SON APPLICATION POSSIBLE EN FRANCE
Le service oblig^atoire va très-certainement être adopté chez nous. Pour en atténuer les effets fâcheux sur les études^ le moyen le plus simple serait d'inscrire dans la réserve les jeunes g^ens qui, après six mois de présence au corps, ayant fait strictement leur service, justifieraient d'une instruction militaire suffisante. Ils verseraient dans la caisse de l'armée une somme de mille francs. Ce ne serait plus l'exonération, car le jeune homme appelé à jouir de cette faveur compterait toujours à son ré g'iment, et aussitôt l'ordre de mobilisation arrivé il rejoindrait son corps pour marcher à l'ennemi.
Le règ^lement sur le service intérieur autorise un soldat à faire monter sa g^arde par un de ses camarades moyennant soixante-ciuinze centimes, avec la permission de son capitaine. L'inscription dans la réserve serait l'application du même principe. L'homme qui a à faire chez lui se libérerait du service journalier en temps de paix moyennant une somme destinée à entretenir sous les drapeaux les soldats qui ont terminé leur temps et à améHorer la solde des cadres. Cette faveur étant accessible à tous, au
cultivateur comme au fils de famille, le principe d'ég^alité sociale ne se trouverait pas violé comme en Prusse.
La moyenne du conting'ent annuel est de 320,000 hommes; déduction faite de 15,000 pour l'Alsace et la partie de la Lorraine qui nous a été enlevée, il nous restera 305,000 hommes sur lesquels nous avons à défalquer les exemptions et les déductions :