‹ Projets d'embellissemens de Paris et de travaux d'utilité publiqueChapitre 34 sur 40 · AMELIORATION DANS LE PAVÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

AMELIORATION DANS LE PAVÉ DE PARIS

la suite, se trouvant libéré par-là de l'entretien des deux cinquièmes du pavé des rues, où les trottoirs seroient établis. IL feroit en sens inverse la même économie que sur le reste du pavé. Actuellement le premier pavage et le premier relevé à bout sont à la charge du propriétaire, et le Gouvernement n'est chargé que de l'entretien. Ici, au contraire, le Gouvernement faisant les premiers frais seroit délivré de tout entretien, et cette économie dans les quartiers très

réquentés couvriroit et au delà l'intérêt du capital dépensé. Quant à la charge d'entretien qui

tomberoit sur les propriétaires, elle seroit de bien peu de chose, vu la solidité et le système

mise en œuvre des matériaux employés aux trottoirs. On peut assurer même qu'une fois les

trottoirs de ce genre établis dans quelques communications, les propriétaires des maisons, dans

es autres rues, voudront en établir de semblables à leurs frais. Il en fut ainsi des baraques qui

entravoient la circulation, et des cimetières qui infectoient le sein de Paris. Ces barbares en-

combremens n'auroient point été déplacés si l'on s'en fut rapporté aux propriétaires voisins

reine le Gouvernement eutil pris le sage parti de consommer cette opération malgré eux, que tous ont béni la fermeté qui venoit de vaincre leur indifférence (1).

On peut affirmer qu'il en sera de même des trottoirs, et que le Gouvernement n'aura que

es frais à faire du premier établissement dans les grandes communi

tions de la capitale. Il

séroit même facile de trouver une compagnie qui feroit les premiers frais de cette construc-

tion, en lui assignant par an, sur les fonds du pavé de Paris, une certaine rétribution qui représenteroit les intérêts de son capital, et celui d'une autre somme destinée à l'amortir. Ainsi par une dépense annuelle presque insensible, on acquitteroit une dette dont on auroit eu surle-champ la valeur et l'inestimable bienfait. Il n'est point, je le répète, une entreprise plus utile et dont les conséquences soient plus étendues (2). Ce présent seul à la ville de Paris, dont chaque jour on sentiroit les avantages, dont on aimeroit à se rappeler l'époque, illustreroit plus un règne que le monument le plus considérable. Peu de pe

Militai

rsonnes se rappellent que l'Ecole

bâtie sous Louis XV, mais tout le monde sait que c’est à ce règne trop mal jugé que la France doit les routes magnifiques qui la traversent en tous sens, qui abrègent et assurent les communications, vivifent le commerce, et font connoître aux étrangers et aux

voyageurs qu'ils parcourent un pays aussi distingué par les travaux des hommes que par les

productions de la nature.

Q@) On se rappelle quelles difficultés on éprouva pour introduire les roues larges et obliger les charretiers à ne plus

en employer d'autres. Aujourd'hui tout le monde couvient qu'elles sont plus solides, plus utiles pour les chemins et

même plus roulantes,

@) Vesiris s'extasioit sur la quantité de choses qu'il voyoit dans un menue

Je suis de même pour les trottoirs, avec lus de raison, car ii »

je W'ai pas énoncé la moitié des avantages et des conséquences de cette institution. Cette {

acilité des

communications donnera le moyen à chacun de faire lui-même ses affaires et de ne plus s’en rapporter aux domestiques ;

les femmes feront leurs emplettes. Les gens occupés n'ayant plus à fixer leur attention dans la rue sur les pierres qu'ils doivent choisir pour marcher, penseront librement à leurs intérêts, à leurs tr vaux, et augmenteront d'autant leurs conceplions. Les bibliothèques, les établissemens publies, les spectacles seront plus lréquentés, et leur magnificence ne sera plus en contraste avec les espaces incommod

es qu'il faut traverser pour parvenir jusqu'à eux. Eu effet, n'est-il pas

cruel, lorsqu'on vient d aux sales d’une gouttière qui avance

‘entendre des vers de Racine, de recevoir sur la tête les e inutilement de trois où quatre pieds sur le sommet de la rue, de se couvrir de boue en glissant sur des pavés ronds et pointus, malgré l'équilibre que l'on cherche à garder et les contorsions ridicules que lon fait pour y parvenir. Paris est le lieu où l'on est parvenu le plus près de la perfection dans une quantité de choses, et où où est encore le plus enfoncé dans la barbarie pour beaucoup d'autres.

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