‹ Projet de chemin de fer, de Paris à ToursChapitre 25 sur 48 · ET DU TRACÉ DES SIAGASIMS D’EXPLOITATION DU CHEMIN DE FER · texte numérisé non relu

ET DU TRACÉ DES SIAGASIMS D’EXPLOITATION DU CHEMIN DE FER

La ville de Chartres dont la population est de t 4 mi!l e liabitans a une très grande importance qui vient de l’étendue d e son commerce de grains et de farine , ainsi que de la fabrication des étoffes de laine. Chartres est le grand marché de» produits agricoles de la Beauce en général et plus particulièrement du département d’Eure-et-Loir dont elle est le chef lieu- Sa position géographique lui est très favorable sous le rapport

commercial, car elle est située au centre de la Beauce et assise sur les liords de l’Eure qui donne le mouvement à une prodigieuse quantité de beaux moulins dont le plus grand nombre fonctionne pour la ville de Paris; elle est d’ailleurs le poiut sur lequel viennent rayonner les sept grandes roules de Chartres au Mans ; de Chartres à Rouen par Dreux, de Chartres il Paris par Plaintenon, de Chartres à Paris par Abis , de Chartres à Orléans, de Chartres à Mois eide Chartres à Tours, ce qui facilite le transport des produits agricoles qui viennent alimenter ses riches marchés et ses nombreuses foires, qui durent , celle du 1 1 mai , dix jours, celle du 8 septembre, dix jours, celle du a4 août, trois jours, celle de novembre un jour, celle de juin, un jour et celle de juillet, 4 jours. Sans vouloir entrer ici dans de trop grands détails statistiques, mais pour donner une juste idée de la richesse de Chartres et de l’abondance de ses produits, nous dirons qu’elle a déversé sur Paris jusqu’à 45 ,ooo tonnes de blc froment ou farine. On sait que la ville de Paris est approvisionnée par les trois provinces suivantes, savoir : la Beauce, la Brie et la Picardie, et que chacune d'elle fournit le tiers des l ,^ 5 o,ooo hectolitres de Lié , froment ou 791,401 sacs de farine que ses habitans consomment: sur ce nombre le. département d’Euiç-et-Loir en fournit 600,000 hectolitres ou 222,ga5 sacs de farine dont le poids est de 45 , 000 tonnes. La majeure partie de ce blc froment est réduit en farine par les beaux moulins qui sont situes sur l’Eure et principalement entre Chartres et Maiuteuon.

Si l’on ajoute à celte branche importante de commerce qui s'effectue presque en totalité dans la ville de Chartres, celle qui s’exerce sur les moulons, les laines , les veaux , les volailles, les œufs, le beurre, le fromage, etc., on sera convaincu que Chartres est une ville du plus grand intérêt sous le rapport commercial. Pour juger de son aclbitc sous ce rapport , il suflira de faire connaître qu’on évalue ù plus de cent les voyageurs qui arrivent à Chartres chaque jour par toutes les routes autres que celle de Paris et à un nombre égal ceux qui parlent pour cette ville ou qui en viennent. Ses marchés ressemblent à de grandes foires par l’afduence îles habitans des campagnes et par le nombre des affaires qui s’y traitent. La police de ses marchés elle mode adopté pour les transactions entre les cultivateurs cl les marchands sont une des choses les mieux entendues qu’il soit possible de voir en ce genre : le cultivateur est toujours sur de vendre au cours et d’emporter le soir même son argeut sans jamais courir le risque de perdre un centime. Toutes les opérations sont faites par des facteurs qui jouissent delà plus grande conGanccct qui la méritent h juste litre. Cette organisation fait le plus grand honneur aux autorités municipales de la ville; elle est la cause principale qui fait que les marchés de Chartres sont et seront probablement long-temps eucorc les plus courus de tout ceux de la Beauce. Nous avons pensé, après avoir toutefois bien examiné les localités et avoir pris l’avis de M. le maire de la ville de Chartres, qu’il était

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convenable d’établir les magasins et toutes leurs dépendauccs en tout point conformes à ceuxque nous avons proposé d’établir pour la route de Rambouillet (Voyez l’article Rambouillet). Ces établissenacns seront situés dans la prairie et à cheval sur le chemin de fer et la rivière d’Eure, entre le faubourg de la Grappe et le pont construit sur la rivière un peu au-dessous de la caserne de cavalerie. Ce point est aussi rapproché que possible du centre de la ville ; il esta 600 mètres du marché au ble et il touche à la route royale de Paris à Tours ou au boulevard ; enfin, il offre des débouchés facile* autant que peut le permettre la configuration du sol de la ville de Chartres

DE L’IMPORTANCE COMMERCIALE DE BONNEyAL

ET DU TRACÉ DES MAGASINS d’eXPLOITATION DU CHEMIN DK FER.

I.a petite ville de Bonneval qui compte é peine de tf> à 1,800 habitans, n’a pas moins une ceitaine importance, tant par rapport à sa position sur le Loir et aux nombreux moulins situes dans ses environs, qu’à cause de scs produits agricoles et de ceux des villages environnans. Bonneval a aussi son marché qui abonde en céréales et qui pourra devenir beaucoup plus important si le chemin de fer de Paris à Tours s’exécute. Un le concevra facilement quand on saura que dans l'ctat actuel des voies de comnumica~ tion, plusieurs des moulins des environs de Bonneval fonctionnent pour Paris et que quoique celte ville soit de huit lieues plus éloignée de Paris que Chartres, elle n’en soutient pas moins avec celle-ci la concurrence. Il n’e-t donc pas douteux cjue les moulins de Bonneval ainsi que son marché ne prennent avec la création du chemin de fer un essor tont-r-fait favorable à son commerce de grains et à son industrie farinière. Dans cette prévision nous avons tracé à la porte de Bonneval (porte de Pon»), sur un point où il sera facile d’at river sur le chemin de fer, des établissemens dans le gemc de ceux de Rambouillet, niais sur une échelle infiniment plus petite ; il y aura aussi k Bonneval un atelier de réparations.

DE LIMPORTANCE COMMERCIALE DE CIIATEATIDUN

KT DU TRACÉ DES MAGASINS d’eXPLOITATIO N DU CHEMIN DE FER.

La ville de Châteandun dont la population estdcj à 8,000 habitans, est en possession d’un marché d’nne assez grande importance; il s’y vend beaucoup de grains, volailles, beurre, œufs , fruits, légumes, etc. Les relevés de la mairie prouvent que la vente en blé froment, s’élève à 5,5 >0 tonnes. M. le maire de Châteaud un pense que la quantité qui se vend sur échantillons est beaucoup plus considérable, et si l’on ajoute à celle-ci les autres espèces de grains qu’on y vend également, on est assuré de ne pas trop s’écarter de la vérité en les portant de 7 à 8,000 tonnes. Il se fait egalement sur ce marché un commerce assez considérable en volailles, beurre, œufs, légumes et fruits, et la majeure partie de ces produits prend la route de Paris. On a pu voir par la description qui précède du chemin de fer , que les rives du Loir sont bordées de moulins d’une grande beauté, tels que ceux de Marboué, île i.i Boissière, du bas de Châteandun, de Saint-Avit, construits d’après le . système anglais et qui ont trois, quatre et cinq tournans; toutes ces usines fonctionnent pour Paris avec avantage quoiqu’elles soient obligées de faire transporter leurs produits par la voie du roulace et que la distance à parrourir soit de trente-six lieues. Si le chemin de fer s’exécute tous ces établissemens prendront un nouvel essor qui produira le plus grand bien dans toute la contrée et principalement sur la classe des cultivateurs. La ville de Châtcaudun est dans une position très avantageuse, elle est située sur les bords du Loir et cinq grandes roules viennent y aboutir. C’est l’un des points intermédiaires entre la Beauec et le Perche , pays pauvre qui a besoin de s’approvisionner de vins h Châteandun. On pense que celte ville deviendra le lieu où il sera nécessaire d’établir un entrepôt pour les vins provenant des bords de la Loire et destinés au commerce du Perche. A son tour celte province qui abonde en moutons d’une excellente qualité, en beurre, œufs, volailles, veaux, cochons, etc. , viendra les échanger à Châteaud un contre les vins provenant des bords de la Loire. Par loutes ces considérations nous avons été conduits à tracer au lias de Chûteaudun, sur le sol autrefois dépendant du couvent de Saint-Jean de la Chêne, des magasins semblables à ceux de Rambouillet, seulement ilsauront une surface moindre.

OÛ

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