‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de Toul (volume 2)Chapitre 11 sur 35 · Tome IKa L · texte numérisé non relu

Tome IKa L

^4^ ^our le XVIL Dimanche «i peu aimé des hommes. L* amour n'est point aimé, s'écrioit sainte Thérèse, surnommée Séraphique à cause de son ardent amour pour Dieu.

Voulez-vous. M. F. , quelques considérations capables d*exciter en vous les sentimens de Tamour de Dieu ? Dites-vous souvent à vousmême: Dieu qui me commande de laimer, possède lui seul toutes les perfections que î'admire dans toutes les créatures spirituelles et corporelles ; la beauté , la bonté , la grandeur , la puissance , la sainteté , la science^ la sagesse et la force ; il les possède de toute éternité , sans mélange d'aucune imperfection; il a la beauté sans, laideur, la bonté saos malice , etc. Il les possède dans un degré in^ fini ; il les possède par lui - même , il les possédera à )amais.*Comment donc pourroisje refuser un moment d*aimer de tout mon cœur un être aussi aimable ! Oui ^ dit S.

Augustin, si vous trouvez en Dieu le moindre défaut, la moindre laideur, je consens que vous ne Taimiez pas; mais loin d'y trouver quelque imperfection, plus vous le connoîtrez , plus vous sentirez qu'il est aimable.

Ah! chrétiens, que n'aurai- je pas à vous dire sur l'injustice dont vous vous rendez coupables envers votre Dieu? Vous prodiguez votre amour, à qui? A une beauté fragile et passagère, à une vile créature; vous

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croyez apercevoir quelque trait de perfec- (ioQ qui vous éblouit, qui vous charge jusqu'au transport; vous détournez vos yeux d'une foule de défauts dont elle est remplie, pour ne vous attacher qu'à ce qui vous semble aimable : bien plus , on vous voit aimer, plus que votre Dieu> l'or, l'argent, les richesses pérfssables, etc.

Comprenez , M. F., l'injure que vous faites au Seigneur ; gémissez de votre conduite ; écriez-vous. avec S. Augustin: C'est bien tard, ô mon Dieu ! que j'ai commencé à vous aimer : Sera te amat^L Jamais je n'avois réfléchi sur ce que vous êtes en vous-même, iQriaim?nt grand , infiniment parfait. Quand j'aurois tous les cœurs des hommes , je devrois vous les donner; si j'étois 'capable d'un amour infini, je ne pourrois vous le refuser; mais je n'ai qu'un coeur qui ne peut vous aimer que d'un amour bien imparfait , commeut ne vous le donnerai -je pas tout entier ?

Rien de plus juste, M. F., et en même temps rien de plus nécessaire que d'aimer Dieu à cause de lui - même. Tout homme y est obligé dès qu'il commence à user de sa raison. On doit encore satisfaire à cette obligation pendant la vie ; mais sur - tout lorsqu'on se trouve en danger de mort. Qui de vous, M. F., à rempli ce précepte jusqu'à présent?

^44 Pour le XVII. Dimafiche Ne tardez pas plus long-temps à rendre \ votre Dieu ce que vous lui devez indispensablement, ce qu'il mérite a cause de ses infinies perfections; pour vous y engager plus puissamment) repassez dans votre mémoire tous les bienfaits que vous en avez reçus , que vous en recevez tous les )oui*s ,

et qu*il vous prépare dans Véternité; sentez sa bonté à votre égard, vous aurez honte de lui avoir si long-temps refusé un amour qu'il mérite par une infinité de titres. Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces bienfaits; un discours suffiroit à peine pour en faire Tenamération : biens dans Tordre de la nature, biens dans Tordre de la grâce , biens du corps, biens de Tame. On s*étendra plus ou moins sur cet amour de reconnoissance, selon qu'il conviendra.

Aimons donc Dieu, M. F. , conclura-ton , puisqu'il nous a aimés le premier, et qu'il nous a aimés de l'amour le plus sincère et le plus efficace, jusqu'à sacrifier pour nous son propre Fils: Nos ergà dWgamus Dmm^ quoniam Deùs prwr ^ etc. ( i. Joan. 4*) Ah ! dit S. Augustin , si vous avieis de la peine à aimer Dieu, du moins n'en ayez point à présent à aimer celui qui vous a prévenus. Rien n'a plus de force pour se faire aimer, que d'aimer le premier: NuUa

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major est ad amorem invitatio , quàm prœvenire amantem. Il faut avoir un cœur bien dur et bien insensible , pour ne vouloir pas rendra amour pour amour: tiimis durus animas ^ çui^ si diieciionem nolebat impendere\ noHt rependere*

On finira ce premier point par les belles paroles de Josué aux Israélites : Hoc ianiàm diligent issimè prœcavete , ui diligaiis Dominum Deum vesirum. (.Josue. a3. ) N'ayez donc rien de plus à cœur que d'aimer votre Dieu; que chacun de vous dise avec autant de sincérité que le prophète roi : Je vous ai-^ Tnerai, Seigneur ,* vous qui êtes ma force^ mon appui, mon refuge et mon libérateur:

iJlUgnm fe^ Domine^ efc. Je vous aimerai tout le reste de ma vie, mais je ne puis le faire sans votre grâce; vous me commandez de vous aimer, accordez- moi les secours dont j'ai besoin pour exécuter votre commandement , et pour l'exécuter dans toute son étendue.

Que faut- il faire, M. F., pour accomplir le précepte de l'amour de Dieu; de qu,elle manière devons-nous l'aimer? C'est sur quoi il importe grandement d'être instruit Je vais vous l'expliquer dans le second point

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