FORMATION DE TOUTES LES PARTIES GRAMMATICALES DE LA LANGUE
VI. — Substantifs ti adjectifs. Tous les substantifs sont des polysyllabes finissant par une voyelle. On les déclioe (1) par les cas suivants : Nominatif (c'est le sujet), accusatif (c'est le régime direct), datif (c'est le régicae indirect), génitif et vocatif (â).
, [\) Dàfis cette langue se trouve la déclinaison comme dans le latin, et
en outre, la manière de remplacer les cas par une préposition, comme en français, en espagnol , en italien, etc. ; ce qui la rend plus riche sans lui faire rien perdre de sa simplicité. En latin , on décline les noms , mais il
\ y en a beaucoup qui sont iiidéclinables. tels sont les substantifs terminés
Ien i ou en u, presque tous les nombres cardinaux ; les lettres des alphabets et quelques autres. Il y a encore des adjectifs Indéclinables, tels que frugi^ nequamy nefaSf fas, tot^ totidem, quot , aiiquot , quotquot. Aussi le latin manque-i-il de moyens faciles pour fixer lés cas de tous ces noms. ! Presque toujours aussi il y a des cas tout à fait semblables qui se confon^
L dent entre eux. La langue du Projet possède toujours des moyens très-
' simples pour distinguer le singulier et le pluriel et tous leurs cas.
^ (3) Cette langue manque d'alidaUf comme le grec. Elle n'en a pas
besoin, puisque la préposition qu'on sous-entend dans les autres langues f doit être exprimée dans celle-ci.
12 LAA'GUB UNIVERSELLE.
La déclinaison se forme par les cinq monosyllabes, fa, le, lij fo, lu, c'est-à-dire qu'on emploie chacun de ces monosyllabes pour chacun des cas dans Tordre dans lequel nous les avons énoncés.
On les place après le substantif avec lequel ils ne font qu'un seul mot. On peut former aussi la déclinaison en mettant ces monosyllabes avant le substantif, et alors ils font deux mots.
Tous les adjectifs sont des polysyllabes qui finissent par N, On les décline en ajoutant à cette consonne une des cinq voyelles d'une manière analogue à la déclinaison des substantifs.
Tous les pluriels des substantifs et des adjectifs se forment en ajoutant une s au singulier.
Exemples : Ibaca (homme), ibacala^ ibacale, ibor cali, etc. , ou la ibaca, le ibaca, li ibaca, etc. Pluriel : Ibacas, ibacalas, ibacales, etc., ou la ibacas, le ibacas, etc. Adjectifs : Acuban (beau), acubana, acubane, acuboni, etc. Acubanas, etc., ou la acuban, le acuban, etc.
VIL — Verbes. Tous les verbes sont des polysyllabes qui finissent en r, précédé d'une voyelle : leurs lettres radicales se conservent toujours dans tous leurs temps et dans toutes leurs personnes. Ils sont tous réguliers et on les conjugue d'après les règles suivantes :
1' La condition spéciale des verbes, savoir : celle d'être actifs, réciproques, neutres, impersonnels ou pas-
LA5GLB l'!IITEKSKLLt. IS
f^, se déieiTnnie respeclivemeat par les voydles a« ej ij o, s, dassées iminédiateiiient après les letires radicales des verbes.
2* Les six premières consonnes 6, c, d^fy 9, j\ placées après ces radicales (qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de voyelles interposées) , signifient respectivement les six modes du verbe, savoir : Tmcficaft/, le conditimmelj le snbjoncûf^ le voliiifj Cimpers(mnel (très-* mal appelé infinitif) et le gérondif (i).
3* Les trois premières voyelles a, e, t, placées à la soite d'nne de ces consonnes , signifient respectivement les trois temps de ces modes, savoir : le passée le présent et le futur (2). Si Ton y place deux voyelles, la première signifie le temps pris dans un sens ab-* solu, et la seconde signifie le temps pris d'une manière relative au temps principal que Ton a exprimé par la première voyelle, c'est-à-dire qu'elle indique si c'est le temps antérieur, simultané ou postérieur an temps principal.
4* Pour indiquer la première personne du singu** lier on n'ajoute aucune consonne aux voyelles qui marquent le temps. On désigne les cinq autres personnes en y ajoutant les consonnes /, it, r, s, t.
(1) Voyej! dans Tappendice 1" la théorie philosophique des verbes et les motifs très-paissants que nous avons eus pour adopter ces divisions et cette nomenclature.
(2) On en excepte le volitif qui signifie toujours, sans Texprimer jamais, un acte présent de la volonté de la première personne du singulier, lequel wi rapporte à un acte futur d'autres personnes ou de choses personnifiées.
14 U^VÇ'l^ UlilVBRSHUB.
Exemple de Tuniqua coDJpgaispn de celte langue :
— Radical ou vrai infiDJtif : Vcerar, ainaer.
Mode indicatif {absolu j indépendant de tout autre).
— Prétérit : J^aimai, Ucerafiffa (1). (Prétérit antérieur : ^'avais aimé j Uc^raBbpa. Prétjérit simultané : J'aimaisy Ucerafibae. Prétérit postérieur : J'avais à aimer | Ucerpltlfai. Prétérit indéQpi : J'ai aimé, llçerafibao), Présent : J'aipae , Uceral\^g. F^tqr : J'iaiflierai , Uce* raRbi. (S'il est antérieur : J'aurai aimé, UceraRlfiq} s'il est pos^jérieur : ^l'aurai h aip-ier : UceraRbii).
Mode conditionnel^ — (Il (l^peud d'une copditiQii explicite ou tacite.) Prétérit : J'aurais aimé, l/ceraRca. Présent : J'aimerais, Uc^raRce. futur : J'aurais
r à aiuier, UçeraRci.
Motle siibjonctif. — (C'est un mode relatif et subordonné à un autre verbe que l'on appelle déterminant. Il est précédé d'une conjonction explicite ou tacite pomme : que^ pourvu que^ etc.) Prétérit : Que j'aie aimé, UceraRda. (Prétérit antérieur : Que j'eusse aiqoé, UçeraRdaa. Prétérit siipultané : Que j'aimasse, UceraRdae. Prétérit postérieur : Que j'eusse à aimer.
(1) Nons ayons mis entre parenthèse ces modifications du prétérit et du futur, parce qu'elles n'existent pas dans quelques langues et parce qu'elles ne sont pas tout à fait nécessaires. On trouvera au premier appendice la manière de former les modifications d'antériorité, de simultanéité et de postériorité que plusieurs autres temps admettp|[)t et que npus n'ayoniç pas détaillées.
On réserve Yo et Vu pour des cas extraordinaires ; on ppurrait )as employer (}an^ des circonstances où il y aurait de l'obscurité et où il serait dïfficïlB de fixer )e$ fempi^ précis ; ce qui arrive parfois 49ps les trftdi^ctipps.
LANGUE tlNIVERSEU^. itt
UcerqRdfii). Présent : Q^^ j'aime, UceraRd^. Fpjur ; (il njanque en fr^mçais) UçeraRdL
Impératif ou mieux Volitif» — (C'est mi pûode tout à fait spépial en lui-même et dan^ la manière dont nous l'appliquons. ) Vojitif en général : Aime , f/peraBfam). Impératif: Ajme, UceraBfel. Supplic^tif: Aime, UceraRfil. Excitatif : Aiïûe, UceraRJoL Permissif : Aime, UceraRfuL
Mode infinitif ou mieux impersonnel. — (C'e^t uj| substantif.) Prétérit : Avoir ^imé, UceraRga. — Présent : Aimer, UceraRge. — Futjjr : Avpir à aimer, UceraRgi.
Participe (2). — Prétérit : Qui aima ou qui aimait, UceraRgan. -r- Présent : Aimant (celui qui aime), UceraRgen. — Futur : Celui qui aimera, UceraRgin.
Gérondif. — Prétérit : Ayant aimé , UceraBja (3). — Présent : En aimant , fJceraRje. — Futur : Ayant à aipaer, fJçeraRji.
Exemples de quelques temps pour l'exercice des per^
(J) A yimpératif on ajoute 1^ consonne l comme çjgi^e de la seconde personne du singulier : dans les participes , on ajoute n, parce qu'ils sont des adjectifs.
(2) Le participe est l'adjectif du mode impersonnel {vuîgq infinitif), comme nous verrons dans l'appendice cité plus haut. C'est pourquoi, pour le former, nous nous contentons d'ajouter Vn caractéristique des adjectifs. Le participe est un temps relatif et non pas absolu, il équivaut à ces tournures : ayant aimé, aimant ^ ayant à aimer, et dans la vojx passive, ayant été aimé, étant aimé, ayant à être aimé,
(3) En latin , il n'y a que le gérondif présent. Le prétérit et le futur sont remplacés par ces toumures : cum amamssem, cum amaturus esfem.
16 LANGUE INIVERSELLC.
sonnes du singulier et du pluriel. — J'aimai : UceraRba. Tu aimas: UceraRbal. 11 aima : UceraRban. Nous ai* mâmes : UceraRbar. Vous aimâtes : UceraRbas. Ils aimèrent : UceraRbat. = J'aime : UceraRbe. Tu aimes : UceraRbal. Il aime : UceraRben. Nous aimons : UceraRber. yous aimez : UceraRbes. Ils aiment : UceraRbeL=r y aimer^iSy tu aimerais, etc. : UceraRce^ UceraRcelj UceraRcen^ UceraRcer, UceraRces^ Uce-^ raRceU
Nota, — Pour mieux comprendre ce que nous avons dit sur les verbes, voyez Tappendice 1", au n«67.