ORDRE DE SAINT-MICHEL
Le dauphin voyait avec la môme indignation cet ordre prostitue^ à des savants, à des médecins, chirurgiens, pein-
très, architectes, enfin à toute sorte de gens. Il résolut de le leur ôter à tous, de le rétablir en honneur, de le donner à cent-cinquante seigneurs ou de la meilleure noblesse, qui le porteraient au col avec le petit collier, comme lors de son institution, et qui le recevraient de la main du roi à l'église, avec les anciens grands habits de cet ordre, le jour de Saint- Michel, où tous les ans il se ferait une cérémonie de cet ordre, comme il s'en fait à la Pentecôte, etc., pour l'ordre du Saint-Esprit, en laquelle le même ordre serait observé. Cet ordre serait un degré ordinaire, quoique non nécessaire, pour être promu à l'ordre du Saint-Esprit*. Le grand habit de l'ordre serait toujours porté aux cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit, et le jour de Saint-Michel le grand habit de cet ordre; mais pour éviter confusion, nul chevalier du Saint- Esprit, excepté le roi grand maître, ne se trouverait à la cérémonie du jour de Saint-Michel que les seuls chevaliers de ce seul ordre, pas un desquels n'aurait de pensions comme tel. Les grands et petits officiers de l'ordre du Saint-Esprit le seraient pareillement de l'ordre de Saint -Michel pour conserver de plus en plus l'association des deux ordres , et porteraient l'habit de cet ordre le jour de Saint- Michel avec toutefois le cordon bleu, et la croix du Saint-Esprit en outre au col, et y auraient leur séance comme aux fêtes de l'ordre du Saint-Esprit.
Le grand aumônier de France, comme grand aumônier de l'ordre, officiera toujours le jour de Saint-Michel, en son absence le premier aumônier du roi. Point de repas ensuite.