‹ Projets de jonction de la Loire et de l'Yonne: le canal de Cosne à ClamecyChapitre 42 sur 63 · Arch, départ, de la Nièvre^ Ls, n · texte numérisé non relu

Arch, départ, de la Nièvre^ Ls, n

< regard de celles du canal de Briare qui, en tirant € d'une multitude d'étangs n'en n'est pas moins aisée « pendant trois mois de Tannée, de l'aveu même « d'Amelot; l'état d'incertitude des ingénieurs qui « n'ont pas encore de ligne fixe et dont les plans sont « dans un état de variation peu propre à assurer la « confiance; considérant que ces sortes d'entreprises

« sont ruineuses pour un Etat qui les admet légère- « ment par les fonds qu'il y place en pure perte et qui « auraient été fructueuses ailleurs, par la perte du ter- « rain qu'elles occasionnent...; considérant Fétat de 4c détresse où était tombé la ci-devant province de « Bourgogne par son penchant décidé pour ces sortes

< d'entreprises toujours séduisantes au premier aspect, « mais ruineuses par leurs suites, quand elles ne sont « pas liées à l'intérêt général et commandées par la

< nature, comme le canal du Languedoc ; considérant € que la partie de ce projet qui tend à rendre TYoïme « navigable est dans les vues du département, qu'il « s'en occupe essentiellement en ce moment, projet « qui devait être adopté pour la majeure partie des 4: rivières qui sont des canaux naturels qu'il ne s'agit € que de perfectionner au lieu d'en creuser d'artificiels 4: à grands frais ; considérant à cet égard qu'une telle € entreprise doit être faite par l'administration sur des

< plans réfléchis plutôt que par des compagnies qui « rappelleraient l'ère des péages..., estime que le bien « public ne peut trouver dans ce projet tous les avan- € tages qu'on se propose, et observant qu'il est étranger « au département de l'Yonne, croit devoir, d'après cet « aveu, se dispenser d'envoyer des commissaires *. >

Cette résolution était en réalité dictée par le déj it

1. Procès-verbaux de Vadministration départementale de VYon^t de 1790 à 1300, t. II, p. 285.

de voir modifier le tracé du canal. Dans le premier projet, la nouvelle voie fluviale, d'Etais à Surgy, était presque entièrement comprise dans T Yonne ; Auxerre était la première grande ville que Ton rencontrait, en descendant vers la Seine. De plus, les Auxerrois s'intéressaient depuis 1784 au canal du Nivernais qui permettrait d'établir une communication entre les hautes vallées de la Loire depuis Digoin, jusqu'à la basse vallée de l'Yonne, où aboutissait^le canal de Bourgogne. Les travaux étaient commencés, et confiés à un ingénieur qui, à en croire Frignet aurait, pour monopoliser aux mains du commerce auxerrois toutes les ressources de la région, tenté d'acheter aux héritiers d'Amelot leurs droits sur le canal de Cosne *.

C'était donc une question de jalousie et d'intérêt local qui guidait le Directoire d'Auxerre, alors que d'autre part les Directoires de Joigny et de Sens, consultés sur le même objet, l'approuvaient comme ne pouvant « qu'augmenter la navigation de T Yonne, féconder les rives, multiplier les travaux et l'industrie ». Non seulement ce canal serait une source de prospérité pour les pays qui l'environnent, mais aussi pour Paris qui serait ainsi prémuni contre une disette de bois; ils contribuerait surtout « à la prospérité du commerce et de l'agriculture en général, et à l'avantage des provinces qui auraient avec cet établissement des relations immédiates ^. >

1. Archives du Ministère des Travaux publics. Navigation. Canal, etc., pièce 19. 3. Ibid..f pièce 3.

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