G01ISÉQUERQ1S8 DES CHAPITRES PRÉCÉDENTS
LUI. — Universalité de cette langue pour toutes les personnes (Tune médiocre instruction. Cette universalité est le résultat nécessaire de tous les avantages que nous venons d'exposer, et plus particulièrement de la facilité qu'elle offre sous tous les rapports. On pourra soulever des questions sur les obstacles et sur les difficultés qui retarderont plus ou moins ce résultat ; mais il est immanquable. Le genre humain ne peut rester insensible, lorsqu'on lui annonce une langue universelle pour les personnes instruites même très-médiocrement. On soupire après elle avec ardeur depuis deux siècles, et le besoin s'en fait sentir plus vivement de jour en jour. Les nombreuses découvertes et les perfectionnements en tout genre qui font honneur à notre siècle , encouragent tous les esprits ; et les aspirations vers de nouveaux progrès, loin de se ralentir, ne font que s'accroître. Mais parmi toutes ces aspiralions, celle de multiplier les rapports sociaux, scientifiques et industriels entre tous les peuples de la terre, doit tenir la première place. Les congrès européens de savants , les expositions publiques de tout genre , les chemins de fer, les communications télégraphiques terrestres et sous-marines et mille autres circonstances
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réclament aujourd'hui avec instance une tangue, qui puisse mettre en rapport direct les hommes intelligents de tous les pays du monde. Serait-elle difficile et dispendieuse, n'aurait-elle aucun des avantages spéciaux qui caractérisent celle du Projet; elle serait encore reçue avec enthousiasme, et nul sacrifice ne paraîtrait trop grand pour obtenir des résultats aussi importants que ceux d'une langue universelle.
Une langue dont l'étude aurait présenté les mêmes difficultés que celles qui se rencontrent ordinairement dans l'étude de tout idiome étranger, aurait satisfait complètement leurs désirs. Et certes on n'aurait pas exigé comme nécessaires la facilité et les autres circonstances favorables que présente la langue que nous proposons.
Les savants qui , depuis deux siècles , ont cherché cette langue avec tant d'empressement, ne s'attendaient pas à la trouver avec des conditions si favorables.
Il n'est donc pas croyable qu'on abandonne et qu'on néglige une langue qui ofifre tous ces avantages même dans son état de projet, et qui recevra sans aucun doute des améliorations nombreuses par le concours de tant de savants intéressés à la perfectionner, et par l'influence de tous les gouvernements intéressés aussi à encourager leurs travaux (1).
(1) Parmi tous les gouvernements, celui du souverain Pontife mérite de notre part, dans cette matière, une attention toute particulière : lui qui, comme chef de l'Églisp, pourrait faire adopter cette langue par tous
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les missionnaires pour la grande œuvre d'instruire et de civiliser les peuples innombrables, dont les langues ne se prêtent pas à ce résultat. Cette idée nous a été suggérée par Topinionde notre compatriote Son Excellence Monsieur Joseph Serra, alors évéque de Puerto-Victoria , que développa avec assez d'étendue El faro nacional dans son n* 162. Celui qui coniparera la facilité avec laquelle les peuples les plus sauvages l'apprendront avec les difficultés immenses que leur présentent les compUcations et les irrégularités des autres langues , reconnaîtra combien cette opinion est fondée. Un dictionnaire peu volumineux du latin (que tous les missionnaires connaissent), un de la langue universelle, un catéchisme pour les enfants et un autre plus étendu, un résumé de l'histoire des deux Testaments, un abrégé de morale, et trois ou quatre petits livres de dévotion^ de méditations, etc., etc., dont le prix total ne s'élèverait pas à trois mille douros( 15,000 flrancs), suffiraient pour donner la première impulsion à l'entreprise, qui se perfectionnerait plus tard d'elle-même.
TROISEÈME SECTION.