SUBSTANTIFS ET ADJECTIFS VERBAUX
YIII. — Les noms verbaux se forment en ajoutant une syllabe à Tinfinitif. S'ils sont des adjectifs, ils prennent un n. On emploie les consonnes m, n et p, placées après le radical des verbes pour former les noms verbaux actifs, passifs et de circonstances de la manière suivante :
On emploie la syllabe ma pour signifier l'agent (c'est-à-dire la personne ou la chose à laquelle l'action appartient), tels que peintre^ amateur. On emploie la syllabe me pour signifier l'action considérée dans l'agent , tels que méditation , jugement. On emploie min, adjectif, pour signifier la qualité active, tels que offensif, agréable , nourrissant.
On emploie na pour la chose faite : Une peinture^
LANGUE LNtVERSELLE. 17
un tissu j un dessin; Ne^ pour l'action comme reçue
y par une personne ou une chose : Crainte de la mort ,
haine du péché j amour de la vertu; iVî, pour exprimer
la capacité : Visible , tolérable; No 9 pour la facilité :
Fragile 9 nuilléable; Nu y pour le mérite : Vénérable j
louable^ aimable.
' On emploie pa pour exprimer Tendroit où se passe
I Faction : Dortoir ^ parloir j promenade , oratoire; Pe^
I pour le temps : Vendange ^ moisson ^ vacances; Pi^
pour l'objet où se passe l'action : Siège , couche , bai-
gnoire; Po^ pour l'instrument de l'action : Rasoir^
peigne^ pinceau j couverture.
IX, — Adverbes. Tous les adverbes, soit monosyllabes, soit polysyllabes, finissent en c. Presque ^ tous dérivent d'autres mots par l'addition de cette
consonne.
' X. — Prépositions. Toutes les prépositions sont des
monosyllabes (1) qui commencent par une consonne [ et finissent par une voyelle. On les place ordinaire -
f ment avant les substantifs ou les mots substantivés
I auxquels elles se rapportent. Presque toutes peuvent
' (1) NouB entendons toujours par monosyllabes les mots où il y a deux
ou trois voyelles réunies ensemble, telles que nui , ael , aoil, hao , daen, foin, laoe, coai. Nous avons employé très-rarement cette espèce de mono-
, syllabes dans la grammaire et dans le dictionnaire ; mais c'est une im-
mense réserve pour de nouveaux besoins qai pourront se manifester.
«s LAMIHII UNnrnglLLI.
devenir adverbes en prenant le c. On les divise en plusieurs classes, distribuées d'après la nature des rapports qu'elles signifient. Voici la liste des prépo* sitions principales/
Rapports de proximité. — BA : intra (1), au-dedans de. — BE : in (régissant Tablatif), dans. — Bl : per, par. — BO : interj entre. — BLA : extra j hors. — BLE : super j sur. — BLI : supra^ au-dessus de. — BLO : 8ubf sous. — BLU : infrUf au-dessous de. — BRA : juxta, près de. — BRE : secus^ le long de. — BRI : circum^ autour de. — BRO : prope, auprès de. — BRU : promis loin de.
Rapports de position. — CA : ante^ avant. — CE : prœ^ au-devant de. — CI : post^ derrière. — CO : reiro^ en arrière de. — CU : contra^ adversuêj visà-vis de. — CLA : cw, en deçà de. — CLE : dira , de ce côté de. — CLI : irons, au delà de. — CLO : ii/ira, de l'autre côté de. — CRA : a, rfe(pour signifier l'origine), de. — CRE : c, cfe, dès. — CRI : usque^ jusqu'à. — CRO : in (régissant l'accusatif), envers. —
(i) Nom avons ijooté à la tradactton française Feiptession latine» afln de nûeux préciser le sens.
Presque toutes ces prépositions latines admettent d'autres significations. Ces changements du sens sont plus nombreux et irréguliers» lors- <iue les prépositions sont employées à composer les mots. En outre, trèssouvent elles perdent ou changent leurs lettres primitives et même elles en prennent d'autres tout à fait différentes. Voyes la note du n* 31 où Ton troovera de très-nombreux exemples de ces anomalies. On évite dans la langne do projet toutes ces irrégularités et les graves inc<mvénients qui «n résultent.
CRU : veriUê^ ad (avec mouvement ou direction), vers*
Rapports de présence. -^ DA : coram^ en présence de. — DE : ante^ devant. — DI : apud, chez. — DO : clam ) en cachette de.
Rapports de cause, d'influence et d'exclusion. — f A : a, e (pour signifier la matière), de. — FE : de^ a (provenance), dct — FI : û, a6 (l'agent), par. — FO t propîer (la cause), par* ^- FU : prapter^ ob (le but), pour. — FLA : cttm (instrument), avec. — FLE î cum (société) , avec* — FLI : pro (substitution) , pour. — FLO : pro (faveur), en faveur de. — FLU : contra^ contre. — FRA : sine^ absque^ saos. — FRE : prœter^ outre» — FRI : excepta , excepté. — FRO : a, ab (séparation), de. FRU : abs^ sans.
Rapports de ressemblance et rapports généraux*-^ GÀ : juxtQj selon. — 6E : secundum^ d'après. -^ 61 1 ad^ conformément à. — GO : injitar, à la manière de«
— GLA : circa^ sur. — GLE ; de, super^ touchant. -^ GLI : erga, envers. — GLO : quoad^ relativement à.
— GLUiarf,à.
Déclinaison. — LA : nominatif. «^ LE : régime di-* rect ou accusatif* — LI : régime indirect ou datif» ^ LO s génitif. — LU : vocatif.
Supplément d'une préposition sous-entendue. — MA : . pour la cause. — ME : pour le moyeû ou Tin* stfumenU — MI : pour la manière. -—MO : pour le lieu. — MU : pour le temps.
Régime spécial. — NA : pour les verbes. -^ NE :
20 LANGUE tmiVBESBLLF.
pour les adjectifs. — NI : pour les comparaisons. — NO :qpoar les ablatifs absolus. — NU : pour toat autre régime non compris dans les précédents.
Nota. 1 • On doit remarquer ici la variété et l'exactitude de cette langue. Chaque préposition exprime une nuance spéciale et le mot reste toujours le même , tandis que dans le latin et dans les autres langues , le même mot a plusieurs significations, ce qui fait nattre la confusion; et en outre le mot varie par addition, retranchement ou substitution de lettres, de sorte quMl est très-difficile de le reconnaître.
Nota. 2'' Les prépositions latines qui ne sont pas détaillées dans cette liste équivalent ordinairement, quant à la signification, à celles que nous avons énumérées et qui peuvent les remplacer. Ainsi subter^ pmSj tenus ^ qui équivalent à suby postf usque^ peu* vent être traduites par fr/o, d et cri.
Pour exprimer lôs nuances qui peuvent se trouver dans des prépositions qui offrent le même sens, il suffirait de leur ajouter une voyelle : Bloay de, crio.
Quant aux prépositions dont la signification diffère beaucoup de celle des prépositions que nous avons énoncées, on les formera avec les initiales p, r, s, /, y consonne et z, qui ne sont pas encore employées (1).
(I) Si les besoins scientifiques Texigeaient» on pourrait employer les
LANGUB UNIYBESBLLE. 21
XI. ~ Conjonctions. Les conjoDCtions sont des monosyllabes qui commencent par une consonne et finissent par un /. Voici la liste des principales conjonctions, distribuées par classes d'après leur signification.
Copulatives et disjonctives. — BAL : et, atque, et.
— BEL : que (placé après), et. — BIL : nempe, scilicet^ savoir. — BOL : prout, uty comme. — BUL : quatenm, ut 9 tanquianj en. — BRAL : atil, seu, ou. — BREL : ve/, ve, ou. — BROL : nequcj necj ni.
Extensives, — CAL : prœterea^ en outre. — CEL : iit«uper, de plus. — CIL : quoque, aussi. — COL ; etiam^ encore. — CUL : necnon, et. — CRAL : rum, soit. — CREL : cum , soit. — CRIL : tam^ tanto^ si, aussi. — CROL : quam^ quanto, que.
Argumentatives. — DAL : atqui, or. — DEL : sed, mais. — DIL : ergo, donc. — DOL : igitur^ donc. — DUL : proinde, par conséquent.
Ampliatives. — FAL : quodj que. — FEL : itaque, c'est pourquoi. — FIL : autem^ mais. — FOL ; porro, or. — FUL : quidem^ à la vérité. — FRAL : ergo^ donc. FREL : igitur, donc. — FRIL : cum, lorsque, comme.
Adversatives. — GAL : licet, etsiy bien que. — GEL : quamviSy quoique. — GIL : tamen, cependant.
— GOL : verum, néanmoins. — GUL : sed, at^ mais.
— GRAL : alias, aliter^ autrement. — GREL : secus.
triphthongues et même les quatriphthongues pour former de nouvelles prépositions, sans compromettre la clarté de leur signfflcation.
S2 uuwoi umvnmjji.
Mfi, d*aDe aatre manière. «^ GRIL : fin minus, sin aliur, différemmeot. -^ GROL : tmo, imo polit», bien pins. <-- GRUL : ^lân potiia, qu'an contraire.
Comparatives. —JÂL : $Unitj comme. — JEL : velut, cx)mme. — JIL : quemadmodum, de la même manière, --r JOL : iia, ainsi — JUL : sic^ pareillement.
Causales. — LAL : nam^ namquej car. — LEL :
emmy etenim^ en effet. ^^ LIL : quia, qucniam, parce que. — LOL : idao^ ideireo^ proplerea, pour cela. — * LUL : quaprepter, quamobrem, à cause.
Finales. — MAL : tii, afin que. — M6L : ne, afin que ne. — MIL ; nequando, de peur que ne. — MOL : ui, iia ut, de sorte que. — HUL : utnm, de manii^e que ne.
Conditionnelles. ^ NAL : si, sL — NEL : fiuxfo , dummodo, pourvu que. — NIL : nisi, si ce n'est. ^*- NOL : excepta, excepté. -« NUL : modo non, pourvu que ne,
Tepiporaires. — PAL : cum, lorsque. — PEL, quando, quand. ^— PIL : dum, tandis que. *^POL : tamdiu, autant que. — PUL : quamdiu, que, — PRAL : aniârquant, avant que. — PREL : postquam, depuis que# — PRIL : donec , jusqu'à ce que. — PROL : dsinde, ensuite. — PRUL : denique, enfin.
Autres pour éviter les répétitions. — ZAL : que (placé après le mot) ZEL ; et, et. — ZIL : quod, que.
i JVoto. On peut appliquer aux conjonctions qui ne
1 seraient paa comprises dans cette liste ce que nous
LAKGCB DHITBBiBLLB. SS
avons dit ci-dessus sur les prépositions. Ainsi les conjonctions : Sive^ etiamsi, quamquam et attamen^ qui équivalent à seu^ et$ij quamvis et tamen^ peuvent être traduites par : Blal , gai , gel et gil. Si on les prend dans un sens un peu différent, on devra dire : Blael^ gael, geil et gioL Exemple : Ut vidit n'a pas le môme sens que posiquam vidit j quoique la signification soit à peu près la même. Ainsi, au lieu de dire ; Prel (pûstquam), on dira : Preal (ut, statim ac).
Si un plus grand nombre de conjonctions était nécessaire, on pourrait ajouter une seconde consonne. Par ce moyen, on peut enrichir la langue de plu-^ sieurs mots, sans compromettre sa simplicité.
Si le sens d'autres conjonctions non comprises dans la liste était trop différent du sens de celles que nous avons énumérées , on les formera avec les consonnes non encore employées, savoir : R, S, T, Y consonne et Z.
XIL — Interjections (1). Elles terminent toutes en F, qu'elles soient monosyllabes ou polysyllabes.
(1) Quant à la manière dont diaque peuple et même chaque personne emploie ces interjections sous l'empire de sentiments divers , il est inutile de vouloir fixer des règles. Ces interjections par leur nature ont des yariations et des nuances innombrables quant à leur son et à leur signification ; variations, qu'il est impossible de bien représenter dans l'éeriture : ce qui augmentt 4e beaucftu^ les diffleultés, lorsqu^ii est quastien d*une
S4 LAN«I}S UNIIFBRftBLLE.
ListB des interjections principales. — AF : quelle peine! quelle douleur! — aef : quel repentir! quel regret! — aif: quelle fatalité! quel malheur! — aof: quelle pitié! quelje compassion! — auf : qudle peur! quelle frayeur! = EF : quelle indignation! quelle fureur! — eaf : queHe haine! quelle av^sion !
— eif : quelle insulte ! quel outrage! — eof : quel mépris! quelJe moquerie 1 = IF : quel plaisir! quelle joîe! — iaf : quel.bonheurl quelle félicité! — ief : quel hasarda quelle chance ! = ÔF: exclamation et invocation % mon Dieu ! ohl — oaf: écoutez ! tenez ! regardez! (en^ ecce du latin) — oef: courage, alerte! allons ! — bif: chiit ! silence! =UF : va-t'en, arrière !
— UAF : fi donc ! pouah ! — mf: quelle honte ! quelle infamie !
En outre on peut former d'autres interjections ou exclamations dérivant de substantifs qui signifient le sentiment qui domine celui qui parle, comme quand on dit : quelle imprudence! quelle sévérité l quelle obstination! quelle aflFabilité! — ^ Pour les former il suffit d'ajouter à ces substantifs la consonne/. En outre on doit les accompagner d'un ton analogue aux sentiments qu'on veut exprimer, ce qui est trèsimportant.
langue aniverselle. Mais on peut très-bien fixer les signes avec lesquels on exprime ces sentiments dans un récit. Gela suffit pour cette langue.
Le régime ordinaire deç interjections doit être le datif, comme en latin et en français : va? ftbi, heu mihi, malheur à toi , malheur à moi.
LANaVE UmT£R8ELL£. 25
XIII. — Articles et genres. Les articles •^soût des monosyllabes qui commencent par une voyelle et finissent par un / (1). Nous en admettons quatre, dans Tordre suivant : le premier (al), pour iléterminer les noms propres et les distinguer des noms communs ou appeilatifs. Le second (el), pour les noms pris dans lenr sens général : l'homme (c'est-à*dire Thomme en général ou tout homme) est morieL Les végétaux (c'està-dire tous les végétaux) sont des corps. Le troisième (i7), pour les noms pris dans uu sens déterminé, ce qui se connaît par remploi d'un relatif ou par quel* que autre circonstance particulière : La femme qui entre; la reine est à la promenade; M. le curé dira la messe. Le quatrième (o/), pour le sens indéterminé, soit de choses qui se comptent, tels que : Chaise^ chevaux y homme; soit des choses qu'on ne compte pas, tels que : Veau^ les vents^ les blés, la chaleur^ etc. (2).
(1) Les articles ne sont pas absolument nécessaires dans les langues , et le latin n'çn a pas. On les emploie souvent dans d'autres langues ; mats ordinairement on peut les supprimer. Cependant ils sont parfois trèsutiles et rendent la phrase plus claire. Aussi la langue universelle , si riche sur tous les autres points , ne doit-elle pas manquer de cette ressource. Quant à l'emploi de ces articles, on peut l'abandonner jusqu'à un certain degré à la discrétion des auteurs. Voyez ce que nous en disons au n* 66.
(2) Pour bien placer les articles en français, il faut distinguer deux espèces de choses indéterminées. Cette distinction nous parait nisonnable, et nous l'avions adoptée en destinant d'abord la syllabe ul pour la seconde espèce ; mais nous Tavons abandonnée parce qu'elle est embarrassante pour les peuples qui n'y sont pas habitués. D'ailleurs elle n'est pas nécessaire, puisque ces peuples s'entendent bien sans la eonntitre.
26 LAIfGUB CNIVXRSIILC.
Ordinairement on peut employer une autre manière plus simple , en remplaçant les monosyllabes a/, e/, il, ol, par les voyelles a, e^ i, o, en les ajoutant au signe de la déclinaison /a, le^ H, loy lu. Ex. : /&aca/a (homme au nominatif), il abacala ou ibacalai (l'homme) . Mais on ne peut pas employer cette dernière tournure lorsque le substantif est régi par une préposition.
Genres (1). Les genres des noms substantifs (les adjectife n'en ont point) sont exprimés par des monosyllabe qui commencent par une voyelle et finissent par un n. Nous en admettons trois : an pour le masculin, en pour le féminin, in pour Tépicène. Pour exprimer que les adjectifs sont pris comme des substantifs on emploie la syllabe un avant l'adjectif. Il y a un autre moyen d'exprimer les adjectifs substan-
(1) Dans une langue philosophique on ne doit assigner aucun genre au nom des ol)jets qui n'ont pas de sexe. Pour ceux qui ont sexe, le mâle et la femelle sont souvent désignés par des noms différents i Vhomme , la femme, le père, la mère, le fils ^ la fiUe, le mouton, la brebis. Dans la langue du projet , on pourrait , pour former les noms de la femelle, i^onter un e au nom du mâle : ibaca (l'homme), ibacae (la femme).
Lorsque la désignation du sexe n'est pas nécessaire, on n'a souvent qn'un nom pour exprimer les deux sexes : aigle, souris, etc.; mais on peut toujours distinguer le sexe par l'addition des mots mâle ou f«melle : aigle femelle, souris mâle, etc. C'est pourquoi nous avons dit que le genre n'est pas nécessaire pour former une bonne langue.
Cependant nous avons destiné dans la langue du projet des mots pour désigner les genres des noms des objets qui ont un sexe, afin qu'il ne lui manque rien des ehoses utiles qu'offrent les autres langues. Notre méthode évite lès nombreux embarras et les innombrables diffieultés qu'en rencontre sur ce point dans les antres Idiomes.
LÀMQim UKIYBRSILLS. 21
tîvés; c'est d'ajouter un u avant Vn final. Exemple : Aeuban (beau), un acuban ou acubaun (le beau).
XIV. — Noms peu smceptibles tféîre traduits clairement. -^ Ce Bont touB les noms propres et plusieurs autres qui ne sont usités que dans certains pays. On tes désignera par des diphthongues initiales que l'on mettra avant le mot qui ne se traduit pas. Nous les eiiposerons de la manière suivante :
AE. Cette diphthongue sera mise devant les noms des mâles, en y comprenant les dieux et ^es génies. — Ai : s'emploie devant les femelles , en y comprenant les déesses , les muses, etc. — Ao : devant les emplois civils et militaires, etc. — Au : devant les emplois relatifs à des attires religieuses. = Exemples : ae Noéy ai Sara^ ao Cacique j au Marabut.
Ea : on l'emploie devant les noms des différentes parties du monde, des pays, des continents, des îles, des royaumes, des provinces, etc. — Ei, pour les mers, les rivières, lacs, etc. — Eo, pour les villes, les bourgs, les villages, les châteaux, etc. — Eu, pour les planètes, les étoiles, les constellations, etc. Exemples : ea Aragon^ ei Rhin^ eo Paris^ eu Venus,
la ; on l'emplpie devant les noms particuliers de certains animaux qui étant inconnus dans certains pays, ou par d'autres causes analogues, n'ont pas de noms déterminés ou fixés dans les classificatioas
28 LÀKGUE UlflVBRSBLLE.
générales du dictionnaire (1 ) — le : pour les végétaux et les minéraux qui sont dans le même cas , — lo : idem pour les vêtements et ornements, — lu : idem pour les meubles et instruments.
Oa : on l'emploie devant les noms des mesures de longitude , — Oe , pour celles de surface et de capa* cité, — Oi, pour les poids, — Ou, pour les monnaies. Exemples : oa Yara^ oe Estadal, œ Fanega, oi Adarme, ou Peseta.
Ua, ue, ui , pour des imprévus qui seront fixés par Tusage, — Uo, pour les objets dont on ne veut, ou dont on ne peut pas déterminer la classe.
XV. — Mots modificatifs. Les mots destinés à modifier la signification des autres mots sont des monosyllabes qui commencent par une consonne et finissent par un n (2).
Liste des mots modificatifs distribués par classes.
Comparatifs en plus. =BAN, un peu plus; — BEN :
(0 Cette condition s'applique à plusieurs autres sujets, tels que les aliments, les armes, les impôts, les jeux, etc. On peut diviser ces objets et les subdiviser en plusieurs classes pour leur appliquer ces monosyllabes d'après Tordre alphabétique. Quant au nombre de ces monosyllabes, on peut voir, au n** 40, qu'il s'élève jusqu'à plusieurs milliers, en y employant des triphthongues et des consonnes finales. On comprend que cette langue possède des ressources immenses pour exprimer avec ordre et beaucoup de facilité toute espèce d'objets connus dans certains pays, bien qu'on ne les connaisse pas dans les autres.
(2) Plusieurs de ces modificatifs peuvent devenir adverbes par l'addition de la consonne e.
plus — BIN : beaucoup plus — BON : beaucoup beaucoup plus.
Comparatifs en moins =:CAN : un peu moins — CEN : moins — CIN : beaucoup moins — CON :
beaucoup beaucoup moins.
Comparatifs d'égalité = DAN : si, aussi (suivi de que) DEN : à peu près — DIN : presque autant — DON : presque le même.
Comparatifs de proportion = FAN = plus (lorsqu'il est suivi dans le second membre de la phrase de plus ou moins) FEN : moins (dans le même cas) FIN : plus (au second membre) FON : moins (au second membre).
Superlatifs = GAN : beaucoup, très, bien, fort,
— GEN : très-considérablement, beaucoup beaucoup
— GIN : le plus — GON : tellement que — GUN : d'autant plus que —
Augmentatifs = JAN , augmentatif ordinaire ^*— JEN : idem exagéré — JIN : idem d'éloges — JON : idem de mépris.
Superlatifs de modicité = LAN : peu — LEN :
très-peu — LIN : le moins — LON : aussi peu que — LUN : d'autant moins que.
Diminutifs = MAN : diminutif ordinaire — MEN : idem exagéré — MIN : idem pour l'éloge — MON : pour le mépris.
Négatifs=iVa?î ; négatifs ordinaires; tels que pas français, non latin, no espagnol. Exemples : Impuissantj incapable. Ces négatifs peuvent être appliqués à
30 LANGUE UNITBE8KLLB.
des enfents — Nen^ très-négatif; tel que : Foint français, nullaienus latin ; de ningun modo, espagnol — ISin privatif, tel que : détrôné^ dégradé — Non destructif, tel» que : dissuader^ désordonnée — Nun^ contraire; tels que : impudique ^ impie, irréligieux. On ne peut pas appliquer ces derniers adjectifs à des enfants, comme on leur applique les négatifs simples.
Graduels=Pa7i, on remploie pour signifier une ac* tion et une qualité dans son commencement. Exemple : poindre y en parlant du jour; éclore^ pour Touverture des fleurs; verdâtre, rougedire^ etc. — On emploie pen pour indiquer une action ^ une chose incomplète , comme sommeiller.
Pin indique une répétition : renaître^ reproduire^
Pon signifie une répétition réitérée : marchander, grogner, etc.
Voyez le numéro 44, où Ton donne une étendue beaucoup plus grande à ces nuances et à ces modifications.
XVI. — Noms techniques. = Nous croyons qu'il est très-utile d'employer les monosyllabes qui commencent par une consonne et finissent en R, pour désigner les mots techniques des sciences et des arts', de manière que ces monosyllabes désignent clairement, non-seulement que les mots sont techniques, mais encore qu'ils appartiennent à telle ou à telle classe. Nous nous abstenons à présent de faire celte classification pour n'être pjas trop long. Nous nous conten-
ions donc d'indiquer combien on peut tirer d'avati** tages de cette ressource très-simple pour désigner iea ol\jet6, les qualités et les opérations techniques des sciences ) des arts» des métiers, etc...^ avec leurs nombreuses subdivisions, qui pourraient être classées toutes par l'ordre alphabétique de cette espèce de monosyllabes.
Pour connaître l'étendue qu'on peut donner à cette matière sans tiuire à la simplicité du système adopté, il suffit de considérer le gradd nombre de monosyllabes qu'on peut appliquer à ces classifications (1).
XVII4 — Mots métaphoriques. ^^=^Le$ monosyllabes qui commencent par une cotisonne et finissetit par S , pourront être employés pour signifier que les mots qui les suivent sont pris dans un sens métaphorique. Dans la langue universelle, on n'admet pas de chan^ gements de lettres ni de mots, excepté ceux autorisés par les licences indiquées au n° 28, parce que leurs règles sont tellement fixes qu'elles ne donnent lieu ni à des méprises ni à des doutes.
Cependant il est convenable et même nécessaire
(1) Ces monosyllabes, quand on emploie des diphthongues pour les former, sont au nombre d'environ huit cents; en employant des triphthongués, ils vont jusqu'à trois mille. Par l'addition d'une consonne, on peut les porter jusqu'à trente mille, et Ton pourrait les multiplier indéfiniment en ajoutant une syllabe, à la seule condition de mettre un trait d'union après les monosyllabes, pour ne pas confondre ces mots ayec d'autres polysyllabes.
Ces monosyllabes seraient une espèce de génitifs abrégés du mot principal» qui siéraient très-bien dans toutes les matières.
32 LINGUB UNIVERSELLE.
d'admettre trois classes de figures ou métaphores de sens.
1** La substitution de certains mots plus décents, lorsque les mots propres pourraient blesser la morale, la délicatesse ou la pudeur : tels sont ceux qui expriment certains objets ou certaines actions sur la nature desquelles nous n*avons pas besoin de nous expliquer davantage.
%"" Les métaphores où Ton emploie les noms d*un objet y d'une qualité, d'une action pour en signifier d'autres, à cause du rapport qui se trouve entre ces objets par leur ressemblance , par leur participation ou par d'autres motifs. Exemple : l'aurore des sciences, le fléau de Dieu.
3' Plusieurs figures de rhétorique, telles que l'hyperbole, l'ironie, la personnification, etc.
Ces trois classes de figures, étant fondées sur la nature de l'homme , sont communes à tous les temps et à tous les pays. Nous n*en donnons pas de détails, et nous renvoyons pour tout ce qui concerne ce sujet au numéro précédent (1).
(4) On pourrait classer ces monosyllabes dans Tordre suivant : l°ceux qui commencent par B {bas, bes, bis, bos, bus) seraient destinés pour éviter certains mots qui blessent la morale, la décence, la délicatesse ou la politesse, et les remplacer par d'autres qui n'auraient pas cet inconvénient; 2« ceux qui commencent par G, D, F, L et J, seraient employés pour les différentes espèces de métapbores distribuées par classes (ceux qiil commencent par L ne peuvent s'appliquer à cet emploi , parce qu'ils sont destinés exclusivement à désigner les pluriels du nominatif, de l'accusatif, du datif ,• du génitif et du vocatif) ; S*" ceux qui commencent par
langue: universelle. 33
XVIII. — Mots dérivés. Dans celle langue tous les mots dérivés sont si clairement fixés dans leur formation et dans leur signification, qu'il n'y a jamais danger de se tromper. C'est une circonstance très-importante j qui distingue cette langue de toutes les autres et qui lui donne une supériorité Irès-remarquable. Voyez ce sujet développé à la noie du n* 31 .
On distingue trois classes de dérivés , savoir : les dérivés des substantifs, des adjectifs ou des verbes. La racine se conserve toujours tout entière et sans aucun changement dans les dérivés , et ils prennent une syllabe qui fixe leur sens d'une manière très-claire et non équivoque. Voyez le détail à l'addition qui fait suite au Dictionnaire.
XIX. — Mots composés. Dans cette langue les mots composés ont sur les composés des autres langues le même caractère de supériorité que les mots dérivés. En effet, les mots dont ils sont composés ne subissent, ni dans la composition ni dans la signification, aucun changement qui puisse les rendre équivoques, comme il arrive très-fréquemment dans les composés des autres langues. Voyez ce sujet développé par des exemples très-nombreux à la note du n° 31 .
M, N, P, R, Sy T, Y consonne et Z seraient destinés pour les figures de rhétorique distribuées par classes.
54 LANâUI tmniRSILLI.