SECOND ORDRE
La confusion , qui peu à peu s'est introduite parmi la noblesse, est encore le fruit de la jalousie et de la grandeur des ministres. Ils n'ont pu, avec toute leur puissance, que l'accabler sous leur joug paré du respect dû au roi , des ordres duquel ils sont les distributeurs, jusqu'à cet excès d'abuser de son autorité pour forcer, sans exception, toute la noblesse la plus relevée, mais non titrée, de leur écrire Monsci(jncur\ ou de demeurer perdus en tout service, sans ressource aucune, comme il est arrivé au peu qui n'ont pas voulu s'y soumettre, et d'essuyer en outre tous les dégoûts et les dénis de justice dont les ministres les ont soigneusement accablés, eux et les leurs, directement par eux-mêmes, indirectement par les intendants des provinces. Ainsi ceux qui écrivaient ainsi aux ducs et aux officiers de la couronne, leur oui écrit
d*égal, et se sont mis en leur place à l'égard de toute la noblesse, tandis qu'ils n'ont jamais songé à prétendre \e3Ionsei- (jncur de la robe. Par là, le moindre petit gentilhomme, confondu avec la plus haute noblesse dans ce style, s'est prétendu pareil à ceux dont avoir été pages était mis parmi les titres les plus honorables de leur famille. Les dépenses de la cour et d'une guerre continuelle ont fait disparaître les gentilshommes, les demoiselles, les pages de chez les seigneurs, outre qu'au sortir de page, ils ne savent plus où et comment les placer, par n'avoir plus ni crédit, ni emploi à donner, ce qui aide fort encore à faire disparaître la différence de la petite noblesse d'avec la grande. Enfin l'ordre du tableau ayant tout mis au même niveau dans le service, tout gentilhomme s'est fait accroire que toute noblesse est égale et ne se doit rien l'une à l'autre, idée devenue fort pratique, que les ministres ont fomentée avec soin, tandis qu'abusant du même pas de plus en plus de la bonté du roi , les secrétaires d'État et les contrôleurs généraux des finances ont quitté leur habit, pris celui des courtisans et, de degré en degré, se sont habillés, eux et leurs femmes, au plein niveau des dames non titrées de la première qualité, sans différence d'elles à la cour pour manger, entrer dans les carrosses, ni en quoique ce puisse être, sinon de préférence fort ordinaire sur elles, et leurs maris tout pareillement. Personne ne croit plus devoir porter d'autre couronne que celle de duc^ ; en porte le manteau qui veut, que M. le prince de Gonti appelait de faux manteaux et des robes de chambre, jusque-là que les présidents à mortier les contrefont tant qu'ils peuvent, et font disparaître leur petit gris.
On prend de grands noms, des noms de villes principales, des noms de pays et de provinces, et des armes de même, comme on veut, sans qu'on craigne là-dessus au delà du ridicule qui se tourne bientùten droit, en distinction, en titre; et la mascarade impose enfin à tout le monde.
Le dauphin sentait vivement un désordre si monstrueux,
et ne pouvait le supporter; c'est ce qui le résolut à ce qu'on peut appeler avec toute justesse, et qu'il appelait lui-même, une séparation de métaux, et à la faire si solide qu'ils ne pussent plus se remêler. Pour y parvenir, il se proposa , à l'imitation de l'Angleterre et de l'Allemagne, de faire des marquis et des comtes^ qui ne fussent pas pour rire, comme la plupart de ceux qu'on voit; mais qui fussent des dignités effectives avec un rang et des distinctions, et d'y joindre de même des vicomtes et des barons, d'en faire un nombre fixe de chaque dignité qui en porteraient la couronne, avec la punition pécuniaire et autres , inexorablement faites à ceux et celles qui oseraient porter les titres , marques et noms qu'ils n'auraient pas droit de prendre, qui ne céderaient pas tout court à qui ils devraient céder, et qui formeraient la moindre dispute et la plus légère prétention. Ce serait à quoi le conseil de Tordre aurait particulièrement à veiller.
En gros, les vicomtes et les barons devaient être aussi inférieurs aux marquis sur tout et aussi aux comtes, que ceux-ci aux officiers de la couronne et aux ducs, pour le style, la main, etc., et pareillement très-supérieurs à tout ce qui ne serait pas baron.
On dit en gros, parce que le dauphin, trop occupé des affaires nouvelles et des grands et sages projets pour l'avenir, n'avait pu s'occuper de ces détails de rangs futurs, comme il avait fait de ceux de la forme du gouvernement par les étals généraux et particuliers et par les conseils. Il envisageait encore en cet établissement un grand moyen d'émulatt)n et de récompense, au lieu que la première qui est maintenant [seule] possible est le comble et le faîte de toutes*. Il avait déjà fait chercher d'habiles gens en histoire, en titres, en généalogie, pour examiner la noblesse des diverses provinces, et avec loisir l'étudier, se garder des méprises, et lui faire des listes par différents degrés de noblesse, où il pût choisir en connaissance de cause. Il ne comi)tait pas remplir tout le nombre de marquis, de comtes, de vicomtes et de barons
qu'il s'était proposé de fixer. La fixation même devait dépendre du plus ou moins grand nombre de noms dont les listes seraient composées, et en laisser assez à remplir pour exciter l'émulation, former et accoutumer à la diflérence des rangs, prérogatives et distinctions de ces dignités entre elles et à l'égard des supérieures et de ce qu'elles auraient au-dessus d'elles; et réserver, tant à lui qu'à ses successeurs, des places à remplir dans ces quatre différentes classes et se donner le temps, avant d'élever personne à pas une, d'en régler l'entier cérémonial par les avis des personnes qu'il lui plairait d'en consulter, surtout de ceux du conseil de l'ordre , pour en faire une loi tellement exacte et circonstanciée, de façon qu'il n'y eût ni obscurité, ni question.
Jusqu'aux comtesses inclusivement et au-dessus, les dames devaient être admises dans les carrosses de la reine et à pouvoir avoir l'honneur de manger avec elle aux occasions où les dames y sont admises ; par conséquent leurs maris avec le roi et entrer dans ses carrosses, pareillement des fils et filles de France; et personne au-dessous du rang de comte. Les vicomtesses et baronnes seraient présentées à la reine, admises à paraître chez elle en grand habit, et leurs contrats de mariage signés par Leurs Majestés , à l'exclusion de tout ce qui serait au-dessous des barons.
Le dauphin prétendait aussi admettre au cérémonial de ces quatre différentes dignités certaines personnes par état, ce qui aurait été discuté avec les détails de toutes ces choses, et lo^qu'il aurait été temps d'en dresser les règlements et les édils, d'augmenter et de réformer celui de 1711 sur les pairies, les ducs et les duchesses.
Par ce moyen toute règle établie, toute noblesse reconnue en elle-même, par elle-même et partout suivant sa valeur, sans chimère, sans prétention, sans dispute, chacun dans son ordre et sa distinction, toute confusion bannie, et tout désordre anéanti.
Après les barons, certains fiefs et seigneuries de paroisses
auraient eu leurs distinctions dans la petite noblesse qui n'aurait plus eu de querelle pour les bancs, les processions, l'e.au bénite et le pain bénit , qui est une source de beaucoup de suites très-facheuses ; car l'amour du dauphin pour le bon ordre, la justice et la noblesse voulait descendre jusque-là, par le secours de ce qu'il aurait cherché et trouvé de gens les plus intelligents pour lui proposer là-dessus des règlements clairs et équitables.
Les gouverneurs, lieutenants généraux, et commandants en chef dans les provinces, y seraient maintenus dans le rang et les honneurs dont ils jouissent ; mais s'il s'y rencontrait des ducs ou des officiers de la couronne, soit passant, soit vivant dans leurs terres, ou dans des places dont ils seraient gouverneurs, ils conserveraient le pas, la préséance et toutes leurs prérogatives sur lesdits gouverneurs, lieutenants généraux et commandants en chef des provinces, dans leurs provinces même; et lesdits gouverneurs, lieutenants généraux et commandants en chef des provinces n'auraient nulle autre part ailleurs, comme tels, nul rang ni distinction.
M. de Louvois ayant ôté aux ducs et duchesses les honneurs militaires, et peu à peu lui et les autres ministres les honneurs civils dans les places, villes et provinces, le dauphin avait réservé l'examen de ce détail avec les autres susdits, pour y statuer.
A l'égard des armées et du service dans les troupes, nul changement à cet égard; les grades d'ofliciers généraux sans aucun rang ni distinction, par eux-mêmes, dans l'État.
ORDRE DU SAIKT-ESPRrr.
Le dauphin avait résolu, pour honorer la noblesse, que les marquis, comtes, vicomtes et barons, qui seraient désormais honorés de cet ordre y prissent leur rang non plus de leur ancienneté, mais suivant leurs dignités, et dans chacune,
144 PROJETS DE GOUVEIlNEMEiNT.
suivant leur ancienneté, entre eux, comme font les ducs, et comme feraient aussi, après les ducs, et avant les marquis, les officiers de la couronne suivant le rang de leurs offlces, et les maréchaux de France entre eux suivant leur ancienneté.
Ce prince ne pouvait voir sans indignation les usurpations des quatre officiers commandeurs '; il voulait faire ôter partout de leurs armes les colliers de Saint-Michel et du Saint- Esprit, pour n'y laisser que le cordon bleu, comme ils l'avaient toujours porté à leurs armes avant cette usurpation, et de leurs statues et portraits l'habit et le collier de l'ordre, comme les chevaliers les portent, pour y substituer Fhabit qui leur est propre et qu'ils portent encore aux grandes cérémonies, regardant comme une effronterie extrême d'envoyer à leurs armes et à leur effigie le collier et l'habit qu'ils n'ont pas et qu'ils ne peuvent jamais porter. Il voulait aussi obliger à son exemple et à celui de tout le sang royal, excepté Louis XIY, tous les chevaliers de porter le cordon bleu en tout lieu et en tout temps, par-dessus tous les habits, excepté le temps de la chasse, comme un honneur qui n'est fait que pour être vu.
Il voulait aussi rétablir, au moins une fois l'année ou plus souvent, en une des fêtes de l'ordre, le grand habit, le dîner au réfectoire, etc., mais en retrancher la communion, et à l'égard du réfectoire, mettre une petite table au miheu dans le même sens des autres pour les prélats commandeurs, le grand aumônier elle chancelier de l'ordre, tous deux comme officiers aux dernières places de cette table, pour éviter l'indécence de laisser les prélats de l'ordre à la tête des deux tables du réfectoire, au-dessus des princes du sang, ou d'intervertir l'ordre en les plaçant au-dessous d'eux et au-dessus de tous autres. Ils ont leur banc à part des chevaliers et fort loin d'eux dans le sanctuaire; ils marchent après le roi même, qui va lui-même le dernier des laïcs. Ainsi leur préséance au réfectoire sur les princes est certaine, dont l'indécence s'éviterait ainsi.
La charge de chancelier de l'ordre a beaucoup trop profité, au jugement du dauphin, de la dignité personnelle des premiers qui l'ont remplie, M. de Cheverny, chancelier de France à l'institution \ l'archevêque de Rouen après lui, [frère] bâtard d'Henri IV ^ et qui sans avoir été cardinal en avait obtenu de Rome tout l'habillement rouge et tous les honneurs; de là est arrivé que les commissions de l'ordre se sont assemblées chez eux, [ce] (a) qui a passé à leurs successeurs, et que comme ils avaient par leur état personnel l'entrée de leurs carrosses dans les cours réservées aux princes du sang, [aux] ducs et aux officiers de la couronne, les chanceliers de l'ordre, toujours ministres et en crédit, qui les ont suivis, ont obtenu le ridicule milieu d'entrer en carrosse dans les cours réservées des lieux où la personne du roi ne serait pas, même la personne de la reine y étant, ce qui emporte l'entrée dans les cours réservées des fils et filles de France, eux y étant. Le dauphin a donc jugé à propos de retrancher cet usage qui n'est fondé sur rien et qui donne au second officier de l'ordre un honneur que n'a pas le premier ^ ni aucun des [chevaliers] (b) de l'ordre, comme tels, [eux] (c) néanmoins, comme tels, si fort au-dessus des cinq officiers commandeurs.
Aussi voulait-il prescrire aux quatre officiers commandeurs de porter le cordon bleu au col comme le grand aumônier, et jamais en écharpe comme les chevaliers.
Et à l'égard des comptes et autres occasions d'assemblées de chevaliers commissaires pour les affaires de l'ordre, d'ordonner qu'elles ne se feraient plus chez le chancelier de l'ordre \ mais chez le doyen de l'ordre toujours commissaire premier, comnnssaire né, indifféremment de quelque rang et dignité qu'il fût, chez qui les autres chevaliers commissaires, de quelque rang et dignité qu'ils fussent, seraient tenus de se rendre, ainsi que le chancelier de l'ordre
(a) Dans le manuscrit : et.
{b) Dans le manuscrit : chanceliers,
((') Dans le manuscrit : car.
tenu de leur rendre un compte exact de tout, et de ne rien faire ni statuer de son chef, mais que tout fût réglé à la pluralité des voix des commissaires, où il aurait aussi la sienne ; pareillement les autres trois grands officiers de leur office, comptes et fondions.
Les officiers, chevaliers, commandeurs de l'ordre du Saint- Esprit n'auraient, comme tels, aucun rang ni distinction quelconque dans l'État ni dans lés cérémonies qui ne sont pas celles de l'ordre.
Les chapitres de l'ordre se tiendraient assis comme autrefois ; la nomination des futurs chevaliers s'y ferait par le roi, absolue et sans ballottage ; mais les affaires de l'ordre le seraient (a) au chapitre, rapportées par le chancelier, après lequel les commissaires de l'ordre opineraient, puis tous les autres en leur rang après eux.
Il serait nommé huit archevêques ou évêques commandeurs de l'ordre, n'y ayant plus de cardinaux français ; et les cardinaux italiens à qui on pourrait envoyer l'ordre, y seraient comme surnuméraires, pour ne pas les priver de cet honneur qui les attache à la France, et ne pourraient pas être plus de quatre, pour ne pas diminuer le nombre de huit commandeurs dans un si grand nombre d'évêques qu'il y a en France.
A l'égard de donner l'ordre à des abbés, le dauphin n'ignorait pas que le roi y fut surpris à l'égard de l'abbé d'Estrées^ On lui cita l'abbé des Chatelliers-, frère du [comte] (6) duLude et beau-frère du maréchal de Matignon el du seigneur de Volvire gouverneurs, le premier de Guyenne, l'autre de Saintonge et d'Angoumois, et le [comte] du Lude l'était de Poitou, et qui, sous le triste règne d'Henri III, était fort à compter. Mais on se garda bien de dire au roi que cet abbé des Chatelliers venait de refuser l'évéché de Maillezais, qui était dans
(a) C'est-à-dire : seraient faites.
(b) Dans le maiiuscril : du cardinal. C'est une erreur du copisle.
des marais, et qui a été depuis uni à la Rochelle, et qu'un an après il fut évêque de Bayeux. Or le roi ne voulait point donner d'évêché à l'abbé d'Estrées, et c'était pour cela même qu'en revenant d'Espagne il eut l'ordre. Depuis cet abbé des Ghatelliers j usqu'à l'abbé d'Estrées il n'y a pas d'exemple qu'aucun abbé ait eu l'ordre; et c'est aussi ce que le dauphin s'est proposé d'imiter.
Il était choqué de l'espèce de cohue qui accompagne la séance aux cérémonies de l'ordre, sous prétexte du service et de la garde du roi, et qui offusque les deux côtés de son prie-dieu. Il voulait que ces deux côtés fussent libres, comme l'est le reste de la séance, et pour cela, voici ce qu'il avait résolu.
Oui que ce soit ne serait entre le banc des chevaliers et le prie-dieu du roi depuis son fauteuil, sinon uniquement les deux gardes de la manche des deux côtés de l'appui du priedieu.
Les seuls fils et petits-fils de France en face de l'autel, des deux côtés du fauteuil du roi, leurs carreaux rangés de façon sur le tapis du drap de pied qu'ils n'empêcheraient point le passage du roi depuis son fauteuil jusqu'à l'appui de son prie-dieu ; et les carreaux de ces princes rangés aux deux côtés pour eux-mêmes se rapprociicraient et écarteraient lorsqu'ils se mettraient à genoux et qu'il se rassoiraient. Comme le grand chambellan et le premier gentilhomme de la chambre en année et le grand maître de la garderobe seraient vraisemblablement toujours chevaliers de l'ordre, ils siégeraient sur les bancs des chevaliers ; il n'y aurait derrière le roi que le capitaine de ses gardes en quartier ; il sa droite serait le grand aumônier, le capitaine des cent-suisses , l'oflicier des gardes derrière le dauphin, et la dame chargée de faire la quête à gauche, le premier aumônier, le maître de la chapelle eL le confesseur du roi ; derrière, le capitaine des gardes en quartier, le major des gardes du corps, deux ofliciers principaux et un seul oflicier
148 TROJETS DE GOUVERNEMENT.
principal des lils et pelit-lils de France, lesquels en se pressant ou passant au banc de derrière feraient place aux premier aumônier, maître de la chapelle et capitaine des centsuisses , si eux-mêmes avaient à quitter leurs places, aux grand chambellan, premier gentilhomme de la chambre en année et grand maître de la garde-robe, si, n'étant pas chevaliers de l'ordre, ils prenaient leurs places accoutumées derrière le roi. En ce cas le grand aumônier resterait toujours au premier banc derrière le roi, et se placerait à droite après le premier gentilhomme de la chambre, et le capitaine des cent-suisses à gauche après le grand maître de la garde-robe ; les deux prélats, l'un premier aumônier, l'autre maître de la chapelle, et le confesseur passeraient seuls derrière au deuxième, à côté, à droite et à gauche, des gardes du corps. L'aumônier de quartier et de jour, toujours derrière le grand aumônier, à qui le roi donnerait son chapeau en arrivant, qui le donnerait à tenir à cet aumônier derrière lui, duquel il le reprendrait pour le présenter au roi, quand il en serait temps. Les derniers des premiers officiers, deux pour chaque lils de France, un pour chaque petit4ils de France, séants sur ce banc, passeraient sur celui de derrière, ou le troisième, pour faire place aux deux prélats et au confesseur du roi, s'ils ne pouvaient tenir tous sur le second où serait le major des gardes du corps, derrière lequel, sur ce troisième banc, seraient les deux aides-majors des gardes du corps. Ainsi serait placé le service. Les maîtres des requêtes qui, dans les anciens temps, avaient deux des leurs aux côtés du roi, dans plusieurs cérémonies, pour recevoir les requêtes qui étaient présentées au roi, et lui en rendre compte, étant devenus inutiles en cette fonction depuis celles des secrétaires d'État et qu'il ne se présente plus de requêtes au roi dans ces cérémonies, demeureront exclus de se trouver en pas une de ces cérémonies, comme y étant sans fonctions et entièrement inutiles.
En retour, et vis-à-vis l'un Fautre, le long du drap de pied
jusqu'au bout vers l'autel, seront les bancs des chevaliers, sans qui que ce soit entre deux et le drap de pied du roi, excepté les deux gardes de la manche. Sur ces bancs seront des deux côtés, sans intervalle entre eux, les princes du sang, pairs, ducs, ayant chacun leur carreau à leurs pieds, comme ils l'ont toujours eu jusqu'à la promotion de 1688, et tout de suite les autres chevaliers sans carreaux à leurs pieds. Derrière le roi, les grands officiers, qui seront pairs ou ducs, auront aussi leurs carreaux à leurs pieds, et derrière le banc des chevaliers des deux côtés, les princes du sang ne pourront avoir personne à eux derrière eux, mais le[s] chef[s] de brigades en quartier des gardes du corps seront placés sur le banc derrière eux, vis-à-vis du drap de pied du roi, et derrière eux ou épars plus bas, les exempts des gardes du corps et les officiers des cent-suisses étant en quartier. Le grand aumônier, en son absence le premier aumônier, passeront dans Touverture du banc en face et du banc en tlavers de leur côté pour aller au prie-dieu présenter au roi le livre des Evangiles à baiser, apporté de l'autel par le diacre, et à l'offertoire pour suivre le roi à l'offrande et, au retour, revenir à leurs places avec et à la suite du capitaine des gardes du corps en quartier.
Les prélats commandeurs continueront de se placer en leur séance ordinaire; mais ceux qui seront pairs soiront à part devant le banc des grands officiers de l'ordre et auront leurs carreaux devant eux.
Les laïcs novices, pairs ou ducs vérifiés , seront présentés par leurs semblables et par nuls autres; ainsi de tous autres; et les parrains dechaqueordreen serviront chacunà leurtour.