‹ Projet de chemin de fer, de Paris à ToursChapitre 3 sur 48 · DU TRACÉ DD CHEMIN DE FER · texte numérisé non relu

DU TRACÉ DD CHEMIN DE FER

La ville de Versailles est située sur une forte colline on petite montagne élevée de ia8 mèt. (i ) au-dessus du niveau de la mer ; elle est flanquée de <1 ux autres collines beaucoup plus élevées : la première esta rjt met. (près les réservoirs sur la route de Saint- Germain ) au-dessus du niveau de la mer, cl la seconde à t ^3 inét. (le bois fiobert) ; ce qui ferait croire nu premier aspect que Versailles est dans un trou, tandis qn'cn réalité elle est d’environ 100 mèi. plus élevée

3 ne Paris dont elle n’est. éloignée que de i 8 .t> 3 o mèl. Octte is'ance serait cependant plus que suffisante si le sol de Paris à Versailles avait, une pente à-peu-près uniforme, comme cela se voit dans beaucoup de pays, mais il n’eu est pas ainsi. Lu pente du sol de Paris à Sèvres varie fort peu : le minimum de sa hauteur est de aH met. et le maximum de 38 mèl. et auprès du vieux pont de Sèves elle est de 3 a met. Ainsi , comme l’auteur de ce projeta choisi pour point d’arrivée le point à-peu-près le plus bas du centre de la ville de Versailles ( le bas de l’avenue de Sceaux ) , et que néanmoins il est encore élevé de tat mèt. au-dessus dit niveau de la mer, il en résulte que la différence de niveau de ce dernier point avec les bords de la Seine près Sèvres, qui en sont éloignés de 8,9 1 1 met. 3 o cent., est de 89 mèt. 11 a donc été nécessaire d’employer des moyens extraordinaires pour vaincre la difficulté provenant d’une aussi grande différence» C’est cette difficulté qui a fait considérer par tous les ingénieurs la ligne de Paris à Versailles comme la plus difficile de toutes celles «] ni viendront aboutir à Paris. <>n verra par la description et le tracé qui vont suivre comment l'auteur est parvenu à sut monter toutes les difficultés.

(ic qui contribuait encore non moins puissamment à rendre difficile l’exécution de ce projet, c’était le choix du point de départ de Paris. Il fallait , et chacun le disait , que, pour que ce chemiu fût profitable en tous points, il partit du centre de la ville, ou du moins qu’il ne s’éloignât pas de

(1) Ce point est prie sur l'exe de l'avenue de Paris , entre les grande» et te» pentes écurie» du roi.

beaucoup du point de départ de* voitures dijà existantes. Toutes ces difficultés ont encore etc augmentées par celles auxquelles on devait s’attendre de la part des magistrats de la ville île Paris, qui ne veulent pas permettre qu'on s'établisse sur la voie publique qui est très- fréquentée , dans la crainte <pie les machines locomotives n’ell'raient les chevaux, lia donc fallu, tout en satisfaisant à l'opinion publique et aux besoins du commerce, respecter des craintes , non fondées peut-être, mais néanmoins respectables par les motifs qi'i les ont dictées.

En conséquence, après avoir levé tous les plans des lieux où il y avait possibilité de faire passer le clrcmin de fer, après avoir fait également tous les nivelleuiens, ce qui a conduit à déterminer plus de 5ooo points de Paris à Versailles et dans les environs, on a pense, d'après les éludes faites, que le point de départ devait être situé au 1 ms de la cale de la rue des Poulies, entre le pont Neuf et le pont des Arts, et au milieu du port des Charbonniers presqu'en face le vieux Louvre.

TRACÉ Dû PORT BU LOUVRE DEVANT SERVIR A l’exploitation du chemin de fer.

Entre le port Saint-Nicolas et la cale de la rue des Poulies est une berge assez étendue qui , à cause de sa configuration irrégulière, n’est d'aucune utilité pour le service de la navigation. Cet espace a une longueur de 3 1 8 met. , et dans les liasses eaux il a une largeur moyenne de 3o met. 11 sera parconséqueut ficile d’y construire un port spacieux et commode pour le service du chemin de fer et du commerce. C'est là que viendront se décharger les marchandises arrivant de Tours ou qui seront destinées pour cette ville et qui ■ne craindi ont pas les avaries qui peuvent résulter de l'intempérie des saisons. Quant aux autres, et en raison des distances dans Paris, du temps plus ou moins favorable ou des débordemeus de la Seine, elles seront déposées dan- les magasins couverts de la place de la Concorde dont il sera parlé plus loin.

Ce porta l'immense avantage d’être au centre du commerce de Paris cl de ses principaux marchés. Sa longueur sera de 3 1 B m. et sa largeur moyenne de 54 m. Il aura en surface ii,j{8 m. , c’est-à-dire a, 836 m. déplus que le port Saint-N colas; il aura une pente (le 8 cent, par mètre; il sera pave à neuf et entouré d’un mur de soutènement en meulière couronné en pierre de taille.

TRACÉ ï>v chemin depuis la cale de la rue des Poulies jusques et y compris ls pont royal.

Ce point n’est élo'gné que «le 4 oo m. du iaanhé aux volailles (i), de 4^o ni. de la grande liallc et de ixio ni. environ de la halle au blé; il ne faut pas perdre de vue que la plus grande partie des farines qui arrivent à Paris proviennent de la Heauce et que pour y arriver elles prennent presque toutes la direction de Versailles. D’après celle donnée, les caissons des waggotis qui seionl construits exprès

J iour ce service et qui seront mobiles étant arrivés au bas de a cale de la rue des Poulies passeront , sans qu’on soit obligé de les décharger, sur des voilures faites également exprès qui les porteront à la halle, sans qu’il en coûte de frais de transbordement. C’est l'économie qui doit résulter pour le commerce de ce mode de transport qui a été l'un des principaux motifs du choix qu’on a fait de cet emplacement. Un autre non moins important , c’est que les waggons pourront aussi se charger de nouille sur ce même point qui est plus spécialement destiné au débit du charbon. Parlant de ce point, le chemin seia établi sur la berge de la Seine et se dirigera parallèlement au mur de quai jusqu'au bas de la dernière cale du port Saint-Nicolas. Cette première partie du chemin n’aura qu’une voie : elle est spécialement destinée, comme on l’a déjà dit, à faciliter le déchargement des farines et le chargement des houilles ainsi que la prise sur le port des marchandises destinées pour Versailles et le dépôt de celles qni en reviendraient.

A partir du bas de cette cale, le chemin prendra deux voies et s'élèvera par une pente très-douce jusqu’au niveau de la galerie souterraine : cette galerie aura 7 mèt. d’ouverture; son élévation aura 6 mèt. jusqu’à l'extrados de la voûte; cette voûte aura 1 mèt de flèche, elle prendra naissance au pont Royal. Le couronnement du plafond sera situé à 6 mèt. en contrebas du pavé de la culée du pont, c’est-à-dire à 3 i mèt. 090 inill. au dessus du niveau de la mer, et à 6 mèt. 090 mill. du point zéro de ce pont. I.es eaux de la Seine s’étant élevées en i6. r >8 à 9 mèt. 44 ° ntill. au-dessus de l’étiage de ce pont (il y a de cela i ^5 ans ), on

(1) Il m vend à ce marché 11,803951 livres posant de volai les et gibiers ; pins de 1a moitié vient du Maine et de la Bcauce et passe par Versailles. Celte quantité peut être évaluée à 3 , 000 tonneaux.

Toit que dans le cas d’une crue aussi extraordinaire la galerie serait exposée à recevoir 5 met. 35o mill. d’e.m : mais ce phénomène ne s'est plus reproduit depuis cette époque. Jlu 17 jo seulement (il y a pj. ans) les eaux sont montées a 8 uiet. 54o mill. , c'est-à-dire à s tnèl. 45o mill. au-dessus du point du cournnneincnl du chemin de fer (c).

f l u * '«ent d’étre dit sur l’élévation des «aux a été puisé a des sources authentiques et est le résultat des observations publiées par l'autorité que nous voulons convaincre, ainsi que le public, en donnant le relevé des plus hautes eaux connues de la Seine.

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