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EN AVANT DU PÉNITENCIER

Bien que le grand pavillon, placé à l’extrémité du passage d'introduction générale , forme l’entrée du bâtiment occupé par les prisonniers, et que j’en aie déjà fait une description sommaire, il convient d’y revenir , pour parler avec plus de détail des services qu’il renferme et surtout de l’infirmerie.

Nous avons vu que ce pavillon contenait intérieurement un grand

vestibule c , dans lequel arriveraient les voitures cellulaires. — Au fond et en face, un perron montant dans l’arcade du milieu, conduirait dans la maison , à la hauteur de la cuisine et du premier rang des logements des condamnés; et de chaque côté de cette arcade du milieu , deux rampes , descendant par deux ouvertures latérales , serviraient à porter, sur des chariots , les approvisionnements , dans les magasins ou dépôts placés aux étages inférieurs de la tour du centre.

Au delà de chaque côté du perron montant à la prison , et audessus des deux rampes pour descendre les approvisionnements , on trouverait une loge pour un deuxième portier et un bureau; — plus loin, deux petits escaliers de service : Puu , marqué d sur le plan, serait à l’usage exclusif du directeur , qui y accéderait particulièrement ; l’autre marqué e sur le plan, serait destiné à l’Inspecteur et à l’Aumônier , et en même temps aux services établis dans la partie supérieure du pavillon dont nous nous occupons.

A l’étage sur le vestibule , qui correspondrait au deuxième rang de cellules , il y aurait un poste ou dortoir de gardiens. — Convenablement placé à l’entrée de l’établissement, et par conséquent à la disposition du Directeur , ce poste ou dortoir compléterait sans aucun doute le logement des gardiens et des contre-maîtres , soit que , dans le cas où leur nombre serait le plus faible , il ne fût que de 20, c’est-à-dire de 1 par 23 pi'isonniers , ou que, dans le cas où il serait le plus fort, il fut porté à 30 , c’est-à-dire à 1 par 15.

A l’étage au-dessus de celui-ci (correspondant au troisième rang de cellules ) se trouverait la lingerie , à laquelle on monterait par l’escalier qui s 'rt déjà à l’Inspecteur et à l’Aumônier.— Si la buanderie a été tenue en dehors du bâtiment des cellules , afin que tous les mouvements occasionnés par son service ne troublassent jamais l’ordre intérieur de la maison, on devrait remarquer que la lingerie, établie dans le pavillon d’entrée , serait déjà au-delà de la porte de

la détention , et que son service serait cependant encore en deçà de celui des condamnés , bien à portée de leurs logements , au milieu juste de la hauteur de tous les étages, et qu’aux jours fixés, la distribution du linge se ferait ainsi avec la plus grande facilité.

Au-dessus, à la hauteur du quatrième rang de cellules, le vestiaire ou magasin d’habillements présenterait les mêmes avantages de service.

Enfin , le dernier étage contiendrait les chambres d’infirmerie , dans lesquelles on traiterait les prisonniers , lorsque la gravité de leurs maladies ne permettrait pas de les soigner dans leurs logements. — Il résulterait , des renseignements que j’ai pris auprès de plusieurs médecins , que leur nombre , serait à peine le dixième du chiffre total des malades. — Or , en admettant que ce chiffre total fût ( ce qui serait très-exagéré ) , le dixième des hommes valides , le nombre des lits nécessaires dans l’infirmerie , se réduirait au centième de la population, c’est-à-dire qu’il serait ici de 4 4/â pour 450 prisonniers. — Je n’ai pas voulu cependant, m’en tenir à un chiffre aussi peu élevé, j’ai donc distribué dix cellules dans le projet, ce qui donne plus de deux places sur cent valides au lieu d’une seule.

Cette infirmerie , placée au sommet du grand pavillon , à l’entrée de la prison, isolée de tous cotés, jouissant par conséquent de tous les orients, de manière à pouvoir profiter des plus favorables, présenterait entre les chambres , une petite cour ( ou atrium ) couverte par un vitrage élevé au-dessus du comble , afin que l’air pût y circuler librement par des ouvertures que l’on fermerait quand la saison l’exigerait.

Le service se ferait par cette cour ou atrium , qui contiendrait le poste de Einfirmier, et sur laquelle chaque chambre aurait, dans sa partie supérieure , une croisée qui , avec celle établie dans le mur opposé , rendrait aussi complets qu’on pourrait le désirer les moyens de ventilation et d’insolation.

Indépendamment de cette cour , qui ferait un premier promenoir couvert, pour les convalescents les plus faibles, il y en aurait un second pour ceux dont la santé serait déjà mieux rétablie, et Pun et l’autre ne serviraient, bien entendu, qu’à un seul prisonnier à la fois.

Les deux petits escaliers réservés , l’un pour le Directeur , et l’autre pour l’Inspecteur et l’Aumônier, et qui se trouvent en communication directe avec les habitations de ces administrateurs, monteraient jusqu’à cette infirmerie. — Dès lors, l’Aumônier pourrait , de sa maison même , arriver auprès des malades que son ministère l’appellerait à visiter, et là, il se trouverait, au besoin, tout à fait à proximité de la sacristie, située au même étage du bâtiment central.

Ce serait par l’un de ces escaliers , celui de l’Inspecteur et de l’Aumônier, que, sans entrer dans l’établissement, le médecin et le pharmacien feraient le service de l’infirmerie ; mais les prisonniers y arriveraient par les escaliers de leurs quartiers.

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