PROPRIÉTÉS CARACTÉRISTIQUES
Nous en indiquerons trois principales, la régalante, la fixité de la signification de tous les mots, et le rapport constant et perpétuel entre Tordre alphabétique des mots et Tordre naturel et logique des choses signifiées par eux.
XXIX. — Régularité. Ce qui fait le désespoir de tous ceux qui s'occupent de Tétude des langues , ce sont les anomalies et les irrégularités qu'on y rencontre sans cesse. De nombreuses déclinaisons se multiplient, pour ainsi dire, par les manières anormales de terminer les différents cas. A des conjugaisons multipliées viennent se joindre des verbes irréguliers j aux règles grammaticales des exceptions sans nombre; et quant à la prononciation, les mêmes caractères se prononcent, ou ne se prononcent pas, ou bien ont plusieurs sons différents selon leurs positions diverses : difficultés innombrables qui rendent Tétude pénible, et qui font naître l'impatience, Tennui et le dégoût.
Dans la langue projetée, rien de semblable ne vient faire obstacle à l'acquisition de la science.
Un coup d'œil rétrospectif sur la partie grammati-
S4 lAMeOS tmWOLVMUM.
cale va nous la montrer procédant avec une simplicité admirable, avec une invariable régularité.
A la simple inspection d^an mot on en devine Tespèce ; une seule déclinaison toujours la même ; une seule conjugaison ne variant jamais; les dérivations et les compositions des mots soumises à des lois fixes ; les règles de la syntaxe peu nombreuses et sans aucune exception; la prononciation des caractères la même partout et dans toutes les circonstances : tout cela sans la plus petite irrégularité, tout cela exposé d'une manière si succincte , que toute la grammaire est contenue dans quelques pages.
XXX. — Fixité de la signification des mots. Lorsqu*un mot offre plusieurs sens à Tesprit, il est la source d'Une multitude d'erreurs; eh bien! cet inconvénient existe dans presque toutes les langues : la langue française en particulier offre tant d'expressions équivoques de cette nature, qu'il serait possible d'écrire avec les mêmes mots une lettre qui aurait deux sens entièrement différents.
Dans la langue du projet, on les a tellement composés, qu'ils ne peuvent jamais se confondre les uns avec les autres , et jamais le même mot ne peut avoir deux sens : avantage immense pour la clarté et la précision , et qui ne peut contrister personne, si ce n'est peut-être l'amateur de calembours.
Oh ! si l'on pouvait donner les deux propriétés dont nous venons de parler à une langue morte ou à une
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langue vivante, comme on Taccueillerait avec empressement , comme tous les savants s'en empareraient pour communiquer par son moyen avec toutes les parties du globe , et pour porter la civilisation chez les peuples les plus lointains et les plus barbares ! Espérons donc que la langue du projet, qui réunit ce^ inestimables propriétés sera adoptée et accueillie avec bonheur dès qu'elle se sera fait connaître (1).
(1) Quelques personnes nous ont proposé, comme plus facile, le projet de simplifier, dans ce sens, une langue morte, conmie le latin et le grec, ou une langue vivante, comme le français. A notre avis, cela est impossible en totalité. On pourrait bien diminuer une grande partie des Irrégularités de la langue primitive , en la tronquant, en la mutilant, et en la faisant disparaître à tel point qu'il en restât à peine des traces. Néanmoins, nous ne croyons pas possible d'obtenir dans toutes ses parties la parfaite régularité que possède la langue projetée, quand même on emploierait un travail long et minutieux pour chacun des mots. Ce travail serait nécessaire, puisque Ton procéderait toujours sans autre règle que l'arbitraire qu'on trouve dans les mots des autres langues, vu qu'elles ont été formées et complétées par des causes aussi nombreuses qu'hétérogènes. Mais en supposant le cas le plus favorable, il manquerait à cette langue, ainsi dénaturée et tronquée, presque toutes les qualités qui caractérisent celle du Projet. Il lui manquerait spécialement les plus importantes, savoir : celle de porter en elle-même l'analyse de l'objet signifié, et celle d'exclure tout sens vague et douteux; il lui manquerait enfin toutes les autres qualités que nous allons exposer dans les réflexions suivantes. Ainsi, les savants qui se sont occupés d'une langue universelle et de ses grands avantages , ne sont pas parvenus à en déterminer une seule d'une manière positive , parce que , ayant fait diverses tentatives dans les langues connues, ils n'ont pu obtenir un résultat satisfaisant. Et il est à remarquer que leurs désirs se bornaient au nécessaire pour la rendre acceptable aux différents peuples du monde, ils ne prétendai^t pas la douer des qualités les plus importantes que possède celle qui est en projet. En effe|, elles sont accidentelles à une langue universelle, mais elles sont très-importantes à cause de leurs résultats, et aussi parée
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XXXI. — Rapport constant entre C ordre alphabétique des mots et tordre naturel et logique des choses signifiées par eux (1). C'est là le caractère proprement typique
qu'elles deyront contribuer puissamment à son acceptation plus rapide et plus générale.
(1) Le point dont nous nous occupons est celui qui a le plus appelé l'attention snr cet Essai. C'est avec raison , car c'est la base fondamentale du Projet et d'où découlent toutes les propriétés et tous les avantages de cette langue. Cette qualité se présente d'elle-même par la simple inspection du tableau et du dictionnaire que nous allons publier. Nous allons la rendre sensible dès à présent par quelques exemples.
Exemples : Amadet amafe^ Eruba, Eruee^ Lalga, La^ge^ I^oigi^ Nilhay Nike, Nice, Niei, Nica.
En Toyant ces mots, je dis , sans pouvoir me tromper, qu'ils appartiennent à la classe des substantifs , car ils sont polysyllabes , ils finissent par une voyelle, et ils n'ont ni L , ni N , ni R, ni S après la quatrième lettre. •
Mais quelle sera leur signification? Les lettres dont ils sont composés l'indiquent à celui qui connaîtra , quoique Imparfaitement, l'ordre suivi dans le Dictionnaire. Analysons ces mots.
Àmade,=: l'A, à cause de sa position d'initiale, m'apprend que l'objet signifié est une chose relative aux corps. L'M qui suit Finitiale A, m'apprend que l'objet appartient au monde en général et particulièrement à la géographie civile. Le second A qui vient après AM , indique qu'il appartient à un territoire , et la syllabe DE désigne un empire. Atnafe désignerait une province.
Eruha. = L'E initial m'indique que la chose signifiée appartient aux êtres vivants : R que c'est une vie animale , un individu , un vertébré ; U indique que c'est un mammifère; B, un ruminant sans cornes; l'A final que c'est un chameau. Eruce signifierait un dromadaire.
lalga, = L'L initial m'enseigne un rapport de la vie privée ; l'A , qu'il y a parenté ; l'L , que cette parenté vient de la consanguinité ; le G, que c'est un descendant; l'A final, que c'est un fils. — Lalge serait un petite fik et Lalgi un arrière^etit-fils.
Nilba. » L'N initial m'apprend qu'il est question de religion; TI, que l'on parle de sa hiérarchie ; l'L , que c'est la hiérarchie de Juridiction ; le BA final , que c'est le Pape. Nilce serait un méfropolitain. Nice appar-
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et distinctif de cette langue. Il semble qu'an aveugle hasard ait présidé à Tagencement des mots dans presque toutes les langues; il est impossible de se rendre compte du pourquoi de la signification d'un mot. Pourquoi ces sept lettres chapeau sont-^Ues venues s'unir pour signifier le vêtement qui couvre la tête, et les sept lettres qui leur ressemblent si bien à l'exception d'une seule, chameau, pour signifier un animal quadrupède ? Pourquoi tant de rapprochement dans les caractères et tant d'éloignement dans la signification (1 ) ? Par cet arrangement rien de logique :
tiendra à la hiérarchie d'ordre ; ce sera le Prêtre, Nid sera le Diacre et Niea YÉvéque,
(1) On nous a objecté que cette observation ne s'applique pas aux mots dérivés d'autres langues, puisque leur signification se reconnaît avec facilité par leur rapport avec les mots-racines. On voit tout d'abord que cette objection est peu fondée. En effet, en l'approuvant dans toute son étendue et comme on la pose, la facilité est une exception limitée aux mots dérivés ; la difiiculté reste comme règle pour la généralité des mots.
Mais il y a une autre considération beaucoup plus importante pour notre objet: c'est que les anomalies, dans cette matière, sont si nombreuses et d*ane telle nature, que presque tous les avantages qui pourraient se trouver dans les dérivés, disparaissent. À peine s'il y a des mots dont la dérivation suffise pour fixer le sens, et il est nécessaire de savoir individuellement dans chaque cas particulier l'application qu'on doit faire du mot-racine au dérivé, comme il est aussi nécessaire de connaître le sens propre de chacun des mots-racines. En effet, quelquefois il est même douteux s'ils sont ou non dérivés, à cause de leur grande analogie avec ceux qui ne le sont pas. D'autres fois, on n'aperçoit la dérivation qu'avec difficulté, à force de réflexions, et lorsque le sens des deux mots est déjà connu. Souvent le mot peut dériver de diverses racines , et très-souvent il exige la connaissance du grec ou de l'hébreu , etc. , etc. Enfin et principalement , le sens reste toujours ambigu par sa nature en vertu de la dérivation seule (qui est le point en question) , attendu que les dérivés
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tout cela est conventionnel , nons le voulons; mais si une convention établissait un ordre logiqae et rationnel entre Tordre des lettres et celui des choses , quelle clarté résulterait de cette heureuse disposition! En voyant des mots commencer par un A , par exemple, je sais déjà qu'ils signifient quelque chose de matériel sans rapport avec la vie, par un E des corps en rela-
peurent être nombreux» et aueune terminaisoii ne fixe d'une manière positive celui qu'on veut exprimer; au contraire, nous vovons que toutes, et en particulier chacune de ces terminaisons (celles en Hon, cton, ment, té, eur, ter, aire^ eux, oire, ure et un grand nombre d'autres) appliquées aux dérivations, servent presque indifféremment à signifier l'action, la passion, l'agent, la qualité, le lieu, le temps, le métier, l'instrument, la matière , l'inclinaison , etc. , etc. ; mais il n'y a aucune règle qui fixe bien le sens , et il est toujours nécessaire d'apprendre dans chaque cas individuel la signification que l'usage a assignée aux mots dérivés. Il y a plus ; dans plusieurs occasions l'apparence de la dérivation nous trompe et nous fait tomber dans des erreurs positives et parfois capitales. Que l'on compare maintenant ce vague complet avec les règles fixes qu'offrent constamment dans notre langue les dérivations, sur lesquelles on ne peut jamais avoir de doute , ni quant au fait même de la dérivation, ni quant à la racine, ni quant au sens du mot dérivé. On voit donc que même dans les cas spéciaux dont on nous fait une objection, il résulte, après un examen consciencieux, un avantage remarquable de cette langue sur les autres idiomes. Dans le but de donner une idée des anomalies que, sur cette matière, présentent les langues les plus vantées, nous avions réuni des listes de mots pris dans diverses langues ; mais ces anomalies sont si nombreuses , si extraordinaires et si variées , que nous avons encore renoncé à énumérer leurs classes. Celui qui voudrait se rendre compte de la confusion qui y règne, peut la contrôler en jetant seulement un coup d'œil rapide sur les dictionnaires. De notre côté , nous sommes disposé à la rendre patente en montrant ces listes à ceux qui désireront se former une opinion sur ce sujet.
On peut faire à peu près les mêmes observations relativement aux giots composés et aux avantages qu'on attribue à certi^MS langues par leor
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tion avec la vie. Un I m'indique l^homme dans sa partie corporelle : puis , par les dispositions des autres lettres qui suivent la première , les genres se mani*!festent, les espèces sont connues et le mot complet, enfin, désigne l'être individuel dont il s'agit.
C'est ainsi qu'on a procédé en composant les mots de cette langue. Aussi le dictionnaire des mots classés
remarquable facilité à les fonner, comme, par exemple , dans le grec , le latin , Tallemand, comparés avec la langue du Projet.
Dès lors, quels que soient ces avantages, ils se bornent aux mots composés et forment comme une exception à la règle eu égard à l'ensemble de la langue.
D'ailleurs, quoique le mode de la composition employé dans ces langues aide quelquefois à connaître la signification des mots composés, les anomalies dans la manière de les composer sont si nombreuses et si variées, que les avantages qu'on devrait retirer d'un bon système de composition disparaissent presqu'en entier. C'est ce qu'on voit en examinant la com-* position faite au moyen des prépositions, laquelle forme la majeure partie des composés, bien qu'il ne nous manquerait pas d'exemples analogues pour tous les autres cas. Aussi nous allons leur appliquer presque les mêmes observations que nous avons faites sur les mots dérivés, lesquelles ont lieu même plus souvent pour les mots composés.
1<* n n'y a pas de règle sûre pour savoir si les mots sont composés, parce qu'il y en a un très-grand nombre qui ne le sont pas , quoiqu'ils en aient l'apparence, spécialement pour ceux qui connaissent seulement les premiers rudiments de la langue, et pour lesquels sont nécessaires des secours qui la facilitent. Tels sont, par exemple, en latin, un trèsgrand nombre de mots qui commencent par dbb, add, aec, aff, agg^ aîl, app, arr, ass, ait ; par cog, coll, cow, con, coo, eorr; par de, diff, dis; par ig, ill, tw, in, irr; par per, prœ, pro; par re, suh, et tant d'autres.
2* Quand les mots sont composés, on rencontre très-souvent une grande difficulté pour le connaitre, parce que la première ou la seconde partie composante sont défigurées, et quelquefois les deux, et aussi parce que les composés diffèrent fréquemment de leurs simples, dans la déclinaison, dans la conjugaison, dans les prétérits, dans les supins ou dans d'autres circonstances qui les dénaturent notablement aux yeux des
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par ordre alphabétique est en même temps le dictionnaire des choses classées dans un ordre logique et régulier. Les significations qui ont rapport à une même catégorie d'objets se touchent, comme chaque lettre est voisine de celle qui la suit immédiatement.
En employant graduellement les lettres de Talphabet, on est arrivé à la syllabe Im pour exprimer les édifices et leurs dépendances ; eh bien , Ima sera
personnes qui ne sont pas bien familiarisées avec ces langues. Exemples : la préposition ad se change souvent en oc, af, ag^ al, ap, ar ou as. La préposition cum se convertit en cog, eol^ eom, con, coo et cor. La préposition in se change en ig, il, im ou tr, etc. De même dans les mots composés de ago , eado , capio, fado , fateor, habeo, jaào , Ugo , premo, raipio et d'autres Va et Ye se changent en t.
Dans beaucoup d'entre eux, il y a de plus une autre irrégularité dans un ordre inverse pour les temps dérivés du parfait et du supin. Les composés de dx> et autres verbes appartiennent la plupart à une conjugaison différente de celle des simples, ce qui donne aux premiers un aspect complètement distinct et défigure de plus en plus la composition.
3° Les composés ont surtout ce défaut. Lorsqu'on connaît bien les deux simples dont se compose le mot et la signification de l'un et de l'autre, on n'est pas sûr de son sens, parce que le rapport entre ces significations est obscur ou tout à fait incohérent, ou opposé à ce que les mots expriment ordinairement.
Nous avons examiné dans un dictionnaire latin les nombreux composés de diverses prépositions, principalement de celles qui changent souvent la signification du simple en un sens contraire , connue de^ dis et in , et nous avons trouvé que le nombre de mots composés qui prennent le sens contraire à celui du simple , est presque tout à fait égal au nombre de ceux qui conservent le même sens ou tout autre analogue. D'un autre côté, nous avons trouvé des composés qui signifient le contraire de leurs simples jusque dans les composés de la préposition re, qui renferme, d'une manière si positive , l'idée de la répétition des actes. Bien plus, il y a beaucoup de composés dans lesquels le verbe a une signification aflirmalive, tandis que le participe ou l'adjectif verbal en a une négative. Tels sont: immuto et immutatus; inhumo et inhumains; insuesco et
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rédifîce eu générai , Ime les pièces qui le composent , et qiii vont se différencier par les lettres placées dans l'ordre alphabétique correspondant à Tordre logique des pièces de Tédifîce, Imeba la façade, Imeca le portique, Imeda le portail, Imefa la cour, Imega le péristyle, etc.
instietus; irwaleo et invalidus; inno et innàbilis; illaerymor et illaery^ màbilis, etc., etc.
D'un autre côté, il y a un nombre incalculable de composés dont la signification est tellement différente de celle de leurs simples , que ces significations n'ont aucun rapport entr'elles, ou bien ce rapport est si éloigné et si obscur que, même en connaissant leurs sens, il est extrêmement difRcile de deviner comment on a pu passer de l'une à Tautre. Nous allons citer quelques exemples latins.— ii&do , abigo , aborioTt dbscondo, adigo, adimo, af^cio, Cogo, cohibeo, condo, eonjicio, corripio, credo, Decipio^ detrahOf diligo. Ignosco, intereo, interficiOf interimo. PerficiOf perdo, pereOj perhibeOj perimo, perjuro, prâecipio, prodo, prohibeo, promitto^ prorogOf proscribo. Redigo, reperio, respondeo^ et mille autres.
Et même dans les autres composés , où le sens paraît se présenter naturellement et sans aucun de ces embarras, il est rarement assez clair et assez déterminé pour qu'on puisse le reconnaître avec certitude, sans aucun autre secours , et aussitôt qu'on trouve ce mot , particulièrement si la langue ne nous est pas familière.
En vain les grammairiens allégueront-ils des raisons plus ou moins plausibles pour expliquer les motifs de ces anomalies , qu'on puise fréquenunent dans les règles de Teuphonie ; ^la ne détruit ni n'affaibUt la difficulté, spécialement pour les commençants.
Il convient de remarquer que les exemples ayant été pris dans la langue latine, la difficulté parait beaucoup moindre pour les Français qu'elle ne l'est en réalité pour d'autres peuples ; parce que ces anomalies passent fréquemment aux mots français qui leur correspondent, ce qui n'arrive pas dans les autres langues qui ne dérivent pas du latin.
On voit donc que pour les mots composés ainsi que pour les dérivés, on ne peut établir de parallèle avec les autres langues, ni quant à la simplicité, ni quant à la facilité de les reconnaître, moins encore quant à la clarté du sens qu'on remarque constamment dans la langue du Projet.
$% tjamm uhiviuumblls.
Dans toutes les choses possibles tout est classé de cette mauière. Quelle facilité pour apprendre et pour comprendre un s^nblable langage I Quelle différence avec le désordre de composition des mots , lequel règne dans toutes les autres langues! C'est la différence qui existe entre deux bibliothèques dont Tune offrirait rangés habilement ses cent mille volumes , soit par ordre de dates, de matières ou d'auteurs, et Tautre ocNrtîeBdrait les livres jetés péle^méle et au hasard. Quand même le travail n'eût été feit qu'imparfaitement dans la première, il serait toujours infinimeai; plus facile d'y trouver un ouvrage et de le replacer de nouveau dans l'ordre du catalogue.
Que celui qui doute de l'exactitude de cette eom^ paraison prenne en main un dictionnaire de nos langues, n'importe lequel, qu'il l'ouvre à son gré à une de ses feuilles, quelle qu'elle soit, et qu'il corn* pare la signification des articles qu'elle renferme, et il verra qu'ils n'ont entre eux d'autres rapports que celui de deux volumes pris au hasard dans un monceau de livres en désordre.
LAifGtri jammauÊUM. «s