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VENTILATION ET CHAUFFAGE

Après avoir décrit comment seraient disposés les logements des condamnés , les galeries des gardiens, les cachots pour les punitions extraordinaires , la tour du centre , en un mot tout ce qui constitue le pénitencier proprement dit , je ne dois pas omettre de parler des mesures qui seraient prises pour arriver à ce que les hommes qu’il renfermerait y trouvassent d’abord de grandes garanties de salubrité , et qu’ils y fussent , de plus , à l’abri contre les rigueurs de l’atmosphère : je vais parler de la ventilation et du chauffage.

On a vu que les logements, ouverts par chacune de leurs extrémités t n’ofïraient d’autres murailles que celles qui , rayonnant vers le centre, serviraient à les partager (8). — Ainsi, se trouverait réalisée (toutes les fois qu’aucuns des volets ne seraient fermés) cette pensée de donner à des prisonniers, dans leurs cellules, autant d’air que les cultivateurs en ont dans les champs.

Mais , habituellement , ces mêmes logements ne resteraient pas ainsi tout ouverts , et comme les deux ventaux destinés à les clore seraient tenus fermés, d’abord durant les nuits et ensuite, au moins du côté de l’extérieur , pendant les jours où la température ne serait plus assez chaude , il a été bon de prévoir d’autres dispositions , afin que lorsqu’il s’agirait de renouveler l’air dans toutes les parties du Pénitencier , on ne se trouvât pas dans l’obligation d’ouvrir les cellules, et par là de les refroidir souvent mal à propos.

Des couloirs voûtés, au-dessous du grand bâtiment circulaire, auraient donc pour but d’opérer (sans ouvrir ces cellules) une ventilation complète dans tout l’établissement. Ces couloirs, occupant le dessous des logements au rez-de chaussée , et comme eux au nombre de quatrevingt dix, prendraient l’air dans la contregarde, à 2 mètres au-dessus du

sol et l’amèneraient à la circonférence intérieure du bâtiment de condamnés.

Il y aurait en plus deux autres couloirs beaucoup plus grands qui, passant sous les corridors g et g , aboutiraient à tous les étages de la tour du centre.

Le elliffre des prises d’air à l’extérieur serait ainsi de quatre-vingt douze.

11 ne serait fait usage de celles qui existeraient sous les logements que lorsque la température serait assez douce pour que la ventilation opérée avec l’air du dehors n’occasionnât pas un refroidissement nuisible: mais, dans les temps plus rigoureux cette même ventilation deviendrait au contraire un moyen d’échauffement , parce que l’air , n'entrant plus alors que par les deux derniers couloirs dont il a été parlé , traverserait des réservoirs de chaleur (ménagés dans la construction de la machine à vapeur et dans celle des foyers de chauffage du Pénitencier), pour déboucher à la circonférence des galeries occupées par les gardiens et dans les logements des prisonniers.

Il faut se hâter de dire que le principal but de cette ventilation par l’air chaud serait surtout d’économiser les dépenses du chauffage, dans ces jours de froid rigoureux.

Je serais obligé d’entrer dans des détails qui ne peuvent trouver ici leur place , si je voulais décrire , d’une manière bien complète , comment seraient combinées toutes les dispositions dont nous venons de nous occuper et comment on en ferait usage, suivant les différents états de l’atmosphère et les différents effets qu’on se proposerait d’obtenir j mais aux indications qui précèdent , il convient toutefois d’en ajouter encore quelques-unes.

Ainsi, je dois faire connaître que des tuyaux verticaux, pratiqués dans les murs de partage des cellules , seraient destinés à l’entrée et à la sortie de l’air , quand ces cellules seraient tenues fermées } et que plusieurs d’entre eux serviraient , en même temps , de tuyaux de fumée

dans les ateliers où l’industrie , exercée par le convict , nécessiterait de laisser un peu de feu à sa disposition.

Ainsi, tous les conduits ont été étudiés, de manière à être toutà-fait indépendants les uns des autres , afin de ne jamais devenir un moyen de communication pour la voix.

Ainsi, le matin , avant le lever, etle soir, avant le coucher, c’est-àdire lorsque les cellules seraient bien closes, on ouvrirait les ventilateurs inférieurs et les grandes arcades qui existeraient au bas de la coupole couvrant la cour ; de sorte que , tant que les logements resteraient ouverts à l’intérieur pendant le jour ( et ils ne cesseraient de Pêtre que dans les froids rigoureux ) , cette mesure procurerait , à chaque prisonnier , pour sa part dans le cube immense de cette cour , plus de 250 mètres cubes d’air pur à respirer, c’est-à-dire plus de vingtcinq lois autant que la science en demande pour un homme valide.

Ainsi , dans les temps humides , la ventilation serait activée , soit en faisant passer l’air , comme dans les jours de froid , à travers les réservoirs de chaleur dont il a déjà été fait mention , soit en mettant en jeu un mécanisme ventilateur, que la machine mettrait en mouvement.

Et enfin , pour compléter tous les moyens de renouveler l’air , particulièrement dans la tour du centre , et surtout pour enlever jusqu’aux odeurs et à la chaleur incommode des divers services placés dans les étages inférieurs de cette tour , un foyer d’appel , disposé dans le vide marqué i sur le plan, aurait une puissance d’autant plus considérable , qu’il serait traversé, dans une longueur de plus de 30 mètres , par le tuyau de fumée de la machine.

A l’aide de tous ces moyens , l’air , dans l’intérieur du Pénitencier, serait non-seulement conservé pur dans toutes les saisons , mais encore rendu plus frais dans les grandes chaleurs et plus chaud dans les jours de froid rigoureux.

L’adoucissement de température qui serait obtenu de cette ma-

Jiière , ne pourrait toutefois dispenser d’établir quatre calorifères ? distribués dans chacun des quarts de la circonférence ; mais il n’y aurait nécessité d’y allumer du feu que pendant un très-petit nombre de jours par chaque année ; car , dans les froids ordinaires, le calorique de la machine à vapeur, qu’on laisserait alors s’écouler dans la cour couverte , celui produit par tous les becs d’éclairage et , comme nous l’avons vu , jusque par la ventilation elle-même , procureraient dans les cellules ( ouvertes à l’intérieur seulement ) une température d’autant plus suffisante que les rangs du haut, où les prisonniers se livreraient à des travaux moins capables de les échauffer, se trouveraient dans la position la plus favorable (9).

Les volets seraient , au contraire , fermés des deux cotés , quand le froid serait assez rigoureux pour qu’on fût obligé d’avoir recours aux calorifères.

Je ne reproduirai pas ici les calculs dans lesquels je suis entré pour déterminer les dépenses d’un chauffage ainsi entendu; je me bornerai à dire qu’en admettant la nécessité d’une température aussi élevée que dans les ateliers de nos maisons centrales , elles n’arriveraient pas, pour toute une année, à 15 francs par chaque prisonnier.

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