm^it en Peise, laissant des districts en-tiers sans population , et sacrifiant par les grandes fatigues et privations , inséparables de cette émigration forcée , les personnes âgées , infirmes, fiiibles et ssms resscMirces*
La Russie établit pour tous ses sujets, en Turquie, une véritable irresponsabilité à l'égard des autorités du pays , chargea la Forte d'une im-* mense dette, sous le titre d'indemnité de guerre et de commerce, et retint au bout du compte la Moldavie, h Valachie et Silistrie, comme gage de paiemens que la Turquie ne pouvait espérer de solder avant bien des années. Ayant
( i56 ) par ce traité imposé a la Turquie l'acceptatioii du protocole du 22 mars , qui assurait à cette dernière la suzeraineté de la Grèce et un tribut annuel de ce pays, la Russie employa depuis toute son influence à procurer à la Grèce soti entière indépendance et à violer, par elle-même ainsi que par ses alliés, l'arrangement qu'elle avait rendu partie intégrante du traité d'Andrinople.
La Grèce fut à la fin tout-à-fait séparée de la Turquie et érigée en pays iildépendant sous la présidence du comte Gapo d'Istria , ancien ministre au service de la Russie. .
Dans le cours de sa guerre contre les Turcs , en Asie , la Russie avait développé des projets , nouveaux et étendus pour de futures conquêtes. Le pachalic turc de Bagdad se trouvait depuis bien des années entre les mains d'un corps de Géorgiens, qui comme les Mamelouks, en Egypte, avaient usurpé tous les pouvoirs du gouverne-
ment, et n'avaient laissé d'autre alternative à la Porte que de sanctionner et de reconnaître pour autorité légitime celle qu'un d'entre eux parvenait à acquérir. Le pacha de Bagdad, k l'époque de
( '57 ) Finvasion des Russes en Arménie» turque , était un certain Daud ou David y Géorgien très énergique et ambitieux , qui ne yisait qu'à établir sa propre indépendance. Un frère du pacha qui avait continué à habiter son pays natal ^ la Géorgie, et se trouvait par conséquent sujet russe, s'occupait d'un petit commerce entre Tiflis et Bagdad , et devint le moyen de communication entre ses maîtres et son frère. Presque tous les postes de confiance du pachalic étaient occupés par des Géorgiens, qui se trouvaient en relation avec leur propre pays^ et dont beaucoup de parens les plus proches servaient en Russie. L'influence des autorités de Géorgie commença donc à se faire sentir à Bagdad, et lorsque le général Paskevitsch se trouva à Erzerùm, sur les rives d'une des branches de l'Euphrate , et non loin du Tigris, il conçut le projet de descendre ces deux fleuves et d'occuper la capitale moderne de l'Assyrie et de la Mésopotamie. Mais les succès du général Diebitsch sm^ le Èalcan avaient placé la Russie dans une position tellement avantageuse, quoique avec si peu de moyens pour la maintenir.
( «58) qu'on jugea impradent de risquer désormais un échec en Asie : on abandonna donc pour quelque t«mps cette entreprise*
La Russie ne perdait aussi aucune occasion pour se mettre en relation avec les chefs duKurdis-^ tan ; mais ces inides montagnards y quoique ayant cédé parfois à.rinfluenoe dominante^ dotidè]:^ei!it néanmoins en mainte occasion des preuves de fidélité à leur souverain y et d'un eâprit mâle et intelligeiît, qui leur font le plus grand honneur. Tymour, pacha de Van , envoya à l'approche des Russes un mesrage au prince royal de Perse y en offrant de remettre entre ses mains le pachalic , à la charge seulement de le proU^r contre les Russes , et de le rendre à la Porte à la fin de la guerre .
C'est ainsi que la Russie , par une longue série d'hostilités et d'intrigues ^ a non ^eulem^it conquis une vaste étendue de t^r^toire turc, tant en Asie qu'en Europe , mais encore idéalisé la s^aration complète de la Grèce et entamé virtuellement oeUe de la Servie y de la Valachie et de la Mc^avie ; elle s'était proposé de plus l'oGcupalion de Bagdad > et parvint à étaUir des
relations secrètes avec ce pachaiic, ainsi qu'avec le Kurdistan.
A peine fut-elle affranchie^ par le traité d'Ân-r drinople^ de sa guerre avec la Turquie , qu'elle se mit à concerter des mesure^ avec le gouvernement persan pour faire la conquête de la principauté de Khivia > sur les bords orientaux de la mer Caspienne , et elle avait déjà réuni des troupes à Orembourgy pour Cette expédition, quand la révolution de Pologlie la força de leur donner un autre eiîq>loi
Sa lutte avec la Pologne y et les mouvem^is populaires en Europe, détournèrent pendant quelque temps Tattention de la Russie des afi&i<* res d'Orient; mais eesévénemens furept bientôt suivis par une révolution dans une partie de l'empire ottoman , qui rappela ses armées^ en Turquie. Le pacha d'Egypte s'était révolté, et avait envahi la Syrie et une partie de l'A&ie-Mineure ; le tvôàe ottoman se trouva ébranlé, et le sultan se vit forcé de chercher des secours étran-^ gers, pour résister à un vassal victorieux ; la Russie à cette occasion non seulement lui offrit son
( ï6o) assistance, mais le pressa à plusieurs reprises de l'accepter. Il avait , néanmoins, trop de bonnes raisons de se méJSer de la bonne foi de la Russie , et préféra s'adresser à ce sujet à l'Angleterre et à la France. Mais la stupide lésinerie de notre politique avait réduit notre flotte k Timpuissance de protéger nos intérêts nationaux, surtout dans l'époque de troubles et de commotions cpii nous entouraient alors. Une partie de notre chétive marine se trouvait employée en Portugal , une autre sur les côtes de la Hollande , et lorsqu'il y allait de l'existence de la Turquie, nous n'avions que quelques frégates, dans la Méditerranée. La France était presque également faible : le sultan tourna donc en vain ses regards du côté des gouvernemens qui ne possédaient pas les moyens de le secourir. N'ayant d'autre alternative , il accepta les secours offerts par la Rus^ sie , dont la flotte et l'armée , réunies avec uoe incroyable célérité , se virent ainsi pour la première fois dans le Bosphore.
Décidée à ne pas souffrir que Gonstantinople, les Dardanelles et le Bosphore, devinssent la proie
d'une autre puissance que la sienne y la Russie annonça l'intention de les défendre: mais loin de s'inquiéter des forces et de la future sécurité du souverain qu'elle avait pris sous sa protection^ elle laissa aux autres puissances y qui se virent obligées d'intervenir, la charge d'imposer des limites au pacha victorieux, et des conditions cp'il regardait comme contraires k ses intérêts ; quant à la Russie , tout en l'empêchant de se saisir de la portion qu'elle envisageait déjà comme sienne, elle le laissa d'ailleurs complètement libre de s'approprier tout ce qu'il était en son pouvoir de garder. Une fois le péril écarté, elle retira ses flottes et ses armées , et un manifeste de l'empereur annonça à l'Europe et à l'Asie > sa rare modération et magnanimité qui, seules, Tempe-* chèrent de s'emparer de la capitale d'un souverain ami qui l'avait^appelé à sou aide , et qui aurait trouvé, dans chaque nation européenne, uu allié prêt à venger une trahison si elle eût été tentée^
Mais ce fiit en signant le traité d'Unkiar Skelessi que la Russie extorqua le prix de son assis-*
tance et de sa modération . Ce traité devint une altianoe défenàve , par laquelle la Turquie se trouvait dans l'obligation de fournir des secours matériels à la Russie si cselle-^ci se trouvait atta* quée y et la Russie k son tour se chargeait de protéger la Turquie contre tous ses ennemis à l'a** venir.
Far un article secret ^ ou plutôt additionna ^ la Turquie y au lieu de secours militaires à fournir à la Russie , s'engagea à farmer le passage des Dardanelles aux vaisseaux de guerre étrang»^.
Toutes les puissances maritimes d'Europe avaient bien reconnu ou admis le droit de la Turquie ^ de fermer le^ Dardanelles et le Bosphore aux vaisseaux de guerre étrangers^ mais ce droit ne ae trouvait admis que dan» la suppo** sitîon qu'il serait appliqué à tous les pavillon» (^alemerit ^ comme nécessaire à la sécurité de la Turquie^ que tous les états de l'Etiropè étaient également intéressés à préserver. -*— Or l'efiet du traité est^ quant à la navigation des Dardandiles ^ de transférer à la Rifisie le droit d'y exiger l'exchision des vaiss^uScjde guerre , puisque la Tur-*
( i65) quie ne peut désormais les admettre lorsque la Russie ^ trouve en guerre avec une puissance maritime quelooncjue.
D'autre part^ Talllaïice étant mutuellement défensive^ la Russie elM^ainé la Turquie dans chacune de ses propres guerres , et comme ceci implicpe nécessairement une coopération^ la Turquie ne pourra refîiset* d'ourrir le détroit aux flottes de l'allié avec lequel elle doit y selon les traités, concourir à un but tommun«
Les natiotis maritimes de l'Europe convenaient de laisser au pouvoir de la Turquie le contrôle de la navigation dans ses propres détroits , mais elles ti'ont pu voir avec indiflférence et n'ont jamais entendu admettre l'acquisition usurpée de ce droit par la Russie y et il serait évidemment funeste si elle pouvait le garder.
Ce traité n'est pas moins important sous un autre point de vue. La manière dont la Russie a efiectué la conquête de presque tous les pays qu'elle a envahis depuis le règne de Pierre I'', a été de les prendre d'abord sous sa protection j puis d'y fidmenter des dissensions intestines , et
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enfin de les annexer à son empire y sous prétexte de mettre un terme à des désordres qu'elle avait elle-même créés ou tolérés. Le traité d'Unkiar Skelessi procure virtuellement à la Russie un protectorat sur la Turquie.
Malgré lopposition des autres puissances y la Russie a poursuivi constamment et avec succès la subversion totale de l'empire ottoman et l'acquisition de Gonstantinople 9 des Dardanelles et du Bosphore. Elle a conquis sur la Turquie des provinces très étendues ; elle s'est eflforcée de détacher d'elle la Moldavie, la Valachie et la Servie, et a favorisé l'émancipation de l'Egypte et de la Syrie de l'autorité du sultan. Cependant la Russie et la Turquie restaient toujours ainsi en opposition l'une vis-à-vis de l'autre, et aussi long-temps qu'elles gardaient cette attitude > chaque pas fait par le plus fort , pour subjuguer
le plus faible, était nécessairement un acte de
violence. Des agressions continuelles ne peuvent avoir lieu sans entacher le caractère de l'agresseur, sans attirer l'attention des autres parties, et sans leur procurer des moyens d'intervenir.
Mais il se'tit)aYe toujours un terme dans ce progrès d'envahissement, où la résistance finit, et où commence le protectorat , terme au-delà duquel la force et la violence deviennent superflues, et où l'absence de collisions n'ofire aucune occasion à un tiers d'intervenir. Pour une puissance qui doit craindre une opposition quelconque dans sa carrière de conquêtes, le pas qui la met en mesure de franchir le terme dont nous venons de parler est le plus important de tous : aussi la Russie , par sa vieille expérience , en connaissait bien toute la valeur. Il y avait deux moyens pour
la Russie de parvenir à son but : en continuant les hostilités elle n'aurait fait que provoquer l'intervention des autres puissances, qui avait eu lieu plus d'une fois avec succès , puisque la Turquie faisait cause commune avec elles; mais une manière plus insidieuse et plus efficace à la fois d'amener l'assujettissement de la Porte fut de la placer sous sa protection , et , la forçant de se mettre en collision avec les ennemis de la Russie et ses propres amis, de se rendre mai-' tresse de ses ressources, et d'exclure en mêmet
temps toute intervention des autres puissances , puisqu'on évitait ainsi toute collision. C'était là le résultat que la Russie cherchait à obtenir par le traité d'Unkiar Skelessi. C'était là le prix qu'elle demandait pour ses secours magnanimes et désintéressés; et, rassurée sur le succès de son plan^ elle se retira en triomphe après ce qu'elle envisageait commie la conquête d'un em* pire sans efiusion de sang.
Mais la jalousie de l'Europe se réveilla enfin ;• le traité avait transpiré, l'Angleterre et )a France protestèrent contre la fraude. La Russie, tout en conservant le ton . hautain et impérieux qu'elle prend lorsqu'elle ne peut justifier ses actes, sentit bien cependant qu'un sacrifice réel ou apparent pouvait seul apaiser le juste ressentiment des autres puissances : satisfaite donc pour le mo* ment d'avoir détaché de la Porte la Valachie et la Moldavie, elle ofii:it d'évacuer ces provinces, après avoir préalablement stipulé qu'il ne serait plus permis aux troupes turques d'j rentrer ni à aucun musulman d'y résider. Pour ce qui regarde des cessions additionnelles de ter-
ritoire en Âsi^ ^ la Russie ne les demandait que dans le dessein d'obtenir « une ligne de démar-cation entre les deux empires dans l'Est ^ qui pût préçfenir toute espèce de dispute ou de discussion % et mettre un terme aux briganda'ges que les tribus voisines commettaient hxthi" tuellement; » c'est-à-dire, une'ligne de démar- * cation qui assurât à la Russie la possession des passages difficiles. Ce n'est qu'à cette condition que Sa Majesté impériale consentit à renoncer au tiers de l'indemnité , équivalant à près d'un million sterling , qu'elle avait cependant déjà promis de remettre à la Porte lors de la né-r gociation du traité d'Unkiar Skelessi , et sans demander alors des cessions additionnelles de teiritoire. Le reste de l'indemnité allait être payé en plus petites sommes, et Silistrie, que la Russie retenait comme gage du total de l'ià-* demnité, devait rester de cette manière plus long^temps entre ses mains.
' C'était précis^ent le même langage c{ue celui qu'elle avait tenu à la Perse. Voyez page i,
La Russie occupe ainsi des positions au-delà de l'Araxe en Perse , et du Danube en Turquie ; a des indemnités à toucher dans les deux pays; est exclusivement en possession de la mer Caspienne ; commande sur la iner Noire ; s'est constituée gardienne des embouchures du Kursur
l'une de ces deux mers et du Danube sur Tau-
tre y désire enfin être protectrice du sultan et garantir le trône du successeur du shah y dans le but évident ou même avoué de s'approprier les deux empires.
Tandis que la position occupée par la Russie dans la Turquie d'Europe menace Constantinôpie et les Dardanelles y elle a su prendre dans la Turquie d'Asie une attitude qui menace TArménie; elle s'est emparée des passages de montagnes qui séparent cette province de la Géorgie^ et des forteresses qui défendaient la firontière ot* tomane. £lle menace par chacun de ses mouvemens d'interït>mpre la seule ligne de communication par laquelle le commerce anglais transporte en Perse, à travers la Tiuxpiie, des marchandises pour une valeur annuelle d'environ un
million sterling et demi. Elle n'est d^à qu'a trois lieues de cette route , et à environ sept lieues de Trébizonde, port où elle conduit. La marche qu'elle suivrait , si cette route et ce port se trouvaient sous sa domination ^ est facile à deviner d'après son système commercial actuel ainsi que d'après la circonstance qu'elle est notre rivale sur les marchés de la Perse , et qu'elle a déjà entravé notre transit à travers la Géorgie, parce qu'il gênait son commerce exclusif sur la mer Caspienne.
Le commerce de la Perse n'est toutefois qu'une partie insignifiante de ce que l'Angleterre aurait à perdre si la Russie se mettait en possession des Dardanelles.
Les intérêts que nous avons ici en jeu sont innombrables, et nous reconnaissions leur importance lorsque nous avons déclaré que nous maintiendrions l'indépendance de la Turquie. Mais pour être en mesure de défendre cette indépendance , dont nous reconnaissons tout le prix , il nous faut non seulement obtenir des garanties de la part de la seule puissance européenne qui la
menace aujôunl'hui y il nous faut encoi^e oontribuer, autant ^'il est en notre pouvoir^ à l'amélioration du bienrétre intérieur de la Turquie et à l'augmentation de sa force et de $es ressources. iia paix de l'Europe ne saurait être maintenue qu'aussi long-temps que la Turquie sera conservée ; car si en effet l'empire ottoman a tombe en pièces ;> comme quelques uns le supposent , le partage de ses débris ne ^'effectuerait pas sans effusion de sang. La seule chance de préserver la paix, c'est donc de préserver l'intégrité de la Tui'quie. Ceux qui voudraient nous persuader tr qu'elle tombe en pièces » jugent bien différemment des conséquences et des résultats des cbàugemens récens dans son système , que ceux qui l'ont observée de plus près et qui ont le plus grand intérêt à ce que ses jours soient déjà comptés. Tandis qu'en Angleterre la Turquie est supposée tomber en décadence, la Russie trouve dans l'accroissement de ses forces un motif pour l'attaquer. C'est parce qu'on ignorait les forces de la Turquie et qu'on n'appréciait pas suffisamment ses ressources, que les puissances intéressées à
('7V) sa conservation restèrent si long-temps indiffé*' rentes à la révolte du pacha d'Egypte , et l'on ne pourra remédier aux efiets d'une si grande cata*strophe qu'en facilitant la réunion des parties virtuellement séparées par le démembrement qui a eu lieu. Tout ce qui tend à l'afiaiblissement de la Turquie est aussi favorable à la Russie que nuisible au reste de l^urope. L'Egypte et la Syrie, érigées en puissance hostile à la Turquie, ont porté le coup le plus rude à l'empire ottoman. La Russie tendait déjà vers ce but en 1772, et ses efforts n'échouèrent que par l'arrogance d'Alexis Orloff, qui demandait que l'Ali Pacha d'alors se reconnût sujet de l'impératrice Catherine. Le but que, par cette seule raison , la Russie a manqué d'atteindre à cette époque, fut accompli en i855, et «personne ne parut se rappeler que cela avait été un des projets russes depuis plus d'un demi'^siècle.
Le pacha actuel de FEgypte n'est pas un souverain indépendant, il relève du sultan. Quelle puissance européenne peut donc avoir intérêt à le pousser à la désobéissance ou à faciliter ses
agressions? Assurément aucune de celles qui désirent l'intégrité , l'indépendance et la force de la Turquie ; car, pour atteindre ce dernier but, elles devraient plutôt forcer le pacha à l'obéissance envers son souverain , et mettre un frein à toute tentative d'affaiblir un empire dont la conservation est tellement dans l'intérêt de l'Europe. Si Mahommed Ali, soit de concert avec la Russie, soit en ne poursmvant que ses propres plans , rend l'empire ottoman moins capable de se défendre contre la Russie, il agit d'une manière incompatible avec la tranquillité future du monde ; et s'il parvenait à mettre la Turquie tout-à-fait hors d'état de se défendre, il serait Fennemi non seulemient de la Turquie mais de l'Europe entière. Heureusement il n'est pas une seule des puissances maritimes de cette partie du globe qui ne soit en état de réprimer et de punir son ambition. Les ressources de l'Egypte, déjà épuisées en grande partie par la barbarie de son système, sont jusqu'à présent les seuls nerfs auxquels tient sa force. H tarde à la Syrie, désabusée des erreurs qui amenèrent son assujettis-
( Ï73) sèment à Ibrahim^ de rentrer sous le régime plus doux du sultan y et c'est pour l'Egypte un B^\iè douteux et un serviteur mécentent. L'Egypte n'oi&e de ressources qu'autant que son commerce extérieur n'est pas inquiété^ et elle ne peut compter sur la possession de la Syrie qu'aussi long-temps que les vaisseaux du pacha pourrcait longer ses côtes et assin:er leurs communica-* tions.avec Alexandrie. Quelques frégates suffiraient pour bloquer les ports du pacha et anéantir ses revenus. S'il mettait sa flotte en mer, le meilleur gage de son obéissance envers le sultan serait de pouvoir en tout temps détruire cette flotte, sans laquelle il lui serait impossible de se défendre , même contre les efibrts seuls de la Porte. Si sa flotte se trouvait dans le port d'Alexandrie , elle ne pourrait en sortir en état de tenir la mer et d'offrir de la résistance : par conséquent elle ne lui serait plus utile. Ainsi la seule faculté de le tenir en échec est d^'i d'une telle importance^ qu'en la connaissant seulement , jamais le pacha ne s'avisera de s'exposer
k ce c[u'at> l'emploie oontre lui , une fois qu'il sera ooriTaincu qu'on le ferait.
La Grèce a obtenu une existence indépendante et a été politiquement séparée de la Turquie ; mais les intérêts de ces detut pays ne peuvent jamais être séparés , et l'indépendance de la Turquie sera pour la Grèce long^temps encore une condition indispensable de la sienne propre.
Leurs relations commerciales leuf sont réciproquement avantageuses 9 et ne peuvent être améliorées qu'en s'entr 'aidant- à consolider la tranquillité intérieure et l<es fèlations amicales qui servent également les intérêts de ces deux pays. 11 en est de même de tout arrangement tendant à faciliter leurs rapports et la liberté de commerce entre eux. La Turquie doit sentir que le ressentiment non seulement ne lui serait d'aucun avantage^ mais augmenterait encore de beaucoup le mal dont elle se plaint j la Grèce ) d'autre part, ajrant passé par la triste expérience de bien d'autres systèmes, a appris à ses dépens que )es griefs qu'elle
( «75) reprochait à la Turquie n'avaient été ni si flagrans ni si extraordinaires iju'elle de les représentait. Ceux qui défirent la prospérité de ces deux nations à la fois ne devraient chercher qu'à mitiger leur imtation et à se-^ mer parmi elles des germes de concorde et d'amitié.
Nous dépasserions les limites assignées à ces observations ^ si nous voulions entrer dans l'exa* men des arrângemens commerciaux au moyen desquels les nations intéressées à la conservation de la Turquie pourraient contribuer au bienêtre de sa population , et faciliter les améliorations que BQti souverain a déjà commencé à y introduire ,* il faut cependant' espérer que ces objets importons ^ et toutes les données commerciales sur nos relations avec la Turquie , serO0i développés autant qu'ils le méritent par
quelque écrivain , juge compétent dans ces matière».
Nous devons faire attention^ en examinant une qtieâtion quelconque de nqtre commerce
( '76) avec l'étranger^ que ce qui importe le plus au peuple de la Grande-Bretagne, ce n'e^t pas le profit du marchand^ mais la quantité de la maind'œuvre anglaise dont on peut disposer à un prix
raisonnable, ou, en d'autres termes, la (quantité des bras qui peuyen t être employés et des bouches qui peuvent ainsi être nourries en Angleterre. Le profit du marchand n'est qu'une considération secondaire; mais là où il est considérable^ nous pouvons, sans doute, être sûrs que la consommation augmentera aussi proportionnellement.
L'objet principal, c'est de procurer à nos classes ouvrières un travail suffisant. C'est plutôt parce que les droits restrictifs dans les pays étrangers diminuent la quantité de ce qu'on y consomme , en élevant le prix payé par le consommateur, que cette opération est nuisible à l'Angleterre, que par égard au tort qu'ils fout à nos mar^chands : les classes laborieuses de notre poplilation sont donc le plus intéressées au maintien en Asie d'un système commercial libre de toutes restrictions, et il est du devoir de notre gouver:
( «77 ) nement d'empêcher que ce système n'y soit remplacé par le système le plus restrictif de l'Europe '.
' Un tableau comparatif da nombre d'individus en Angleterre qui subsistent de la vente des produits de leur travail en Russie et en Turquie , serait un document statistique fort fMrécieux.