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CHAPITRE IV

Emploi e$ avantages des syllabes additionnelles. — Elles sont destinées à fixer le sens vague des mots trop génériques, et à classer par leur nom tout seul an nombre très-considérable d'objets.

XLI. — Des additionnelles commençant par B au par CJ — Ce que nous avons dit dans le numéro précédent s'applique d'une manière semblable à beaucoup de noms 9 dont la signification est ordinairement vague et peu déterminée dans d'autres langues.

En effet , il arrive fréquemment dans les langues y qu'elles possèdent seulement un ou deux substantifs pour exprimer beaucoup d'objets plus ou moins analogues entre eux, mais qui varient d'une manière très-importante sous les rapports de grandeur, d'étendue, d'efiicacité, de dignité, etc. , qu'il importe de faire connaître et de bien déterminer. Dans ces cas il est très-convenable d'avoir différents mots qui fixent par eux-mêmes ces circonstances sans d'autres explications qui entraveraient les discours à chaque instant (1 ).

(1) Nous citerons quelques exemples : en espagnol le mot Rio (rivière) peut se rapporter au Manzanares, au Segura, à l'Èbre» au Danube, au Mississipi , etc. En français ville peut se dire de Saint-Germain » de Ver-

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Il existe encore des noms qui déterminent ces circonstances, mais qui sont difficiles à apprendre et à retenir d'une manière daire et distincte. C'est ce qui arrive très-ordinairement pour les noms qui appartiennent au langage technique de certaines professions, ou aux usages des pays étrangers (1).

Eh bien! la langue universelle offre des moyens très-simples de déterminer ce sens d'une manière positive, et en suivant son principe inaltérable de Tordre alphabétique des lettres. Tel est, par exemple, celui d'employer certaines syllabes, en les ajoutant par un système simple au nom des objets. Pour le mettre à exécution, nous proposons de considérer comme addilionnelles les syllabes qui commencent par 6, c^ d et/, quand elles suivent un substantif. On le comprendra bien par les exemples que nous allons citer.

Afin de donner une plus grande latitude à la pensée et de déterminer plus positivement les circonstances, nous diviserons et subdiviserons ces syllabes selon qu'elles commencent par 6, c, d ou /, et selon les lettres voyelles ou consonnes qui viennent

Bailles, de Lyon, de Paris ou de Londres. Un troupeau peut avoir dix , cent, mille têtes de brebis, par exemple.

(1} Voici quelques exemples : les noms de bateaux, même ayec des noms français, à plus forte raison s'ils sont anglais, chinois, japonais^etc.— ceux des grades de l'armée dans divers pays ; -* ceux des mois ou autres divisions du temps chez les Hébreux, Grecs , Égyptiens, Turcs , Chinois, Indiens, etc., avec des milliers d'autres noms qui se rencontrent sans

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après. Ainsi celles qui commencent par b se diviseront en trois classes : classe première on inférieure, baj be^ biy bo^ bu; — classe deuxième ou moyenne, 6/a, ble, blij blo^ btu; — classe troisième ou supérieure, bra, brcy bri^ broy bru.

Exemple. Supposons que jala signifie embarcation. Nous divisons les embarcations en trois classes, savoir : inférieure, moyenne et supérieure, c'est-à-dire embarcations petites, moyennes et grandes. Pour les classer nous prenons comme base le nombre de tonneaux que chacune peut porter, ce qui nous semble être le moyen le plus simple. Dans ce caSjjalaba exprimerait une embarcation petite en général, jusqu'à la capacité, par exemple, de 100 tonneaux; jatabla exprimerait les moyennes en général, par exemple, jusqu'à 1000 tonneaux, eljalabra les grandes en général, celles qui dépasseraient 1000. Dans cette hypothèse, jalabe^ jatabij jatabo^ jalabuy signifieraient en particulier et respectivement les intermédiaires, savoir, par exemple, celles de 1 à 10 tonneaux, de 10 à 30, de 30 à 60, et de 60 à 100, et Ton suivrait la même règle dans les deux autres classes. Il est bien entendu, d'après ce que nous avons dit dans beaucoup d'autres endroits, qu'à l'aide des diphthongues (et dans un cas nécessaire des triphthongues) , on fixerait beaucoup mieux la capacité des embarcations. Jalabea serait une barque de moins de 2 tonneaux; jalabee, de 2 à 4 ; jalabei^ de 4 à 6 ; jalabeoj de 6 à 8 ; jalabeuj de 8 à 10, en procédant d'après la même

méthode dans les autres divisions et subdivisions.

Ce système a une application facile, spécialement pour les objets qui forment entre eux une échelle de nombre, de grandeur, d*efficacité, de dignité, etc. On prendrait pour base un nom générique, et Ton classerait les divisions subalternes par les additionnelles en 6, blj et 6r, qu'on subdiviserait par les voyelles a, Cj i, 0, M. S'il était nécessaire on ferait encore d'autres subdivisions au moyen de diphthongues et triphthongues, d'après ce que nous avons dit dans l'exemple précédent.

Exemples sur divers objets. — Asina (lac) , générique : pourrait prendre, pour base pour les classes et subdivisions, l'étendue du terrain qu'il occupe. — Asere (rivière, ou mieux, cours d'eau), générique : pourrait prendre pour base, quant aux trois divisions* principales, la quantité d'eau insuffisante pour tout^ navigation, ou seulement suffisante pour une petite navigation, ou suffisante pour une grande navigation (1). — Asoba (vent), générique : prendrait pour base des divisions l'espace parcouru , par exemple , en une seconde. Les vents pourraient être classés en faibles, forts et violents. — Atibe (population); géné-

(1) Pour prévenir certaines objections il convient de remarquer : 1» qu'il y a un nom généirique pour un cours d'eau en général , ainsi que des noms génériques pour un cours d'eau innavigable , navigable en petit et navigable en grand ; 2» que les noms que nous proposons n'empêchent pas de faire par les moyens ordinaires d'autres explications qui pourraient être convenables. (Voyez encore ce que nous disons là-dessus au n" 63.)

rique. On prendrait pour base le nombre des habitants. On pourrait les classer ainsi : — première classe , d'I habitante 1,000 (subdivisions, 1 à 20 exclusivement — à 1 00— à 400 — à 1 ,000); — deuxième classe , de 1,000 à 100,000 (subdivisions, 1,000 à 5,000 — à 20,000 — à 60,000— à 100,000); —troisième classe, au delà de 100,000 (subdivisions de 100,000 —à 200,000— à 500,000— à 1,000,000 — plus de 1,000,000). — Emane (troupeau d'animaux) y générique. On prendrait pour base le nombre des têtes , par exemple , première division , juqu'à 1 00 têtes ; deuxième division, jusqu'à 1 ,000 ; troisième division, au delà de 1,000 : ces trois divisions auraient les subdivisions expliquées. — Geba (militaire), générique. On prendrait pour base les grades : première classe, soldats ; deuxième classe, officiers ; troisième classe, généraux. — Gabi (troupe), générique. On prendrait pour base le nombre des soldats : première division, jusqu'à 1,000; deuxième division, jusqu'à 100,000; troisième division, plus de 100,000.— Jone (monnaie), générique. Pour les monnaies des temps ou des pays, lesquelles n'ont aucune analogie avec les nôtres, on peut employer les diphthongues monosyllabiques, ainsi que nous l'avons expliqué dans le numéro précédent. En outre on peut employer les additionnelles et marquer leur valeur avec beaucoup d'approximation , en prenant pour base de l'échelle depuis 1 centime jusqu'à 100 francs, et en suivant l'ordre établi pour les cas précédents. Si on veut

distinguer et dénommer par classes les monnaies d'or, d'argent, de cuivre ou autres (joî?iiia, jompa^ jonra et jonsa (voir la section JO), il sera plus facile de le faire avec les additionnelles, en prenant pour base le poids de la monnaie par grammes de un à mille.

Les additionnelles peuvent être employées pour des objets égaux entre eux, et dans lesquels il faut marquer seulement Tordre numérique premier, deuxième , troisième , tels que les saisons, Ipg mois , les jours de la semaine, les heures du jpur (1). On peut les former très-simplement jusqu'au nombre de quinze, par les syllabes 6a, be, bi^ bo, bu; bla, ble^ bli, bloj blu; bra^ bre^ bri, bro^ bru. Quand les objets dépassent le nombre quinze, il nous paraît plus simple d'employer le nombre ordinal vingtième^ centième ^ etc., que de chercher des règles et des explications nouvelles.

Tout ce que nous avons dit dps syllabes additionnelles qui commencent par B, s'applique à celles qui commencent par la consonne C, qqi ad^çj les mêmps classes , divisions et subdivisions ; mais nous serions portés à établir entre elles la différence que nous avons déjà proposée , savoir : les additionnelles qui commencent par B signifieront les objets en pro-

(1) Nous ne voyons pas d'obstacles à appliquer ces additionnelles aux cinq doigts des mains et des pieds , aux cinq classes de troncs que distinguent les botanistes dans les végétaux (section EGE), et à d'autres cas analogues qui se présenteront en diverses matières.

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gression asœndante , de moins à plus, par exemple : de soldat à général, de barque à vaisseau, etc.; et celles qui commencent en C exprimeront une progression descendante de plus à moins, de Londres à un hameau , depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu'à un petit ruisseau, depuis le généralissime jusqu'au soldat (1). Quelqu'un nous a fait observer qu'il y aurait plus de simplicité dans le système, en réduisant tous les cas aux additionnelles avec B, et en procédant toujours par une progression ascendante. Nous préférons, néanmoins, les deux lettres et les deux progressions , non-seulement pour rendre la langue plus riche et plus variée, mais aussi parce que dans quelques cas on trouverait de la difficulté ou de l'obscurité à commencer par le moins pour arriver au plus (2).

(1) Dans cette hypothèse, jalaba éciuivaudra à jdlaeru, jàldbekjalacro, jalatn à jalaçri , etc. , etc. On poiirrs^ réserver pour le style relayé les syllabes qui commencent par G.

(2) Gela aura lieu très-souvent, si dans la suite on admet , pour plus de ridiesse et de variété, ce que nous nVpns pa$i proposé jusqu'à présent, savoir : de donner plus d'étendue aux additionnelles, en les appliquant à un grand nombre de matières dans lesquelles il existe quelque succession ou gradation , comme , par exemple , pape , patriarche, primat , métropolitain, suffragant; évéque, prêtre, diacre, sous-diacre, acolyte; fils, petit-flls, arrière-petit-flls et petit-fils au quatrième degré.

A cette occasion nous émettrons notre opinion sur ce sujet. Sans nous opposer à ce qu'on donne cette extension aux additionnelles, nous croyons que dans ce cas on doit le faire en conservant les noms propres et directs qui sont indiqués dans le Dictionnaire, et qui sont plus courts, plus simples et moins monotones. De même nous désirerions que ceux-là seule-

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XLII. — AddUionnelles commençant par D. Après avoir expliqué l'usage que nous proposons des addîtioDuelles commençant par B ou par G, nous ajoutons qu'on pourrait l'appliquer à celles qui commencent par D ou par F, dans la forme suivante (1) :

Les additionnelles en D pourront désigner : IMes parties composant un objet , comme la racine, le col , la couronne et l'émail d'une dent, le canon, la tige et les barbes d'une plume; 2* les circonstances modificatives d'un objet, comme dans âge : l'allaitement, l'enfance, la puberté, l'adolescence, la jeunesse, la virilité, la maturité, l'âge avancé, la vieillesse, la décrépitude et la caducité. Dans les couleurs (section API) les modifications que reçoivent les sept couleurs primitives par leurs divers mélanges, en prenant pour base du nom celui de la couleur primitive qui serait la prédominante.

XLIII. — Additionnelles qui commencent en F. Elles seront destinées aux cas suivants : L'additionnelle fa indiquera que l'objet signifié par le nom portant cette additionnelle, est semblable à celui signifié par le

ment entrassent dans le langage ordinaire, et qu'on réservât les autres pour les employer avec discernement dans des discours un peu plus relevés. (1) Si les objets que nous désignons dans ce numéro ne semblaient pas aussi clairement déterminés par radditionnelle, comme ceux que nous avons cités dans le numéro précédent , il serait nécessaire de spécifier leurs noms dans le Dictionnaire.

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nom radical seul. Cela remédiera le plus possible au vague que, dans le n** 39, nous avons reconnu comme inévitable pour la traduction de certains emplois, jeux, usages et autres objets connus dans certains pays, et entièrement ignorés dans d'autres. Ainsi, par exemple, si dans la langue universelle nous appelons premier chef ou préfet d'un département rfa/da, une sérénade bume^ et un tournois melja; les mots daldafa, bumefa^ meljafa, signifieraient des choses d'autres pays respectivement semblables : c'est comme si nous disions une espèce de préfet, une espèce de sérénade , une fête semblable à un tournois. Il y a plus, à l'aide des diphthongues, il est très-simple et très-facile de distinguer les degrés de ressemblance. Ainsi, l'additionnelle /aa exprimerait une ressemblance très-grande, qui se rapprocherait de l'identité; fae exprimerait une ressemblance notable ; /ai, une ressemblance médiocre; /ao, une légère ressemblance, et^u seulement une ressemblance ou analogie très-éloignée. Tout cela, comme on voit, est clair et simple , et Ton n'a besoin d'employer ni parenthèses, ni explications toujours ennuyeuses, difficiles, vagues, embarrassantes et insoutenables dans le discours , surtout lorsqu'elles sont nombreuses.

Quant aux additionnelles/^, )î, /o, fuy fia, fle, fra, etc., nous les réservons avec intention pour des cas imprévus; car il est probable que pendant les essais de la langue, il surviendra d'utiles applications à des matières importantes.

XLIV. — Applications des additionnelles aux verbes et aux adjectifs verbaux. Les lettres ar, er, ir, or, ur^ placées après les trois premières lettres d'un polysyllabe, désignent constamment que celui-ci est un verbe, d'après ce que nous avons établi comme règle sans exception. De même les consonnes B, C, D, F, G, et J, placées après le verbe et suivies d'une ou de deux voyelles, signifient le mode et le temps, et les finales L, N, R^ S et T désignent la personne, et, par conséquent , la conjugaison reste ainsi complètement terminée. Nous pouvons donc, à notre gré, et sans aucun danger de doute ni d'obscurité, ajouter à la suite les lettres ou syllabes que nous croirons convenables pour désigner les modifications qu'on jugera opportunes, pourvu qu'oii le fasse par des règles fixes et constantes qui excluent tout arbitraire.

Avec cette seule indication, on découvre un champ vaste, pour enrichir la langue*de toutes espèces de nuances dans la signification des verbes, pour éviter tout danger de monotonie, et pour donner une grande variété de coloris au discours de tout genre. Elle n'aura donc à envier ni les conjugaisons moyennes des Grecs, ni celles des Hébreux, des Basques, de quelques idiomes américains et autres dont nous parlent plusieurs écrivains.

Qu'on remarque en outre que dans cette matière , comme dans tout, la langue projetée procède avec simplicité et sans danger d'ambiguïté. Une seule page, ajoutée à la grammaire, comme appendice, fixerait

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tous ces détails, sans la moindre obscurité ni la tnoindre explication.

Ceâ observations pourraient s'appliquer aux noms verbaux, auxquels on a destiné les autres consonnes, quand elles sont après les infinitifs ar^ cr, ir^ or, ou wr, et elle nous donneraient des résultats analogues et non moins heureux.

Nous n'avons pas l'intention de déterminer, quant à présent du moins, les modifications indiquées, et moins encore de fixer les syllabes avec lesquelles on doit les signifier. Cela n'est pas urgent, puisque la langue possède déjà des éléments plus que suffisants pour procéder avec toute espèce de latitude et de facilité, sans ces secours de parade et de surabondance. Cependant nous proposons les règles suivantes :

Première règle. Les syllabes qu'on emploierait après avoir complété la conjugaison, et qui commenceraient par B, seraient destinées à donner de la variété aux verbes, quels qu'ils fussent, dans tous leurs modes, temps et personnes. Dans ce cas nous aurions un nombre presque indéfini des syllabes par lesquelles on pourrait terminer les verbes dans un mode, un temps et une personne quelconques sans changer et sans obscurcir le sens (1 ).

(1 ) Ainsi le mot ucerardeî ( que tu aimes ) et tout autre d'un verbe, pourrait recevoir sans changer le sens : 1» les syllabes simples ba, he, &t, &o, bu; bla, hle, hli, &to, blu; bra, bre, bri^brOy bru, au nombre de quinze ;

Deuxième règle. Toutes les autres consonnes (en les supposant placées de la même manière , c'est-àdire, après avoir complété la Conjugaison) pourraient être employées pour désigner autant de classes, de circonstances ou modifications de la signification du verbe , comme on en trouve des exemples dans les langues que nous avons citées et dans d'autres; et chacune de ces classes pourrait se diviser et se subdiviser en d'autres classes subalternes. Pour le moment, nous croyons inutile de les spécifier; nous dirons seulement que jamais ces classes ne parviendront à épuiser les moyens simples que cette langue possède pour les exprimer, quelques efforts qu'on fasse pour saisir les plus minutieuses nuances des actions ; au contraire, on trouverait en elle le moyen de les exprimer d'une manière claire et positive; avantage très-important, et dont nous ne pouvons maintenant nous former une idée assez juste, faute d'expérience.

2** les mêmes quintuplées par des diphthongues, comme bue, bîio, etc., qui donnent soixante-quinze de plus, et plus de mille syllabes inverses qui pourraient se former par l'addition de lettres consonnantes. A la rigueur, la mine ne serait pas épuisée, puisqu'on pounait ajouter deux syllabes au verbe déjà conjugué, ce qui rendrait interminable le nombre de variations d'une personne quelconque du verbe, comme ressource poétique.

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