‹ Projet de chemin de fer, de Paris à ToursChapitre 27 sur 48 · ST DU TBACÉ DES MAGASINS D’EXPLOITATION DU CHEMIN DE PKR · texte numérisé non relu

ST DU TBACÉ DES MAGASINS D’EXPLOITATION DU CHEMIN DE PKR

La ville de Château-Régnault dont la population s’élève à peine a 3 ooo habitans, est située d’une manièie très avantageuse , taut pour son commerce que pour son industrie manufacturière. Elle est assise sur le coteau qui domine les vallées de la Brenne et de la Branle, au confluent des deux petites rivières qui parcourent ces vallees. Cinq grandes routes alimentent son marché et ses quatre foires pendant la tenue desquels il se vend au moins 6,000 tonnes de céréales, de gibier, volailles, œufs, beurre, légumes , etc. Ces routes sont celles de Paris, d’Amboise , de Tours par Vernou et la vallée de la Brpnne, de Tours par Monnaie et celle de Montoire par Auton. A des distances assez rapprochées de la ville se trouvent des bois et des forêts d’une étendue considérable et dont les produits sont parfaitement utilisés dans les fabriques importantes de Château-Regnault qui consistent en nombreuses et riches tanneries de premier ordre et en fabriques de carreaux de terre cuite, qui par leur perfection peuvent rivaliser avec les carreaux de pierre Je liais. Ces fabriques de carreaux prendront un accroissement considérable par suite de l’établissement du chemin de fer. La renommée des carreaux de Château-Regnault est si étendue et si bien établie, qu’il est inutile d’en parler ici; mais ce qu’il nVsl pas indiflérent desavoir, c’est que cette ville ne possède pas moins de douz fabriques en ce genre dont les produits variés par leur forme et leur couleur se transportent , non-seulement dans toute la contrée à une distance de dix, quinze, vingt et trente )>eurg, mais encore dans nos colonies et même en Angleterre. On doit donc s’attendre que comme ces carreaux sont incontestablement plus beaux, beaucoup plus solides, enfin plus paifaits et à un prix bien plus bas que ceux dits de Bourgogne qui se vendent en si grande quantité à Paris , ils obtiendront bientôt la préférence sur ces derniers, ce qui donnera aux fabriques de Châtcau-Regnault une grande extension. Il est bon aussi de faire remarquer que la majeure partie du blé froment qui se vend sur le marché de Château-Regnault est transporté da îs la Re.iuee pour y ensemencer les plaines de cette province. Par tous ces motifs nous avons jugé convenable d’établir à Château-Regnault des magasins, un atelier de reparation et un bureau semblable en toute chose k ceux de Vendôme. Cet établissement sera situé à la porte de la ville, A droite, sur la route de Tours parallèlement au chemin de fer.

DE L'IMPORTANCE AGRICOLE DE REUGNY, CHANÇAY, VERNOU, VOITVRAY , ROCUECORBON , SAlNTE-RADEGONDE ET 8AINT-S YXPHORIEN.

La ville deVouvray gt lessixbourgs sus-énoncésontdes produits si abondans en vins fins qu’il sera indispensable d’établir auprès de chacun d’eux des places de sationnement avec des bureaux pour y recevoir les marchandises destinées à être transportées sur Paris. Pour justifier la création de ces établisse inens , il nous suffira de faire conuaitre que l’ensemble des produits de ces diverses communes s’élève à plus de 1 8 ,ooo tonnes.

DE l’|MPORTANCE COMMERCIALE DE TOURS-

La ville de Tours dont la population ne s’élève anjourd hui qu’a a^ooo liabil.ms , en avait en 167a plus de 80,000. Un ne conçoit pas comment une ville qui a été en possession d un commerce et d une fabi icaliou aussi étendus a pu les perdre aussi pi oui ptement, surtout quand ou examiue son hemeuse situation. Elle est à cheval sur la Loire, cernée par le Cher et son canal dont I un débouche en amont et l’autre en aval de la ville dans la luire, et elle est desservie par dix-sept routes royales ou départementales. Elle jouit en outre du plus beau et du plus riche sol de la h rance ( les terres se vendent jusqu’à 12,000 fr. l’hectare ) et son climat est également le plus beau et le plus constant qu’on puisse trouver. On rencontre dans ses environs les sites les pi us pittoresques et les plus variés, les maisons de campagne les plus belles et les plus heureusement situées. Enfin , les produits en vins fins, en fruits, légumes de toute espèce et les plus délicats sont si abondans qu’on 11e conçoit pas, disons-nous, comment avec tant de richesses et tant d’éleinens d>- prospérité, la ville de Tours n’ait pas repris son ancienne splendeur. Cependant il est juste de remarquer ici que sa population ainsi que son industrie augmentent sensiblement. En 1828 la population n’etait que de 20,920 habilans , aujourd’hui elle est de a 5 . 235 ; elle s’esl donc accrue en sept années de 2, 5 i 5 habilans, ce qui prouve àoflïsamment que son industrie prend de l’essor et qu’as ec l’aide du chemin de fer elle niar heia d’un pas plus rapide vers son ancienne grandeur.

Nous avons entendu direàdcs personnes respectables de Tours que celte ville n’avait pas besoin «le chemin de fer; «pi’élant en possession d’un grand uoinbt e de bonnes ruutcs et de la na\ igat ion «le la Loire cl du canal du Cher, cela devait suffire à sa pros|>éi ité et, enfin, que si son industrie et son commerce ne prenaient pas un es^or plus grand cela tenait aux habitudes et au pende b&viin» de scs liabitans : «pi’il serait donc difficile de donner au commerce

de Tours ainsi qu’à son industrie un plus grand mouvement et que parconséquent d devenait pour ainsi dire indifférent aux intérêts de la ville qu’il y eût un chemin de fer ou non entre Paris et Tours. Ce n’est pas ici le lieu de répondre d’une manière aussi étendue que le comporterait celte façon de raisonner ; il nous suffira de faire remarquer qu’il sera toujours préférable au\ habitans de Tours, quelque peu soucieux qu’ils soient de leurs propres intérêts, de ne payer que moitié des prix actuels et de n’employer que le i|i6, le i| 3 o, le 1,90 ou le i| 180 du temps que l’on emploie en ce moment pour faire transporter leurs produits sur Paris. Ces mêmes personnes partant toujours d’un principe faux, ajoutent^} quand on leur parle des inconvéniens qu il y aurait pour le commerce en general et pour celui de la ville de Tours en particulier que le gouvernement donnât la préférence à la ligne de chemin de fer de Paiis à Tours par Rambouillet, et Orléans sur la ligne de Paris à Tours par Chartres, qu’il leur est tout aussi indiffèrent cjue l’on adopte l’une ou l’autre de ces deux lignes et que Tours n’est nullement intéressé dans la question. Evidemment ceux qui se prononcent aussi légèrement n’ont pas assez réfléchi , car il n’est pas possible d’admettre qu’il soit indifférent au commerce de la ville de Tours de faire parcourir à ses marchandises huit lieues de plus ou de moins , de payer également un huitième de plus ou de moins et d’emplover un temps proportionnellement plus long, etc. Ces simples observations suffiront sansdoule pour faire comprendre à ces mêmes personnes et à tous ceux qui partageraient leurs erreurs , que la roule de Paris à Tours par Chartres a sur l’autre un avantage incontestable d’un huitième, en supposant toutes choses égales , ce qui n’est pas d’ailleurs , car le tracé par Chartres aura généralement des pentes plus douces et pas un seul plan incliné ; son point de départ à la place du Louvre au centre de Paris, et son point d’arrivée à Tours, quai Saint-Syinphorien contre le pont; tandis que le tracé par Orléans aura des plans inclinés et des pentes plus fortes , son point de dépait à la plaine de Vaugirard et son point d’arrivée à Tours, silué, dil-ou , h la porte de Bordeaux.

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